LA RADIO A LYON

Le
inforadio
From: F5LBD @ F6KFT.FCAL.FRA.EU (Michel)

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Samedi 3 janvier 2004

BJR à toutes et à tous, et meilleurs voeux 2004,

LA RADIO A LYON
SES DEBUTS SON HISTOIRE
Par Michel SIMEON
Extrait de l'Internet
Avec l'aimable autorisation de son fils Pascal SIMEON que nous remercions
Merci aux lecteurs de communiquer leurs impressions sur la rubrique
" TOUS " du packet-radio.

Page réalisée par Pascal SIMEON avec les documents écrits par son père,
Michel SIMEON, retraité hyper actif passionné de postes anciens et
d'expériences de physique du début de ce siècle.

"L'EMETTEUR RADIOTELEGRAPHIQUE DE ''LYON-LA DOUA'' 1914-1960

La guerre de 1914 - 1918 fait entrer soudainement Lyon dans l'histoire de
la T.S.F., par l'installation d'une puissante station radiotélégraphique.
Fin juillet 1914, le conflit est imminent. Le gouvernement français est
conscient de la précarité des moyens de communications avec les alliés
Russes. Les liaisons par fils télégraphiques se trouvent sous le contrôle
de l'Allemagne de la Baltique à la Turquie. Le seul moyen de communication
rapide subsistant est l'émetteur de la " TOUR EIFFEL " . . . mais Paris
peut être menacé en cas d'avance rapide de l'ennemi.
La situation de Lyon, ville éloignée du front, paraît favorable pour
construire une station puissante. Sur le port de Marseille, dans des
caisses, un émetteur " à étincelles " de 50 kilowatts livré par la S.F.R.
est en instance de départ pour Saïgon. Le Ministre de la Guerre, Messimy,
décide le changement d'affectation. L'officier convoyeur, le Capitaine
Péri de l'Infanterie Coloniale reçoit l'ordre de ne pas embarquer son
matériel, mais de le transporter à Lyon et de le monter dans les meilleurs
délais sur le terrain militaire de LA DOUA commune de Villeurbanne (40
ha). L'ingénieur Joseph Béthenod de la S.F.R. lui apportera son aide
technique. On recherche terrassiers, charpentiers, monteurs de pylônes,
mais la main d'oeuvre manque, car c'est la mobilisation. François Péri est
réputé pour son caractère très affirmé, mais il est efficace. Il parcourt
les rues de Lyon et de sa banlieue. Clochards, ajournés, réformés sont
requis, encadrés et mis au travail. On monte les 8 pylônes de 120 mètres
de haut, on tend les 13 câbles de 750 mètres de long, on installe les
appareils dans des constructions provisoires en planches. Deux mois après
le commencement des travaux, le 29 septembre 1914, tout fonctionne et un
premier contact est établi avec la Russie. La station va travailler
pendant deux ans avec la Russie, la Serbie et la Roumanie, puissances
alliées.
1916 voit construire les bâtiments définitifs en maçonnerie.
En 1917, un émetteur " à ARC " permet d'émettre en " ondes entretenues ".
La communication est établie avec l'Amérique, sauf les mois d'été en
raison des décharges atmosphériques parasites. Des perfectionnements
importants sont apportés aux installations à l'initiative du Commandant
Chaulard. Les 8 pylônes de 120 mètres sont remplacés par 2 pylônes de 200
mètres et 6 pylônes de 180 mètres. La prise de terre est améliorée. On
peut désormais rester en liaison avec l'Amérique toute l'année.
Au début de 1919, sont mis en service des " ARCS " de 200 kilowatts
antenne. En juillet est installé un " ALTERNATEUR HAUTE FREQUENCE " conçu
par Messieurs Béthenod et Latour et réalisé par la Société Alsacienne de
Constructions Mécaniques à Belfort. Tournant à 3000 tours, il émet sur une
fréquence de 20.000 hertz avec 200 kilowatts antenne. Il est capté
parfaitement par les Américains et même sur toute la terre. Ce matériel de
qualité place LYON- LA DOUA au premier rang des postes français.
1921 - Les installations passent sous la responsabilité de
l'administration des P.T.T. .
L'émetteur primitif à étincelles de 1914 n'est plus utilisé. Sont
installés des émetteurs
" A LAMPES " : longueur d'onde 3500 mètres pour les liaisons avec
l'Europe.
1930 - Mise en service de deux émetteurs ONDES COURTES de 15 et 45 mètres.
1942 - La marine allemande utilise l'ALTERNATEUR HAUTE FREQUENCE (20.000
hertz) pour communiquer avec ses submersibles en plongée. Ces fréquences
très basses pénètrent sous la mer.
1944 - Fin Août, les Allemands partent. " A coups de masse, ils cassent
tout. Les pylônes tombent ensuite ".
1945 - La reconstruction aboutit à la mise en service de trois émetteurs "
ondes longues " et douze émetteurs " ondes courtes ".
1960 - la station est déménagée à SAINT-ANDRE-DE-CORCY dans l'Ain.
1997 - Les bâtiments de l'ancien émetteur sont encore visibles dans le
périmètre de l'I.N.S.A.
(Institut National des Sciences Appliquées). Ils sont occupés par les
services médicaux de l'institut et une bibliothèque.
Une partie importante de l'ALTERNATEUR HAUTE FREQUENCE qui a fonctionné de
1919 à 1944 (125.000 heures), est visible au MUSEE AMPERE à POLEYMIEUX
dans le département du Rhône.

Suite la semaine prochaine :
Début de l'article : " LA LAMPE FRANCAISE DE T.S.F. dite ''T.M.'' "
Mise au point et industrialisée à Lyon
en 1915.
.
Bonne lecture et bonne semaine

73 de Michel

73 - Michel, F5LBD @ F6KFT
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Gilbert F1LCE
Le #13000861
Bonjour
mérçi de se post bien intéressant
dans mes jeunes années j'écoutais la doua
a grenoble avec mon premier poste a galène
ca ne nous rajeuni pas
amitiés et meilleurs voeux
Gilbert

inforadio a écrit :

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SES DEBUTS SON HISTOIRE
Par Michel SIMEON
Extrait de l'Internet
Avec l'aimable autorisation de son fils Pascal SIMEON que nous remercions
Merci aux lecteurs de communiquer leurs impressions sur la rubrique
" TOUS " du packet-radio.

Page réalisée par Pascal SIMEON avec les documents écrits par son père,
Michel SIMEON, retraité hyper actif passionné de postes anciens et
d'expériences de physique du début de ce siècle.

"L'EMETTEUR RADIOTELEGRAPHIQUE DE ''LYON-LA DOUA'' 1914-1960

La guerre de 1914 - 1918 fait entrer soudainement Lyon dans l'histoire de
la T.S.F., par l'installation d'une puissante station radiotélégraphique.
Fin juillet 1914, le conflit est imminent. Le gouvernement français est
conscient de la précarité des moyens de communications avec les alliés
Russes. Les liaisons par fils télégraphiques se trouvent sous le contrôle
de l'Allemagne de la Baltique à la Turquie. Le seul moyen de communication
rapide subsistant est l'émetteur de la " TOUR EIFFEL " . . . mais Paris
peut être menacé en cas d'avance rapide de l'ennemi.
La situation de Lyon, ville éloignée du front, paraît favorable pour
construire une station puissante. Sur le port de Marseille, dans des
caisses, un émetteur " à étincelles " de 50 kilowatts livré par la S.F.R.
est en instance de départ pour Saïgon. Le Ministre de la Guerre, Messimy,
décide le changement d'affectation. L'officier convoyeur, le Capitaine
Péri de l'Infanterie Coloniale reçoit l'ordre de ne pas embarquer son
matériel, mais de le transporter à Lyon et de le monter dans les meilleurs
délais sur le terrain militaire de LA DOUA commune de Villeurbanne (40
ha). L'ingénieur Joseph Béthenod de la S.F.R. lui apportera son aide
technique. On recherche terrassiers, charpentiers, monteurs de pylônes,
mais la main d'oeuvre manque, car c'est la mobilisation. François Péri est
réputé pour son caractère très affirmé, mais il est efficace. Il parcourt
les rues de Lyon et de sa banlieue. Clochards, ajournés, réformés sont
requis, encadrés et mis au travail. On monte les 8 pylônes de 120 mètres
de haut, on tend les 13 câbles de 750 mètres de long, on installe les
appareils dans des constructions provisoires en planches. Deux mois après
le commencement des travaux, le 29 septembre 1914, tout fonctionne et un
premier contact est établi avec la Russie. La station va travailler
pendant deux ans avec la Russie, la Serbie et la Roumanie, puissances
alliées.
1916 voit construire les bâtiments définitifs en maçonnerie.
En 1917, un émetteur " à ARC " permet d'émettre en " ondes entretenues ".
La communication est établie avec l'Amérique, sauf les mois d'été en
raison des décharges atmosphériques parasites. Des perfectionnements
importants sont apportés aux installations à l'initiative du Commandant
Chaulard. Les 8 pylônes de 120 mètres sont remplacés par 2 pylônes de 200
mètres et 6 pylônes de 180 mètres. La prise de terre est améliorée. On
peut désormais rester en liaison avec l'Amérique toute l'année.
Au début de 1919, sont mis en service des " ARCS " de 200 kilowatts
antenne. En juillet est installé un " ALTERNATEUR HAUTE FREQUENCE " conçu
par Messieurs Béthenod et Latour et réalisé par la Société Alsacienne de
Constructions Mécaniques à Belfort. Tournant à 3000 tours, il émet sur une
fréquence de 20.000 hertz avec 200 kilowatts antenne. Il est capté
parfaitement par les Américains et même sur toute la terre. Ce matériel de
qualité place LYON- LA DOUA au premier rang des postes français.
1921 - Les installations passent sous la responsabilité de
l'administration des P.T.T. .
L'émetteur primitif à étincelles de 1914 n'est plus utilisé. Sont
installés des émetteurs
" A LAMPES " : longueur d'onde 3500 mètres pour les liaisons avec
l'Europe.
1930 - Mise en service de deux émetteurs ONDES COURTES de 15 et 45 mètres.
1942 - La marine allemande utilise l'ALTERNATEUR HAUTE FREQUENCE (20.000
hertz) pour communiquer avec ses submersibles en plongée. Ces fréquences
très basses pénètrent sous la mer.
1944 - Fin Août, les Allemands partent. " A coups de masse, ils cassent
tout. Les pylônes tombent ensuite ".
1945 - La reconstruction aboutit à la mise en service de trois émetteurs "
ondes longues " et douze émetteurs " ondes courtes ".
1960 - la station est déménagée à SAINT-ANDRE-DE-CORCY dans l'Ain.
1997 - Les bâtiments de l'ancien émetteur sont encore visibles dans le
périmètre de l'I.N.S.A.
(Institut National des Sciences Appliquées). Ils sont occupés par les
services médicaux de l'institut et une bibliothèque.
Une partie importante de l'ALTERNATEUR HAUTE FREQUENCE qui a fonctionné de
1919 à 1944 (125.000 heures), est visible au MUSEE AMPERE à POLEYMIEUX
dans le département du Rhône.

Suite la semaine prochaine :
Début de l'article : " LA LAMPE FRANCAISE DE T.S.F. dite ''T.M.'' "
Mise au point et industrialisée à Lyon
en 1915.
.
Bonne lecture et bonne semaine

73 de Michel

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