[SA6] Un prime moyen

Le
Stéphane
Il y a des semaines comme ça où l'on n'arrive pas à écrire un résumé.
Plusieurs raisons, souvent un prime moyen, rien de grave, rien d'extra. Pas
d'ennui et pas d'envie. Et si en plus ce week-end là on a d'autres choses à
faire et bien on repousse au dimanche soir. Et là on a oublié, alors on
revisionne et tout s'est lissé encore plus. On se sent tâcheron,
l'inspiration ne vient pas, le sommeil si. Et vient le lundi, la semaine qui
redémarre, d'autres occupations, on sent déjà que c'est trop tard. Parce que
l'intérêt d'un résumé c'est d'être lu et partagé. Faudrait être couillon
pour passer 4 ou 5 heures à écrire un truc pour personne. Or, avec le temps,
on sait comment fonctionnent les lecteurs : tu fais un résumé en live,
forcément bâclé, et tu le sors 2mn après la fin du prime tu as 100 lecteurs
; tu le fignoles un peu et le publies une heure après le prime tu as 80
lecteurs ; tu revisionnes un peu, réécris et le publies samedi matin tu as
70 lecteurs ; tu ne le fais pas en live, tu affines et tu le publies après
le débrief samedi vers 19h, tu as 40 lecteurs ; dimanche à midi tu n'as déjà
plus que 30 lecteurs et lundi matin une vingtaine. Autant dire que le sortir
un mardi matin est une hérésie malgré une dizaine de fidèles.
Alors évidemment, si tu aimes la popularité tu as tout intérêt à bâcler,
quitte à faire une merde, et à publier juste après le prime (le top étant de
le publier 1mn avant le générique de fin) mais si tu as un certain souci de
bien faire (revérifier tes impressions, réécouter les prestations à tête
reposée, laisser redescendre une éventuelle passion ou colère) alors il
faut te résoudre à perdre du lectorat. Cruel dilemme : quantité et succès
populaire ou qualité et cible réduite ? En fait c'est un peu le même souci
que l'audimat pour les chaînes, sauf que la monnaie ici ne trébuche ni ne
sonne, elle se lit. Encore faut-il qu'il reste des lecteurs pour commenter
ton résumé.
Alors parfois, la résignation arrive : tant pis cette semaine j'en fais pas.
Et puis au détour d'un blog ou d'un forum, on tombe sur un message égaré qui
s'inquiète de savoir "où est le résumé de [untel] que j'adore ?" Et on se
dit qu'on ne peut pas lui faire ça, que même s'il n'y en a qu'un qui le lit
ça vaut le coup de l'écrire, que viendra peut-être un jour où plus personne
ne vous réclamera, où plus personne n'aura plaisir à partager avec vous et
que ce jour-là on sera vraiment seul. Alors dans un élan d'espoir, on
ressort ses notes du fond de la poubelle, on positionne son clavier, on
s'équipe de boissons, de cigarettes et de courage, prêt à attaquer une
longue nuit de rédaction, et dans cette impulsion on commet l'irréparable :
taper le premier caractère sur l'écran blanc : I.

Sur l'écran de TF1, il est indiqué "en duplex des coulisses" et l'on voit
défiler les artistes invités, parmi eux, et sous le même texte, les PussyCat
Dolls ! Enregistrées il y a 3 semaines ! Ca commence bien, TF1 nous prend
déjà pour des cakes. Bien sûr on notera la nuance entre "en direct" et "en
duplex" ce dernier n'obligeant pas au direct mais seulement à des lieux
éloignés, mais quand même. L'hymne reviendra bientôt avec le premier single
polnarevo-capillaire mais pour l'instant c'est la chanson de Friends qui
inaugure la soirée. Malgré des refrains étrangement réussis (ampexés ?), ça
reste mou et yaourt. Pour rendre hommage à Hallyday sans doute, l'entrée se
fait au milieu du public, histoire de compliquer des choses déjà pas
simples. Toujours pour rendre hommage à Johnny, Pascal Negre est absent ce
soir, officiellement en déplacement professionnel, disons plutôt
diplomatique, vu les tensions et procès qui ont opposé le patron à son
ancienne star.

On envoie déjà le Top5 où Cynthia et Cyril se partagent la dernière place
derrière Jean-Charles, Ludovic et Dominique n°1.

C'est donc Dominique qui chante avec Johnny Toute la musique qu'il aime,
version live et light, guitares presque sèches et tabourets. Ce n'est pas
trop le style de l'italienne mais elle se donne, sa voix semble faiblarde
mais son micro semblait moins ouvert que celui de la star. Toujours des
soucis d'interprétation un peu décalée mais dans l'ensemble ça passe. Les
profs se lâchent avec un 16,5.

Cyril en blanc et Cynthia en noir chantent Without you. Le début est plutôt
joli mais très vite ça s'emballe, ils grimpent sur les podiums-ascenseur et
nous font un étalage de capacités, un catalogue des techniques vocales,
grimaces incluses. C'est intéressant, il ne manque que l'émotion et la
sincérité. Tout dépend ce que l'on attendait. Les profs semblaient attendre
de la technique puisque le garçon à voix aigue obtient 15,5 et la fille à
voix grave 15,8.

Judith fait un Duel au soleil avec Daho. Le soleil a dû taper fort parce
qu'elle n'arrivera pas à être juste sur une seule phrase du début. Et
ensuite, elle ne se départira jamais de son unique sourire disponible dans
sa collection automne-hiver 2006. La note l'éclipse avec 12,3. La plus
mauvaise note du prime.

Les nominés entrent, ils sont tous là, pas de malaise. Bastien est le
premier à se défendre avec Que tu reviennes qui résonne comme un Que tu t'en
ailles. Le jeune élève ne change pas, il intériorise toujours autant et
semble sorti du monde des Bisounours. A sa décharge c'est propre et juste,
mais ça fait longtemps que ça ne suffit plus pour aller plus loin.

S'ensuit une blague avec Bob Sinclar, l'autre DJ à la mode, et un tir groupé
: Dominique, Brice, Cynthia. Je ne pensais pas que l'on puisse chanter ça en
direct et, après la prestation des élèves, je confirme. Le mixage est à
nouveau pourri, manquant d'effet et de réglages. Les élèves font ce qu'ils
peuvent pour exister dans ce magma. Seul moment sympathique l'arrivée d'un
excellent chanteur noir de très très forte corpulence. Imaginez un instant
que l'idée lui vienne de faire un slam sur les gamines des premiers rangs
Le carnage !

Ludovic a un tableau pour lui tout seul sur Your song avec un danseur et une
danseuse qui manque de chance. On a failli oublier de lui donner sa chaise,
arrivée pendant l'intro, et quelques secondes après elle se bloque le talon
aiguille dans sa jupe tressée, pas pratique pour le grand écart mais ça ne
s'est pas trop vu, c'est une pro, la preuve elle a une culotte noire. De son
côté Ludovic cumule les faussetés et les problèmes rythmiques, on frôle la
catastrophe. Le tableau sauve un peu l'ensemble mais les profs sont très
généreux et lui offrent 15.

Brice a échappé de peu aux nominations, peut-être sur demande du taulier
avec qui il chante le Pénitencier dont les portes ne sont pas sans rappeler
celles d'un château fameux. Il a un look Austin Powers avec sa grande veste
bleu électrique et il tremble beaucoup mais on le sent déterminé. Le regard
est planté, la voix très assurée et la rock and roll attitude. Ca passe très
bien avec une vraie émotion, il est même méconnaissable, décidément Brice
c'est Dr Jeckyll et Mr Hyde ! Très bon devant le public sur scène et mauvais
devant les profs au château. Ca va lui jouer des tours ! Parce
qu'étrangement à la Starac, on a beau organiser des primes et des tournées,
on est prêt à éliminer un candidat régulier sur scène s'il n'est pas top en
privé. Cherchez l'erreur. C'est avec ce genre d'incohérence que la SA se
décrédibilise face à la Nouvelle Star de M6. Je ne suis pas sûr que la
majeure partie du public, qui ne suit pas tous les évènements des
quotidiennes, comprenne que l'élève qui vient de produire une aussi bonne
prestation se retrouve nominé, ou pire éliminé, dans les semaines qui
viennent. Alors au choix, soit les évaluations pour choisir les nominés sont
mal foutues, soit les profs sont incompétents. Pour l'instant, ils
apprécient avec une note de 15,8 qui aurait supporté 1 point de plus
comparé aux autres.

La demie gagnante de la SA3 revient pour chanter avec David le Bonnie and
Clyde de Gainsbourg. Si le message est Elodie est la nouvelle Bardot,
j'adhère. David est impliqué, juste et très concentré, il rattrapera même
une parole de l'éternelle oublieuse, en d'autres temps cela lui aurait valu
les félicitations du jury. A noter qu'au début du tableau, les
danseurs-gangsters enlèvent la directrice et l'obligent à rejoindre le banc
des nominés. Ce qui finalement est très cohérent comme idée venant de Kamel
quand on voit le niveau en danse d'Alexia. David s'en tire avec un bien
modeste 15 à comparer avec la note de Ludovic

Faustine se défend avec Viens je t'emmène, oui mais pour rentrer chez elle
alors, parce que là il est temps. Jamais elle n'aura été aussi fausse et
déconnectée de sa chanson. Dommage, il y avait du potentiel mais pas de
maturité.

Après un ixième magnéto de 6 minutes qui casse bien le rythme du prime, on
retrouve Jean-Charles, tout en noir, qui chante on ne sait trop à qui Ne me
quitte pas. Ce n'est donc pas A bicyclette malgré un tableau assez chouette
avec des chambres à air partout, en siège, en parc, en robe, on pourrait
dire que c'est gonflé mais ce serait un pneu facile. Le jeune homme ne
manque pas d'air et envoie correctement la chanson, ce n'est pas Brel certes
mais qui l'est ? Seul souci, il ne tient absolument pas compte de la
danseuse qui fait la roue autour de lui, mais la jeune Tatiana ne se
dégonfle pas (même si elle finira à plat au sol) et insiste, elle arrivera à
obtenir un regard d'une demie seconde, ouf ! Sans cette rustine d'attention
elle aurait pu crever. Bref l'élève semble avoir appris de sa nomination,
les coups de pompe au derrière ça sert. Il obtient 15,5.

J'ouvre une parenthèse. Il y a 15 jours, j'évoquais dans une boutade (mal
comprise) Barry White, la semaine suivante les élèves chantent du Barry
White au prime ! Pour tester, je propose alors que la semaine suivante ils
chantent du Brel et, bingo, JC chante Brel Lelouch parlerait de
coïncidences, d'autres deviendraient parano. Quoi LE lecteur assidu qui
réclamait mon résumé au détour d'un forum serait donc d'Endemol ? Mais
alors, en le rédigeant, je me plierai moi aussi à leur volonté, manipulé
comme les autres D'un autre côté c'est séduisant de faire des
propositions, mais là est le piège, si je commence à demander des choses
trop originales ou décalées ça ne marchera plus. Mais si c'était le cas, ne
rien demander serait idiot, alors voyons Bon, par exemple je pensais
qu'avec la diffusion de Podium on aurait droit à du Claude François, mais
non, pourtant ça fonctionne toujours sur la cible de l'émission. Ou alors,
pour le prochain tableau d'un élève un Brassens, mais pas un hyper rabâché
genre les Copains ou l'Auvergnat, non un moins connu, plus mélancolique,
genre Dans l'eau de la claire fontaine ou La prière A suivre donc.

Pour l'instant ce sont les PussyCat Dolls qui suivent. Ca fait 3 semaines
qu'elles attendaient dans la boite, ça commençait à sentir. Ludovic les
accompagnait à l'époque, il s'en tire bien et s'intègre très bien au groupe
qui lui a laissé une grande place. C'est son style et là-dedans il est à
l'aise mais sorti de ça A noter que Judith avait aussi enregistré avec ce
groupe mais ne sera pas diffusée. Ca sent la sortie pour elle.

Après un autre magnéto longuet, Gaël poursuit avec Faudel sur Mon pays. Le
début est un peu laborieux et mollasson puis l'élève prend confiance et
s'illumine enfin, ça devient rythmé, presque énergique. Il a beau dépassé
Faudel de 2 têtes, il ne lui arrive pas encore à la cheville côté entrain
mais ça vient doucement. Ce garçon va finalement peut-être se révéler après
avoir touché le fond. Il obtient lui aussi 15,5.

Marina joue au Boomerang avec Daho. En entrant sur scène, elle prend un coup
de ventilo sous sa jupe qui se soulève dangereusement mais elle a des
réflexes, ce n'est pas le genre de fille à nous la jouer Marilyn, le sexy
c'est pas son truc. Ca ne l'empêche pas de se fendre d'un duo très complice
avec le chanteur tout sourire. C'est agréable, c'est sucré, c'est un peu de
douceur dans un monde de brutes. Un très agréable moment pour lequel elle
reçoit 15,3.

Nicolas est le dernier nominé à se défendre sur Gabrielle devant Jojo. Il
n'aimait pas la chanson au château, elle ne lui allait pas, rien n'a changé.
Problème de justesse, de rythme, d'interprétation, bref un ratage.

Elodie revient pour chanter enfin une chanson à elle : la Ceinture avec Elfy
qui s'en sort fort bien. Tout est juste et assurément chanté. On pourrait
croire qu'Elfy maitrise même mieux à cause de son assurance mais justement
c'est son seul petit défaut : cette chanson est une fêlure qui demande
d'être sur le fil, sensibilité à fleur de peau, cette fragilité qu'exprime
si bien Elodie et qu'Elfy a encore du mal à approcher emmêlée dans sa
carapace toujours présente, écaillée un peu mais présente. Finalement ce
soir c'est un peu l'école des fans elle obtient 15,5 comme à peu près tous
les autres. Vivement que Pascal Negre reviennent avec ses notes
disproportionnées et décalées des autres profs qui nous donnaient des
moyennes moins resserrées.

Imprévu, Hallyday aurait demandé à la dernière minute (c'est à dire vers
18h) à chanter avec David. C'est le choix de Johnny. Sacré soutien pour
l'élève ! Qu'est-ce qui l'a motivé ? On ne sait pas. Peut-être la vague
ressemblance entre l'élève et Michel Berger, ou bien le fait qu'il porte le
même prénom que son fils ? (dommage pas de Jade chez les filles) Ou
encore une demande de son pote Fugain pour donner un coup de pouce à
l'ancien candidat d'Attention mesdames et messieurs ? Ou simplement un vrai
coup de coeur ? Bref, c'est quelque chose de Tenessee qu'ils nous chantent.
David a une petite voix à côté du The Voice français (pour archive : belge
(au cas où)) mais il s'en sort, pour une chanson répétée et apprise à la
dernière minute c'est très correct.

Le résultat arrive et sans surprise le corse Nicolas est le choix du public
avec 60,6%, Faustine, qui disait vouloir partir, obtient quand même 20,9% et
Bastien récupère les 18,5% restants. Nikos arrêtera le carnage des élèves,
qui portaient tous leur voix sur Bastien, dès la majorité atteinte et
Faustine repartira sans un seul ami, ce qui n'eut pas l'air de la choquer
outre mesure.

Voilà pour ce prime moyen et tardif. Dans l'ensemble, il y a un mieux et les
prestations s'égalisent, sûrement pas au point de mettre la même note à tous
mais tout de même. La venue de Johnny n'a pas autant boosté le rythme que
d'habitude, et certains élèves ont déjà l'air blasé. Pourtant il reste 2
mois et demi, ça va être long ! Même en résumé.

SL
vieux motard que j'aimais
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Trier par : date / pertinence
.-*°*¤o Véro o¤*°*-.
Le #10364061
Pierre Maurette wrote:
Déçus, nous rompûmes.



N'empêche, ça t'a bien arrangé, avec ton lapin...
--
.-*°*¤o Véro o¤*°*-.
"Le chocolat est un ingrédient
essentiel à mon processus cognitif"
John Deuf
Le #10364051
.-*°*¤o Véro o¤*°*-. :

Pierre Maurette wrote:
Déçus, nous rompûmes.



N'empêche, ça t'a bien arrangé, avec ton lapin...



Pas un lapin, un antillais.

--
John Deuf
Stéphane
Le #10364041
Le Tue, 10 Oct 2006 12:52:52 +0200, "Arol"
Bref, la question de l'audience est un faux débat, c'est juste une question
de satisfaction d'ego.



Certes, j'avoue être parfois un peu cabot.

SL
John Deuf
Le #10364031
sylv1 :

Un résumé d'une merde, c'est jamais très apétissant.



Tu as raison, j'ai lu ton autobiographie.

--
John Deuf
Pierre Maurette
Le #10364021
John Deuf, le 10/10/2006 a écrit :
.-*°*¤o Véro o¤*°*-. :

Pierre Maurette wrote:
Déçus, nous rompûmes.



N'empêche, ça t'a bien arrangé, avec ton lapin...



Pas un lapin, un antillais.



Non, un lapin antillais, pas un hongre à grandes oreilles.

--
Pierre Maurette
Stéphane
Le #10364011
Le 10 Oct 2006 11:36:53 GMT, John Deuf
sylv1 :

Un résumé d'une merde, c'est jamais très apétissant.



Tu as raison, j'ai lu ton autobiographie.



Roh ! Mon clavier est plein de café maintenant ! C'est malin !

SL
.-*°*¤o Véro o¤*°*-.
Le #10364001
John Deuf wrote:
Pas un lapin, un antillais.



Râble, Dijon...
--
.-*°*¤o Véro o¤*°*-.
"Le chocolat est un ingrédient
essentiel à mon processus cognitif"
Eataine
Le #10363711
"Stéphane"
Il y a des semaines comme ça où l'on n'arrive pas à écrire un résumé.




Merci quand meme de l'avoir fait...


Fred
Têtu 29
Le #10363341
Ben, on a eu Cloclo... Donc, c'est bien un gars de deudemol qui réclame
ta critique du "praïme", Stéphane. Y'a un poste à prendre. Et si ce
n'est pas le cas, passe ton chemin, c'est pas assez cher payé ici pour
leur donner de bonnes idées, là-bas... Ouh, ouh, ouh, ouh, ouh, ouh...
N'y vas pas... Tiens, ça me rappelle une chanson, ça, non ? ;o)

FR

Stéphane a écrit :
Bon, par exemple je pensais
qu'avec la diffusion de Podium on aurait droit à du Claude François, mais
non, pourtant ça fonctionne toujours sur la cible de l'émission. Ou alors,
pour le prochain tableau d'un élève un Brassens, mais pas un hyper rabâché
genre les Copains ou l'Auvergnat, non un moins connu, plus mélancolique,
genre Dans l'eau de la claire fontaine ou La prière... A suivre donc.
SL
vieux motard que j'aimais


Pierre Maurette
Le #10363331
Stéphane, le 10/10/2006 a écrit :
[...]
Ou alors,
pour le prochain tableau d'un élève un Brassens, mais pas un hyper rabâché
genre les Copains ou l'Auvergnat, non un moins connu, plus mélancolique,
genre Dans l'eau de la claire fontaine ou La prière... A suivre donc.



"Le gorille", pour faire fantasmer le jury, qui n'est après tout qu'un
groupe de juges ? Ou alors :


Les radis

Chacun sait qu'autrefois les femm's convaincues d'adultère
Se voyaient enfoncer dans un endroit qu'il me faut taire
Par modestie...
Un énorme radis.

Or quand j'étais tout gosse, un jour de foire en mon village
J'eus la douleur de voir punir d'une épouse volage
La perfidie,
Au moyen du radis.

La malheureuse fut trainée sur la place publique
Par le cruel cornard armé du radis symbolique
Ah ! Sapristi,
Mes aïeux quel radis!

Vers la pauvre martyre on vit courir les bonn's épouses
Qui, soit dit entre nous, de sa débauche étaient jalouses.
Je n'ai pas dit:
Jalouses du radis.

Si j'étais dans les rangs de cette avide et basse troupe,
C'est qu'à cette époqu'-là j'n'avais encor' pas vu de croupe
Ni de radis,
Ca m'était interdit.

Le cornard attendit que le forum fût noir de monde
Pour se mettre en devoir d'accomplir l'empal'ment immonde,
Lors il brandit
Le colossal radis

La pampe du légume était seule à présent visible,
La plante était allée jusqu'aux limites du possible,
Ou attendit
Les effets du radis.

Or, à l'étounement du cornard et des gross's pécores
L'empalée enchantée criait: "Encore, encore, encore,
Hardi hardi,
Pousse le radis, dis !"

Ell' dit à pleine voix: "J'naurais pas cru qu'un tel supplice
Pût en si peu de temps me procurer un tel délice!
Mais les radis
Mènent en paradis !"

ll' n'avait pas fini de faire le panégyrique
Du légume en question que toutes les pécor's lubriques
Avaient bondi
Vers les champs de radis

l:½il fou, l'écume aux dents, ces furies se jetèr'nt en meute
Dans les champs de radis qui devinrent des champs d'émeute.
y en aura-t-y
Pour toutes, des radis?

Ell's firent un désastre et laissèrent loin derrière elles
Les ravages causés par les nuées de sauterelles.
Dans le pays,
Plus l'ombre d'un radis.

Beaucoup de maraîchers constatèrent qu'en certain nombre
Il leur manquait aussi des betterav's et des concombres
Raflés pardi
Comme de vils radis

Tout le temps que dura cette manie contre nature,
Les innocents radis en vir'nt de vert's et de pas mûres,
Pauvres radis,
Héros de tragédie.

La mode du radis réduisant le nombre de mères
Qui donnaient au village une postérité, le maire,
Dans un édit
Prohiba le radis.

Un crieur annonça: "Toute femme prise à se mettre
Dans l'endroit réservé au clystère et au thermomètre
Même posti-
Che un semblant de radis

Sera livrée aux mains d'une maîtresse couturière
Qui, sans aucun délai, lui faufilera le derrière
Pour interdi-
Re l'accès aux radis."

Cette loi draconienne eut raison de l'usage louche
D'absorber le radis par d'autres voies que par la bouche,
Et le radis,
Le légume maudit,

Ne fut plus désormais l'instrument de basses man½uvres
Et n'entra plus que dans la composition des hors-d'½uvre
Qui, à midi,
Aiguisent l'appétit.

Georges Brassens

--
Pierre Maurette
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