3 challenges pour l'avenir des universités françaises et notamment leur digitalisation

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Université_Amphithéâtre

Alors que le salon Educatec a ouvert ses portes ce mercredi 15 novembre et s'est terminé hier soir, la digitalisation des Universités a été cœur des débats. Retrouvons aujourd'hui l'avis éclairé d'un expert sur le sujet.

Avis d'expert par Béatrice D'Olier, Consultante en transformation digitale éducation chez Unit4

Les Universités ont toujours été dans le paysage de l'Enseignement supérieur français le 1er choix d'orientation des étudiants (plus de 60% des étudiants inscrits dans l'enseignement supérieur en 2014/2015). En France, nous avons la chance d'avoir des universités qui proposent des formations très diversifiées à des coûts extrêmement faibles et quasiment sans conditions de sélection. Cette exception française a entretenu pendant des années un sous-investissement qui pénalise aujourd'hui l'image de nos campus, avec notamment des services administratifs devenus trop complexes à l'ère digitale.

Sans compter que les universités françaises ont souvent privilégié la diversité pédagogique avant de travailler leur communication et les partenariats avec les entreprises comme peuvent le faire les établissements étrangers.

L'arrivée de la génération Z sur les bancs de nos universités vient bousculer cette situation car l'importance donnée à l'expérience digitale par ces « digital natives » ne cesse d'augmenter. La récente étude réalisée par DJS Research confirme que plus de 7 étudiants sur 10 estiment que leur établissement devrait repenser sa stratégie digitale.

En France, la loi du 22 juillet 2013 relative au numérique dans l'enseignement supérieur et la recherche a initié des investissements conséquents pour améliorer la réussite étudiante et les niveaux de qualification en formation initiale comme en formation continue. Si la loi du numérique dans l'enseignement supérieur (22 juillet 2013) a déjà initié certains investissements, le digital doit continuer à progresser et à transformer nos universités françaises. Aujourd'hui elles sont face à 3 challenges forts :

#challenge 1 : libérer la croissance
La révolution numérique gagne effectivement nos campus et l'on a vu apparaître des FabLabs à l'Université Cergy-Pontoise ou des formations sur simulateurs informatiques à la Faculté de Médecine Paris-Descartes. Pourtant, il ne faut pas voir le digital uniquement sous l'angle de l'innovation technologique permettant d'apporter une nouvelle vision pédagogique mais aussi comme une capacité à répondre globalement à toutes les nouvelles attentes des étudiants et apprenants.

En effet, le digital facilite les liens entre apprentissage présentiel et connecté, et encore plus dans un contexte de programmes partagés entre plusieurs établissements voire avec des entreprises. C'est un enjeu fort de croissance pour les Universités qui auraient ainsi l'opportunité de reprendre des parts de marché dans la formation continue et de renforcer leurs relations avec les entreprises.

# challenge 2 : soutenir la réussite des étudiants
C'est une priorité forte de la loi du 22 juillet 2013 et les universités ont pour cela mis en œuvre de nombreuses initiatives de pédagogie 3.0 plus innovantes et plus collaboratives. Cela répond clairement aux nouvelles attentes des étudiants : une pédagogie moins magistrale mais plus interactive, centrée sur le partage et les échanges avec un accompagnement qui améliore l'expérience étudiante.

#challenge 3 : améliorer l'efficacité administrative
En France, nous avons souvent critiqué la lourdeur administrative des universités. Presque 3 ans après la loi du 22 juillet 2013 qui avait « inscrit le numérique au service d'une université en mouvement », il est important de rappeler que, selon l'étude réalisée par DJS Research, 1 étudiant sur 3 considère toujours que la complexité administrative empiète sur son temps consacré à étudier. Trop de démarches et de procédures encore totalement manuelles ainsi que des déconnexions parfois totales entre les services administratifs et pédagogiques creusent l'écart entre l'expérience digitale d'un étudiant en université et celui d'une école ayant investi dans l'amélioration de ses processus internes grâce au digital.

université-etudiants

Or, cette expérience étudiante insuffisamment digitalisée pour les aspects administratifs peut réellement être contre-productive pour recruter des étudiants dans l'environnement concurrentiel d'aujourd'hui.

Il faut donc considérer les investissements dans l'efficacité administrative et la digitalisation des échanges administratifs avec les étudiants comme aussi importants que ceux pour la pédagogie 3.0.

Les choses ont évolué et si les universités veulent rester dans la course concurrentielle, elles doivent accélérer leur transformation et proposer une expérience étudiante à la fois digitale et innovante, tant sur les services administratifs que pédagogiques. Elles pourront ainsi se différencier et renforcer leur compétitivité.

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Vos commentaires

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Le #1988981
La "digitalisation" =>"penchez-vous... Toussez..."
Le #1988992
Kiriito a écrit :

La "digitalisation" =>"penchez-vous... Toussez..."


Sauf qu'on sait pas qui est devant et qui est derrière !!!

En plus numérisation est plus court...

Mais bon, l'ère cérébrale étant agonisante, possible que les doigts prennent la relève...
Le #1988994
Entièrement d'accord ! Quand j'entends le mot "digital", je sors mon révolver !

Sans déconner, je sais avant même d'arriver sur la page, qu'il s'agit d'un publi-reportage ! et l' "expert" en question, tout ce qu'il connaît des questions --numériques--, c'est comment réaliser un diaporama Powerpoint.

..... D'où l'utilité du doigt pour cliquer sur la diapo suivante ..... => d'où l' "expertise" en matière "digitale" !

Ton doigt, tu sais où tu peux te le mettre ???? DTC !
Le #1988997
Holala...
Pour en faire actuellement les frais, la numérisation de l'enseignement, c'est une multitudes d'opportunités sacrifiées sur l'autel de la flemmardise et de l'absence d'implication... Et parfois avec les meilleurs intentions du monde !

Les cours vidéo, les MOOCs, il faut arrêter. Les classes inversées, c'est l'exemple typique du "sounds good, doesn't work". On a l'impression que tout le monde y trouve son compte, c'est très largement faux : les étudiants ne veulent pas faire des cours chez eux, les professeurs passent des heures à monter des vidéos et bâclent des exemples en classe en supposant que "tout est déjà compris". Les petites vannes dans les vidéo, c'est insupportable, déjà parce qu'elles sont à chier, et en plus parce que pour se permettre des vannes dans un contexte d'enseignement, il faut une proximité avec les étudiants, et ils ne l'ont pas. (coup de gueule personnel.)

D'ailleurs, en creusant quelques statistiques sur les MOOCs (que je n'ai plus sous la main, c'était un prof qui nous avait montré ça), on remarque que ces MOOCs sont quasi-exclusivement suivis par des "lurkers", qui ne s'impliquent pas dans les exercices et qui se content de suivre les vidéos. La part de gens impliqués est ultra-faible. Une hypothèse qui l'expliquerait est le manque d'interaction humaine, d'évolution avec d'autres, qui semblerait freiner l'engagement. Et comme tout bon prof le sait, l'engagement c'est la monnaie de l'apprentissage.

Bref, restez humains avant tout, les gars.
Le #1989001
Avis d'expert par Béatrice D'Olier, Consultante en transformation digitale éducation.

Une spécialiste consultante professionnel du touché digitale ?... une péripatéticienne ?.
Le #1989018
drahus a écrit :

Avis d'expert par Béatrice D'Olier, Consultante en transformation digitale éducation.

Une spécialiste consultante professionnel du touché digitale ?... une péripatéticienne ?.


Non, pas exactement. Elle doit aussi ramasser beaucoup d'argent à l'aide de quelques powerpoints, mais je pense qu'étant donnée qu'elle est consultante, elle est une proctologue.

Le #1989022
yam103 a écrit :

drahus a écrit :

Avis d'expert par Béatrice D'Olier, Consultante en transformation digitale éducation.

Une spécialiste consultante professionnel du touché digitale ?... une péripatéticienne ?.


Non, pas exactement. Elle doit aussi ramasser beaucoup d'argent à l'aide de quelques powerpoints, mais je pense qu'étant donnée qu'elle est consultante, elle est une proctologue.


De luxe donc.
Le #1989044
« le 1er choix d'orientation des étudiants (plus de 60% des étudiants inscrits dans l'enseignement supérieur en 2014/2015) »

Exemple typique d'argument au mieux illogique et au pire fallacieux : ce n'est pas parce qu'une majorité sont en Université in fine que cela en fait leur premier choix d'orientation.

Les étudiants ont très bien pu s'inscrire en école pour leur premier choix, mais se retrouver à la fac par refus.

Ce qui inverse complètement le sens du propos et colle avec la réalité : les facs sont la poubelle du système supérieur.

Je conviens que c'est moins vendeur.
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