Nova 9 : Le retour gagnant de Huawei en Europe ?

Le par Mathieu M.  |  1 commentaire(s)
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Absent du marché européen depuis plus d'un an, Huawei signe son retour avec un smartphone : le Nova 9 et une nouvelle cible : les jeunes hyperconnectés et créateurs de contenu.

Huawei est de retour en Europe après avoir cessé de s'étendre au-delà du marché asiatique suite aux divers embargos opérés par les USA sur le secteur de la téléphonie.

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Sur font de sécurité Nationale et d'espionnage de masse, les USA ont mené plusieurs opérations de restrictions ciblant Huawei et ses partenaires jusqu'à priver la marque chinoise de toute technologie américaine dans ses appareils.

Dans un premier temps, celà s'est traduit par la perte de la licence Android auprès de Google : Huawei n'est plus autorisé à intégrer les services mobiles de Google dans ses appareils. Puis les sanctions ont concerné les technologies de gravure de puces, empêchant ainsi Huawei de produire ses propres puces puisque gravées sur des chaines exploitant des technologies et brevets américains.

Finalement, les USA on réduit les sanctions et autorisé déverrouillés plusieurs brevets et contrats que Huawei a payé au prix fort. Cela permet aujourd'hui à Huawei d'accéder aux puces Snapdragon de Qualcomm, avec toutefois une restriction de taille : aucune technologie 5G américaine n'est exploitable par le groupe.

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C'est dans ce contexte que Huawei tente ainsi de revenir en Europe et notamment en France avec le Nova 9, un smartphone qui a comme un air de Honor 50, mais sans 5G et sans les services de Google.

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Alors quelle est la stratégie de la marque pour revenir sur le marché ? Tenter de revenir avec une nouvelle entité, le nom NOVA devient ainsi une gamme à part entière chez le constructeur, plus orientée lifestyle, jeunes, créateurs de contenus et utilisateurs hyperconnectés.

Le NOVA 9 proposé depuis quelques jours affiche clairement ses ambitions : il s'installe au sommet de la gamme NOVA et revendique le segment milieu de gamme bien équipé.

Le terminal est séduisant avec un écran OLED de 6,57 pouces FHD HDR10 en 120 Hz associé à un Snapdragon 778 4G, 8 Go de RAM et 128 Go de stockage. La recharge rapide 66W représente une originalité que l'on ne retrouve ailleurs que sur les smartphones haut de gamme... Le tout est complété par une partie photo à 3 capteurs de 50 Mpx pour mettre l'accent sur la création de photos et vidéos.

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Si Huawei revient avec un smartphone du genre, c'est que la cible, les jeunes, est plus à même de s'adapter à un monde sans Google. En marge des différentes polémiques autour des GAFAM et de la gestion des données personnelles, les ados sont un public plus volatile et moins orienté vers les outils de productivité de Google. Ils sont plus à même de changer leurs habitudes que les autres utilisateurs et ça, Huawei en a bien conscience, c'est pourquoi tout est fait pour séduire ce public en espérant qu'il constituera une base solide qui amorcera un mouvement plus global des foules.

En parallèle, Huawei réalise également énormément d'efforts pour développer son propre écosystème et ses Huawei Mobile Services. Outre le développement du catalogue d'applications d'AppGallery, on a vu apparaitre des services s'inspirant de ceux de Google, mais estampillé Huawei, avec toujours cette communication concernant le respect des données personnelles : les HMS disposent à ce jour d'applications Mail, Navigateur, éditeur vidéo, recherche en ligne, gestion de fichiers et même Navigation GPS gratuite.

Pour étendre un peu plus ses applications, Huawei mise également sur Huawei Share, une fonctionnalité qui permet de synchroniser automatiquement ses données et même ses écrans sur les PC portables et tablettes de la marque.

Mais au-delà de ces efforts, Huawei pourrait avoir trouvé une solution pour contourner les diverses restrictions américaines : basculer sur un système de licences et de partenaires.

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Huawei pourrait ainsi concevoir des puces et smartphones, et les proposer à des marques tierces selon un système de licences. L'idée serait d'exploiter les contrats de ces marques tierces avec les sociétés américaines pour accéder de nouveau aux services mobiles de Google ainsi qu'aux puces 5G.

Il y aurait une différence de ce qui était autrefois fait avec Honor puisque la marque était une filiale de Huawei. Les sanctions touchant la maison mère impactaient automatiquement l'ensemble de ses filiales. Dans la nouvelle stratégie de Huawei, les marques vendraient les smartphones sous leur propre nom, avec même pourquoi pas leurs propres surcouches, mais un ensemble d'applications produites par Huawei. En contrepartie, une partie des bénéfices des ventes seraient renvoyés vers Huawei.

Cette technique, Huawei l'a déjà mise en place avec Xnova qui vent ses propres smartphones estampillés Nova alors qu'ils ont été conçus par Huawei. Ces terminaux peuvent profiter des composants et logiciels américains sans aucune limite.

Le retour de Huawei en Europe pourrait ainsi se faire de deux façons : avec des terminaux clairement assumés comme détachés de Google et de certaines technologies américaines. À ce titre, le Nova 9 est le premier smartphone à retenter sa chance, mais il ne joue pas pleinement la carte du détachement puisqu'il est toujours basé sur Android 11 et non HarmonyOS. D'autre part, la marque pourrait se cacher derrière d'autres terminaux proposés sous des marques différentes qui inonderaient le marché.

Ce qui est certain, c'est que Huawei est décidée à revenir sur le marché du smartphone coute que coute, l'idée de se séparer de sa division mobile est résolument du passé. Pour le consommateur, cet engagement pourrait être bénéfique : HarmonyOS et les HMS pourraient se présenter comme de véritables alternatives à Android et aux services mobiles de Google, ce qui pourrait amener plus de choix au consommateur avec une concurrence renforcée propice aux innovations.

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BombingBasta offline Hors ligne Vénéré icone 3365 points
Le #2150441
"HarmonyOS et les HMS pourraient se présenter comme de véritables alternatives à Android et aux services mobiles de Google, ce qui pourrait amener plus de choix au consommateur avec une concurrence renforcée propice aux innovations."

Jusqu'à maintenant on avait le choix entre peste et choléra, rajouter l'ebola ne change pas grand chose...
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