Test Assassin's Creed Brotherhood

Le par Alain L.  |  0 commentaire(s)
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Un an seulement après avoir commercialisé Assassin’s Creed II, Ubisoft a réussi à mettre sur pieds un troisième volet des Assassin’s Creed. La firme française entend profiter pleinement de la notoriété de la saga afin de s’assurer de confortables revenus. Cet empressement pourrait néanmoins conduire la licence à la catastrophe la faute à une surexploitation intense. Ce nouvel opus marque-t-il le début de la fin ? C’est ce que nous allons tenter de déterminer.

Une suite logique et directe

Assassin’s Creed Brotherhood est la suite directe d’ Assassin’s Creed 2 tant au niveau scénaristique que temporel. Ainsi, le joueur aura l’occasion d’incarner à nouveau Ezio Auditore et Desmond Miles. Afin de marquer la proximité entre les deux titres, Ubisoft n’a pas baptisé le jeu Assassin’s Creed 3. Ce choix est on ne peut plus justifié tant Brotherhood partage des similitudes avec son illustre prédécesseur.

En début de partie, le joueur est à la tête d’un impressionnant capital économique et possède d’ailleurs la grande majorité des accessoires obtenus dans le précédent volet. Afin de permettre au public de redécouvrir progressivement ces gadgets, les développeurs ont fait appel à un classique procédé, celui de la ruine.

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La cité de Monteriggioni sera prise d’assaut par les troupes de César Borgia forçant ainsi le héros à faire évacuer les lieux. Cette attaque entraîne automatiquement la perte des objets et du capital financier du héros. Le public devra par conséquent regagner progressivement cet arsenal dans la ville de Rome. Cette régression soudaine et trop classique, on peut aussi la retrouver dans Metroid Prime. Le joueur en l’espace de cinq secondes perd tous ses moyens.

Ruiné, Ezio partira à la conquête de la ville de Rome, la seule ville du jeu. Rome est peut-être l’unique ville explorable par le héros, elle n’en reste pas moins grande et impressionnante.  Afin de se venger de César Borgia et libérer la ville du joug des Templiers, le joueur devra accomplir un ensemble de quêtes principales et secondaires.

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Ces missions respectent pleinement l’esprit de la saga. Le protagoniste pourra assassiner et enlever d’importantes figures du pouvoir, pister de douteux responsables ou encore espionner des agents ennemis. Elles mettront bien entendu à contribution la ville de Rome excellemment bien retranscrite par les artistes d’Ubisoft.

Ceux-ci n’ont pas hésité à retranscrire des lieux célèbres comme le Castel Sant‘Angelo, la Basillica di San Pietro, le Panthéon, l’incontournable Colisée ainsi que le Vatican. Les joueurs ayant eu la chance de visiter la ville pourront rapidement s’y retrouver. Du fait de sa taille, nous pourrons chevaucher notre monture sur l’ensemble de la cité.

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Pour diminuer l’influence des Borgia auprès des romains, Ezio devra détruire des sphères d’influence matérialisée sous la forme de tours de garde. Ces douze tours seront affiliées aux Borgia et comporteront donc en leur sein un gradé à neutraliser impérativement avant de pouvoir saccager l’édifice qui deviendra par la suite une tour d’assassins.

Avec la disparition progressive des tours, la population retournera à ses activités premières comme le commerce. Toutefois, il sera nécessaire de rénover les boutiques et donc d’investir un minimum de florins avant de pouvoir accéder aux commerces et à leurs gadgets. En plus d’être une source de revenus réguliers, ces magasins nous délivreront aussi des quêtes secondaires.

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Rome, une symbolique cité

Autrement, il sera aussi possible de travailler pour le compte de guildes comme les courtisanes et les voleurs. D’autres quêtes impliqueront la visite des tombeaux de Romulus, des passages focalisés sur les capacités acrobatiques d’Ezio. Des véhicules pourront aussi être pilotés au cours de l’aventure allant du char d’assaut en bois au canon naval en passant par le parachute.

Rome est une ville dynamique et vivante, elle sait aussi réagir en fonction de nos délits. En cas de meurtre gratuit, des affiches ne tarderont pas à apparaître. Ces dernières, le joueur pourra déchirer afin de faire baisser sa « côte de popularité ». Alternativement, il sera possible de tuer les témoins ou de corrompre des fonctionnaires.

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De retour, les énigmes pousseront les joueurs à se triturer les méninges. En résolvant l’intégralité de ces puzzles, le joueur pourra être le témoin de nouvelles révélations qui valent le détour. L’ensemble des missions sont dotées d’un défi précis permettant d’obtenir une synchronisation complète nécessaire pour obtenir des succès/trophées. Il s’agit en fait de conditions particulières imposant par exemple de finir une mission en un temps donné ou bien de ne jamais être repéré par les ennemis.

Le concept est aussi doté de challenges virtuels accessibles via l’Animus. Ces défis permettent aux joueurs de s’entraîner et d’aiguiser leur réflexes. Il s’agit d’un passage obligatoire pour les fans qui pourront accéder au skin Raiden en obtenant la médaille de bronze sur l’ensemble des épreuves.  La plupart du temps nous incarnerons Ezio, dans pas moins de neuf séquences.

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Les deux autres séquences sont dédiées à Desmond et à l’époque dite « moderne ». Globalement, l’histoire déçoit quelque peu du fait de sa simplicité et de la faible présence de nouveaux acteurs. Sa conclusion pourra néanmoins en choquer certains d’entre nous. Comme prévu, Assassin’s Creed Brotherhood possède une composante gestion poussant le joueur à s’entourer d’une véritable bande d’assassins.

Une fois recrutés, Ezio pourra envoyer ces agents en devenir au travers de l’Europe afin de leur faire gagner en expérience et donc en efficacité. Cette progression est possible via l’accomplissement de contrats choisis par nos soins. Une fois libres, le joueur sera à même de les convoquer afin de semer le trouble ou de neutraliser une cible en ayant seulement à lever le petit doigt.

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Cette aide est la bienvenue, mais les experts pourront très bien s’en passer car au final avoir une bonne troupe d’assassins facilite seulement la tâche du héros, rien d’autre. Toutefois, les joueurs confirmés devront prendre quelques minutes afin de s’habituer à l’IA certainement plus agressive et entreprenante. Heureusement, les contre meurtriers seront toujours là pour décimer les troupes adverses.

Le Scimitar Engine commence à accuser le coup, des textures imprécises et du clipping sont présents au même titre que des saccades. Toutefois, le jeu reste une merveille au niveau artistique et architectural. On sent que les artistes ont pris leur temps pour fournir les décors d’innombrables détails mis en valeur par de belles cinématiques et des animations naturelles.

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Assassin's Creed 2.5

Assassin's Creed Brotherhood - Jaquette Xbox 360Le compositeur de la bande originale a repris pas mal de thèmes sonores du précédent volet qu’il a remaniés et épurés. Moins charismatiques, les nouveaux thèmes sont néanmoins adaptés aux différents contextes. Les bruitages et les doublages français restent sans surprise de grande qualité,  on regrette uniquement que la synchronisation labiale soit moins travaillée.

Après avoir passé une bonne trentaine d’heures pour finir le mode solo, le public pourra se tourner vers le surprenant mode multi-joueurs. Composé de quatre modes, cette composante en ligne consistera en l’assassinat de différentes cibles. Ces cibles nous sont désignées une à une forçant ainsi les joueurs à traquer la bonne proie.

Le mode Wanted ressemble en tout point au mode Deathmatch, sa variante le mode Advanced Wanted au mode Hardcore Deathmatch. Pouvant opposer jusqu’à huit joueurs, ce mode consiste en l’assassinat pur et simple de joueurs. Le mode Alliance oppose trois équipes de deux joueurs, il ressemble en ce sens au mode Team Deathmatch. La coopération est indispensable pour repérer et assassiner les cibles désignées.

Dans le mode Manhunt, deux équipes s’affrontent les chasseurs et les chassés qui sont forcés de respecter les rôles attribués. Une fois le compte à rebours terminé, les rôles s’inversent. Le mode multi-joueurs est en fait un outil permettant aux agents d’Abstergo de s’entrainer à tuer efficacement, une tâche franchement complexe.

Ici, tuer ne suffit pas, il faut tuer avec style et survivre le plus longtemps possible. Cela signifie qu’il faut éviter le contact direct et effectuer des actions anormales. Pour se fondre dans la foule, il ne faut pas courir ni effectuer des actions spéciales comme grimper sur des toits ou tuer des innocents. Autrement, notre position est signalée à l’adversité.

Une fois que le joueur est signalé, il se doit impérativement de fuir l’adversité en utilisant des compétences spéciales, des cachettes ou bien le décor afin de rester hors de portée de vue. Au nombre de douze, les compétences autorisent l’utilisation du poison pour commettre un assassinat discret ou utiliser des pétards afin de faire fuir les NPC. Elles nécessitent un temps de recharge.

Sont aussi de la partie les Perks limités à deux et déblocables eux aussi via la collecte de points d’expérience. Les Perks permettent de courir plus rapidement ou d’utiliser plus régulièrement les compétences, ils confèrent donc des avantages passifs et valables durant toute la partie. Au total, les joueurs peuvent adopter quatorze apparences physiques.

Ces skins seront aussi « équipés » par les nombreux NPC présents sur la carte qui jouent le rôle de foule. Ainsi, il est certainement plus difficile de repérer notre cible que dans le mode solo. Il est nécessaire de bouger constamment et d’observer les moindres faits et gestes de la foule. Avoir une bonne vision périphérique conféré un considérable avantage. Mais l’essentiel est de connaître le terrain, notamment les points stratégiques et les cachettes des huit cartes multi-joueurs.

En l’espace d’un an, Ubisoft a eu le temps d’approfondir le concept proposé par Assassin’s Creed II et de modéliser une impressionnante ville de Rome. Il a même eu l’occasion d’introduire un jouissif et stressant mode multi-joueurs à ses risques et périls. Bien que le concept reste foncièrement inchangé, l’apparition de nouveaux lieux et des parties en ligne valent franchement le détour. Un titre que les fans pourront s’approprier les yeux fermés.



+ Les plus
  • Le détail artistique
  • L'énorme cité de Rome
  • La durée de vie élevée
  • Le stressant mode multi-joueurs
- Les moins
  • Trop facile
  • Scénario faible
  • Quelques soucis de caméra

Notes

  • Graphisme Le titre stagne technologiquement parlant et arbore des textures parfois brouillonnes. Toutefois, Ubisoft a su détailler les personnages, fluidifier les animations et modéliser de jolis environnements. L’excellent univers artistique dégoté par Ubisoft contrebalance sans grand mal ses carences technologiques.
    8/10
  • Bande son De retour, Jesper Kyd ne s’est pas vraiment foulé la cheville en reprenant bon nombre de thèmes sonores. Il les a heureusement modifié de sorte à les adapter au mieux à l’ambiance nouvelle du titre. Doublages et bruitages sont très bons et à la hauteur des attentes.
    8/10
  • Jouabilité Très facile à prendre en pied et à terminer, Assassin’s Creed Brotherhood possède des contrôles efficaces et huilés. Hormis quelques imprécisions liées à la visée, l’ensemble gagne naturellement en profondeur et en diversité.
    8/10
  • Durée de vie Durant approximativement vingt-cinq heures, le mode solo est plus que satisfaisant dans sa longueur. En prenant en compte les innombrables quêtes annexes et le mode multi-joueurs, ce chiffre peut rapidement tripler.
    8/10
  • Scénario Simplette, classique, voila les deux synonymes qui résument parfaitement la trame scénaristique. Trop peu de nouveaux éléments sont dévoilés pour permettre aux puristes d’adhérer au scénario ou même de l’apprécier.
    6/10
  • Note générale Assassin’s Creed : Brotherhood ressemble clairement à un Assassin’s Creed 2.5. Il introduit une poignée d’améliorations et élargit le concept sans pour autant le bouleverser. Cette impression est renforcée avec le retour d’Ezio et d’une bande sonore familière. En ce sens, le titre sera surtout destiné aux fans du second volet, à ceux qui cherchent à prolonger leur plaisir de jeu. Le concept peut se résumer en deux faits, une nouvelle ville et un mode multi-joueurs. Il s’agit au final d’un très bon titre à conseiller aux fans et aux amateurs d’infiltration.
    8/10
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