Au bac, le numérique fera-t-il de nouveaux lauréats ?

Le par  |  5 commentaire(s)
ordinateur-portable-etdudiant

Dans quelques jours les élèves de Terminale plancheront sur les épreuves du baccalauréat. Mais qu'en est-il de l'impact du numérique ?

Tribune libre par Alain Ecuvillon, Directeur Général d’itslearning

Remarque : les propos tenus ici n'engagent pas la rédaction de GNT mais constituent un avis éclairé de la part d'un expert dans son domaine que nous avons jugé opportun de vous faire partager. Il ne s'agit pas d'un article promotionnel, aucun lien financier ou autre n'existant entre cette société et GNT, le seul intérêt étant de vous apporter un éclairage intéressant sur un domaine particulier.

 
Dans quelques jours, 34 700 nouveaux élèves plancheront sur les épreuves du baccalauréat. Au programme, des options classiques comme la littérature, l’histoire ou la philosophie ou selon les stratégies choisies, des options plus rares comme le persan. Pour ces élèves, l’objectif est simple : faire tout aussi bien que les 88,3% de bacheliers du cru 2018 qui ont obtenu leur précieux sésame d’accès à l’enseignement supérieur. Symbole d’un diplôme déclassé pour les plus conservateurs, victoire de la démocratisation du savoir pour les progressistes, quand bien même 80 000 jeunes continuent de décrocher du système scolaire, la réussite au baccalauréat fait gloser. Remanié plusieurs fois au gré de reformes ministérielles, c’est désormais certain, il laissera une place de choix aux enseignements numériques à la rentrée. Mais pour quel bénéfice ? Le numérique fera t-il de nouveaux lauréats ? Si les études manquent encore pour établir un lien pertinent entre usage numérique et taux de réussite au baccalauréat, du côté des élèves en revanche, les outils s’invitent en  attendant comme de bons supports pour présenter et préparer l’examen. Et demain ?
 

Options rares et lycées provinciaux 

Ordinateurs, tablettes, smartphones, wifi, applications numériques essaiment peu à peu les salles de classe lycéennes, sans que l’on ne puisse pleinement déterminer aujourd’hui leur impact sur la réussite au baccalauréat. Sur le plan pédagogique, le caractère innovant de ces outils fait toujours l’objet de débat dans le corps enseignant qui les adopte de manière encore inégalitaire et irrégulière. 

Mais, en dépit du manque d’études ou de comparatifs, les outils numériques sont pourtant présents et disposent d’atouts certains. Ils ont par exemple de quoi contrebalancer une situation compliquée créée par la récente réforme du lycée. Le nouveau baccalauréat prévu pour 2021 a amené dès cette année scolaire de profondes modifications dans l'organisation des cours au lycée ; il n'y a plus, comme auparavant de série en voie générale (du type S, L,…) mais des parcours que chaque lycéen est amené à devoir choisir. Or la politique de la carte scolaire couplée à une métropolisation forte en France désavantage nettement les petits établissements provinciaux au profit des lycées urbains. Tous ne sont pas à même de proposer les 12 enseignements de spécialité et les 7 enseignements optionnels de la voie générale.

université-etudiants

En effet, les petits établissements manquent de moyens pour avoir des professeurs spécialisés. Dans ce cas précis, l’apport d’outils numériques tels que les cours en ligne peut permettre aux élèves provinciaux - qui maîtriseraient par exemple des langues rares - de pouvoir présenter et préparer en dépit des fractures spatiales, les stratégies de réussite les plus avantageuses au baccalauréat.  

Un bachotage numérique  

Plus concrètement, lors des préparations à l’examen, les outils numériques ont été rapidement plébiscités par les élèves. Au regard des écrits, il semble assez loin le temps des fiches Bristol à carreaux jaunes dès lors qu’il s’agit de bachotage. Le numérique est un facilitateur de prises de notes. Selon un sondage mené par Kartable en 2018, 56% des élèves utiliseraient leurs smartphones pendant les révisions. Plus significatif encore, 53% des étudiants affirment que leurs téléphones sont totalement indispensables dans le cadre de leur scolarité. 

Les bénéfices numériques vont au delà du téléphone portable. Avec les bons outils numériques, comme un ENT pédagogique, par exemple, il est possible d’organiser des visio-conférences entre amis, de communiquer avec l’enseignant via des messageries instantanées, d’accéder à travers les cours mis en ligne par ces mêmes enseignants à des parcours d'apprentissage  complémentaires des ouvrages papiers (leçons agrémentées de contenus audio et vidéos, cartographies, frises chronologiques, annales…). Pour les oraux, il arrive aussi que les étudiants se filment, s’enregistrent, partagent les vidéos pour recueillir les avis et s’auto-évaluent.

ordinateur-portable-etdudiant

 Demain est un autre bac ? 

La numérisation des apprentissages, qu’elle ravisse ou déplaise, est donc bien ancrée. Il n’est pas exclu par ailleurs que le numérique franchisse le pas de l’évaluation. Peu à peu, les examens se dématérialisent. Si bien que demain, le baccalauréat pourrait se passer en ligne et sur tablette. 

Au Danemark, il est en tout cas déjà permis de passer le baccalauréat en ligne. Sur une plateforme pédagogique, il est également possible de brider l’accès à Internet, de supprimer les correcteurs orthographiques tout en restreignant l’élève au sein du même espace numérique. 

Cette dématérialisation des épreuves aurait ses chances : ne pas désavantager les élèves qui cumulent des handicaps d’écritures comme la dysgraphie ou la dyspraxie. Elle comporte aussi ses écueils, déshabituer des élèves à l’exercice de l’écriture et renforcer l’exposition aux écrans. 

Qu’il facilite la prise de note, qu’il répare des fractures géographiques ou qu’il avantage le bachotage, le numérique répond trois fois présent. Et en cela, il se distingue comme un vecteur de réussite. Mais il ne doit pas être agité à tout va comme solution miracle à tous les maux de l’Education Nationale. Il ne remplacera pas les pédagogies de fond par la forme. Néanmoins, il peut être le petit coup de pouce qui aidera à transformer un élève en bachelier puis en étudiant d’université.

Complément d'information

Vos commentaires

Gagnez chaque mois un abonnement Premium avec GNT : Inscrivez-vous !
Trier par : date / pertinence
Le #2067694
Je n'ai même pas envie de commenter chacune des innombrables âneries balancées par cette personne qui n'a clairement jamais enseigné de sa vie, ni tenu la moindre responsabilité d'établissement, mais s'il y a des courageux, ça concerne presque chaque paragraphe.

Je voudrais juste évoquer de manière plus globale ma lassitude devant l'absence de réflexion éthique quand on parle de numérique à l'école et donc concernant le choix des outils. Comme si la seule chose à prendre en considération était ce que permet l'outil en occultant les problèmes qu'il génère. On n'est plus au début des années 2000 là, on a un peu de recul quand même !

Cela dit comment un responsable d'une telle boite pour faire une nième solution ENT proprio pourrait-il se tirer une balle dans le pied en évoquant ces sujet ?

Ce genre de tribune a au moins le mérite de mettre en avant sa société. Je me demande s'il faut en remercier quelqu'un.
Le #2067725
doudou971 a écrit :

Je n'ai même pas envie de commenter chacune des innombrables âneries balancées par cette personne qui n'a clairement jamais enseigné de sa vie, ni tenu la moindre responsabilité d'établissement, mais s'il y a des courageux, ça concerne presque chaque paragraphe.

Je voudrais juste évoquer de manière plus globale ma lassitude devant l'absence de réflexion éthique quand on parle de numérique à l'école et donc concernant le choix des outils. Comme si la seule chose à prendre en considération était ce que permet l'outil en occultant les problèmes qu'il génère. On n'est plus au début des années 2000 là, on a un peu de recul quand même !

Cela dit comment un responsable d'une telle boite pour faire une nième solution ENT proprio pourrait-il se tirer une balle dans le pied en évoquant ces sujet ?

Ce genre de tribune a au moins le mérite de mettre en avant sa société. Je me demande s'il faut en remercier quelqu'un.


"Je voudrais juste évoquer de manière plus globale ma lassitude devant l'absence de réflexion éthique quand on parle de numérique à l'école"

Je me demande si votre commentaire est un troll ou la reflexion d'un enseignant de l'ancienne école. Ce point focal que vous évoquez est justement ce qui est mis en avant à l'école notamment avec des cours d'éthique de l'internet ou du numérique dans de plus en plus d'école (le problème des écoles isolés revient mais cela est évoqué).
Le #2067826
iinconnu a écrit :

doudou971 a écrit :

Je n'ai même pas envie de commenter chacune des innombrables âneries balancées par cette personne qui n'a clairement jamais enseigné de sa vie, ni tenu la moindre responsabilité d'établissement, mais s'il y a des courageux, ça concerne presque chaque paragraphe.

Je voudrais juste évoquer de manière plus globale ma lassitude devant l'absence de réflexion éthique quand on parle de numérique à l'école et donc concernant le choix des outils. Comme si la seule chose à prendre en considération était ce que permet l'outil en occultant les problèmes qu'il génère. On n'est plus au début des années 2000 là, on a un peu de recul quand même !

Cela dit comment un responsable d'une telle boite pour faire une nième solution ENT proprio pourrait-il se tirer une balle dans le pied en évoquant ces sujet ?

Ce genre de tribune a au moins le mérite de mettre en avant sa société. Je me demande s'il faut en remercier quelqu'un.


"Je voudrais juste évoquer de manière plus globale ma lassitude devant l'absence de réflexion éthique quand on parle de numérique à l'école"

Je me demande si votre commentaire est un troll ou la reflexion d'un enseignant de l'ancienne école. Ce point focal que vous évoquez est justement ce qui est mis en avant à l'école notamment avec des cours d'éthique de l'internet ou du numérique dans de plus en plus d'école (le problème des écoles isolés revient mais cela est évoqué.


" des cours d'éthique de l'internet [à l'école]"

Bonjour,

Ça m'intéresse énormément ce que tu dis.

Dans quel B.O tu as vu ce programme de cours ? Tu parles du primaire, du secondaire ?

Tu as noté que l'auteur de la tribune essaye de fourguer une nième solution d'espace numérique de travail à l'éducation nationale pour que tes impôts lui rapportent de l'argent ? Tu as bien noté que le type ne te dit en rien les contenus du B.O et qu'il essaye juste de faire rêver des gens sur le numérique à l'école pour vendre sa came.

Donc revenons sur ce qui se passe aujourd'hui dans les écoles (la plaquette commerciale de cette boite étant totalement coupée des réalités ça ne fera pas de mal de faire un bref état des lieux).

Quand je parle de réflexion éthique, je parle déjà du côté des enseignants qui parfois imposent des solutions technologiques délirantes aux enfants (car ils n'y connaissent absolument rien en info, c'est flippant).

J'ai par exemple vu une inspectrice du primaire recommander à une professeur des écoles de publier les photos d'une classe de mer sur FB !!!

Oubliant au passage qu'ils n'avaient même pas l'age de pouvoir aller sur FB.

Oubliant aussi les problèmes de droit à l'image des autres enfants (dont les parents ne souhaitaient pas voir leurs gosses exposés publiquement en maillot de bain).

J'ai vu un enseignant en techno faire acheter des licences office aux parents (ou leur dire de les cracker) pour que leurs enfants puissent poursuivre à la maison le travail en classe, tiens toi bien: faire la somme de 3 cellules et appliquer un pourcentage pour calculer la TVA !!! Quand je te dis que le niveau de compréhension du numérique est bas chez les enseignants, c'est pas du pipeau c'est du quotidien pendant des années
Et si la jeunesse des nouveaux enseignants amenait automatiquement de la compétence informatique l'éducation nationale aurait réglé nombre de ses problèmes depuis longtemps.

Malheureusement, utiliser les outils informatiques depuis qu'on a 3 ans ce n'est pas la même chose que de comprendre le business model des géants du numérique, ce n'est pas non plus savoir enseigner de l'algo avec scratch, ce n'est pas non plus diposer des compétences de base sur le codage de l'information, ni sur le concept de requête dans une base etc.
Le #2067827
Ah au fait, j'ai oublié un truc. Dans l'apprentissage de l'informatique à l'école on a fait des progrès (même si on est dans l'incapacité actuellement de produire un tel enseignement).

https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/nouveau-monde/premier-manuel-pour-apprendre-a-coder-a-lecole_1784371.html

L'AMAP (l'association la main à la pâte), en collaboration avec Gilles Dowek a tiré la sonnette d'alarme depuis près de 10 ans maintenant et le résultat c'est 1,2,3 codez ! (cf le lien). Mais on n'a pas d'enseignant capable, en nombre je parle, d'enseigner cela. A noter que Gilles Dowek est aussi celui qui a rédigé le contenu des programmes des classes de TS suivant la spécialisation SI (sciences de l'ingénieur) et que ses prises position sur l'urgence de la formation des enseignants sont connues pour être à la fois virulentes mais réalistes.

Voilà où on en est aujourd'hui en France, y a du boulot, y a un CAPES d'info (et une agreg) qui vont arriver si tout va bien d'ici 2 ans (alors ce genre de startup parasitaire de la news qui vient pourrir les avancées et qui rappelle le début des années 2000, on a déjà assez de problème à régler pour se fader ce genre de sangsue à argent public
Le #2067934
iinconnu a écrit :

doudou971 a écrit :

Je n'ai même pas envie de commenter chacune des innombrables âneries balancées par cette personne qui n'a clairement jamais enseigné de sa vie, ni tenu la moindre responsabilité d'établissement, mais s'il y a des courageux, ça concerne presque chaque paragraphe.

Je voudrais juste évoquer de manière plus globale ma lassitude devant l'absence de réflexion éthique quand on parle de numérique à l'école et donc concernant le choix des outils. Comme si la seule chose à prendre en considération était ce que permet l'outil en occultant les problèmes qu'il génère. On n'est plus au début des années 2000 là, on a un peu de recul quand même !

Cela dit comment un responsable d'une telle boite pour faire une nième solution ENT proprio pourrait-il se tirer une balle dans le pied en évoquant ces sujet ?

Ce genre de tribune a au moins le mérite de mettre en avant sa société. Je me demande s'il faut en remercier quelqu'un.


"Je voudrais juste évoquer de manière plus globale ma lassitude devant l'absence de réflexion éthique quand on parle de numérique à l'école"

Je me demande si votre commentaire est un troll ou la reflexion d'un enseignant de l'ancienne école. Ce point focal que vous évoquez est justement ce qui est mis en avant à l'école notamment avec des cours d'éthique de l'internet ou du numérique dans de plus en plus d'école (le problème des écoles isolés revient mais cela est évoqué.


"Le problème des écoles isolés revient mais cela est évoqué"

Il n'y a pas de problème spécifique aux écoles isolées (c'est quoi ça d'ailleurs précisément ? sous dotée ? loin d'une agglomération ? peu d'élèves ? peu d'enseignants qualifiés ?

En fait, les mairies, qu'elles soient riches ou pauvres décident elles seules de la dotation de leurs écoles en outils numériques. C'est davantage une question de volonté, un choix politique, que de mettre 15 machines à dispo pour 25 enfants en moyenne lissée hebdomadaire. La question du coût à ce ratio est peu importante.

Je connais une commune de 45 000 habitants où il y a, pour 300 gamins de primaire, une salle avec 10 machines qui datent de 2010 (des windows qui mettent tellement de temps à démarrer que les enseignants n'y vont plus, c'est juste une corvée (je cite)). A 10 km, il y a au contraire une commune de 900 habitants sur équipée à qui on a même vendu (surfacturé ) de la daube comme dans la news et dont les enseignants expliquent qu'après l'effet de surprise, les gosses sont très vite lassés.

Le gars qui vend sa came dans la news ne connaît rien à l'école, c'est juste un commerçant qui surfe sur la mode du numérique à l'école sans avoir réfléchi aux contenus (fraîchement arrivé à son poste quand on regarde le site de la boite). Tu peux aussi t'intéresser aux retours d'expérience de ces outils, c'est là qu'on comprend comme tout cela est du vent.

Autre chose à prendre en compte aussi c'est que la machine ralentit l'apprentissage de l'écriture et diminue le processus de mémorisation kinesthésique (à cet âge, d'après les expériences menées, on retient mieux quand on écrit que quand on frappe sur des touches ou qu'on clique).
Suivre les commentaires
Poster un commentaire
Anonyme
Anonyme