Test Civilization Revolution

Le par Alain L.  |  0 commentaire(s)
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Connue en premier lieu sur les PC, la série Civilization s’est lentement et progressivement tournée vers les consoles la faute à des exigences matérielles précises. Pas foncièrement exigeant, le jeu se concentrait avant tout sur la gestion faisant ainsi apparaître bon nombre des menus interactifs que le combo clavier/souris pouvait gérer avec simplicité. Sur consoles il en est autrement, voyons comment s’y est pris 2K Games…

Une digne suite ?

A l’instar des RTS consoles, le jeu se voudra un tantinet différent de ses prédécesseurs et s’acquittera d’une certaine complexité. Cela n’empêchera pas Civilization : Revolution de prolonger avec dignité ce concept vidéoludique très particulier et prenant à la fois. Dans le fond, l’ensemble n’a pas changé d’un iota puisqu’il s’agira toujours de mener notre peuple au sommet de la gloire.

Le jeu compte pas moins de seize différents peuples aux attributs spécifiques. Ces particularités touchent bon nombre de points culturels  affectant notre efficacité économique, notre capacité à déployer des unités uniques et surtout l’architecture de nos bâtiments. En tant que puissant leader politique, il nous faudra surtout composer avec ses voisins toujours prêts à en découdre.

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Avant d’en arriver là, l’exploration restera un moyen sûr d’entretenir notre progression en bâtissant de nouvelles villes et en exploitant les gisements naturels. A chaque tour, le joueur peut ainsi orienter son empire vers des horizons spécifiques ou au contraire chercher  à atteindre une plus grande diversité grâce à un mécanisme de priorités.

On dégage quatre grandes axes de développement que sont l’économie, la culture, l’armée et pour finir la recherche scientifique. Il n’est pas indispensable de conquérir l’ensemble du globe pour gagner, en se spécialisant lourdement et en atteignant des objectifs précis, comme la découverte du système Alpha Centauri, le joueur peut très bien remporter la partie.

Des simplifications qui font la différence

La taille du globe se veut d’ailleurs plus modeste que les précédents opus dans le seul et unique but de dynamiser la partie. La politique de la discrétion n’a plus sa place dans le jeu, tenter de se développer paisiblement dans son coin ne fera qu’attirer nos jaloux adversaires qui ne manqueront pas l’occasion de saccager nos efforts.

Pire encore, l’Intelligence Artificielle a grandement tendance à vouloir se confronter à nos troupes et ce même après avoir conclu des accords politiques. Indubitablement orienté vers les combats, le jeu permet aussi au joueur de trahir ses alliés et d’assiéger rapidement une ville. A ses plus modestes niveaux, l’IA reste ridiculement inactive mais se rattrape allègrement par la suite, notamment en divinité.

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Cette intensité de jeu supérieure ne change aucunement le déroulement des parties toujours basées sur des tours à l’instar des traditionnels jeux de plateau. Durant chaque tour, le joueur a la liberté de gérer sa ville, d’ordonner la recherche d’une technologie ou encore augmenter le taux de natalité de sa population. L’armée aussi placée sous son commandement agira principalement en tant que moyen de dissuasion.

Ces tours ne sont aucunement limités par le temps, bien au contraire le concept privilégie la réflexion à la rapidité d’exécution. Et il va falloir beaucoup de réflexion et d’un tantinet de patience pour parvenir à contrecarrer le plan de nos adversaires. Toute unité possède en effet des caractéristiques particulières qui sont à prendre en considération dès le départ.



Plus d’action, moins de négociation

Elles seront surtout mises à contribution lors des nombreux combats et déterminent très souvent l’issue de ces batailles. Au départ, seules les capacités motrices, offensives et défensives sont prises en compte mais rapidement d’autres critères entrent en jeu.  Car en remportant une bataille, notre armée gagne logiquement en expérience et se voit offert la possibilité d’être améliorée.

Les améliorations technologiques qui transforment une catapulte en un puissant tank affectent aussi ces statistiques au même titre que les merveilles. Au nombre de vingt et un, ces joyaux architecturaux confèrent d’incommensurables bonus logistiques et requirent un temps de construction colossal.

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Tous aussi importants, les bâtiments conventionnels au nombre de vingt-deux serviront de bases logistiques à notre peuple et confèrent d’intéressants bonus. Les lieux culturels forts comme les cathédrales, palace et autres temples pourront même générer des personnages illustres (47 au total) à la grande influence.

Archimède ou encore Marie Curie peuvent à titre d’exemple mettre immédiatement fin à une recherche en cours. Relativement important, le choix du gouvernement pèse énormément sur la balance et se traduit là encore sous la forme de bonus. En revanche, la religion n’est plus présente dans cette équation, une dommageable absence.



Bien adapté

L’arbre technologique reste on ne peut plus traditionnel et balaye une importante période temporelle allant des simples outils en bois aux armes de destruction massive. On regrettera néanmoins le faible nombre des technologies et unités disponibles par rapport à Civilization 4, ce qui limite clairement nos choix stratégiques.

Bien que présents, la diplomatie et le commerce ne sont que de subtiles prétextes pour retarder sournoisement les violents conflits à venir. Nous pouvons très bien les éviter sous peine presque de se soumettre à notre interlocuteur qui exigera progressivement d’immenses concessions, qu’on aura rapidement appris à refuser.

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Ces phases de négociation éclairs donnent lieu à l’apparition d’interlocuteurs réalisés en 3D dans un style résolument simplet et efficace. Tout l’univers de Civilization : Revolution se veut d’ailleurs bien moins sérieux et prône pour un plaisant second degré au point même de faire cohabiter Jules César et Abraham Lincoln.

Ce relâchement conceptuel n’entrave en rien les bonnes performances vidéoludiques du titre qui a été intelligemment pensé pour les consoles next-gen.  Les contrôles de jeu pourront sans difficulté attester de ce coup de force. Réactive, simple et précise l’interface de contrôle étonne par son optimisation et rend le jeu tout simplement agréable.



Mission accomplie

L’inimitable Civilopédia est naturellement de la partie, comme toujours elle nous confère de précieuses informations historiques et stratégiques sur l’ensemble du jeu divisé en deux grandes parties, le mode solo et le mode multi-joueurs. Qu’on se le dise tout de suite, les deux modes sont foncièrement identiques dans leur déroulement.

La présence ou non de joueurs humains, d’un scénario ou encore d’une coalition précise caractérisent cette différenciation.  Le générateur aléatoire de cartes ne bénéficie d’aucune fonction de personnalisation. En conséquence, les cartes sont automatiquement créées et le joueur n’a malheureusement aucune influence sur ce processus de création.

Dans le but de palier à ces manquements, les développeurs nous ont promis un contenu supplémentaire à base de scénario et de défis en ligne, espérons qu’ils tiennent promesse. Loin de repousser les limites des consoles next-gen, Civilization : Revolution adopte une palette artistique agréable à regarder et des animations relativement fluides.

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Même son de cloche au niveau des bruitages et de la bande sonore franchement réussie. Les voix sont elles entièrement parlées dans un langage apparenté au simlish, incompréhensible mais adapté à toutes les cultures. Le moyen ultime pour éviter d’avoir recours à des coûteux frais de doublage et de traduction.

Malgré son lourd héritage culturel, le jeu parvient à trouver le juste milieu. Quelques concessions ont été faites et le jeu a naturellement pâti de cette simplification, mais les bases du concept ont été conservées pour le plus grand bonheur des joueurs et des fans de Civilization. Les consoleux peuvent aussi se réjouir car l’ensemble a su négocier un virage on ne peut plus serré en adoptant des contrôles ergonomiques et une touche visuelle collant parfaitement au concept, une réussite.



+ Les plus
  • Contrôles ultra-simples
  • Animation et graphismes de qualité
  • La profondeur de jeu
  • La durée de vie
- Les moins
  • Quelques saccades
  • Nombre d'unités faible
  • Absence d'un générateur de cartes complet

Notes

  • Graphisme Graphiquement juste et précis, le jeu ne cède pas à l’escalade technologique et se contente à juste titre de décors et d’animations lisibles. Les personnages de bonne facture accompagnent sans accrocs les dialogues et se permettent même d’y introduire un semblant de vie.
    7/10
  • Bande son Répondant présent, 2K Games nous dégotte des bruitages parfaitement adaptés et possédant une certaine prestance. La bande sonore très solide reste de son côté à la hauteur de ses homologues et n’a franchement rien à leur envier.
    8/10
  • Jouabilité La plus grande crainte du jeu s’est littéralement transformée en sa plus grande force. Firaxis a su exploiter avec aisance les manettes consoles et rendre le jeu extrêmement accessible à tous, au détriment il est vrai d’une certaine profondeur.
    8/10
  • Durée de vie En dépit d’un certain appauvrissement logistique, Civilization Revolution n’a aucunement perdu de son charme et nous dévoile un potentiel de rejouabilité des plus grands. L’intelligence artificielle très robuste et la diversité des peuples vous feront passer sans problème des dizaines d’heures devant votre console.
    8/10
  • Note générale Les développeurs se sont attaqués à un complexe défi qu’est le portage vidéoludique dans l’objectif de s’adapter pleinement au support, sans pour autant dénaturer le concept. La mission est largement accomplie pour 2K Games qui a effectuée plus qu’un simple portage, une telle instinctivité saura très largement vous faire oublier ces quelques absences.
    8/10
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