Courriel à l'Education Nationale. (Long)

Le
Dominique
Colère d'un père de famille et Linuxien !!!
Voici la copie du courriel que je viens d'adresser au ministre de
l'Education Nationale :

*****************************************************************
Monsieur le Ministre,
J'essaye d'inscrire ma fille en IUT par Internet, seule procédure
admise. Voici les résultats de plusieurs heures de connexion sur les
sites des IUT de la Région Centre, de l'université de Lyon et des IUT
d'Ile de France. J'abandonne les autres régions pour aujourd'hui.

- Tout d'abord, je note qu'il est impératif de passer par une obole à
Bill Gate et Microsoft : de ces 3 sites universitaires, aucun n'accepte
d'autre navigateur que Internet Explorer au détail près de Lyon qui
invite à changer Netscape (Mozilla sous Linux) par Opera, navigateur,
comme il se doit, que tout le monde utilise au quotidien.
Malheureusement, en temps normal, je ne travaille que sous Linux et,
bien sûr, pas Internet Explorer. Pour l'occasion, il m'a fallu remettre
en route un vieux PC sous Windows et tout configurer. Je n'aurais pas eu
Internet du tout, que m'aurait-il fallu faire ? Acheter un OS Windows
pour l'occasion ? Je comprends parfois, face à une obligation de
consommer du Microsoft payant, que la tentation du piratage
informatique soit grande.
Parce que telle est la condition de l'e-administration prônée par nos
gouvenants actuels, c'est une e-admiunistration inféodée à Microsoft. Je
ne comprends pas qu'on ait l'outrecuidance de faire des procés à Bill
Gate. Ce n'est pas de sa faute si les institutions françaises
elles-mêmes obligent à utiliser Microsoft. Il n'y a pas, ici, de
position dominante de sa part, il y a rente de situation !

- Tout le monde crie aux virus. Il faut savoir que ces sites
universitaires (notamment celui de la région Centre) vivent assez mal
les pare-feu et anti-virus. La seule solution pour essayer d'obtenir le
sacro-saint numéro de dossier : supprimer les protections ! C'est un bon
critère de sécurité.

- Passons à l'ergonomie de ces sites. Leur auteur les a-t-il soumis à
des utilisateurs qui ne connaissent pas le site ? J'en doute fortement
car, de nombreuses, fois, c'est navigation sans visibilité avec le vent
de l'aventure en plus.

- Enfin, ouverture des inscriptions le 1/3/2004 pour Lyon. Aujourd'hui,
en fin de saisie de dossier, site saturé à 14h ! Las, j'essaye des IUT
d'Ile de France. Je ne sais pas quand commencent les inscriptions
mais après 1/4h d'attente devant mon écran bloqué pour valider
définitivement le dossier, je téléphone à Paris. Le site est en panne !
De message invitant à se connecter
plus tard, nenni !

Peut-être, pour que j'assume des serveurs internet exsangues dés le
premier jour, me faudra-t-il inscrire ma fille à 2 ou 3 h du matin.

Voilà, Monsieur le Ministre, mon état d'esprit, aujourd'hui face au tout
Internet. Je suis un ardent défenseur d'Internet mais je trouve
inadmissible que des universités ne soient pas capables de mettre en
place des sites ouverts (Linux), ergonomiques et qui marchent.

Et, enfin, pour conclure, je m'interroge sur les gens qui n'ont pas
Internet. Il y en a encore, en France. Lyon propose généreusement des
bornes d'inscriptions gratuites à Lyon !

Veuillez accepter, Monsieur le Ministre, l'expression de ma considération
respectueuse,
Dominique

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Bastien
Le #4469101
Dominique writes:

Colère d'un père de famille et Linuxien !!!


Bonne initiative.

Dans la série « vive-les-sites-administratifs », j'ai manqué une
inscription à un concours pour cause de serveur saturé.

Quand j'ai demandé s'il n'y avait pas un moyen d'avoir une dérogation
suite à cet incident, on m'a expliqué que ce n'était pas un « problème
technique », le serveur étant configuré pour recevoir un nombre limité
de requêtes. Devant cette réponse, les bras m'en tombent encore.

Y'a du chemin à parcourir !

--
Bastien

GP
Le #4469081
Dominique wrote:
Colère d'un père de famille et Linuxien !!!
Voici la copie du courriel que je viens d'adresser au ministre de
l'Education Nationale :


Aucun message n'est long quand il est si bien senti. Je l'ai lu d'un
bout à l'autre avec plaisir. J'espère que d'autres Linuxiens français
joindront leur protestation à la tienne.

GP

JKB
Le #4469071
Le 01-03-2004, à propos de
Re: Courriel à l'Education Nationale. (Long),
Bastien écrivait dans fr.comp.os.linux.debats :
Dominique writes:

Colère d'un père de famille et Linuxien !!!


Bonne initiative.

Dans la série « vive-les-sites-administratifs », j'ai manqué une
inscription à un concours pour cause de serveur saturé.

Quand j'ai demandé s'il n'y avait pas un moyen d'avoir une dérogation
suite à cet incident, on m'a expliqué que ce n'était pas un « problème
technique », le serveur étant configuré pour recevoir un nombre limité
de requêtes. Devant cette réponse, les bras m'en tombent encore.

Y'a du chemin à parcourir !


Lorsque j'ai passé mes concours, il y a quelques années, la toile
n'était pas encore née. On parlait vaguement de gopher entre
gourous... Et je n'ai pas pu m'inscrire à un concours réputé parce
que les formulaires sont arrivés trop tards dans l'académie de
Strasbourg. La situation actuelle n'est que la prolongation du
mépris de certaines administrations face au public.

JKB, qui avait même dû trouver un minitel à l'époque pour ses
inscriptions...


Hubert Figuiere
Le #4469061

Lorsque j'ai passé mes concours, il y a quelques années, la toile
n'était pas encore née. On parlait vaguement de gopher entre
gourous... Et je n'ai pas pu m'inscrire à un concours réputé parce
que les formulaires sont arrivés trop tards dans l'académie de
Strasbourg. La situation actuelle n'est que la prolongation du
mépris de certaines administrations face au public.


Et avec quoi tout ca est payé ?

Hub
--
AbiWord maintainer - Lille, France - http://www.figuiere.net/hub/
"according to gweather, it is "? --" degrees outside" -- dom on IRC
GPG fingerprint: 6C44 DB3E 0BF3 EAF5 B433 239A 5FEE 05E6 A56E 15A3

siger
Le #4469011

Colère d'un père de famille et Linuxien !!!


Bravo.

J'ai essayé l'année dernière de déclarer mes impôts sur internet. Avec
Windows, pourtant, et Opera.

Après plusieurs péripéties dont un appel à la "hot-line", il m'a fallu
une dérogation parce que la seule solution pour moi était de déclarer
de manière classique et parce que le délais était écoulé.

Ce n'est pas que un problème de navigateur (je n'ai pas désinstallé
IE), mais de Java. La hot-lineuse voulait me faire désinstaller celui
de Sun pour le remplacer par un autre, celui de MS je suppose.

À celà s'ajoute plusieurs erreurs dans ce qu'ils demandent, qui ont
toutes pour effet de produire un message d'erreur quand on valide. Elle
était au courrant, et visiblement lassée. Elle a probablement répété
les mêmes mots pendant plusieurs semaines.

--
siger

Raphaël Wils
Le #4468991

Colère d'un père de famille et Linuxien !!!
Voici la copie du courriel que je viens d'adresser au ministre de
l'Education Nationale :

*****************************************************************
Monsieur le Ministre,
J'essaye d'inscrire ma fille en IUT par Internet, seule procédure
admise. Voici les résultats de plusieurs heures de connexion sur les
sites des IUT de la Région Centre, de l'université de Lyon et des IUT
d'Ile de France. J'abandonne les autres régions pour aujourd'hui.

- Tout d'abord, je note qu'il est impératif de passer par une obole à
Bill Gate et Microsoft : de ces 3 sites universitaires, aucun n'accepte
d'autre navigateur que Internet Explorer au détail près de Lyon qui
invite à changer Netscape (Mozilla sous Linux) par Opera, navigateur,
comme il se doit, que tout le monde utilise au quotidien.
Malheureusement, en temps normal, je ne travaille que sous Linux et,
bien sûr, pas Internet Explorer. Pour l'occasion, il m'a fallu remettre
en route un vieux PC sous Windows et tout configurer. Je n'aurais pas eu
Internet du tout, que m'aurait-il fallu faire ? Acheter un OS Windows
pour l'occasion ? Je comprends parfois, face à une obligation de
consommer du Microsoft payant, que la tentation du piratage
informatique soit grande.
Parce que telle est la condition de l'e-administration prônée par nos
gouvenants actuels, c'est une e-admiunistration inféodée à Microsoft. Je
ne comprends pas qu'on ait l'outrecuidance de faire des procés à Bill
Gate. Ce n'est pas de sa faute si les institutions françaises
elles-mêmes obligent à utiliser Microsoft. Il n'y a pas, ici, de
position dominante de sa part, il y a rente de situation !

- Tout le monde crie aux virus. Il faut savoir que ces sites
universitaires (notamment celui de la région Centre) vivent assez mal
les pare-feu et anti-virus. La seule solution pour essayer d'obtenir le
sacro-saint numéro de dossier : supprimer les protections ! C'est un bon
critère de sécurité.

- Passons à l'ergonomie de ces sites. Leur auteur les a-t-il soumis à
des utilisateurs qui ne connaissent pas le site ? J'en doute fortement
car, de nombreuses, fois, c'est navigation sans visibilité avec le vent
de l'aventure en plus.

- Enfin, ouverture des inscriptions le 1/3/2004 pour Lyon. Aujourd'hui,
en fin de saisie de dossier, site saturé à 14h ! Las, j'essaye des IUT
d'Ile de France. Je ne sais pas quand commencent les inscriptions
mais... après 1/4h d'attente devant mon écran bloqué pour valider
définitivement le dossier, je téléphone à Paris. Le site est en panne !
De message invitant à se connecter
plus tard, nenni !

Peut-être, pour que j'assume des serveurs internet exsangues dés le
premier jour, me faudra-t-il inscrire ma fille à 2 ou 3 h du matin.

Voilà, Monsieur le Ministre, mon état d'esprit, aujourd'hui face au tout
Internet. Je suis un ardent défenseur d'Internet mais je trouve
inadmissible que des universités ne soient pas capables de mettre en
place des sites ouverts (Linux), ergonomiques et qui marchent.

Et, enfin, pour conclure, je m'interroge sur les gens qui n'ont pas
Internet. Il y en a encore, en France. Lyon propose généreusement des
bornes d'inscriptions gratuites... à Lyon !

Veuillez accepter, Monsieur le Ministre, l'expression de ma considération
respectueuse,
Dominique


Vive les standards, vive l'accessibilité, vive l'openSource.

--
Raphael wils
http://www.r-wils.com/perso
"It don't mean a thing, if it ain't got that swing !"

JRD
Le #4468961
Bonsoir,

JKB
Le 01-03-2004, à propos de
Re: Courriel à l'Education Nationale. (Long),
Bastien écrivait dans fr.comp.os.linux.debats :
Dominique writes:

Colère d'un père de famille et Linuxien !!!


Bonne initiative.

Dans la série « vive-les-sites-administratifs », j'ai manqué une
inscription à un concours pour cause de serveur saturé.

Y'a du chemin à parcourir !



Et cela n'est pas près de s'améliorer pour Linux :
http://www.adae.pm.gouv.fr/index.php3

Le directeur de l'ADAE est Jacques Sauret... Je vous laisse le soin de
découvrir ses propos sur l'informatique de l'administration (surtout
que je n'ai pas conservé les URL de ses meilleures déclarations).

Lorsque j'ai passé mes concours, il y a quelques années, la toile
n'était pas encore née. On parlait vaguement de gopher entre
gourous...


Pfuuiii... C'était il y a des décennies. ;-)
HTTP date de 1991/1992. Mosaic de 1993. et lynx?
Aahh! (x)gopher! un mot que j'avais complètement oublié.

JKB, qui avait même dû trouver un minitel à l'époque pour ses
inscriptions...


Pareil pour tout le monde de moins de 35 ans voire 40. ;-)

JRD.
--

http://jerome.drapeau.free.fr
La critique est aisée, l'art est difficile.



Hubert Figuiere
Le #4468871


J'ai essayé l'année dernière de déclarer mes impôts sur internet. Avec
Windows, pourtant, et Opera.

Après plusieurs péripéties dont un appel à la "hot-line", il m'a fallu
une dérogation parce que la seule solution pour moi était de déclarer
de manière classique et parce que le délais était écoulé.


Rien que pour ca, je vais même pas essayer. Ca sera papier et ils
traiteront à la main.


Hub

Ce n'est pas que un problème de navigateur (je n'ai pas désinstallé
IE), mais de Java. La hot-lineuse voulait me faire désinstaller celui
de Sun pour le remplacer par un autre, celui de MS je suppose.

À celà s'ajoute plusieurs erreurs dans ce qu'ils demandent, qui ont
toutes pour effet de produire un message d'erreur quand on valide. Elle
était au courrant, et visiblement lassée. Elle a probablement répété
les mêmes mots pendant plusieurs semaines.




--
AbiWord maintainer - Lille, France - http://www.figuiere.net/hub/
"according to gweather, it is "? --" degrees outside" -- dom on IRC
GPG fingerprint: 6C44 DB3E 0BF3 EAF5 B433 239A 5FEE 05E6 A56E 15A3

Lo
Le #4468351
"siger" a écrit

J'ai essayé l'année dernière de déclarer mes impôts sur internet. Avec
Windows, pourtant, et Opera.

Après plusieurs péripéties dont un appel à la "hot-line", il m'a fallu
une dérogation parce que la seule solution pour moi était de déclarer
de manière classique et parce que le délais était écoulé.

Ce n'est pas que un problème de navigateur (je n'ai pas désinstallé
IE), mais de Java. La hot-lineuse voulait me faire désinstaller celui
de Sun pour le remplacer par un autre, celui de MS je suppose.


J'ai pas eu de probleme avec le Java de Sun quand j'ai déclaré mes impots
l'année derniere avec mon Mozilla sous linux.

Loic.

remy
Le #4468251
"JRD" c206ag$of5$
Bonsoir,

JKB
Le 01-03-2004, à propos de
Re: Courriel à l'Education Nationale. (Long),
Bastien écrivait dans fr.comp.os.linux.debats :
Dominique writes:

Colère d'un père de famille et Linuxien !!!


Bonne initiative.

Dans la série « vive-les-sites-administratifs », j'ai manqué une
inscription à un concours pour cause de serveur saturé.

Y'a du chemin à parcourir !



Et cela n'est pas près de s'améliorer pour Linux :
http://www.adae.pm.gouv.fr/index.php3



juste pour le debat


Étude de l'utilisation des logiciels libres dans le secteur public en Europe



L'étude de l'utilisation des logiciels libres dans le secteur public en
Europe a fait l'objet d'une présentation de son état d'avancement lors de
l'atelier du libre du 15 mai 2001.

Cette étude réalisée par Unisys Belgique sur l'initiative des services de la
Commission Européenne est publiée à l'adresse :
http://europa.eu.int/ISPO/ida/jsps/index.jsp
?fuseAction=showChapter&chapterID4&preChapterID=0-17

Elle repose sur trois documents et une annexe :


1ère partie : une information sur l' « Open Source Software » (OSS) ou
logiciel libre. On y trouve une évaluation, par catégorie de logiciels, de
la disponibilité et du potentiel de solutions basées sur l'OSS, ainsi qu'un
choix d'environ 100 solutions OSS typiques.
2ème partie : Le rapport sur l'utilisation des logiciels libres et les
réalisations. Basé sur un questionnaire et sur des visites dans six pays
européens (la France, l'Espagne, l'Allemagne, l'Italie, la Belgique, La
Suède), le rapport examine les raisons de l'utilisation et de la
non-utilisation des logiciels libres dans leur secteur public.
3ème partie : Le rapport sur la structure du marché et les questions
relatives à l'appropriation par le secteur public. Comment le logiciel libre
peut être employé et distribué selon leurs licences et comment les aspects
légaux et commerciaux influencent les conditions de leur appropriation par
le secteur public, notamment en terme de transparence et de
non-discrimination.

Après avoir rappelé le rôle du programme IDA au sein de la Commission
Européenne, nous vous livrons ici une traduction et une adaptation des
résumés des deuxième et troisième parties de cette étude, étude qui n'engage
que ses auteurs.

Le lecteur à la recherche d'une solution en « open source » se reportera
utilement et directement à première partie de l'étude et à son annexe.

Le programme IDA

IDA (Interchange of Data between Administrations) est une initiative
stratégique menée par la Commission européenne afin de mettre les progrès
réalisés dans le domaine des technologies de l'information et des
communications au service de l'échange rapide de données électroniques entre
les administrations des États membres. Et ce, dans le but d'optimiser la
prise de décision à l'échelon communautaire, de faciliter le fonctionnement
du marché intérieur et d'accélérer la mise en oeuvre de la politique
européenne. L'utilisation de l' « Open Source Software » en Europe

Six pays, la Belgique, la France, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, la Suède
et les institutions de la Commission sont concernés par cette étude. L'étude
n'est donc pas représentative de la situation dans les 15 Etats membres.

Les logiciels libres sont employés dans tous les pays visités mais de
manières clairement différentes :


La France et l'Allemagne sont les deux leaders innovateurs (l'Allemagne pour
les réalisations concrètes et les directives, la France pour un appui
croissant du gouvernement à l'utilisation des standards ouverts et des
logiciels libres).
L'Espagne suit activement, notamment dans certains secteurs où des partisans
du logiciel libre ont démontré leur efficacité, leur bon rapport
qualité-prix et leur maintenabilité.
En Belgique, en Italie et en Suède, les réalisations existantes résultent
d'efforts individuels qui ne sont pas - jusqu'à présent - activement
soutenus par une politique de gouvernement.

Les situations des marchés du serveur et du poste de travail sont très
différentes.

1) les serveurs :

Les serveurs sont d'une part les purs serveurs web (où le logiciel libre
Apache occupe déjà 61 % du marché mondial) et d'autre part le marché des
serveurs universels (sur les réseaux locaux, les Intranets), dix fois plus
important. C'est en ce moment le principal secteur d'expansion des logiciels
libres, avec des solutions matures pour des serveurs de fichier, des bases
de données et des serveurs d'applications.

En règle générale (pour les serveurs universels comme pour les serveurs
web), le pourcentage réel d'utilisation des logiciels libres sur les
serveurs du secteur public est encore relativement faible, selon
l'estimation d'Unisys elle est de 8 %. Mais cette part peut rapidement
croître dès que les directions des systèmes d'information commenceront à
appliquer les recommandations des gouvernements.

L'évolution portera principalement sur le remplacement ou l'extension de
solutions Unix. Elle concernera aussi des infrastructures relativement
simples où il est prouvé que les logiciels libres peuvent fournir un panel
de solutions équivalentes, ainsi que le cas d'installations de nouvelles
infrastructures. Pour les infrastructures âgées et complexes, la mise en
oeuvre de logiciels libres peut être perçue comme un risque nouveau et
indésirable par les directeurs informatiques. Dans ces cas les changements
dépendront plutôt d'une pression politique.

2) Les postes de travail :

Sur les postes de travail, à l'exception de quelques organismes d'éducation,
l'utilisation de systèmes d'exploitation « open source » et d'une suite de
bureautique libre est encore très limitée (pas plus de 1 %).

La structure du marché de l' « Open Source Software »

À l'exception du secteur de l'éducation, le logiciel libre n'est pas encore
employé de façon significative dans la plupart des administrations publiques
des Etats membres européens : bien que les partisans du logiciel libre, qui
ont ouvert la voie, soient maintenant relayés par une volonté politique, la
mise en chantier de projets à grande échelle est encore rare.

Pourtant, après examen du marché, force est de constater que sur les
serveurs universels comme sur le poste utilisateur de bureautique, le
logiciel libre présentera demain l'alternative la plus réaliste et parfois
la seule alternative technique et économique réelle aux produits
propriétaires de Microsoft. Ce mouvement est conforté par l'appui croissant
de nombreux géants de l'informatique (suivant par-là l'exemple d'IBM) tels
que les distributeurs, mais aussi par les « PME spécialisées Linux ».

Le logiciel libre « ne dominera jamais » le logiciel propriétaire parce
qu'il n'est la propriété de personne. La tendance naturelle de l'industrie
du logiciel est de faire du profit à partir de l'innovation. Les nouveaux
logiciels propriétaires auront la nécessité de gagner continuellement leur
part de marché ; les éditeurs, particulièrement Microsoft continuent à
innover. L'innovation des éditeurs de logiciels porte sur la qualité et sur
les fonctionnalités.

En même temps, malgré toutes les nouvelles versions et les améliorations
apportées à leurs produits, les vendeurs de logiciels propriétaires ne
gagneront jamais face au logiciel libre ; voire, ils ne le domineront
jamais.

Il y a deux raisons à cela : ils ne peuvent pas acheter le mouvement « open
source », pas plus qu'ils ne peuvent le supprimer en démotivant les milliers
de partisans du logiciel libre. Le paradoxe est que plus Microsoft est fort
et que plus il essaye d'étendre sa domination, plus fortes sont la réaction
et la motivation de la communauté de l'« open source ». De plus, certains
produits propriétaires qui seront incapables de triompher sur le marché,
malgré leurs qualités, se tourneront vers le logiciel libre pour survivre.
La société Microsoft elle-même, à l'encontre de ses principes, produira du
logiciel libre et sera alors obligée à rechercher la croissance dans
d'autres produits populaires (les jeux, la culture, etc ) ou dans des
secteurs de haute technologie.

La communauté « open source », jusqu'ici souvent réactive, et son modèle de
développement s'appuyant sur l'Internet deviendra elle aussi plus
innovatrice : en 6 mois, de décembre 2000 à juin 2001, le nombre de projets
déclarés sur le site de Source Forge a crû de près de 100 % (de 10.000 à
20.000). Beaucoup d'entre eux mourront. Un certain nombre d'entre eux
deviendront des standards de demain.

Sur le marché du service et de l'intégration, un nouveau modèle économique
apparaît : des entreprises se tournant de la vente de licences vers le
service. Il a été adopté aussi bien par les grandes entreprises de
l'industrie informatique comme par des entreprises petites et moyennes ou
des « start-ups ».

Sur le marché du serveur, le logiciel libre est déjà employé de façon
massive. Il répond parfaitement - avec le meilleur rapport qualité-prix -
aux besoins concernant de nombreuses fonctionnalités : serveurs Web,
serveurs dédiés, base de données et serveurs ASP.

Le marché Windows NT/2000 continuera à grossir en taille et en valeur pour
les serveurs de haut de gamme et pour les applications de gestion : en
raison de la qualité des développements réalisés pour ces plates-formes et
des standards « de facto » (attirant la plupart des développeurs
commerciaux).

Pour le poste utilisateur et pour la bureautique, le nombre de variantes, de
distributions, de projets « open source » - plus ou moins mûrs - et le
manque d'interopérabilité entre les formats de documents continueront à
décourager la plupart des utilisateurs et beaucoup de petites et de moyennes
entreprises : ils préfèreront continuer à payer plus cher pour la simplicité
et la conformité à la norme dominante du marché. Mais en même temps, des
administrations et de grandes entreprises disposant de parcs importants
seront de plus en plus sensibles à la réduction du coût des licences, car un
effet d'échelle significatif sera possible.

Des serveurs basés sur des logiciels libres ont pu être introduits sur des
réseaux locaux ou sur l'Internet progressivement et de façon transparente
pour l'usager. La migration du poste de l'utilisateur est par contre une
décision stratégique, « un tout ou rien » : des milliers d'utilisateurs
migreront en même temps et beaucoup de documents existants devront également
migrer. Avant d'atteindre ce point décisif, les suites bureautiques OSS
devront améliorer leur interopérabilité au niveau des échanges de documents.
Plus précisément, elles devront être compatibles avec les formats de
documents basés sur un jeu de structure de données XML (adapté à l'échange
de données entre les administrations).

Pour réaliser le répertoire commun de structures de données XML, les
gouvernements et les agences du secteur public ne doivent pas « réinventer
la roue » sur une base nationale avec le risque de reconstruire des
e-frontières. Ils doivent plutôt adopter dans une relation d'échange
l'élément le plus significatif du mouvement « open source » : son modèle de
développement.

Le rôle des autorités européennes pourrait être de fournir les ressources
pour un média commun, un site Internet (une sorte de Source Forge des
structures de données XML) qui devrait imposer le respect du même jeu de
standards (d'une façon neutre, aussi bien pour le logiciel libre que le
logiciel propriétaire) et respecter la diversité des langues et des cultures
: tous les gouvernements ou les agences publiques seraient invités à
contribuer en apportant leurs découvertes et leurs innovations.

Pour tout commentaire, réaction ou complément d'information, n'hésitez pas à
m'envoyer un message :




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