Le Cancer Des Ondes 2/2

Le
inforadio
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Bonjour a Tous voila un Bulletin sur le Trafic en HF

Copie Internet. Bonne Lecture

Les " Ondes courtes ", défrichées par les radioamateurs dés les
premières années d'exploitation de la Radio, sont aujourd'hui en
grand danger d'être sacrifiées sur l'autel du progrès des
télécommunications numériques à haut débit, sous prétexte de
désuétude. Ce danger est connu sous l'appellation CPL (Courants
Porteurs en Ligne) version française de l'appellation
anglo-saxonne PLC (Power Line Communications) ou encore BPL
(Broadband for Power Line).

Note de la rédaction : Ce texte écrit par Jacques Mezan de
Malartic F2MM nous es arrivé trop tard pour se voir publié dans
le numéro 11 de Ondes Magazine, nous le publions donc ici afin de
continuer à toujours vous informer. vous le retrouverez dans les
colonnes du numéro 12 avec les modifications apportées et qui
s'imposent selon l'évolution de l'état des lieux.



La prise en compte des réclamations des radioamateurs peut
sembler marginale mais il faut reconnaître que leur application
apporte des résultats significatifs pour orienter les travaux de
normalisation CEM des CPL. Citons l'exemple des modems
d'appartement pour lesquels il a été obtenu une recommandation
d'adjonction de filtres coupe-bandes (notch) sur les bandes
amateur. Le résultat est spectaculaire pour une atténuation
demandée de 30 dB lorsqu'en cours d'un balayage continu en
réception de la bande HF on voit son S-mètre descendre de S9 à
quelques dB audessus du bruit de 6,95 MHz à 7,35 MHz, remonter à
S9 au-delà, redescendre à nouveau vers 13,95 MHz puis remonter
au-dessus de 14,4 MHz et ainsi de suite. Cela prouve bien que les
approches théoriques sur l'ampleur des perturbations se vérifie
effectivement et que des solutions peuvent être apportées ne
serait-ce que pour répondre à des plaintes bien argumentées.

Dans le contexte du JWG et en réponse à un questionnaire
officiel, une proposition IARU région 1, reprenant des
recommandations de l'UIT et de la CAMR 2003, est en cours
d'analyse à partir d'une réduction de 20 dB des limites de la
NB30 et avec une meilleure caractérisation dans les bandes VHF et
UHF. Cette extension est effectivement importante car il est
impensable d'imaginer que, compte tenu des effets de
non-linéarité qui ne manqueront pas d'apparaître, il n'y a pas de
raison que les brouillages cessent brusquement au-dessus de 30
MHz. Le tableau ci-après montre l'impact prévisible des
rayonnements large bande à la limite proposée dans les bandes 6m
et 2m et il reste encore de quoi s'inquiéter car les antennes
ayant servi aux calculs ne sont pas les plus performantes.
D'autres exploitants de fréquences dans des bandes proches des
nôtres devraient également s'inquiéter.

Au delà de ces actions essentiellement normatives, d'autres plus
qualitatives ont été effectuées particulièrement en Autriche,
Suisse, Allemagne, Hollande, Finlande, Royaume uni ou encore
Etats-Unis et Japon sur des réseaux expérimentaux. Des produits
du commerce ont été également passé au banc d'essai en appliquant
rigoureusement les méthodes de mesure préconisées pour la
normalisation. Les résultats ont, bien entendu, confirmé les
craintes et mis dans l'embarras les décideurs impliqués dans le
développement des technologies CPL au point qu'au lieu de
collaborer avec les radioamateurs, les expérimentateurs évitent
désormais de faire connaître l'emplacement des sites d'essais. Il
en résulte des comptes rendus critiques et en particulier des
enregistrements qu'il est possible de visionner ou de télécharger
soit sur les sites web de l'ARRL, ou d'autres associations
européennes (OVSV,VERON, DARC, RSGB, etc.).

L'information des radioamateurs, en dehors des groupes
spécialisés, s'est surtout faite à travers des présentations à
Friedrichshafen ou par les bulletins Eurocom d'ON4WF. En France,
le groupe CEM n'ayant été impliqué dans ces affaires que depuis
un an, a mis en priorité une participation active aux actions en
cours avant d'établir un circuit d'information qui devrait être
accessible d'ici quelques mois.

Ainsi, les actions en cours sont loin d'être terminées et
elles occupent beaucoup de temps et de patience pour tenter de
faire entendre raison devant des intérêts économiques souvent peu
scrupuleux de cette notion de pollution très particulière et
ignorée du monde informatique dont notre quotidien ne sait plus
se passer. L'ultime ressource en cas d'échec sur le resserrement
des normes CEM sera l'organisation des plaintes qu'il faudra
déposer pour défendre nos licences. Il est nécessaire d'y penser
dés aujourd'hui car ce processus ne peut se situer que dans une
notion d'intérêt public et non d'intérêt privé. C'est d'ailleurs
ce que nous suggère la DGE en rappelant que puisque très peu de
plaintes recevables ont été déposées, le déploiement des CPL n'a
aucune raison d'être remis en cause.


Compte tenu de l'ampleur des dégâts qui aurait dû être constatée,
on pourrait légitimement se demander si avant de choisir les
sites d'expérimentation, il n'aurait pas été tenu compte de
l'absence de radioamateurs dans leur environnement immédiat. De
plus, les plaintes résultant du déplacement de moyens de mesure
mobiles sont considérées comme étant artificielles et
difficilement recevables. On doit cependant souligner les efforts
déployés dans ce sens particulièrement en Autriche car l'impact
de ces plaintes dans la prise en compte des arguments de défense
des usagers des ondes courtes a été significatif.

L'état des lieux en Europe :

Le déploiement à grande échelle des réseaux CPL n'est pas encore
engagé. Si des licences ont été attribuées à des opérateurs
privés, la question de la rentabilité du déploiement de ces
réseaux est encore entière. Si on y ajoute le risque de devoir
reprendre le matériel déployé pour le mettre au niveau
d'exigences CEM plus sévères, les candidats ont de quoi
s'inquiéter.

Que ce soit pour effectuer des essais ou pour commercialiser des
abonnements, plusieurs mini-réseaux ont été autorisés et mis en
service. En dehors de la France on les trouve principalement dans
les pays suivants : Suède, Finlande, Hollande, Allemagne, Royaume
Uni, Autriche, Espagne et Suisse.

La plupart de ces réseaux sont surveillés par les radioamateurs
locaux et certains ont fait l'objet de rapports de mesure CEM
précis. Quel que soit le degré d'émotivité qui accompagne les
mesures, l'aspect perturbateur des ondes courtes est reconnu
unanimement à des degrés divers. Il a même été constaté des
perturbations provenant de lignes électriques enterrées !

Les rares plaintes qui ont été enregistrées par les opérateurs
sont de tous genres y compris de la part d'un câblo-opérateur de
TV. Dans les cas ou les plaintes émanant de radioamateurs ont été
vérifiées par les services compétents, il a toujours été constaté
que le brouillage rendait quasiment impossible l'utilisation de
l'installation radio mais que dans certains cas, les limites CEM
étant conformes aux normes provisoires, on ne se prononçait pas
sur la nécessité d'apporter des corrections au réseau.

Le problème le plus difficile à résoudre et animant encore
sérieusement les débats est celui du coût compte tenu de la
nécessité d'implanter plus de relais amplificateurs qu'il en
était prévu. La conséquence sur le prix de l'abonnement
positionne mal la technologie CPL par rapport à sa concurrence
DSL ou Wi-Fi.

Beaucoup de pays hésitent encore à se lancer dans l'aventure et
certains, comme l'Espagne, seraient prêts à retirer les licences
attribuées si le problème des interférences ne trouve pas de
solution.

L'état des lieux en France :

Après avoir laissé entendre que notre distributeur d'électricité
national avait suffisamment à faire avec so
métier de base,
force est de constater qu'il s'est empressé d'investir dans une
filiale qui se lance dans l'aventure CPL. Les lieux
d'expérimentation n'ont jamais été précisés et les usagers des
ondes courtes n'ont pas été invités à suivre les essais.

La position officielle des législateurs serait de supporter la
compatibilité la meilleure possible à partir de compromis entre
CPL et utilisateurs des bandes HF. Les radioamateurs sont invités
à renforcer leurs arguments en faisant cause commune avec les
autres usagers. Soulignons cependant que le peu de rapports
techniques que nous avons présentés ont été bien accueillis.

Il y a plus d'une centaine de mini-réseaux en service
actuellement. Le département de la Manche fait figure de pionnier
avec le support du conseil général. D'autres villes comme Nice,
Saint Etienne, Grenoble ou quelques villes de banlieue Parisienne
annoncent avoir mis en service de tels réseaux locaux dans des
lieux publics comme des écoles ou des musés. La plupart de ces
lieux ne sont pas identifiés avec précision.

Aucun résultat de mesure de CEM ne semble avoir été publié
aujourd'hui ce qui laisse sous-entendre que le problème pourrait
avoir été totalement oublié d'autant plus qu'il n'est même pas
évoqué dans les articles annonçant l'ouverture de ces réseaux.

Les modems CPL d'appartement sont désormais en vente libre dans
les magasins d'informatique. Ces modems ont la particularité de
ne fonctionner que lorsqu'il y a transmission effective de
données entre les PC c'est à dire de façon sporadique sauf en
cours de téléchargement de fichiers volumineux. Les filtres coupe
bandes dont ils sont équipés les font passer quasiment inaperçus
sur les fréquences que nous exploitons. Les risques sont donc
assez limités dans les zones de faible densité d'habitation mais
ils peuvent, par effet cumulatif et de répartition statistique du
trafic, poser quelques problèmes en zone urbaine dense. Il ne
reste qu'à souhaiter que les modèles que nous avons expérimentés
représentent bien le cas général. On peut cependant se poser la
question de la pérennité de ces produits et, si la norme CEM
évolue dans le sens que nous souhaitons, de l'impossibilité de
les mettre en conformité. La

réciprocité de la CEM :

Il est assez surprenant de constater que le problème de
susceptibilité des équipements CPL aux rayonnements HF est aussi
peu souvent évoqué. En effet, toutes les configurations à deux
antennes équivalent à un couplage entre les équipements qui y
sont connectés défini, de façon symétrique, à partir des pertes
de propagation et du rendement de chaque antenne. Si on prend le
cas des lignes aériennes à 10m d'une antenne de type doublet
demi-onde, un calcul physique élémentaire peut donner une idée
des ordres de grandeur de puissances de signal reçu sur un
équipement par le rayonnement de l'équipement adverse.

Dans le sens CPL vers récepteur HF, le champ limite étant défini
par la norme, il suffit de faire la conversion dBmV/m en dBm en
tenant compte du gain isotopique du doublet (2,1 dB) pour établir
les tableaux de désensibilisation précédents. Dans le sens
inverse on connaît la puissance délivrée par l'émetteur HF et
l'équivalence en gain du rendement en rayonnement de la ligne
aérienne (-20dB). Si on prend l'exemple d'un émetteur de 100
watts (50 dBm) à 14 MHz, l'affaiblissement de propagation en
espace libre sur une distance de 10m étant de15,5 dB et la somme
des gains d'antennes équivalant à -17,9 dB, le couplage entre les
équipements correspond à un isolement de 33,4 dB. Ainsi cet
émetteur induira dans le modem un signal de 16,6 dBm ou 45 mW.
Sachant que les modems ont un double rôle d'émission et de
réception, comment peut on supposer que les performances de
réception pourraient ne pas être affectées par la présence d'un
tel signal ?

Les mesures sommaires que nous avons effectuées nous ont montré
un blocage total de communication entre les modems expérimentés
pour des émissions de l'ordre de 30 watts. D'autres expériences
semblables relatent des résultats encore plus sensibles pour des
émissions de 5 watts.

Tout cela nous semble parfaitement normal mais que va-til se
passer chez les opérateurs qui ne tiennent pas compte de la
symétrie des problèmes de CEM et, dans ce cas, jusqu'où devront
aller les compromis ?

Pour conclure :

S'il ne faut pas complètement désespérer sur l'avenir des bandes
HF, il faut rester extrêmement vigilants devant les positions
prises par les partis impliqués. Les deux extraits d'articles de
presse ci après expliquent assez bien le fossé qui sépare les
opinions des intéressés dont nous faisons partie.

Un responsable du réseau expérimental de Crieff en Ecosse,
interrogé sur le problème des interférences provoquées par son
service et susceptibles, d'après un rapport de l'agence des
radiocommunications, de " voir l'usage du spectre des ondes
courtes refusé à un grand nombre d'utilisateurs " a répondu de la

façon suivante : "

Ce rapport n'est pas correct en laissant entendre qu'il y aurait
une plainte pour interférence au sujet des CPL. Je pense que la
présentation est ambiguë et que les interférences provenaient des
DSL ou étaient démontrées comme potentielles. " Aux antipodes de
ce point de vue, nous pouvons citer un extrait de l'éditorial du
CEO de l'ARRL dans le QST de

novembre 2003 : "

Les CPL arrivent tardivement sur le marché du large bande. Pour
réussir, un arrivant tardif doit clairement démontrer sa
supériorité. Les CPL n'en ont aucune. Ils pourraient bien ne pas
coûter moins cher, mais ils sont définitivement moins rapides que
les autres systèmes de distribution à large bande. "

Plus prés de nous, Il semblerait, à en croire certaines sources
d'information, qu'à la réunion du 16 octobre dernier à la DGE de
Bruxelles, les contributions des usagers des ondes courtes (dont
prés de la moitié présentées par des radioamateurs) auraient été
prises en compte pour mettre en doute les bénéfices des
investissements par rapport aux parts de marché attendues,
souligner l'impact des interférences audelà des limites de la
norme NB30 pourtant relativement relaxée, demander des essais
complémentaires afin de définir un standard CEM capable de
protéger les services d'urgence, la défense, le trafic aérien et.
les services radioamateurs, ne pas faire de cas spécifique des
CPL par rapport aux autres services large bande et encourager les
travaux du JWG en élargissant son mandat. Il semblerait aussi que
ce consensus n'aurait eu qu'une seule exception. française (comme
bien souvent.) évoquant une considération très particulière pour
le radioamateurisme


Ces remarques devraient nous faire réfléchir au comportement à
avoir vis-à-vis de ceux qui portent un jugement sur l'utilité du
service amateur à partir de nos manifestations extérieures que
sont le trafic sur l'air ou l'harmonisation des positions prises
par nos associations représentatives mais surtout du respect des
conditions d'attribution de nos licences.




Tableau
estimant les dégradations prévisibles de sensibilité à 3 m d'une
installation CPL et la distance à laquelle elles deviennent
négligeables (1dB) dans les bandes amateur 6m, 2m et 70 cm pour
des rayonnements conformes aux limites de l'extension de la norme
NB30 par le JWG (0,5 dBµV/m à 3 m dans une bande de 2,7 KHz) les
chiffres entre parenthèses supposent 10 dB de contrainte
additionnelle (limite à -9,5 dBµV/m) et pour un facteur de bruit
supposé de 7 dB (bruit plancher à -132,7 dBm) Nota : A 10 m de
distance les dégradations calculées sont à réduire d'environ 10dB


73 de F1EBE Op Jean Marie

Bonne Annee 2004 avec Du Trafic Sans QRN Hummm

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Bip
Le #13016381
<inforadio> a écrit dans le message de
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Vous prêchez à des convaincus. Ce genre de message serait plus utile sur
fr.comp.divers (et autres), pour les fanatiques du numérique qui ignorent
tout de l'analogique.
.
inforadio
Le #13016281
Le Thu, 1 Jan 2004 19:51:33 +0100, "Bip"

Vous prêchez à des convaincus. Ce genre de message serait plus utile sur
fr.comp.divers (et autres), pour les fanatiques du numérique qui ignorent
tout de l'analogique.




Je vous laisse le soin de faire la retransmission alors.
Je ne peux pas etre partout...
Merci.
Bip
Le #13016191
<inforadio> a écrit dans le message de
news:
Le Thu, 1 Jan 2004 19:51:33 +0100, "Bip"


J'ai déjà commencé, mais il me faudrait une argumentation à la fois précise
et concise.
inforadio
Le #13016161
Le Fri, 2 Jan 2004 21:02:26 +0100, "Bip"

J'ai déjà commencé, mais il me faudrait une argumentation à la fois précise
et concise.




La, je vous laisse chercher via Google avec le mot clé CPL.
Je ne peux pas etre partout, hi... Merci.

:)
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