Test Alan Wake

Le par Nathalie M.  |  0 commentaire(s)
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Voici sans doute l'un des jeux qui se sera fait le plus longtemps attendre dans cette dernière décennie. Annoncé, reporté, retravaillé, puis de nouveau remis sur le devant de la scène, Alan Wake est enfin disponible sur Xbox 360. Présenté comme un thriller psychologique, le titre de Remedy a donc beaucoup à prouver pour justifier de ces cinq années d'attente. L'ambiance est-elle réellement au rendez-vous comme on nous l'a promis ?

Comme un air de Stephen King

Alan Wake ne fait plus partie de la famille de ces Gran Turismo 5, Duke Nukem Forever, Alive et bien d'autres encore dont on parle souvent mais dont on n'en voit pas encore la couleur au fil des années. Après un parcours plutôt chaotique, le titre de Remedy nous parvient après cinq années de reports et de transformations. C'est dire si le titre était attendu par les joueurs, qui se montrent du coup plus exigeants envers un tel jeu qui aura tant fait parler de lui. Alan Wake se présente à nous, presque en chair et en os, et, à force d'avoir tant entendu à son sujet, on s'imagine réaliser nos premiers pas sur un terrain connu. On sait d'avance que notre lampe torche est notre meilleure alliée et que la femme de Wake a disparu, ce qui le poussera à la chercher et à se heurter à des situations difficiles. Mais ce que toutes les présentations presses et autres détails envoyés par l'éditeur ne nous ont jamais montré, c'est avant tout son incroyable ambiance. Cette dernière s'est laissée distinguer, on savait que le titre allait beaucoup miser sur ce point, mais on ne pouvait en prendre réellement conscience qu'en se plongeant dans l'aventure. Et dès les premières minutes, le titre vous happe. Pas le temps de découvrir les lieux, de faire connaissance avec cet Alan Wake, on plonge dans un cauchemar et il ne nous reste plus qu'à nous en sortir.

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Alan Wake est présenté comme un "thriller psychologique". Vous n'êtes donc pas ici dans un survival horror, même si l'obscurité et les attaques étranges d'ombres pourraient vous faire penser le contraire. Il ne fait pas bon d'évoluer de nuit dans la contrée de Bright Falls, il se peut que la tension au cours de vos parties soient palpables. Mais vous ne resentirez pas la crainte comme vous pouviez l'avoir dans un Silent Hill par exemple. Alan Wake ne véhicule pas la peur, mais l'incompréhension, le doute, l'incertitude. Le personnage Alan Wake ne comprend pas ce qu'il lui arrive, vous non plus. Complètement perdu et aux prises avec les évènements, vous devrez vous laisser emporter pour comprendre ce qu'il se passe dans cet univers particulier mais ô combien banal finalement...



Un début déconcertant

L'entrée dans la partie se montre plutôt abrupte. Réalité ou cauchemar, Alan Wake est directement plongé dans l'obscurité, aux prises avec un ennemi complètement inconnu. Votre seul objectif, rejoindre coûte que coûte le halo de lumière pour pouvoir reprendre le contrôle de la situation. Alan court dans la forêt, cherche son chemin, voit se reconstruire devant lui des escaliers en ruine mais prend tout de même le temps de nous narrer les évènements. Un drôle de début donc, qui a non seulement le mérite de nous plonger directement dans le jeu, mais aussi de nous apprendre sa prise en main. Rapide, celle-ci ne vous demandera que de gérer une lampe torche et une arme à feu, point sur lequel nous reviendrons plus tard. Nous ressortons donc de ce prologue quelque peu défait : "où sommes-nous ?" Heureusement, le générique de début du jeu, le vrai cette fois, prendra sa place et nous permettra non seulement de souffler, mais aussi de prendre l'histoire par le début. Du moins, on l'espère.

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Ainsi, vous ferez la connaissance d'Alice, la femme de Alan Wake. Ce dernier, écrivain connu et reconnu, semble avoir perdu l'inspiration et peine à se replonger dans un nouveau roman. Pour donner à sa plume un léger coup de pouce, Alice leur a programmé un petit séjour en amoureux dans la contrée de Bright Falls, jolie bourgade des grands espaces ouest-américains. Les paysages, mélange de lacs, de forêts et de montagnes semblent être un cadre tout trouvé pour la quête du repos. Quant à la petite ville en elle-même, on y retrouve à peu près tout ce que l'on peut imaginer dans une ville du genre : une gentille bourgade où tout le monde se connaît et où l'harmonie semble avoir été trouvé. Rien ne laisse à croire qu'il se passe des évènements étranges dans les alentours.

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Très vite, on apprend qu'Alice a une phobie de l'obscurité et la lumière jouera un rôle essentiel dans l'aventure. Et très vite aussi, la jeune femme connaît quelques ennuis dont Alan sera bien incapable de comprendre l'origine, de se souvenir de cette soirée où tout a basculé. La jeune femme disparaît on ne sait comment et le cerveau d'Alan semble être bien trop perturbé pour s'en souvenir. L'écrivain partira donc en quête de quelques souvenirs mais surtout d'indices pour retrouver sa femme disparue. Seulement voilà, encore faut-il se souvenir du point de départ quand celui-là même a disparu... La situation est étrange, inconfortable et les zones d'ombre beaucoup trop nombreuses pour espérer comprendre ce qu'il en est dès le début de la partie...



Un peu de redondance

L'aventure de Alan Wake se découpe en plusieurs épisodes, avec génériques de début et de fin à la clé, puis avec l'intervention du fameux "Previously..." Ces épisodes ont le don de vous perdre un peu plus ou un peu moins dans le scénario, puisqu'ils font parfois appel à des flash-back, puis à des retours dans le présent. Ce qui ne sera pas sans nous rendre la compréhension de l'aventure un peu plus ardue. On sait qu'il faut retrouver la trace d'Alice et s'est sur ce seul point que l'on se raccrochera, du moins au début. On comprend plus ou moins qu'Alan semble avoir déjà vécu les évènements qui lui arrivent, non pas dans la réalité mais sur papier. L'homme aurait-il écrit un livre dont il est devenu, on ne sait comment, le principal héros ? L'homme est-il en plein cauchemar ? S'est-il douloureusement tapé la tête ? Les questions nous submergent, le jeu sachant pertinemment nous rendre perplexe. Il faudra donc se laisser malmener pour espérer avoir des réponses à nos questions et tenter de cerner les évènements.

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Rêve ou réalité, on ne sait pas trop où sont placées les frontières. Toujours est-il que ce qui nous attaque en pleine forêt a bel et bien envie d'en découdre avec nous et que le Game Over se montre bien présent. Cet ennemi, c'est avant tout cette ombre étrange qui envoûte les êtres humains et les transforme en meurtriers. Les humains alors rencontrés, habités de cet halo d'ombre, n'ont qu'une idée en tête : vous tuez. Vous ne savez ni comment ni pourquoi fonctionne cette ombre, mais elle se révèle efficace. Vous aurez donc d'abord à coeur de vous défendre puis de comprendre ce qu'il en est.

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C'est ici que nous entrons dans l'action du jeu, ces moments de combats où avec quelques munitions et des piles vous viendrez à bout de ces adversaires. Le gameplay d'Alan Wake est assez simple à assimiler : il suffit de braquer votre lampe torche sur l'ennemi avec toute l'énergie possible afin de faire disparaître l'ombre qui l'entoure. Ensuite, il vous faudra l'achever avec votre arme à feu. Les développeurs ont tout de même penser à varier les plaisirs en intégrant dans votre arsenal quelques grenades lumineuses et autres fumigènes qui viendront à bout des ennemis possédés de plus en plus récalcitrants et eux aussi mieux équipés pour vous affronter.

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C'est simple à mettre à exécution, mais pas non plus d'une simplicité enfantine, surtout quand vos ennemis ont envie de vous attaquer en groupe. La redondance de ces affrontements, de ces situations, pourront en gêner quelques uns. Alan Wake ne brille pas sur ce point par sa diversité. Vous vous retrouvez souvent en pleine forêt où l'on vous demandera d'atteindre un objectif, le chemin vous y menant étant ponctué de points stratégiques (sauvegarde, munitions et piles) et de phases d'attaques de l'ombre. Redondant certes, mais on appréciera bien souvent la mise en scène orchestrée autour de cette ombre, ce moment où le titre nous prévient que l'attaque est imminente et les lieux peu sûrs. Tourbillons, souffle dans les branches, pluie d'objets invraisemblables, l'ombre est omniprésente et s'amuse à se jouer de vous. Seul refuge pour vous, les lampadaires en état de marche qui pourront vous faire récupérer un peu de vie et reprendre vos esprits. Mais attention, les ampoules sont fragiles et les ennemis ont un jeu intéressant qui consiste à les viser avec leur hache pour vous déloger de ces endroits confortables.



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Conclusion

Alan WakeAlan Wake fait partie de ces jeux qui privilégient avant tout une ambiance et un univers plutôt que des effets techniques époustouflants. Sur un plan technique en effet, Alan Wake et un jeu d'action assez linéaire et scripté, dont le gameplay se montre finalement très simpliste. Mais ces deux aspects n'en sont pas pour autant des défauts, au contraire. L'aspect linaire est fondu dans des larges environnements où découle un vrai sentiment de liberté. Quant au gameplay dit "simpliste", il nous permet de nous consacrer plus totalement aux évènements, aux monologues de Alan Wake, aux rencontres étranges, aux situations dignes de la série "La quatrième dimension".

Alan Wake a donc bel et bien tout misé sur son ambiance, sur son aura, sa mise en scène... Le jeu vous dicte ses règles et fait de vous son subalterne. Si vous êtes acteur, vous aurez également la sensation finale de n'être que spectateur de ces faits qui vous emportent. Alan Wake se vit autant qu'il se joue. On ne fait pas ici dans l'action pure, mais dans l'observation et "l'effacement". Un très bon jeu à apprécier en solitaire, dans l'obscurité la plus complète.



+ Les plus
  • Une vraie prise de risque dans la mise en scène
  • Un très bon doublage en VF
  • Un scénario recherché
  • L'ambiance
  • Effets de lumière
- Les moins
  • Quelques redondance au niveau du gameplay
  • Animations des personnages
  • Des défauts masqués, mais tout de même présent (linéaire...)

Notes

  • Graphisme L'effet est saisissant tant les graphismes se rapprochent de la réalité. Remedy nous offre de somptueux paysages et Bright Falls tient parfaitement son rôle de petite bourgade où l'on vient camper un week-end. Les personnages sont eux aussi très bien retranscrits, il ne leur manque qu'un soupçon d'animation supplémentaire pour prendre réellement vie. Alan Wake fait partie de ces titres que l'on s'attarde à admirer.
    7/10
  • Bande son Une fois n'est pas coutume la version française et le doublage dans la langue de Molière se montre parfaitement à la hauteur des attentes. Les dialogues ont été soignés pour permettre à l'histoire de prendre sa pleine mesure. Côté bande son, elle s'inscrit elle aussi en parfaite harmonie avec le contexte rencontré.
    8/10
  • Jouabilité La prise en main de cet Alan Wake est un jeu d'enfant, le gameplay s'articulant pour l'essentiel autour de la lampe torche et de votre arme à feu. Le titre ne joue pas la carte de la diversité question prise en main, permettant ainsi aux joueurs de s'immerger complètement dans l'aventure sans avoir à penser à quelques soucis techniques que ce soit. Certains pourront en revanche trouver le gameplay simpliste et répétitif.
    8/10
  • Durée de vie Découpé en épisodes, Alan Wake est loin de disposer d'un contenu illimité. Cependant, il se montre honnête pour un jeu du genre et, en fonction du niveau de difficulté choisi en début de partie, vous permettra d'y passer entre dix et vingt heures en prenant son temps.
    7/10
  • Scénario D'abord décousu, le début de partie nous plonge dans une grande perplexité : qu'est-ce qu'il se passe ? Où va-t-on ? Le flou existentiel dans lequel se trouve Alan est contagieux et c'est avec lui que vous suivrez ce scénario très bien mené, parfaitement construit, dévoilant au fur et à mesure ses ficelles. Alan Wake a joué la carte de l'histoire et de l'ambiance et sur ces deux points, le titre s'en sort parfaitement bien.
    7/10
  • Note générale Alan Wake joue pour l'essentiel la carte du thriller et de la psychologie et il réussit le pari de nous transmettre une ambiance si particulière, si dense, qu'il nous fait oublier ses quelques défauts. On apprécie le titre de Remedy pour l'aventure qu'il nous fait vivre, pour cet univers dans lequel il nous plonge. Le gameplay se montre certes répétitif, finalement cela n'a pas réellement d'importance tant on préfère avancer dans le jeu pour savoir ce qu'il se cache plus loin. Tant pis pour les détails.
    8/10
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