Serious Games : un autre genre du jeu vidéo ?

Le par Nathalie M.  |  0 commentaire(s)
Serious Games

Les Serious Games ne datent pas d'hier et pourtant ce n'est que depuis quelques mois qu'ils sont montrés au grand public. Ces "jeux sérieux", ou plutôt ces applications utilisées dans le but de former ou d'évaluer des compétences sont en plein développement. Tous ces serious games ont trouvé leur inspiration dans les jeux vidéo.

L'origine du Serious Game

Les Serious Game existent depuis quelques années mais ne commencent que maintenant à faire parler d'eux auprès du grand public. Les médias nous les montrent dans les grandes entreprises, où les salariés sont amenés à tester leurs capacités et aptitudes sur quelques applications. On s'y amuse, mais dans un cadre très sérieux puisque beaucoup de ces serious game deviennent des points de références. L'entretien individuel prend une autre tournure, les évolutions de carrière sont ainsi testées, n'en déplaise à l'employé, qui, peu habitué à ces méthodes, doit se faire juger par ce qui ressemble de loin à un jeu vidéo. Le serious Game n'est pas né tout seul, tout comme Athena aurait pu naître de la tête de Zeus. Avant le concept de Serious Game, le jeu vidéo était déjà bien ancré dans les loisirs de beaucoup. Le Serious Game n'a rien inventé, et sans s'en cacher, s'est même largement inspiré des oeuvres de l'industrie du jeu. Celui que l'on évoque le premier comme le fléau de la violence chez les jeunes a ses bons côtés. Que l'on n'hésite pas à exploiter et à utiliser dans un tout autre contexte. Comme quoi, le jeu vidéo, ce n'est pas si mal que cela.

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Mais qu'est-ce finalement qu'un Serious Game ? D'où vient-il ? Mot à mot et bêtement traduit dans la langue de Molière, un serious game est un jeu sérieux. Un jeu est par définition un univers où l'on s'amuse, où l'on se divertit. Le côté sérieux lui est accolé, mais sans pour autant qu'il nous éclaire. Demandez à un enfant de jouer à un jeu sérieux, lui comprendra un "jeu qui ne fait pas de bruit". Un jeu sérieux serait-il un jeu qui rend intelligent ? Les jeux vidéo sur lesquels nous passons notre temps seraient-ils donc tous à considérer comme abêtissant ? Il y aurait donc les jeux sérieux pour l'élite et les jeux vidéo pour les idiots ? Ce serait aller trop vite en conclusion et nous éloigner du sujet. Notre expérience face au jeu vidéo ne peut pas tenir la seconde hypothèse comme valable. Sinon, nous serions tous bons à jeter et à remplacer par des cerveaux plus neufs. Et puis cela reviendrait à séparer nos deux objets, à savoir le Serious Game et le jeu vidéo en deux univers distincts. Alors qu'il n'en est rien, puisque les deux ont pour point commun le "game", c'est-à-dire, le divertissement.

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America's ArmyOn s'amuse donc dans un Serious Game puisqu'il s'agit avant tout de rester dans le domaine du jeu, du ludique, du plaisir. Et puis, nous vous l'avons déjà dit, le jeu vidéo était là bien avant le Serious Game. Le second aurait pu donc trouver sa source dans le premier. S'inspirer du divertissement qu'il procure, de quelques mécanismes de gameplay, mais de le détourner afin de lui accoler ce côté sérieux et de l'affubler de ce nom ô combien vendeur, le Serious Game.

Le Serious Game ne cache pas ses origines, ce serait bien trop grossier. Voir des employés user d'une application pour savoir comment se comporter en entretien ou en réunion, ceci n'est pas sans nous rappeler un certain jeu de gestion, une simulation de vie qui n'a de secrets pour personne. On sait également que les militaires américains se sont formés sur un jeu vidéo, America's Army, où les joueurs les plus habiles dans ce FPS se sont vus proposer une place sous le drapeau étoilé. Les militaires français, eux aussi, se seraient également entraînés sur une version modifiée, les fameux mods dont les joueurs sont friands, de Ghost Recon Advanced Warfighter. Le serious game trouve son origine dans le jeu vidéo, mais il sait s'en défaire pour gagner en vertu pédagogique.



L'utilisation des Serious Game

Le Serious Game tire donc à profit certain genre du jeu vidéo : la simulation et les jeux de gestion sont sans doute les plus simples références, les mécanismes sont identiques pour tous et facilement transposable dans le domaine où le nouveau serious game tient à entrer en action : marketing, relations humaines, management, formation, etc... Mais on l'a vu aussi, le FPS, style très apprécié des joueurs, peut lui aussi être facilement détourné pour être utilisé à des fins plus "sérieuses", plus "utiles" que joués dans un salon le casque sur les oreilles. Les jeux d'aventure, les point'n click et les nombreuses énigmes stimulent les aptitudes du cerveau, le jeux de course de voiture peuvent se transformer en des titres sur la circulation routière. Qui aujourd'hui n'est pas passé dans un simulateur de conduite avant de prendre le volant d'une voiture dans le cadre du permis ? Le cheminement n'est ici pas très explicite, mais revient à dire, pour l'essentiel, que nos jeux vidéo sur lesquels nous nous divertissons à des fins très simplistes finalement, sont les bases sur lesquelles se reposent les développeurs pour qu'ils créent, à leur tour, des scénarios pédagogiques.

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C'est ici toute la différence qui existe entre un jeu vidéo et un Serious Game. Le Serious Game fait dans le divertissement tout en gardant un aspect très formel. Le scénario n'est plus ici futile, "il faut sauver le monde de l'attaque alien". Le Serious Game, et selon le contexte où il est employé, use d'objectifs plus concrets, prend pied dans la réalité et a des buts précis : informer, instruire, entraîner et exercer. L'apprentissage par le divertissement n'est pas une nouveauté en soi, il est juste plus présent dans des milieux où on ne l'attendait pas. Les loisirs numériques étant courant parmi la population d'aujourd'hui, les évaluations, les formations ont du s'adapter et sortir des carcans un peu vieillots. Apprendre en s'amusant n'est donc plus réservé aux plus jeunes, le monde de l'entreprise s'ouvre à cette nouvelle donne. Les plus grandes institutions seraient sans doute même les précurseurs. La Nasa, avait par exemple, avant la fin du programme Constellation annoncé par Obama, créé un serious game pour ses astronautes et autres acteurs du programme. Une simulation, surtout dans le domaine de l'espace, est plus facile à gérer par le biais de l'informatique qu'en grandeur nature...

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Les Serious Game ne sont pas pour autant l'apanage des entreprises. Ils se retrouvent encore dans les jeux vidéo eux-mêmes, ceux vendus comme tel mais considérés surtout comme des applications. On pense en premier au célèbre Dr Kawashima. Le neurologue a mis en application des exercices dédiés à la stimulation du cerveau, les développeurs ont apporté la touche de divertissement propre à notre univers. Wii Fit, lui, a pris soin de nos corps, en intégrant des exercices physiques, nos Miis, des conseils diététiques et une balance personnifiée. Ces titres là jouent sur notre capital santé. D'autres indirectement, travaillent nos réflexes, nos déductions... Les jeux vidéo ne sont pas des univers fermés fonctionnant en huit-clos. Les mécanismes qui les animent sont au contraire très ouverts et peuvent être à l'origine d'autres applications. Il existe comme un échange de savoir-faire. Sans chauvinisme aucun, on pourrait même être fier que notre secteur, tant décrié parfois, soit aussi à l'origine de produits dont la vocation peut-être considérée comme plus "sage".



Conclusion

Serious GamesLe Serious Game prend définitivement racine dans les mécanismes des jeux vidéo. Il s'en inspire largement, pour mieux s'en détourner et prendre un statut plus sérieux, de l'ordre du pédagogique. Aujourd'hui moins discret, le Serious Game s'émancipe et prend son envol. Les acteurs du développement de telles applications se multiplient, les utilisations deviennent de plus en plus diverses et variées, touchant aussi bien les entreprises que les écoles ou encore l'armée ou les grandes institutions.

Le Serious Game dispose de son actualité propre, de son salon en France. Mais quoi de plus surprenant à cela puisque nous passons notre temps à jouer, que ce soit sur consoles, sur mobiles, dans les réseaux sociaux... Le divertissement est toujours de la partie pourquoi le bouder ? Le Serious Game est-il donc un genre du jeu vidéo, de la même manière que le sont les FPS, RTS, TPS, jeu de gestion, de sport et bien d'autres encore ? Il est possible qu'il l'ait été, qu'il le soit toujours, mais il se peut également que son évolution le place dans un univers qui lui est propre... Ou alors, a contrario, que les jeux vidéo cherchent à leur tour à s'approcher un peu plus de la pédagogie. Dans les deux cas, la relation passée, présente et future, resteront proches.

 

 

Sources :

 




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