Enquête sur le procès médiatique de Dieudonné

Le
3N
Olivier Mukuna, journaliste belge, vient de publier un ouvrage de grande
qualité : « Egalité zéro. Enquête sur le procès médiatique de Dieudonné
». Ouvrage qui revient sur la genèse du lynchage médiatique dont
l’humoriste a été victime depuis qu’il a fait un sketch dans l’émission
de Fogiel en décembre 2003. Olivier Mukuna analyse de manière minutieuse
et pertinente le dysfonctionnement de l’information dans cette affaire,
ainsi que la manière avec laquelle les journalistes se sont servis de
fausses nouvelles, pour tenter de marginaliser Dieudonné en le diabolisant.

Silvia Cattori : Deux livres consacrés à l’humoriste Dieudonné ont été
publiés récemment. L’un « La vérité sur Dieudonné », écrit par
Anne-Sophie Mercier, qui s’attache à faire un portrait négatif de
l’humoriste. L’autre, « Egalité zéro. Enquête sur le procès médiatique
de Dieudonné. », écrit par vous-même, qui s’attache à démontrer que
Dieudonné est victime d’une manipulation médiatique scandaleuse. Les
journalistes ont-ils accordé, la même audience à votre livre qu’à celui
d’A-S. Mercier ? (1)

Olivier Mukuna : Non. Sans surprise, Anne-Sophie Mercier a bénéficié
d’une couverture médiatique plus importante. A ce stade, six médias
français (LCI, VSD, Le Forum en ligne du Nouvel Observateur, Le Gri-Gri
International, Beur FM et RFI Afrique) ont rendu compte de l’existence
de mon bouquin ou m’ont interrogé. Ce qui demeure un meilleur résultat
que pour mon livre d’entretien avec Dieudonné (2), sorti en 2004 et
totalement boycotté par la presse française. Donc, pour « Egalité Zéro
», sorti quasiment au même moment que le livre d’Anne-Sophie Mercier,
c’était évidemment plus compliqué de me boycotter sans montrer de
manière flagrante un parti pris. Une crainte qui n’a pas empêché la
chroniqueuse Elizabeth Lévy d’encenser le livre d’A-S. Mercier - lors
d’une de ses émissions sur France-Culture intitulée « Les médias face à
Dieudonné » - et de passer sous silence l’existence du mien !

Il faut également noter que, par exemple, Thierry Ardisson (Tout le
Monde en parle, France 2) et Daniel Schneidermann (Arrêt sur Images,
France 5) ont choisi de boycotter les deux livres. Au-delà de ce que ces
deux personnes pensent de Dieudonné, je suppose que la critique
argumentée que mon livre leur impose les a aussi « aidé » à privilégier
leur ego au détriment du vrai débat contradictoire. Enfin, dans VSD et
sur LCI, la mise en scène médiatique de l’opposition entre deux points
de vue, du « match de catch Mercier/Mukuna », m’a aussi contraint à ne
pouvoir développer plus largement le fait que « Egalité Zéro » n’est pas
une enquête sur Dieudonné, mais une enquête sur la manière dont les
médias ont rapporté les propos de Dieudonné et ont alimenté une
polémique à sens unique visant à le démolir. Ce qui est apparu
clairement, c’est que Dieudonné a dérangé ces médias, bien qu’ils se
soient fourvoyés et qu’ils ne veulent pas faire leur autocritique.

S.C. - C’est le deuxième livre que vous écrivez en deux ans sur la
polémique qui entoure Dieudonné. Qu’est-ce qui vous a motivé à
poursuivre cette enquête ?

Olivier Mukuna : Enquêter sur le traitement médiatique est passionnant.
De ce point de vue, « l’affaire Dieudonné » est quasiment un cas
d’école. D’ailleurs, plusieurs étudiants en journalisme m’ont contacté
en vue de rédiger leur mémoire sur cette affaire. Ensuite, le personnage
lui-même est passionnant. Il s’agit d’un humoriste engagé, républicain,
anti-communautariste. Un artiste très drôle et talentueux, capable de
parler d’égalité citoyenne et de justice avec un détachement et une
pertinence peu commune. Au départ je devais simplement rédiger un
article sur le scandale qu’avait suscité son sketch. En cours de route,
je me suis rendu compte que Dieudonné faisait l’objet d’une campagne de
désinformation et de diffamation médiatique à grande échelle. Le point
de départ de cette campagne, c’est le moment où plusieurs médias ont
assèneé que l’humoriste avait dit, à la fin de son sketch télévisé : «
Heil Israël ! » ou « Isra Heil ! » en faisant le salut nazi.
Affirmations fausses, invalidées à deux reprises par la justice
française, mais encore répercutées aujourd’hui par certains médias et,
bien sûr, répétées dans le livre d’Anne-Sophie Mercier.

S.C. - Les médias ont-ils donné à Dieudonné l’occasion de rectifier ?

Olivier Mukuna : Au niveau audiovisuel, non. A l’exception remarquable
de certaines radios et télés privées (Europe 1, RMC, Canal ++ et LCI),
dès la polémique du sketch, ce fut le boycott. A cette époque toutefois,
Dieudonné pouvait encore s’exprimer dans certains journaux de presse
écrite. Ensuite, est venu le second temps fort du « scandale », décrit
et analysé précisément dans mon livre : la conférence de presse d’Alger.
Sans vérification, plusieurs médias français l’accuseront à tort d’avoir
« qualifié la Shoa de pornographie mémorielle ». Sur la base de cette
intox relayée par une source unique, le site pro-israélien
Proche-Orient.info, l’ensemble des médias vont se livrer à une chasse
aux sorcières digne du maccarthysme.

Le mois suivant, sans compter la forte médiatisation audiovisuelle, pas
moins de 40 articles de presse différents - soit plus d’un par jour -
traiteront de Dieudonné de manière univoque, négative et sans appel pour
asseoir l’idée qu’il symbolise « le nouvel antisémitisme ». Dans cette
affaire, les médias ont d’abord relayé une désinformation, puis,
celle-ci étant déjouée, preuves à l’appui, par l’humoriste, ils l’ont
accusé de « compétition victimaire ». « Compétition » motivée par un
soi-disant « communautarisme noir » et un « antisémitisme larvé ».
Aujourd’hui, l’accusation d’antisémitisme peut aussi servir d’écran de
fumée pour refuser tout débat. Une fois que l’on vous a sali avec ce
terme, on ne débat plus avec vous.

S.C. - Ce qui veut dire qu’en menant votre enquête vous avez découvert
que le scandale n’était pas ce que Dieudonné avait dit ou fait mais la
manipulation médiatique dont il était l’objet ? N’avez-vous pas,
davantage encore, fait la rencontre d’un homme de qualité auquel vous
vous êtes attaché ?

Olivier Mukuna : Au départ, j’étais motivé par le désir de vérité. Le
journalisme est censé, de mon point de vue, exercer une sorte de
contre-pouvoir. Or, que voit-on aujourd’hui ? Une presse qui appartient
à des grands groupes multinationaux et d’où la dimension critique et
plurielle est en passe de disparaître. A cela s’ajoute un exercice du
métier de journaliste en régression intellectuelle et précarisation
financière. Quand j’ai commencé mon enquête je n’étais pas naïf, je
savais que la désinformation médiatique existait. Dans le passé, j’avais
pu aussi l’observer concernant la diabolisation de Pascal Boniface ou de
Tariq Ramadan. Mais en travaillant sur cette « affaire Dieudonné »,
j’avoue avoir été soufflé par la manière dont, en France, les médias
accréditent l’accusation « d’antisémitisme » avec cette légèreté, ce
parti pris intéressé ou cette persistance irrationnelle très éloignés
des fondamentaux de la profession.

La première fois que j’ai interviewé Dieudonné, c’était un an avant la
polémique déclenchée par son sketch. Je ne le connaissais pas et j’ai
découvert une personne qui était aux antipodes du portrait que les
médias en ont fait par la suite. J’ai découvert que nous partagions le
même désir de vérité et un regard critique envers l’ethnocentrisme
occidental ou le discours médiatique dominant. Quand Dieudonné dit, par
exemple, au sujet d’Israël/Palestine que l’on est désinformés, que les
mass médias ne font pas honnêtement leur travail, il dit la stricte
vérité. Alors, oui, on peut dire qu’il y a un attachement en ce désir
commun de vérité, en cette revendication d’une information équilibrée.

S.C. - Ce qui vous a intéressé, c’est donc la rencontre d’un homme qui
partage votre quête de vérité ?

Olivier Mukuna : Effectivement, mais c’est aussi la volonté de proposer
une alternative à une série d’informations mensongères. C’est aussi une
indignation professionnelle qui m’a conduit à écrire ces deux livres
relatifs à Dieudonné. Le devoir de vérité est la première mission d’un
journaliste. Il faut rapporter les informations telles qu’elles sont, et
non pas les sortir du contexte ou les déformer à des fins de
manipulations politiques. Au cours de mon enquête, j’ai acquis la
conviction que Dieudonné était sincère dans son combat et j’ai mieux
cerné ses différentes dimensions artistique, politique et humaniste. Des
qualités que j’apprécie et que j’estime utiles au débat public. Enfin,
je considère que la médiatisation de son discours humaniste reste très
importante, surtout en cette période où l’on régresse du point de vue du
dialogue entre communautés et face à la montée en puissance du fanatisme
religieux.

S.C. - Ne vous reproche-t-on pas d’avoir perdu toute objectivité ?

Olivier Mukuna : Dans les innombrables conversations que j’ai pu avoir
concernant Dieudonné, en France ou en Belgique, je n’ai rencontré aucune
personne, citoyen ou journaliste, qui pouvait se targuer « d’objectivité
» sur le sujet. Idem pour l’exhaustive revue de presse que j’ai
analysée. En outre, j’estime que « l’objectivité » n’existe pas dans le
journalisme, ce qui n’empêche nullement de respecter l’exactitude des
faits et de faire preuve d’honnêteté intellectuelle. Que l’on soit en
désaccord avec Dieudonné ou même en franche hostilité, c’est chose
normale, c’est le débat démocratique. Mais quand des médias s’acharnent
à salir une personne sans que celle-ci puisse se défendre, je ne suis
plus d’accord. Ce sont des médias qui ont participé à sa diabolisation,
qui ont contribué à le lyncher. Quand, par exemple, L’Express et Valeurs
Actuelles comparent l’humoriste engagé à Adolf Hitler, on est dans la
pure propagande, on n’est plus dans le journalisme, et cela m’est
insupportable.

S.C. - L’enquête, qui a abouti à « Egalité zéro », vous a-t-elle permis
de comprendre pourquoi l’on s’acharne à détruire Dieudonné ?

Olivier Mukuna : Je fais l’hypothèse suivante : dans le contexte
politique qui prévaut aujourd’hui en France, le discours de Dieudonné
heurte profondément le discours dominant. Dieudonné s’en prend à la
gauche traditionnelle en dévoilant ses impostures de manière claire et
pédagogique et, en même temps, il combat résolument la droite
néolibérale représentée par Sarkozy. L’humour corrosif de Dieudonné fait
peur à tous ces gens. Il utilise le rire et la dérision pour traiter de
thèmes graves que politiques et mass médias ont toujours eu tendance à
minimiser ou occulter. Il dénonce, revendique, capte l’attention, tout
en étant drôle. De ce point de vue là, il dérange énormément.

Si on s’est attaqué si fort à Dieudonné, c’est aussi parce qu’il est
porteur d’un message idéaliste et alternatif qui s’appuie sur
l’application effective des principes républicains d’égalité entre tous
les citoyens. D’une manière plus immédiatement accessible que ne l’ont
fait certains intellectuels et journalistes non médiatisés, Dieudonné a
mis en lumière la logique d’une gauche qui capitule et d’une droite qui
brade les valeurs d’égalité et de justice sociale au nom du profit.
L’ostracisme que l’humoriste a d’abord subi, puis l’impunité médiatique
de Fogiel après sa condamnation judiciaire pour racisme anti-noir, ont
également confirmé les dénonciations de Dieudonné quant à la persistance
d’un « deux poids deux mesures » concernant la lutte politique et
médiatique contre toutes les formes de racismes. C’est par crainte que
le discours politique de l’humoriste puisse gagner la sympathie de
l’opinion, que ses adversaires politiques se sont acharnés - et
s’acharnent encore - à le faire taire en l’accusant « d’antisémitisme ».

S.C. - Il ressort très clairement de votre ouvrage que ce sont des
journalistes ou des responsables d’organisations communautaires comme le
CRIF ou la LICRA qui généralement s’attachent à embellir l’image
d’Israël, qui accusent Dieudonné d’ « antisémitisme » avec le plus
d’insistance. Or, si Dieudonné est leur cible numéro un, n’est-ce pas
parce qu’il s’affirme laïc et dénonce très précisément les interventions
de ces organes communautaristes qui jettent de l’huile sur le feu en
exagérant le phénomène de l’antisémitisme à des fins politiques ?

Olivier Mukuna : Effectivement. Il faut comprendre que le
communautarisme sert beaucoup de gens en France, sert ceux qui veulent
diviser. Or, Dieudonné apparaît comme une vraie alternative au
communautarisme. Quand il dit : « Je suis métis : noir, blanc,
jaunela couleur ne veut rien dire pour moi », vous pouvez observer
que les médias ignorent régulièrement cet aspect alors que c’est
l’essence même de son humanisme et de son combat. Un aspect pourtant
primordial car, le jour où nous arriverons tous à nous dire que la
couleur de la peau a aussi peu d’importance que celle de nos chaussures,
on sera sur la voie d’une égalité effective.

S.C. - Ses détracteurs ont-ils réussi à le détruire où au contraire,
Dieudonné sort, après ces années de lynchages, sans trop de dégâts ?

Olivier Mukuna : Je l’explique dans Egalité Zéro. Ils ont réussi à
démolir, en partie, son image publique, grâce à un puissant relais
médiatique. Cela dit, il ne faut pas croire que tous les journalistes
sont malhonnêtes ou constituent une entité unique. Durant mon enquête,
j’ai rencontré nombre de journalistes qui ont peur de parler, qui ont
peur de perdre leur boulot. Il y a des journalistes qui veulent
résister, qui ont des points de vue différents, qui se taisent mais n’en
pensent pas moins.

Si la plupart des grands médias ont réussi, deux années durant, à
terroriser ces journalistes honnêtes au sujet de Dieudonné, du côté de
l’opinion publique, les détracteurs ont échoué. Ils en ont trop fait ;
beaucoup de gens ont subodoré que derrière cette accusation
d’antisémitisme, il y avait autre chose. Comment Dieudonné qui est connu
pour avoir lutté contre le racisme en France et contre le Front National
serait-il soudain devenu raciste ? Aucun journaliste ou détracteur n’a
été en mesure de fournir une réponse sérieuse à cette question. Après
cette campagne haineuse, un harcèlement judiciaire qui s’est traduit par
plus de vingt procès gagnés par Dieudonné, leur cabale est ratée !
L’écran de fumée de « l’antisémitisme » se dissipe. Maintenant, je pense
que le moment est venu de critiquer, de désigner ceux qui ont participé
à cette cabale et de leur demander des comptes.

S.C. - Votre livre est vraiment passionnant ! Vous faite une analyse
très éclairante sur l’impossibilité de s’exprimer librement dès qu’il
s’agit d’Israël. Ce qui explique pourquoi aucune personnalité politique
ne peut se risquer à critiquer Israël, sinon sa carrière est finie. Du
reste les ennuis de Dieudonné n’ont-ils pas commencé quand il a dit dans
son sketch le mot « Israël » ? Aussi, il ressort clairement de votre
enquête que tout est lié, que ceux qui accusent Dieudonné
d’antisémitisme sont ceux-là mêmes qui ont un lien communautaire avec
Israël. Dieudonné a-t-il été pris, malgré lui, dans « leur guerre » ?

Olivier Mukuna : Il n’y a pas que ceux qui ont un lien communautaire
avec Israël, parmi les accusateurs. Mais leur point commun est une
adhésion forte au sionisme, idéologie coloniale qui instrumentalise le
Judaïsme à des fins expansionnistes et ségrégationnistes. En cela, ces
personnes sont des adversaires politiques de Dieudonné et non des «
chevaliers de l’antiracisme ». En masquant leur opposition politique
pour privilégier une pseudo « question raciale », ils ont voulu faire de
Dieudonné un épouvantail, un symbole à stigmatiser et qui véhicule
l’idée scandaleuse que beaucoup de jeunes Français d’origine africaine
et maghrébine seraient « antisémites » ou tentés par le racisme anti-juif.

Une partie de mon livre est consacrée au sionisme en France. Les plus
actifs des sionistes français sont des agents d’influence qui promeuvent
la politique d’Israël. L’une de leur techniques de propagande consiste à
accuser d’antisémitisme celles et ceux qui critiquent sans fard cette
politique. Le plus connu est Finkielkraut, mais il y en a d’autres au
sein de Libération, au sein du Monde. Ces deux quotidiens sont également
à l’origine de la manipulation grotesque qui a tenté de faire passer le
Président vénézuélien Hugo Chavez pour un « antisémite ». Le Point comme
d’autres ont repris cette manipulation sans vérifier. C’est dans ces
médias que des agents d’influence, qui se disent journalistes, sévissent
particulièrement.

Il ne s’agit pas ici de critiquer le fait que les journalistes aient un
parti pris. Ce sont des citoyens avec leurs opinions politiques. Mais le
devoir du journaliste est de rapporter la réalité des faits et non pas
de la détourner au profit d’une idéologie ou de l’opinion que le patron
veut voir dans son journal. Or, Libération ce n’est pas cela. Libération
est un média pro-sioniste, France 2 également et Le Monde n’en est pas
loin, bien qu’il y ait encore, chez ce dernier, quelques journalistes
sérieux pour rééquilibrer.

S.C. - Puisqu’ils disposent d’Internet, qui apporte à ceux qui savent
s’en servir, une information honnête, exhaustive et non payante, les
gens ne devraient-ils pas boycotter systématiquement tout organe de
presse qui ment, qui manipule les faits et vilipende des citoyens ?

Olivier Mukuna : Chacun est libre de choisir ce qu’il désire. En tant
que journaliste, qui entend défendre un journalisme citoyen et informer
honnêtement, j’invite les gens à la plus grande méfiance envers Le
Monde, Libération, Le Parisien, France 2, essentiellement, qui sont les
moteurs de ces campagnes de lynchage. Ce sont, parmi les grands médias,
ceux qui développent davantage une orientation politique biaisée et qui
pratiquent la désinformation sur plusieurs sujets d’importance, tout en
se prétendant « objectifs ».

S.C. - Une orientation politique au service d’une idéologie précise ?

Olivier Mukuna : J’ignore si leurs dirigeants sont motivés par une
idéologie autre que le profit. Ce qui est sûr c’est qu’ils ont pris une
option politique. Face à la désinformation des mass médias dominants, il
n’y a pas de doute, Internet est une véritable alternative aujourd’hui.
La plupart des journalistes vont aussi s’informer sur Internet. Les plus
courageux font passer des choses. Je pense qu’à un moment donné la crise
de la presse écrite sera si profonde - la fuite des lecteurs s’aggravant
- qu’elle va devoir se remettre en question sur sa capacité à s’adresser
aux gens en toute indépendance, sur ses capacités critiques à l’égard
des pouvoirs comme sur l’urgence à retrouver une indépendance financière
permettant d’échapper au diktat des multinationales qui la possèdent.

S.C. - Que voulez-vous dire par le titre « Egalité Zéro » ?

Olivier Mukuna : C’est d’abord un détournement de l’expression
américaine « Tolérance zéro ». Ce titre a été motivé par trois axes de
réflexion. D’un point de vue strictement médiatique, je démontre que
Dieudonné a été traité de manière inégalitaire. C’est aujourd’hui plus
criant encore au regard de ces médias qui ont eu le culot de défendre «
la liberté d’expression » dans l’affaire des caricatures de Mahomet mais
s’agissant de Dieudonné caricaturant un colon israélien, les mêmes
martelaient qu’ « on ne pouvait pas rire de tout », sous-entendu des
intégristes sionistes.

Ensuite, inégalité de traitement envers un citoyen engagé, même célèbre,
parce qu’appartenant à la « communauté » des non-blancs et -
circonstance aggravante - originaire des banlieues. Le fait que
Dieudonné soit désigné comme « noir » a donné lieu à une série
d’interprétations et d’actes médiatiques s’inspirant de l’ethnocentrisme
occidental jusqu’au racisme ordinaire. Estimer et répéter, par exemple,
que l’humoriste est atteint de « confusion mentale », « d’obsession
délirante » ou est « influencé par des antisémites » revient à véhiculer
le cliché raciste et inégalitaire de l’infantilisation de l’homme noir :
Dieudonné, « grand enfant nègre », ne peut réfléchir, s’exprimer et
dénoncer par lui-même ; comprenez, « il est forcément instrumentalisé
par des antisémites et autres islamo-gauchistes ».

Le procès médiatique de Dieudonné a aussi confirmé la persistance d’une
« égalité zéro » concernant les citoyens - quelles que soient leurs
origines - qui pouvaient se reconnaître, apprécier ou adhérer au
discours de Dieudonné. Pour preuve : ces nombreuses personnes n’ont
pratiquement pas été interrogées dans les médias durant et après la «
polémique Dieudonné ». Enfin, « Egalité Zéro », parce qu’à l’heure
imposée de la prétendue « lutte contre le terrorisme » et du prétendu «
choc des civilisations » tout discours radicalement égalitaire et
humaniste, contestant l’impérialisme occidental et bénéficiant d’une
médiatisation, doit être décrédibilisé ou criminalisé.

S.C. - Par ce patient travail d’investigation voulez-vous également
faire en sorte que Dieudonné soit reconnu en sa beauté ?

Olivier Mukuna : Ce que je souhaite vraiment, c’est qu’un nombre
croissant de professionnels des médias reconnaisse la désinformation,
qui a aussi contribué à ce que Dieudonné soit, par exemple, agressé en
Martinique. Ses agresseurs ont avoué que c’était sur la base de ce que
les médias avaient écrit contre lui, qu’ils ont décidé de l’attaquer. Je
ne suis pas l’avocat de Dieudonné. Si je prends sa défense, c’est parce
que je considère que c’est important pour le débat démocratique, pour la
liberté d’expression et contre les graves dérives de confrères de ma
profession. Si Dieudonné a des opinions qui peuvent déranger et peuvent
être critiquées, il faut le faire avec des arguments, mais pas à coups
de mensonges, de diffamations et d’ostracisme.

S.C. - Généralement, les accusations d’antisémitisme ne pardonnent pas.
Dieudonné n’est pas le premier personnage public ostracisé pour avoir
critiqué Israël. Mais peut-être est-il le premier à avoir tenu tête
aussi longtemps et aussi courageusement ?

Olivier Mukuna : Dieudonné a montré une capacité de résistance
exceptionnelle. Beaucoup d’autres auraient déjà disparu depuis
longtemps. Or lui, il rebondit : on dirait même que les coups le rendent
plus fort. J’ai l’impression que Dieudonné est plus combatif aujourd’hui
qu’avant la polémique qu’a soulevée son sketch. J’appelle les gens à
réfléchir là-dessus : malgré le fait que Dieudonné continue d’être
accusé « d’antisémitisme », que certains médias continuent à insinuer
qu’ « il n’y a pas de fumée sans feu », il faut savoir reconnaître en
lui un exemple de résistance.

S.C. - Que pensez-vous de l’insistance avec laquelle des personnalités
politiques, comme Julien Dray, s’attachent à faire de Dieudonné un bouc
émissaire ? Est-ce parce qu’il faut l’empêcher de se présenter aux
élections présidentielles ?

Olivier Mukuna : Ah, Julien Dray ? Celui qui a dit que le meurtre d’Ilan
Halimi, c’était « l’effet Dieudonné ». Quand j’ai lu la dépêche qui
rapportait l’amalgame révoltant du porte-parole du PS, j’ai pensé : cet
homme est irresponsable. A double titre ! D’une part, il fait preuve
d’un mépris inouï envers la famille de ce jeune homme, plongée dans une
douleur indescriptible, et qui a besoin de tout sauf qu’on
instrumentalise le meurtre de leur fils. D’autre part, en stigmatisant
Dieudonné comme le responsable indirect d’un meurtre crapuleux, il le
désigne à la vindicte des extrémistes et autres dérangés fascisants
susceptibles de vouloir « se faire justice ». Si Dieudonné se fait à
nouveau agresser, alors oui, l’on pourra parler sans conteste d’un «
effet Julien Dray » ! Ce politicien montre également toute l’étendue de
son racisme ordinaire. On est en droit de se demander s’il aurait osé
pareille ignominie dans le cas où le chef de cette bande d’assassins
avait été un Français blanc, asiatique ou même d’ascendance juive ?
Poser la question, c’est y répondre. Autre interrogation : pourquoi Dray
n’est-il pas allé au bout de sa logique foireuse en accusant tous les
magistrats qui ont relaxé Dieudonné ? Les tortures et l’assassinat
d’Ilan, est-ce aussi « l’effet magistrats » ? En réalité, au vu de cette
instrumentalisation sordide, quelle différence y a-t-il entre le
discours de Dray et celui de De Villiers ? Pour expliquer la mort atroce
d’Ilan, ce dernier a dénoncé « un nouvel antisémitisme, un nouveau
racisme anti-français sur fond d’islamisation rampante » Les
politiques qui s’engouffreront dans la brèche monstrueuse ouverte par
Dray ne sont dignes ni de leur fonction ni d’un Etat de droit. Quant aux
politiques qui gardent le silence, ils font preuve d’une lâcheté
inquiétante. Il faut dénoncer le propos de Dray pour ce qu’il est : de
l’incitation à la haine raciale ! Je suis néanmoins soulagé de voir que,
jusqu’à présent, une telle abjection a fait l’objet d’une reprise
médiatique assez limitée. J’ai envie de parier sur une prise de
conscience d’une bonne partie des journalistes qui ont sans doute estimé
qu’il valait mieux faire la sourde oreille. Bien sûr, statut politique
de l’intéressé oblige, pour la dénonciation, on repassera ! Au final,
pourquoi une telle folie ? Je le répète : Dieudonné fait peur à des gens
comme Dray. Ces gens-là sentent qu’ils sont en train de perdre la
partie, que leur imposture étale désormais sa laideur au grand jour. Il
faut donc tout entreprendre pour torpiller la tentative de candidature
de l’humoriste engagé aux prochaines présidentielles, quitte à se
débarrasser des milligrammes d’honorabilité qu’il leur reste encore.

S.C. - Etes-vous pessimiste pour la suite ?

Olivier Mukuna : Je ne suis pas pessimiste. Mais il y a des limites.
Dieudonné est un être humain. J’espère qu’il aura la force de continuer
à résister. S’il a un soutien public fort, cela peut l’aider. Pour que
chacun puisse se faire une idée de ce qui lui est arrivé, l’information
est essentielle. C’est ce que j’ai essayé de transmettre en écrivant ces
deux livres.

http://www.oulala.net/Portail/article.php3?id_article"38

  • Partager ce contenu :
Vos réponses
Trier par : date / pertinence
FLG
Le #10073211
Mukuna c'est un nom d'origine Congolaise.
Donc, il ne peut que prendre parti.
Verogpx
Le #10072881
3N wrote:
Olivier Mukuna, journaliste belge, vient de publier un ouvrage de
grande qualité : « Egalité zéro. Enquête sur le procès médiatique de
Dieudonné ». Ouvrage qui revient sur la genèse du lynchage médiatique dont
l’humoriste a été victime depuis qu’il a fait un sketch dans
l’émission de Fogiel en décembre 2003. Olivier Mukuna analyse de manière
minutieuse et pertinente le dysfonctionnement de l’information dans
cette affaire, ainsi que la manière avec laquelle les journalistes se
sont servis de fausses nouvelles, pour tenter de marginaliser
Dieudonné en le diabolisant.



[COUIC]

Donc l'autre n'avait fait que recopier du déjà copier pfffffff

--
Véro
http://monsite.wanadoo.fr/verogpx/
Alain verse
Le #10072151
FLG a écrit :
Mukuna c'est un nom d'origine Congolaise.
Donc, il ne peut que prendre parti.




Vous tirez des conclusions hasardeuses. Certes il est Belge, Mukuna çà
sonne africain, d'où Congo-belge...
Mais je connais des africains qui ne cautionnent pas forcément Dieudo.

Son ouvrage semble plus crédible que celui de la Mercier.

--
A verse
Alain verse
Le #10072141
FLG a écrit :
Mukuna c'est un nom d'origine Congolaise.
Donc, il ne peut que prendre parti.




Je vous présentera Hakuna, ma tata :)

--
A verse
jairpur
Le #10071411
"Alain verse" 44168f31$0$18266$
FLG a écrit :
Mukuna c'est un nom d'origine Congolaise.
Donc, il ne peut que prendre parti.


Je vous présentera Hakuna, ma tata :)

--
A verse


Je vous présenterez Hankula ,ma tata,vieux cochon.
A+ l'ami.
Poster une réponse
Anonyme