Test : Murasaki Baby

Le par Rénald B.  |  0 commentaire(s)
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La PS Vita regorge de pépites façonnées par des gameplay et des univers singuliers. Très attendu, Murasaki Baby entre-t-il dans cette catégorie d’ovnis vidéoludiques ? Réponse dans notre test complet.

Prendre un enfant par la main

Murasaki Baby est disponible en version dématérialisée sur le PSN Store pour la PS Vita depuis le 17 septembre au tarif de 9.99 euros (ou 7.99 euros pour les abonnés au PlayStation Plus).

Murasaki_BabyOn le doit au studio italien Ovosonico (littéralement « oeuf de Sony » en italien), un studio indépendant qui a pris son envol sous la houlette de Sony. Le studio fondé par Massimo Guarini (“Shadows of the Damned” et “Naruto – Rise of a Ninja“) se décrit lui-même comme étant à l’avant-garde.

Autant dire que Murasaki Baby était attendu comme une nouvelle perle indépendante du jeu vidéo. Il faut dire que la PS Vita nous a habitué à découvrir ces jeux indépendants renouvelant les genres et offrant de véritables expériences.

Murasaki Baby est un jeu de plate-forme 2D qui combine des énigmes à résoudre et de la pure plate-forme.

D’emblée, on est frappé par sa patte graphique qui n’est pas sans rappeler certaines oeuvres de Tim Burton et notamment « L’étrange Noël de Monsieur Jack ». Murasaki Baby, c’est aussi une superbe bande sonore qui participe à l’immersion. Un véritable sans-faute de ce côté-là avec des passages au piano, à la guitare et même des extraits de vieux films de SF directement diffusés par une TV cathodique (dans un des niveaux du jeu). Des références à la pop culture que l’on etrouve ça et là avec par exemple ces têtes d’E.T. avec bouche et yeux inversés (comme pour tous les personnages du jeu).

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Crayonné comme dans le clip de Take On Me du groupe A-Ha, surgit une petite fille avec les yeux au-dessous de la bouche.

Il va falloir l’accompagner, tel un parent, et la guider en la prenant par la main afin de l’aider à retrouver sa maman. Dans cet univers cauchemardesque inquiétant, sa fragilité se rappelle sans cesse à vous lorsqu’en accélérant le pas, elle trébuche. On la guide à l’écran en lui prenant la main et déplaçant le doigt dans la direction souhaitée.

Son autre main est accaparée par un ballon violet en forme de coeur. Il symbole la vie, celle de la petite fille. Il faudra en prendre soin pour progresser, faute de quoi c’est la mort assurée s’il éclate et on repart du dernier checkpoint. Cette fragilité associée à un simple ballon gonflable ne semble pas peser lourd dans un univers où des nuées de chauves-souris ou d’épingles à nourrice volantes vous attendent au tournant.

C’est là qu’intervient le gameplay de Murasaki Baby.

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Un gameplay unique

Les développeurs ont pris le parti de ne pas utiliser les boutons physiques de la console mais exclusivement les deux interfaces tactiles (l’écran et le pad au dos) et le gyroscope (pour des passages renversant). Un pari qui n’est pas sans rappeler un certain Tearaway signé Media Molecule qui exploitait déjà à merveille les spécificités de la PS Vita en termes d’interfaces.

Petite entorse tout de même avec un passage en “véhicule” exploitant les deux sticks analogiques.

L’univers du jeu se compose de 4 mondes distincts avec leurs propres ambiances (champêtre pour le premier, citadine pour le second, végétal pour le troisième…) dans lesquels il faudra venir en aide à un autre enfant. Tentacle boy a sa tête prisonnière d’un masque en forme de tentacule tandis que Bunny boy a été avalé par un monstre en forme de lapin. Il y a également Perm girl (prisonnière de sa permanente) et les Twisted twin.

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Pour vous aider à les sortir d’affaire, ils vont vous apporter différents ballons qui sont autant de pouvoirs nouveaux (glaciation, rapetissement, transformation du ballon en pierre…) indispensables pour résoudre les énigmes et progresser. Chaque arrière-plan se distingue par sa couleur.

On y fait appel en faisant glisser un doigt au dos de l’écran puis en tapotant pour déclencher l’action associée. Dans le premier monde, l’arrière-plan rouge fait sursauter tous les personnages présents à l’écran, permettant de faire fuir ceux qui barrent le passage. L’arrière-plan orange est associé à un puissant vent généré par un moulin tandis que l’arrière-plan bleu engendre le tonnerre suivi d’une pluie battante. On exploitera tantôt la pluie pour éteindre un feu ou remplir une rivière asséchée pour la traverser sur une barque de fortune poussée par le vent du moulin.

Vous l’avez compris, il faut parfois se creuser les méninges pour combiner les différents pouvoirs et résoudre les énigmes afin d’avancer.

L’aspect multi-points de l’écran tactile est également utilisé pour manipuler simultanément les deux bras de la fille (mouvoir le ballon et la faire avancer). C’est indispensable pour passer un feu de camp dans une grotte en éloignant le ballon du sol tout en la faisant progresser ou bien en le rapprochant du sol pour passer des buissons ardents suspendus. C’est aussi grâce aux mouvements décorrélés des deux bras de la petite fille qu’on évitera des dents jetées par des enfants de leur fenêtre.

D’autres petites trouvailles viennent alimenter le gameplay comme ces petites ampoules volantes qu’on fait passer d’un crochet à un autre pour éclairer les zones obscures.

Dans Murasaki Baby, le joueur n’est pas confronté à de véritables difficultés même si certains tableaux nécessitent plus de réflexion que d’autres.

La maniabilité via l’écran tactile répond plutôt bien même si on finit par l’obstruer lorsqu’on place deux doigts simultanément sur l’écran. On notera aussi que dans les zones d’ombre, il faut parfois s’y reprendre à plusieurs fois pour attraper le bras de la gamine. On pourra aussi avoir tendance à faire appel involontairement aux différents arrière-plan, ne sachant parfois plus trop où placer ses doigts au dos de la console.

Contrôler la petite fille devient tout de même parfois laborieux et irritant quand il faut par exemple déplacer le ballon, la faire avancer, retourner la console pour inverser la gravité puis désactiver des arcs électriques tout en faisant avancer un charriot.

Mais, une fois les repères pris avec ce gameplay singulier, on finit par s’habituer et à mieux l'apprivoiser.

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Conclusion

On ne peut que saluer les développeurs de Ovosonico pour leur choix et la direction artistique. Murasaki Baby est un véritable joyau emprunt de mélancolie, une véritable plongée dans les cauchemars des enfants qui a le goût d’un plaisir coupable. Un plaisir qui est malheureusement de courte durée puisqu’il ne faut guère plus de 3 heures pour boucler le jeu. Reste qu’à 9.99 euros (ou 7.99 si vous êtes abonné au PSN Plus), il serait vraiment dommage de passer à côté. Son univers particulier et ses très nombreuses trouvailles de gameplay font de cette aventure originale un très agréable passe temps.



+ Les plus
  • Direction artistique
  • Bande sonore
  • Le gameplay
  • L’ambiance
  • Exploite certaines spécificités de la PS Vita
- Les moins
  • Durée de vie
  • Trop facile
  • Quelques ralentissements
  • Contrôles parfois délicats


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