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Le
Niko
HISTOIRE DE LA CITIZEN BAND
Avant d'aborder la pratique de la CB il est intéressant de savoir comment
celle-ci est née, s'est développée pour finalement s'imposer comme le
premier moyen de radiocommunication mondial.

Son histoire commence avec l'invention de la télégraphie sans fil en 1894
quelques années après celle du téléphone. Mais il faudra attendre la seconde
guerre mondiale pour voir apparaître les premiers appareils de
radio-communication portatifs, plus connus sous le nom de Talkies Walkies.
La guerre finie, les troupes Américaines retournèrent au pays, abandonnant
sur place un très important matériel de radiocommunication sur lequel se
précipitèrent aussitôt quelques électroniciens amateurs et anciens
militaires à la retraite.

Deux ans plus tard en 1947 se déroule à Atlantic City aux États-Unis une
conférence mondiale pour répartir les fréquences hertziennes entre les
différents utilisateurs : services de radiodiffusion, militaires, services
médicaux Seule une bande, le 27 MégaHertz, reste inutilisée à cause de sa
propagation trop aléatoire. La conférence décide donc de la concéder à la
libre utilisation des citoyens : ce sera la Citizen Band, CB.

La CB reste cependant pendant une dizaine d'années un phénomène très
marginal réservé à des électroniciens avertis qui construisent eux-même
leurs émetteurs à l'aide de surplus militaires. Ce sont des appareils
lourds, encombrants et d'un maniement délicat, fonctionnant avec des lampes
qui doivent chauffer avant de pouvoir être utilisés. Nous sommes à cent
lieues des petites merveilles techniques que nous connaissons aujourd'hui.

La CB n'aurait pas dépassé ce stade du bricolage pour apprenti-sorciers sans
l'apparition en 1958 du transistor qui révolutionnera le monde de la
radiocommunication en permettant la miniaturisation des postes. On verra
ainsi au milieu des années 60 la mise sur le marché d'appareils utilisables
à bord de véhicules et spécialement conçus pour l'usage du 27 MHz.

Après l'impact d'une évolution technique, ce sera un événement politique qui
aura des conséquences sur le développement de la CB. En 1973 éclate la
guerre du Kippour entre Israël et les pays arabes, entraînant une explosion
du prix du pétrole. Afin de faire des économies d'énergie, les autorités
Américaines décident de réduire sévèrement les limitations de vitesse : pour
déjouer les contrôles de Police et continuer à respecter leurs délais de
livraisons les camionneurs (Truckers en anglais) s'équipent massivement de
postes CB. Ce phénomène reste cependant typiquement Américain : ils sont
déjà plus de 2 millions aux États-Unis quand en France on ne trouve que 6000
cibistes à l'époque.

L'impact aux États Unis sera tel que même le cinéma s'inspire de cette
nouvelle pratique et lui consacre en 1975 un film <<Le convoi>>, une série
télévisée <<Le shérif me court après>> et un téléfilm <<White line fever>>.
Après les Westerns, c'est l'époque de gloire des <<Road Movies>> qui mettent
en scène de phénoménales courses poursuites entre des policiers armés
jusqu'aux dents et des convois de camionneurs : les cibistes sont devenus
les nouveaux indiens.

Le film le plus connu <<Le convoi>> raconte l'histoire d'une dizaine de
camionneurs qui traversent les grandes plaines et se racontent des blagues
par l'intermédiaire de la CB. Mais les policiers aussi sont à l'écoute du
27. Un policier véreux et à moitié fou les prend en chasse et leur fait
subir mille et un petits tracas, jusqu'au moment où les routiers excédés lui
flanquent une raclée. Débute alors une incroyable course poursuite. Grâce à
la CB, Rubber Duck, le meneur des routiers, lance un appel généralisé et
réussit à réunir un gigantesque convoi d'une centaine de camions, obligeant
les policiers à les laisser tranquilles.

La CB devient si populaire aux États-Unis que les routiers sont rapidement
imités par l'ensemble de la population. La croissance est spectaculaire, et
on comptera en 1976 jusqu'à 30 millions d'utilisateurs, c'est-à-dire plus
d'un Américain sur 10 (Par comparaison on ne trouve qu'un cibiste pour 20
Français actuellement). Avec 500 000 nouvelles licences accordées par mois,
la CB devient même pendant quelques années la plus forte consommation
d'électronique de tous les temps, loin devant les télévisions couleurs ou
les calculatrices de poche. Bonne joueuse, l'administration Américaine
encourage d'ailleurs vivement sa diffusion pour améliorer la sécurité sur
les routes.

Paradoxalement, c'est son succès qui entraînera son déclin : les
utilisateurs deviennent si nombreux que les 40 canaux sont bientôt saturés
en permanence. La fin des années 70 marque donc un net recul du phénomène,
poussant les fabricants de CB à chercher de nouveaux marchés
Outre-Atlantique. Le phénomène arrive alors en France avec dix ans de
décalage par rapport aux États-Unis et sous une forme bien atténuée.

Les débuts de la CB Française

Si ce n'est qu'au début des années 80 que la CB est devenue un phénomène de
mode en France, on trouve les premiers cibistes dès la fin des années 60.
Quelques Français audacieux, de retour d'Amérique commencent à ramener des
postes de CB, et d'autres, à en acheter dans les supermarchés réservés aux
troupes d'occupation Américaines d'Allemagne. Certains construisent leur
matériel en récupérant des postes professionnels. Ils vont parfois jusqu'à
utiliser des boîtes de conserve pour loger leur poste!!!

On murmure même que les premiers postes CB contribuèrent au succès des
manifestations étudiantes de mai 68 : les CRS n'en revenaient pas, les
postes des étudiants étaient plus perfectionnés que les leurs. Jack Drat,
qui tient toujours une petite boutique dans le 3ème arrondissement de Paris
se souvient avec émotion des réunions enfiévrées qui se tenaient dans son
arrière boutique, une des seules à l'époque à vendre des postes : <<On
refaisait le monde tout les soirs avec des personnes venus de tous les
horizons sociaux. Je n'ai jamais vu un aussi grand brassage social qu'à
cette époque sur la CB.>>

On trouve en effet vraiment de tout parmi ces pionniers des ondes, du
passionné d'électronique à l'ancien militaire chargé des transmissions
pendant la guerre, en passant par l'aventurier du bout du monde, et
l'ambulancier. Leur vrai point commun c'est cette même soif de communication
avec l'inconnu. C'est une passion qui à l'époque coûte cher : certains
dépensent plus de 1500 francs pour pouvoir s'équiper, ce qui représente à
l'époque le salaire moyen d'un mois de travail. Et encore ne disposent-ils
que de postes très rudimentaires ne comportant que 6 canaux, qu'ils sont
obligés de modifier en ajoutant des quartz pour leur permettre d' émettre
sur des fréquences restées inutilisées.

Cela suffit cependant amplement pour plonger nos apprentis sorciers dans un
monde entièrement nouveau. Jean Luc Cury, l'un de ces pionniers, revit avec
beaucoup d'émotion ses premiers pas dans l'éther : <<Il régnait sur la
fréquence un silence inquiétant et on avait l'impression de violer un temple
maudit où personne n'avait encore pénétré. On se sentait surpuissants comme
si l'on avait possédé une arme secrète>>. Il se souvient avec amusement
avoir parlé avec des enfants qui jouaient avec leurs Talkies Walkies :
ceux-ci avaient été tellement étonnés d'entendre une voix inconnue qu'ils
étaient partis en larme auprès de leur mère.

A l'heure du Bi Bop et du GSM où nous sommes saturés de communication
mobile, il est difficile d'imaginer la révolution que représentait la CB.
Nous étions encore dans une France très traditionnelle, celle de <<22 à
Asnières>>., où le commun des mortels attendait des années avant d'avoir le
téléphone à domicile et où l'évocation du minitel rose ou du téléphone de
voiture aurait relevé de la science fiction. Il n'y avait pas non plus la
même liberté d'expression qu'aujourd'hui, mais on la découvrait sur la CB.

L'enthousiasme de ces défricheurs des ondes suscite très rapidement la
création d'une myriade d'associations militant pour la reconnaissance
officielle de la CB : l'AFA (Association Française des Amateurs Radio) en
1967, puis l'ARAS (Amical Radio Assistance Secours) et le SNAC(Syndicat
National des Radiocommunication de Loisir). Les marchands voient eux aussi
le parti qu'ils peuvent tirer de cette nouvelle mode. Premier à se lancer
dans la course, François Tourres dès 1974 importe des appareils CB venus des
États-Unis sous la marque Midland. L'année suivante s'ouvre à Paris le
premier magasin spécialisé, <<Guy Mocquet Électronique>>.

Bien qu'elle commence à prendre de l'ampleur, cette mode passera longtemps
inaperçue des pouvoirs publics : seules quelques professions (ambulanciers,
taxis, policiers) sont autorisées à utiliser des moyens de communication
par voie hertzienne (on appelait ces émetteurs/récepteurs des
radiotéléphones, bien qu'ils n'aient rien à voir avec les téléphones de
voiture que nous connaissons aujourd'hui). Les autres personnes doivent se
contenter de petit Talkies Walkies pour enfants, jouets dont la distance
d'émission ne dépasse pas une centaine de mètres.

Curieusement l'achat de matériel est autorisé mais pas son utilisation. Si
la CB en tant que telle n'est ni interdite ni légalisée, elle n'en tombe pas
moins sous le coup de la législation existante : toute émission radio doit
obtenir l'autorisation préalable du ministère des PTT. Les peines encourues
peuvent aller jusqu'à un an d'emprisonnement et 36000 francs d'amende. Faire
de la CB dans les années 70 n'était pas de tout repos : tantôt les pouvoirs
publics laissaient faire, tantôt ils décidaient de sévir, intervenant au
domicile des cibistes, les traînant en procès. Gérard se souvient de ces
temps de clandestinité : <<Tout dépendait de l' humeur des forces de
l'ordre, de l'actualité et des relations que l'on entretenait avec eux : il
suffisait d'un moment de tension, ou qu'un voisin vous dénonce pour que vous
alliez en prison.>> On raconte même l'histoire d'un Radio amateur qui
espionnait la bande du 27 et rackettait les cibistes, les menaçant de les
dénoncer aux pouvoirs publics s'ils refusaient de lui verser la somme
convenue.

Si l'administration a beaucoup renâclé avant de légaliser la CB, c'est qu'il
s'agissait de la première brèche ouverte dans le monopole d'Etat sur les
télécommunications et télédiffusions : tout ce qui passait par la voie des
ondes devait être dûment contrôlé par l'Etat et il n'y avait alors ni radio
libre, ni chaînes de télévision privée. Cette attitude peut paraître un
peu rétrograde aujourd'hui où nous vivons des temps de déréglementation
sauvage, mais elle est tout à fait compréhensible dans le contexte de
l'époque.

Le ministère des PTT(Poste Télégraphe et Télécommunication ) avait pensé
proposer aux cibistes de passer par des réseaux de téléconvivialité ou bien
de décaler la fréquence du 27 sur le 900 MHz. Ils ne voulurent jamais en
entendre parler : en effet ils auraient alors dû recourir à des appareils
beaucoup plus perfectionnés et donc encore plus chers pour une propagation
encore plus réduite.

L'origine purement Américaine de ce phénomène irrite également les
défenseurs de la francophonie. En 1979, alors même que la CB n'est toujours
pas légalisée, une commission essayera d'imposer le terme de Bande Publique
(BP) à la place du terme CB. D'autres pour lui donner une connotation plus
francophone en font les initiales de <<Canaux Banalisés>>, transformant le
mot cibistes en <<cébiste>>.



Et la CB devient un loisir branché

Malgré les réticences des pouvoirs publics, les média s'intéressent de plus
en plus à ce nouveau moyen de communication. Les nouveaux postes qui
arrivent sur le marché deviennent de plus en plus perfectionnés pour un prix
toujours plus bas : les quartz sont dorénavant remplacés par des
synthétiseurs de fréquences qui permettent d'avoir un beaucoup plus grand
nombre de canaux. Pendant l'été 80, la CB qui n'était jusqu'alors l'apanage
que de quelques hurluberlus, devient un phénomène de mode. C'est soudain
l'euphorie : les camionneurs s'équipent massivement, des centaines
d'associations voient le jour. Cinq revues paraissent, tirant chacune à plus
de 40 000 exemplaires C'est l'époque où l'on part faire le tour du monde
avec un "President Grant" pour tout viatique, où l'on organise des <<visus>>
(rencontres dans le langage CB) collectifs Place de la Concorde à Paris.

Faire de la CB, c'est aussi une forme de contestation et d'appel à la
convivialité. L'heure est à la créativité tous azimuts : les revues de
l'époque ressemblent davantage à des journaux alternatifs qu'aux ersatz
d'"Auto moto" qu'elles sont devenues aujourd'hui : on n'y hésite devant
aucun délire graphique ou verbal.

Les pouvoirs publics observent cette effervescence d'un mauvais oil et
décident en novembre 1980 d' interdire purement et simplement l'importation
du matériel CB. Dans les semaines qui suivent, un commerçant lyonnais,
Raymond Marti voit ainsi l'administration des douanes saisir les 12 000
postes de son stock. Cet épisode donne lieu à un procès de 12 ans qui vient
tout juste d'être gagné par le malheureux importateur : les douanes ont été
condamnées à payer la plus forte indemnité qu'elles n'aient jamais eue à
rembourser de toute leur histoire.

Mais les cibistes ne l'entendent pas de cette oreille et multiplient les
manifestations spontanées. L'une d'entre elles en rassemblera plus de 15 000
sur le circuit des 24 heures du Mans. S'apercevant de l'importance de la
réaction, le gouvernement Giscard change de stratégie et annonce une loi
pour la fin de l'année. Le milieu associatif est enchanté mais sa joie est
de courte durée : il n'est pas consulté par l'administration et la norme
éditée (répondant au doux nom de NFC92411) est complètement inadaptée aux
besoins des cibistes : elle ne permet que 22 canaux et 2 watts de puissance
alors que la plupart des postes sur le marché font plus de 80 canaux et sont
donc déclarés d'office illégaux. Les associations déposent un recours devant
le Conseil d'Etat : la norme est annulée pour vice de procédure. Retour à la
case départ. Tout reste à faire.

Consciente de l'enjeu électoral, la gauche inscrit la libération des ondes
dans son programme commun et ne promet pas moins de 100 canaux.

Le showbiz et le monde des médias s'entichent également de ce nouveau moyen
de communication : Coluche, Gainsbourg, Renaud, Jean Claude Bouret, Jean
Pierre Foucault, Herbert Léonard, Gérard Lenormand. se mettent à moduler.
La célèbre collection de charme "Brigade mondaine" publie "Un canal rose
pour les cibistes", tandis que Dalida chante "Confidence sur la Fréquence".
La CB est bel et bien devenue un phénomène social donc une force qui
comptera dans les prochaines élections présidentielles : on estime à cette
époque le nombre de cibistes à 300 000.

La station périphérique "Europe 1" s'en mêle à son tour et lui consacre très
rapidement une émission quotidienne entre 1 et 2 heures du matin : des
cibistes viennent parler de leur passion, on lance des appels généraux.
Max Meynier ouvre également aux cibistes sa célèbre émission "Les routiers
sont sympas" sur RTL.

Le premier salon de la CB s'ouvre au Parc des Expositions de la porte de
Versailles. Il accueille plusieurs dizaines de milliers de cibistes alors
qu'aujourd'hui Saradel, le salon le plus important, en totalise à peine
5000. La revue QSO Magazine publie un annuaire des cibistes, pour qu'ils
puissent se rencontrer en fonction de leurs affinités.

En 1981, profitant du lancement du deuxième rallye Paris-Dakar, François
Tourres, importateur de la marque Midland, équipe gracieusement chaque
véhicule engagé dans la compétition d'un de ses postes pour leur permettre
de communiquer entre eux, de commander des pièces de rechange, ou même
d'avoir des nouvelles de leur familles restées en France.

Ces postes s'avèrent beaucoup plus performants que les moyens de
radiocommunication officiels et les journalistes les utilisent même pour
pouvoir dicter leurs articles à leurs rédactions respectives. La
démonstration est concluante, la CB a fait ses preuves.

Pendant le mois de juillet de la même année, l'émission télévisuelle "Les
dossiers de l'écran" consacre un débat à la CB aux heures de grande écoute.
Pour faire une démonstration de l'efficacité de ce nouveau média, un "visu
collectif" passant en direct à l'émission est organisé dans le 18ème
arrondissement. Le lieu de rendez-vous est donné une seule fois sur le canal
d'appel : en moins d'une heure, plus de 500 cibistes arriveront aux grand
étonnement des organisateurs de l'émission.

Ce que le gouvernement Giscard avait hésité à réaliser, le nouveau
gouvernement de gauche va l'entraîner définitivement. L'heure est à la
liberté des ondes; les radios libres sont légalisées et la plupart ouvrent
leur antenne aux cibistes. Pourtant, le nouveau gouvernement reste plus
tatillon vis à vis des cibistes.

On ne change pas dix ans de censure du jour au lendemain, d'autant plus que
les lobbies anti-cibistes sont nombreux : hauts fonctionnaires des Télécoms,
ministère de l'Intérieur, TéléDiffusion de France mais aussi radio
amateursDes réunions et des négociations ont cependant lieu et débouchent
en décembre 1982 sur l'adoption de la norme actuellement en vigueur : 40
canaux en FM, AM et BLU, puissance maximum de 4 watts.

L'ouverture est si complète que quelques années plus tard, constatant que
beaucoup de jeunes se voient privés de leur loisir favori au moment de leur
conscription, Charles Hernu autorisera l'usage de la CB dans les
casernes-haut lieu s'il en est de la liberté d'expression!

Plus sérieusement, on verra un colloque national de l'urgence médicale
consacrer une séance au thème "CB et sécurité routière". Enfin, comble de la
reconnaissance officielle : le Parlement Européen prend une résolution en
Mars 84 "reconnaissant l'importance et le développement de la CB comme moyen
d'expression et de communication."

On compte à cette époque quelques 600 000 cibistes : leur nombre a été
multiplié par deux en moins d'un an. Mais paradoxalement, à l'heure où la CB
voit enfin son rôle pleinement reconnu, elle commence à perdre peu à peu de
son dynamisme.

Les associations n'ont plus de raison de se battre; la CB devenue légale, se
banalise; on en parle moins et on en vient presque à l'oublier. Ce qui
n'empêche pas les ventes de matériels de continuer de progresser et les
statistiques du ministère des Télécoms recensent un million de cibistes à la
fin des années 80.



Niko
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Jean Bond
Le #14009691
"Niko" 41f2d2bc$0$28962$
HISTOIRE DE LA CITIZEN BAND



On s'en fout !!!
Y'a pas marqué fr.rec.CB.
Le #14009681
OK BABOUILLE =>KEKE BOUBOUILLE


"Niko" news:41f2d2bc$0$28962$
HISTOIRE DE LA CITIZEN BAND
Avant d'aborder la pratique de la CB il est intéressant de savoir comment
celle-ci est née, s'est développée pour finalement s'imposer comme le
premier moyen de radiocommunication mondial.

Son histoire commence avec l'invention de la télégraphie sans fil en 1894
quelques années après celle du téléphone. Mais il faudra attendre la


seconde
guerre mondiale pour voir apparaître les premiers appareils de
radio-communication portatifs, plus connus sous le nom de Talkies Walkies.
La guerre finie, les troupes Américaines retournèrent au pays, abandonnant
sur place un très important matériel de radiocommunication sur lequel se
précipitèrent aussitôt quelques électroniciens amateurs et anciens
militaires à la retraite.

Deux ans plus tard en 1947 se déroule à Atlantic City aux États-Unis une
conférence mondiale pour répartir les fréquences hertziennes entre les
différents utilisateurs : services de radiodiffusion, militaires, services
médicaux... Seule une bande, le 27 MégaHertz, reste inutilisée à cause de


sa
propagation trop aléatoire. La conférence décide donc de la concéder à la
libre utilisation des citoyens : ce sera la Citizen Band, CB.

La CB reste cependant pendant une dizaine d'années un phénomène très
marginal réservé à des électroniciens avertis qui construisent eux-même
leurs émetteurs à l'aide de surplus militaires. Ce sont des appareils
lourds, encombrants et d'un maniement délicat, fonctionnant avec des


lampes
qui doivent chauffer avant de pouvoir être utilisés. Nous sommes à cent
lieues des petites merveilles techniques que nous connaissons aujourd'hui.

La CB n'aurait pas dépassé ce stade du bricolage pour apprenti-sorciers


sans
l'apparition en 1958 du transistor qui révolutionnera le monde de la
radiocommunication en permettant la miniaturisation des postes. On verra
ainsi au milieu des années 60 la mise sur le marché d'appareils


utilisables
à bord de véhicules et spécialement conçus pour l'usage du 27 MHz.

Après l'impact d'une évolution technique, ce sera un événement politique


qui
aura des conséquences sur le développement de la CB. En 1973 éclate la
guerre du Kippour entre Israël et les pays arabes, entraînant une


explosion
du prix du pétrole. Afin de faire des économies d'énergie, les autorités
Américaines décident de réduire sévèrement les limitations de vitesse :


pour
déjouer les contrôles de Police et continuer à respecter leurs délais de
livraisons les camionneurs (Truckers en anglais) s'équipent massivement de
postes CB. Ce phénomène reste cependant typiquement Américain : ils sont
déjà plus de 2 millions aux États-Unis quand en France on ne trouve que


6000
cibistes à l'époque.

L'impact aux États Unis sera tel que même le cinéma s'inspire de cette
nouvelle pratique et lui consacre en 1975 un film <<Le convoi>>, une série
télévisée <<Le shérif me court après>> et un téléfilm <<White line


fever>>.
Après les Westerns, c'est l'époque de gloire des <<Road Movies>> qui


mettent
en scène de phénoménales courses poursuites entre des policiers armés
jusqu'aux dents et des convois de camionneurs : les cibistes sont devenus
les nouveaux indiens.

Le film le plus connu <<Le convoi>> raconte l'histoire d'une dizaine de
camionneurs qui traversent les grandes plaines et se racontent des blagues
par l'intermédiaire de la CB. Mais les policiers aussi sont à l'écoute du
27. Un policier véreux et à moitié fou les prend en chasse et leur fait
subir mille et un petits tracas, jusqu'au moment où les routiers excédés


lui
flanquent une raclée. Débute alors une incroyable course poursuite. Grâce


à
la CB, Rubber Duck, le meneur des routiers, lance un appel généralisé et
réussit à réunir un gigantesque convoi d'une centaine de camions,


obligeant
les policiers à les laisser tranquilles.

La CB devient si populaire aux États-Unis que les routiers sont rapidement
imités par l'ensemble de la population. La croissance est spectaculaire,


et
on comptera en 1976 jusqu'à 30 millions d'utilisateurs, c'est-à-dire plus
d'un Américain sur 10 (Par comparaison on ne trouve qu'un cibiste pour 20
Français actuellement). Avec 500 000 nouvelles licences accordées par


mois,
la CB devient même pendant quelques années la plus forte consommation
d'électronique de tous les temps, loin devant les télévisions couleurs ou
les calculatrices de poche. Bonne joueuse, l'administration Américaine
encourage d'ailleurs vivement sa diffusion pour améliorer la sécurité sur
les routes.

Paradoxalement, c'est son succès qui entraînera son déclin : les
utilisateurs deviennent si nombreux que les 40 canaux sont bientôt saturés
en permanence. La fin des années 70 marque donc un net recul du phénomène,
poussant les fabricants de CB à chercher de nouveaux marchés
Outre-Atlantique. Le phénomène arrive alors en France avec dix ans de
décalage par rapport aux États-Unis et sous une forme bien atténuée.

Les débuts de la CB Française

Si ce n'est qu'au début des années 80 que la CB est devenue un phénomène


de
mode en France, on trouve les premiers cibistes dès la fin des années 60.
Quelques Français audacieux, de retour d'Amérique commencent à ramener des
postes de CB, et d'autres, à en acheter dans les supermarchés réservés aux
troupes d'occupation Américaines d'Allemagne. Certains construisent leur
matériel en récupérant des postes professionnels. Ils vont parfois jusqu'à
utiliser des boîtes de conserve pour loger leur poste!!!

On murmure même que les premiers postes CB contribuèrent au succès des
manifestations étudiantes de mai 68 : les CRS n'en revenaient pas, les
postes des étudiants étaient plus perfectionnés que les leurs. Jack Drat,
qui tient toujours une petite boutique dans le 3ème arrondissement de


Paris
se souvient avec émotion des réunions enfiévrées qui se tenaient dans son
arrière boutique, une des seules à l'époque à vendre des postes : <<On
refaisait le monde tout les soirs avec des personnes venus de tous les
horizons sociaux. Je n'ai jamais vu un aussi grand brassage social qu'à
cette époque sur la CB.>>

On trouve en effet vraiment de tout parmi ces pionniers des ondes, du
passionné d'électronique à l'ancien militaire chargé des transmissions
pendant la guerre, en passant par l'aventurier du bout du monde, et
l'ambulancier. Leur vrai point commun c'est cette même soif de


communication
avec l'inconnu. C'est une passion qui à l'époque coûte cher : certains
dépensent plus de 1500 francs pour pouvoir s'équiper, ce qui représente à
l'époque le salaire moyen d'un mois de travail. Et encore ne disposent-ils
que de postes très rudimentaires ne comportant que 6 canaux, qu'ils sont
obligés de modifier en ajoutant des quartz pour leur permettre d' émettre
sur des fréquences restées inutilisées.

Cela suffit cependant amplement pour plonger nos apprentis sorciers dans


un
monde entièrement nouveau. Jean Luc Cury, l'un de ces pionniers, revit


avec
beaucoup d'émotion ses premiers pas dans l'éther : <<Il régnait sur la
fréquence un silence inquiétant et on avait l'impression de violer un


temple
maudit où personne n'avait encore pénétré. On se sentait surpuissants


comme
si l'on avait possédé une arme secrète>>. Il se souvient avec amusement
avoir parlé avec des enfants qui jouaient avec leurs Talkies Walkies :
ceux-ci avaient été tellement étonnés d'entendre une voix inconnue qu'ils
étaient partis en larme auprès de leur mère.

A l'heure du Bi Bop et du GSM où nous sommes saturés de communication
mobile, il est difficile d'imaginer la révolution que représentait la CB.
Nous étions encore dans une France très traditionnelle, celle de <<22 à
Asnières>>., où le commun des mortels attendait des années avant d'avoir


le
téléphone à domicile et où l'évocation du minitel rose ou du téléphone de
voiture aurait relevé de la science fiction. Il n'y avait pas non plus la
même liberté d'expression qu'aujourd'hui, mais on la découvrait sur la CB.

L'enthousiasme de ces défricheurs des ondes suscite très rapidement la
création d'une myriade d'associations militant pour la reconnaissance
officielle de la CB : l'AFA (Association Française des Amateurs Radio) en
1967, puis l'ARAS (Amical Radio Assistance Secours) et le SNAC(Syndicat
National des Radiocommunication de Loisir). Les marchands voient eux aussi
le parti qu'ils peuvent tirer de cette nouvelle mode. Premier à se lancer
dans la course, François Tourres dès 1974 importe des appareils CB venus


des
États-Unis sous la marque Midland. L'année suivante s'ouvre à Paris le
premier magasin spécialisé, <<Guy Mocquet Électronique>>.

Bien qu'elle commence à prendre de l'ampleur, cette mode passera longtemps
inaperçue des pouvoirs publics : seules quelques professions


(ambulanciers,
taxis, policiers...) sont autorisées à utiliser des moyens de


communication
par voie hertzienne (on appelait ces émetteurs/récepteurs des
radiotéléphones, bien qu'ils n'aient rien à voir avec les téléphones de
voiture que nous connaissons aujourd'hui). Les autres personnes doivent se
contenter de petit Talkies Walkies pour enfants, jouets dont la distance
d'émission ne dépasse pas une centaine de mètres.

Curieusement l'achat de matériel est autorisé mais pas son utilisation. Si
la CB en tant que telle n'est ni interdite ni légalisée, elle n'en tombe


pas
moins sous le coup de la législation existante : toute émission radio doit
obtenir l'autorisation préalable du ministère des PTT. Les peines


encourues
peuvent aller jusqu'à un an d'emprisonnement et 36000 francs d'amende.


Faire
de la CB dans les années 70 n'était pas de tout repos : tantôt les pouvoir


s
publics laissaient faire, tantôt ils décidaient de sévir, intervenant au
domicile des cibistes, les traînant en procès. Gérard se souvient de ces
temps de clandestinité : <<Tout dépendait de l' humeur des forces de
l'ordre, de l'actualité et des relations que l'on entretenait avec eux :


il
suffisait d'un moment de tension, ou qu'un voisin vous dénonce pour que


vous
alliez en prison.>> On raconte même l'histoire d'un Radio amateur qui
espionnait la bande du 27 et rackettait les cibistes, les menaçant de les
dénoncer aux pouvoirs publics s'ils refusaient de lui verser la somme
convenue.

Si l'administration a beaucoup renâclé avant de légaliser la CB, c'est


qu'il
s'agissait de la première brèche ouverte dans le monopole d'Etat sur les
télécommunications et télédiffusions : tout ce qui passait par la voie des
ondes devait être dûment contrôlé par l'Etat et il n'y avait alors ni


radio
libre, ni chaînes de télévision privée.... Cette attitude peut paraître un
peu rétrograde aujourd'hui où nous vivons des temps de déréglementation
sauvage, mais elle est tout à fait compréhensible dans le contexte de
l'époque.

Le ministère des PTT(Poste Télégraphe et Télécommunication ) avait pensé
proposer aux cibistes de passer par des réseaux de téléconvivialité ou


bien
de décaler la fréquence du 27 sur le 900 MHz. Ils ne voulurent jamais en
entendre parler : en effet ils auraient alors dû recourir à des appareils
beaucoup plus perfectionnés et donc encore plus chers pour une propagation
encore plus réduite.

L'origine purement Américaine de ce phénomène irrite également les
défenseurs de la francophonie. En 1979, alors même que la CB n'est


toujours
pas légalisée, une commission essayera d'imposer le terme de Bande


Publique
(BP) à la place du terme CB. D'autres pour lui donner une connotation plus
francophone en font les initiales de <<Canaux Banalisés>>, transformant le
mot cibistes en <<cébiste>>.



Et la CB devient un loisir branché

Malgré les réticences des pouvoirs publics, les média s'intéressent de


plus
en plus à ce nouveau moyen de communication. Les nouveaux postes qui
arrivent sur le marché deviennent de plus en plus perfectionnés pour un


prix
toujours plus bas : les quartz sont dorénavant remplacés par des
synthétiseurs de fréquences qui permettent d'avoir un beaucoup plus grand
nombre de canaux. Pendant l'été 80, la CB qui n'était jusqu'alors


l'apanage
que de quelques hurluberlus, devient un phénomène de mode. C'est soudain
l'euphorie : les camionneurs s'équipent massivement, des centaines
d'associations voient le jour. Cinq revues paraissent, tirant chacune à


plus
de 40 000 exemplaires... C'est l'époque où l'on part faire le tour du


monde
avec un "President Grant" pour tout viatique, où l'on organise des


<<visus>>
(rencontres dans le langage CB) collectifs Place de la Concorde à Paris.

Faire de la CB, c'est aussi une forme de contestation et d'appel à la
convivialité. L'heure est à la créativité tous azimuts : les revues de
l'époque ressemblent davantage à des journaux alternatifs qu'aux ersatz
d'"Auto moto" qu'elles sont devenues aujourd'hui : on n'y hésite devant
aucun délire graphique ou verbal.

Les pouvoirs publics observent cette effervescence d'un mauvais oil et
décident en novembre 1980 d' interdire purement et simplement


l'importation
du matériel CB. Dans les semaines qui suivent, un commerçant lyonnais,
Raymond Marti voit ainsi l'administration des douanes saisir les 12 000
postes de son stock. Cet épisode donne lieu à un procès de 12 ans qui


vient
tout juste d'être gagné par le malheureux importateur : les douanes ont


été
condamnées à payer la plus forte indemnité qu'elles n'aient jamais eue à
rembourser de toute leur histoire.

Mais les cibistes ne l'entendent pas de cette oreille et multiplient les
manifestations spontanées. L'une d'entre elles en rassemblera plus de 15


000
sur le circuit des 24 heures du Mans. S'apercevant de l'importance de la
réaction, le gouvernement Giscard change de stratégie et annonce une loi
pour la fin de l'année. Le milieu associatif est enchanté mais sa joie est
de courte durée : il n'est pas consulté par l'administration et la norme
éditée (répondant au doux nom de NFC92411) est complètement inadaptée aux
besoins des cibistes : elle ne permet que 22 canaux et 2 watts de


puissance
alors que la plupart des postes sur le marché font plus de 80 canaux et


sont
donc déclarés d'office illégaux. Les associations déposent un recours


devant
le Conseil d'Etat : la norme est annulée pour vice de procédure. Retour à


la
case départ. Tout reste à faire.

Consciente de l'enjeu électoral, la gauche inscrit la libération des ondes
dans son programme commun et ne promet pas moins de 100 canaux.

Le showbiz et le monde des médias s'entichent également de ce nouveau


moyen
de communication : Coluche, Gainsbourg, Renaud, Jean Claude Bouret, Jean
Pierre Foucault, Herbert Léonard, Gérard Lenormand.... se mettent à


moduler.
La célèbre collection de charme "Brigade mondaine" publie "Un canal rose
pour les cibistes", tandis que Dalida chante "Confidence sur la


Fréquence".
La CB est bel et bien devenue un phénomène social donc une force qui
comptera dans les prochaines élections présidentielles : on estime à cette
époque le nombre de cibistes à 300 000.

La station périphérique "Europe 1" s'en mêle à son tour et lui consacre


très
rapidement une émission quotidienne entre 1 et 2 heures du matin : des
cibistes viennent parler de leur passion, on lance des appels généraux....
Max Meynier ouvre également aux cibistes sa célèbre émission "Les routiers
sont sympas" sur RTL.

Le premier salon de la CB s'ouvre au Parc des Expositions de la porte de
Versailles. Il accueille plusieurs dizaines de milliers de cibistes alors
qu'aujourd'hui Saradel, le salon le plus important, en totalise à peine
5000. La revue QSO Magazine publie un annuaire des cibistes, pour qu'ils
puissent se rencontrer en fonction de leurs affinités.

En 1981, profitant du lancement du deuxième rallye Paris-Dakar, François
Tourres, importateur de la marque Midland, équipe gracieusement chaque
véhicule engagé dans la compétition d'un de ses postes pour leur permettre
de communiquer entre eux, de commander des pièces de rechange, ou même
d'avoir des nouvelles de leur familles restées en France.

Ces postes s'avèrent beaucoup plus performants que les moyens de
radiocommunication officiels et les journalistes les utilisent même pour
pouvoir dicter leurs articles à leurs rédactions respectives. La
démonstration est concluante, la CB a fait ses preuves.

Pendant le mois de juillet de la même année, l'émission télévisuelle "Les
dossiers de l'écran" consacre un débat à la CB aux heures de grande


écoute.
Pour faire une démonstration de l'efficacité de ce nouveau média, un "visu
collectif" passant en direct à l'émission est organisé dans le 18ème
arrondissement. Le lieu de rendez-vous est donné une seule fois sur le


canal
d'appel : en moins d'une heure, plus de 500 cibistes arriveront aux grand
étonnement des organisateurs de l'émission.

Ce que le gouvernement Giscard avait hésité à réaliser, le nouveau
gouvernement de gauche va l'entraîner définitivement. L'heure est à la
liberté des ondes; les radios libres sont légalisées et la plupart ouvrent
leur antenne aux cibistes. Pourtant, le nouveau gouvernement reste plus
tatillon vis à vis des cibistes.

On ne change pas dix ans de censure du jour au lendemain, d'autant plus


que
les lobbies anti-cibistes sont nombreux : hauts fonctionnaires des


Télécoms,
ministère de l'Intérieur, TéléDiffusion de France mais aussi radio
amateurs...Des réunions et des négociations ont cependant lieu et


débouchent
en décembre 1982 sur l'adoption de la norme actuellement en vigueur : 40
canaux en FM, AM et BLU, puissance maximum de 4 watts.

L'ouverture est si complète que quelques années plus tard, constatant que
beaucoup de jeunes se voient privés de leur loisir favori au moment de


leur
conscription, Charles Hernu autorisera l'usage de la CB dans les
casernes-haut lieu s'il en est de la liberté d'expression!

Plus sérieusement, on verra un colloque national de l'urgence médicale
consacrer une séance au thème "CB et sécurité routière". Enfin, comble de


la
reconnaissance officielle : le Parlement Européen prend une résolution en
Mars 84 "reconnaissant l'importance et le développement de la CB comme


moyen
d'expression et de communication."

On compte à cette époque quelques 600 000 cibistes : leur nombre a été
multiplié par deux en moins d'un an. Mais paradoxalement, à l'heure où la


CB
voit enfin son rôle pleinement reconnu, elle commence à perdre peu à peu


de
son dynamisme.

Les associations n'ont plus de raison de se battre; la CB devenue légale,


se
banalise; on en parle moins et on en vient presque à l'oublier. Ce qui
n'empêche pas les ventes de matériels de continuer de progresser et les
statistiques du ministère des Télécoms recensent un million de cibistes à


la
fin des années 80.



Niko




Niko
Le #14009521
Il y a marqué radio.amateur.
J'en déduit qu'il est pour tous les amateurs de radio.
RAts et CB

Niko


"Jean Bond" csul8c$fap$

"Niko" 41f2d2bc$0$28962$
HISTOIRE DE LA CITIZEN BAND



On s'en fout !!!
Y'a pas marqué fr.rec.CB.





Didier_
Le #14009501
Niko a écrit :

Il y a marqué radio.amateur.
J'en déduit qu'il est pour tous les amateurs de radio.
RAts et CB

Niko



Donc, vous déduisez mal !
Runge
Le #14009441
Oui tout à fait ce n'est pas une appellation brevetée

"Niko" 41f38e7d$0$28932$
Il y a marqué radio.amateur.
J'en déduit qu'il est pour tous les amateurs de radio.
RAts et CB

Niko


"Jean Bond" csul8c$fap$

"Niko" 41f2d2bc$0$28962$
HISTOIRE DE LA CITIZEN BAND



On s'en fout !!!
Y'a pas marqué fr.rec.CB.









Runge
Le #14009431
et alors?

41f2da57$0$26205$
OK BABOUILLE =>KEKE BOUBOUILLE


"Niko" news:41f2d2bc$0$28962$
HISTOIRE DE LA CITIZEN BAND
Avant d'aborder la pratique de la CB il est intéressant de savoir comment
celle-ci est née, s'est développée pour finalement s'imposer comme le
premier moyen de radiocommunication mondial.

Son histoire commence avec l'invention de la télégraphie sans fil en 1894
quelques années après celle du téléphone. Mais il faudra attendre la


seconde
guerre mondiale pour voir apparaître les premiers appareils de
radio-communication portatifs, plus connus sous le nom de Talkies
Walkies.
La guerre finie, les troupes Américaines retournèrent au pays,
abandonnant
sur place un très important matériel de radiocommunication sur lequel se
précipitèrent aussitôt quelques électroniciens amateurs et anciens
militaires à la retraite.

Deux ans plus tard en 1947 se déroule à Atlantic City aux États-Unis une
conférence mondiale pour répartir les fréquences hertziennes entre les
différents utilisateurs : services de radiodiffusion, militaires,
services
médicaux... Seule une bande, le 27 MégaHertz, reste inutilisée à cause de


sa
propagation trop aléatoire. La conférence décide donc de la concéder à la
libre utilisation des citoyens : ce sera la Citizen Band, CB.

La CB reste cependant pendant une dizaine d'années un phénomène très
marginal réservé à des électroniciens avertis qui construisent eux-même
leurs émetteurs à l'aide de surplus militaires. Ce sont des appareils
lourds, encombrants et d'un maniement délicat, fonctionnant avec des


lampes
qui doivent chauffer avant de pouvoir être utilisés. Nous sommes à cent
lieues des petites merveilles techniques que nous connaissons
aujourd'hui.

La CB n'aurait pas dépassé ce stade du bricolage pour apprenti-sorciers


sans
l'apparition en 1958 du transistor qui révolutionnera le monde de la
radiocommunication en permettant la miniaturisation des postes. On verra
ainsi au milieu des années 60 la mise sur le marché d'appareils


utilisables
à bord de véhicules et spécialement conçus pour l'usage du 27 MHz.

Après l'impact d'une évolution technique, ce sera un événement politique


qui
aura des conséquences sur le développement de la CB. En 1973 éclate la
guerre du Kippour entre Israël et les pays arabes, entraînant une


explosion
du prix du pétrole. Afin de faire des économies d'énergie, les autorités
Américaines décident de réduire sévèrement les limitations de vitesse :


pour
déjouer les contrôles de Police et continuer à respecter leurs délais de
livraisons les camionneurs (Truckers en anglais) s'équipent massivement
de
postes CB. Ce phénomène reste cependant typiquement Américain : ils sont
déjà plus de 2 millions aux États-Unis quand en France on ne trouve que


6000
cibistes à l'époque.

L'impact aux États Unis sera tel que même le cinéma s'inspire de cette
nouvelle pratique et lui consacre en 1975 un film <<Le convoi>>, une
série
télévisée <<Le shérif me court après>> et un téléfilm <<White line


fever>>.
Après les Westerns, c'est l'époque de gloire des <<Road Movies>> qui


mettent
en scène de phénoménales courses poursuites entre des policiers armés
jusqu'aux dents et des convois de camionneurs : les cibistes sont devenus
les nouveaux indiens.

Le film le plus connu <<Le convoi>> raconte l'histoire d'une dizaine de
camionneurs qui traversent les grandes plaines et se racontent des
blagues
par l'intermédiaire de la CB. Mais les policiers aussi sont à l'écoute du
27. Un policier véreux et à moitié fou les prend en chasse et leur fait
subir mille et un petits tracas, jusqu'au moment où les routiers excédés


lui
flanquent une raclée. Débute alors une incroyable course poursuite. Grâce


à
la CB, Rubber Duck, le meneur des routiers, lance un appel généralisé et
réussit à réunir un gigantesque convoi d'une centaine de camions,


obligeant
les policiers à les laisser tranquilles.

La CB devient si populaire aux États-Unis que les routiers sont
rapidement
imités par l'ensemble de la population. La croissance est spectaculaire,


et
on comptera en 1976 jusqu'à 30 millions d'utilisateurs, c'est-à-dire plus
d'un Américain sur 10 (Par comparaison on ne trouve qu'un cibiste pour 20
Français actuellement). Avec 500 000 nouvelles licences accordées par


mois,
la CB devient même pendant quelques années la plus forte consommation
d'électronique de tous les temps, loin devant les télévisions couleurs ou
les calculatrices de poche. Bonne joueuse, l'administration Américaine
encourage d'ailleurs vivement sa diffusion pour améliorer la sécurité sur
les routes.

Paradoxalement, c'est son succès qui entraînera son déclin : les
utilisateurs deviennent si nombreux que les 40 canaux sont bientôt
saturés
en permanence. La fin des années 70 marque donc un net recul du
phénomène,
poussant les fabricants de CB à chercher de nouveaux marchés
Outre-Atlantique. Le phénomène arrive alors en France avec dix ans de
décalage par rapport aux États-Unis et sous une forme bien atténuée.

Les débuts de la CB Française

Si ce n'est qu'au début des années 80 que la CB est devenue un phénomène


de
mode en France, on trouve les premiers cibistes dès la fin des années 60.
Quelques Français audacieux, de retour d'Amérique commencent à ramener
des
postes de CB, et d'autres, à en acheter dans les supermarchés réservés
aux
troupes d'occupation Américaines d'Allemagne. Certains construisent leur
matériel en récupérant des postes professionnels. Ils vont parfois
jusqu'à
utiliser des boîtes de conserve pour loger leur poste!!!

On murmure même que les premiers postes CB contribuèrent au succès des
manifestations étudiantes de mai 68 : les CRS n'en revenaient pas, les
postes des étudiants étaient plus perfectionnés que les leurs. Jack Drat,
qui tient toujours une petite boutique dans le 3ème arrondissement de


Paris
se souvient avec émotion des réunions enfiévrées qui se tenaient dans son
arrière boutique, une des seules à l'époque à vendre des postes : <<On
refaisait le monde tout les soirs avec des personnes venus de tous les
horizons sociaux. Je n'ai jamais vu un aussi grand brassage social qu'à
cette époque sur la CB.>>

On trouve en effet vraiment de tout parmi ces pionniers des ondes, du
passionné d'électronique à l'ancien militaire chargé des transmissions
pendant la guerre, en passant par l'aventurier du bout du monde, et
l'ambulancier. Leur vrai point commun c'est cette même soif de


communication
avec l'inconnu. C'est une passion qui à l'époque coûte cher : certains
dépensent plus de 1500 francs pour pouvoir s'équiper, ce qui représente à
l'époque le salaire moyen d'un mois de travail. Et encore ne
disposent-ils
que de postes très rudimentaires ne comportant que 6 canaux, qu'ils sont
obligés de modifier en ajoutant des quartz pour leur permettre d' émettre
sur des fréquences restées inutilisées.

Cela suffit cependant amplement pour plonger nos apprentis sorciers dans


un
monde entièrement nouveau. Jean Luc Cury, l'un de ces pionniers, revit


avec
beaucoup d'émotion ses premiers pas dans l'éther : <<Il régnait sur la
fréquence un silence inquiétant et on avait l'impression de violer un


temple
maudit où personne n'avait encore pénétré. On se sentait surpuissants


comme
si l'on avait possédé une arme secrète>>. Il se souvient avec amusement
avoir parlé avec des enfants qui jouaient avec leurs Talkies Walkies :
ceux-ci avaient été tellement étonnés d'entendre une voix inconnue qu'ils
étaient partis en larme auprès de leur mère.

A l'heure du Bi Bop et du GSM où nous sommes saturés de communication
mobile, il est difficile d'imaginer la révolution que représentait la CB.
Nous étions encore dans une France très traditionnelle, celle de <<22 à
Asnières>>., où le commun des mortels attendait des années avant d'avoir


le
téléphone à domicile et où l'évocation du minitel rose ou du téléphone de
voiture aurait relevé de la science fiction. Il n'y avait pas non plus la
même liberté d'expression qu'aujourd'hui, mais on la découvrait sur la
CB.

L'enthousiasme de ces défricheurs des ondes suscite très rapidement la
création d'une myriade d'associations militant pour la reconnaissance
officielle de la CB : l'AFA (Association Française des Amateurs Radio) en
1967, puis l'ARAS (Amical Radio Assistance Secours) et le SNAC(Syndicat
National des Radiocommunication de Loisir). Les marchands voient eux
aussi
le parti qu'ils peuvent tirer de cette nouvelle mode. Premier à se lancer
dans la course, François Tourres dès 1974 importe des appareils CB venus


des
États-Unis sous la marque Midland. L'année suivante s'ouvre à Paris le
premier magasin spécialisé, <<Guy Mocquet Électronique>>.

Bien qu'elle commence à prendre de l'ampleur, cette mode passera
longtemps
inaperçue des pouvoirs publics : seules quelques professions


(ambulanciers,
taxis, policiers...) sont autorisées à utiliser des moyens de


communication
par voie hertzienne (on appelait ces émetteurs/récepteurs des
radiotéléphones, bien qu'ils n'aient rien à voir avec les téléphones de
voiture que nous connaissons aujourd'hui). Les autres personnes doivent
se
contenter de petit Talkies Walkies pour enfants, jouets dont la distance
d'émission ne dépasse pas une centaine de mètres.

Curieusement l'achat de matériel est autorisé mais pas son utilisation.
Si
la CB en tant que telle n'est ni interdite ni légalisée, elle n'en tombe


pas
moins sous le coup de la législation existante : toute émission radio
doit
obtenir l'autorisation préalable du ministère des PTT. Les peines


encourues
peuvent aller jusqu'à un an d'emprisonnement et 36000 francs d'amende.


Faire
de la CB dans les années 70 n'était pas de tout repos : tantôt les
pouvoir


s
publics laissaient faire, tantôt ils décidaient de sévir, intervenant au
domicile des cibistes, les traînant en procès. Gérard se souvient de ces
temps de clandestinité : <<Tout dépendait de l' humeur des forces de
l'ordre, de l'actualité et des relations que l'on entretenait avec eux :


il
suffisait d'un moment de tension, ou qu'un voisin vous dénonce pour que


vous
alliez en prison.>> On raconte même l'histoire d'un Radio amateur qui
espionnait la bande du 27 et rackettait les cibistes, les menaçant de les
dénoncer aux pouvoirs publics s'ils refusaient de lui verser la somme
convenue.

Si l'administration a beaucoup renâclé avant de légaliser la CB, c'est


qu'il
s'agissait de la première brèche ouverte dans le monopole d'Etat sur les
télécommunications et télédiffusions : tout ce qui passait par la voie
des
ondes devait être dûment contrôlé par l'Etat et il n'y avait alors ni


radio
libre, ni chaînes de télévision privée.... Cette attitude peut paraître
un
peu rétrograde aujourd'hui où nous vivons des temps de déréglementation
sauvage, mais elle est tout à fait compréhensible dans le contexte de
l'époque.

Le ministère des PTT(Poste Télégraphe et Télécommunication ) avait pensé
proposer aux cibistes de passer par des réseaux de téléconvivialité ou


bien
de décaler la fréquence du 27 sur le 900 MHz. Ils ne voulurent jamais en
entendre parler : en effet ils auraient alors dû recourir à des appareils
beaucoup plus perfectionnés et donc encore plus chers pour une
propagation
encore plus réduite.

L'origine purement Américaine de ce phénomène irrite également les
défenseurs de la francophonie. En 1979, alors même que la CB n'est


toujours
pas légalisée, une commission essayera d'imposer le terme de Bande


Publique
(BP) à la place du terme CB. D'autres pour lui donner une connotation
plus
francophone en font les initiales de <<Canaux Banalisés>>, transformant
le
mot cibistes en <<cébiste>>.



Et la CB devient un loisir branché

Malgré les réticences des pouvoirs publics, les média s'intéressent de


plus
en plus à ce nouveau moyen de communication. Les nouveaux postes qui
arrivent sur le marché deviennent de plus en plus perfectionnés pour un


prix
toujours plus bas : les quartz sont dorénavant remplacés par des
synthétiseurs de fréquences qui permettent d'avoir un beaucoup plus grand
nombre de canaux. Pendant l'été 80, la CB qui n'était jusqu'alors


l'apanage
que de quelques hurluberlus, devient un phénomène de mode. C'est soudain
l'euphorie : les camionneurs s'équipent massivement, des centaines
d'associations voient le jour. Cinq revues paraissent, tirant chacune à


plus
de 40 000 exemplaires... C'est l'époque où l'on part faire le tour du


monde
avec un "President Grant" pour tout viatique, où l'on organise des


<<visus>>
(rencontres dans le langage CB) collectifs Place de la Concorde à Paris.

Faire de la CB, c'est aussi une forme de contestation et d'appel à la
convivialité. L'heure est à la créativité tous azimuts : les revues de
l'époque ressemblent davantage à des journaux alternatifs qu'aux ersatz
d'"Auto moto" qu'elles sont devenues aujourd'hui : on n'y hésite devant
aucun délire graphique ou verbal.

Les pouvoirs publics observent cette effervescence d'un mauvais oil et
décident en novembre 1980 d' interdire purement et simplement


l'importation
du matériel CB. Dans les semaines qui suivent, un commerçant lyonnais,
Raymond Marti voit ainsi l'administration des douanes saisir les 12 000
postes de son stock. Cet épisode donne lieu à un procès de 12 ans qui


vient
tout juste d'être gagné par le malheureux importateur : les douanes ont


été
condamnées à payer la plus forte indemnité qu'elles n'aient jamais eue à
rembourser de toute leur histoire.

Mais les cibistes ne l'entendent pas de cette oreille et multiplient les
manifestations spontanées. L'une d'entre elles en rassemblera plus de 15


000
sur le circuit des 24 heures du Mans. S'apercevant de l'importance de la
réaction, le gouvernement Giscard change de stratégie et annonce une loi
pour la fin de l'année. Le milieu associatif est enchanté mais sa joie
est
de courte durée : il n'est pas consulté par l'administration et la norme
éditée (répondant au doux nom de NFC92411) est complètement inadaptée aux
besoins des cibistes : elle ne permet que 22 canaux et 2 watts de


puissance
alors que la plupart des postes sur le marché font plus de 80 canaux et


sont
donc déclarés d'office illégaux. Les associations déposent un recours


devant
le Conseil d'Etat : la norme est annulée pour vice de procédure. Retour à


la
case départ. Tout reste à faire.

Consciente de l'enjeu électoral, la gauche inscrit la libération des
ondes
dans son programme commun et ne promet pas moins de 100 canaux.

Le showbiz et le monde des médias s'entichent également de ce nouveau


moyen
de communication : Coluche, Gainsbourg, Renaud, Jean Claude Bouret, Jean
Pierre Foucault, Herbert Léonard, Gérard Lenormand.... se mettent à


moduler.
La célèbre collection de charme "Brigade mondaine" publie "Un canal rose
pour les cibistes", tandis que Dalida chante "Confidence sur la


Fréquence".
La CB est bel et bien devenue un phénomène social donc une force qui
comptera dans les prochaines élections présidentielles : on estime à
cette
époque le nombre de cibistes à 300 000.

La station périphérique "Europe 1" s'en mêle à son tour et lui consacre


très
rapidement une émission quotidienne entre 1 et 2 heures du matin : des
cibistes viennent parler de leur passion, on lance des appels
généraux....
Max Meynier ouvre également aux cibistes sa célèbre émission "Les
routiers
sont sympas" sur RTL.

Le premier salon de la CB s'ouvre au Parc des Expositions de la porte de
Versailles. Il accueille plusieurs dizaines de milliers de cibistes alors
qu'aujourd'hui Saradel, le salon le plus important, en totalise à peine
5000. La revue QSO Magazine publie un annuaire des cibistes, pour qu'ils
puissent se rencontrer en fonction de leurs affinités.

En 1981, profitant du lancement du deuxième rallye Paris-Dakar, François
Tourres, importateur de la marque Midland, équipe gracieusement chaque
véhicule engagé dans la compétition d'un de ses postes pour leur
permettre
de communiquer entre eux, de commander des pièces de rechange, ou même
d'avoir des nouvelles de leur familles restées en France.

Ces postes s'avèrent beaucoup plus performants que les moyens de
radiocommunication officiels et les journalistes les utilisent même pour
pouvoir dicter leurs articles à leurs rédactions respectives. La
démonstration est concluante, la CB a fait ses preuves.

Pendant le mois de juillet de la même année, l'émission télévisuelle "Les
dossiers de l'écran" consacre un débat à la CB aux heures de grande


écoute.
Pour faire une démonstration de l'efficacité de ce nouveau média, un
"visu
collectif" passant en direct à l'émission est organisé dans le 18ème
arrondissement. Le lieu de rendez-vous est donné une seule fois sur le


canal
d'appel : en moins d'une heure, plus de 500 cibistes arriveront aux grand
étonnement des organisateurs de l'émission.

Ce que le gouvernement Giscard avait hésité à réaliser, le nouveau
gouvernement de gauche va l'entraîner définitivement. L'heure est à la
liberté des ondes; les radios libres sont légalisées et la plupart
ouvrent
leur antenne aux cibistes. Pourtant, le nouveau gouvernement reste plus
tatillon vis à vis des cibistes.

On ne change pas dix ans de censure du jour au lendemain, d'autant plus


que
les lobbies anti-cibistes sont nombreux : hauts fonctionnaires des


Télécoms,
ministère de l'Intérieur, TéléDiffusion de France mais aussi radio
amateurs...Des réunions et des négociations ont cependant lieu et


débouchent
en décembre 1982 sur l'adoption de la norme actuellement en vigueur : 40
canaux en FM, AM et BLU, puissance maximum de 4 watts.

L'ouverture est si complète que quelques années plus tard, constatant que
beaucoup de jeunes se voient privés de leur loisir favori au moment de


leur
conscription, Charles Hernu autorisera l'usage de la CB dans les
casernes-haut lieu s'il en est de la liberté d'expression!

Plus sérieusement, on verra un colloque national de l'urgence médicale
consacrer une séance au thème "CB et sécurité routière". Enfin, comble de


la
reconnaissance officielle : le Parlement Européen prend une résolution en
Mars 84 "reconnaissant l'importance et le développement de la CB comme


moyen
d'expression et de communication."

On compte à cette époque quelques 600 000 cibistes : leur nombre a été
multiplié par deux en moins d'un an. Mais paradoxalement, à l'heure où la


CB
voit enfin son rôle pleinement reconnu, elle commence à perdre peu à peu


de
son dynamisme.

Les associations n'ont plus de raison de se battre; la CB devenue légale,


se
banalise; on en parle moins et on en vient presque à l'oublier. Ce qui
n'empêche pas les ventes de matériels de continuer de progresser et les
statistiques du ministère des Télécoms recensent un million de cibistes à


la
fin des années 80.



Niko








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Le #14009381
Bonsoir,

Le Sat, 22 Jan 2005 23:25:19 +0100, "Niko" :

Super, ce roman de l'aventure de la CB.
De quoi faire rêver ... les enfants. Dommage que ce soit bourré
d'erreurs dont certaines frisent la contrefaçon.

En plus, çà démarre sur les chaperaux de roue et sans avoir peur du
ridicule, hi... :


HISTOIRE DE LA CITIZEN BAND
Avant d'aborder la pratique de la CB il est intéressant de savoir comment
celle-ci est née, s'est développée pour finalement s'imposer comme le
premier moyen de radiocommunication mondial.



Rien que çà !
Allez, hop ...

COUIC !
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