Test Crysis

Le par Alain L.  |  1 commentaire(s)
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Après tant de mois d’attente et de retenue, nous avons enfin pu mettre les mains sur l’un des jeux les plus en vue en cette année 2007, et il faut avouer qu’il s’agirait presque d’un cadeau de Noël avant l’heure. Durant ces deux dernières années, la suite spirituelle de Far Cry a tant fait parler d’elle au travers notamment de ses puissants graphismes et pouvoir finalement y jouer reste un immense plaisir en tant que gamer.

La fin d'une interminable attente

Doté d’une ravageuse jaquette, le jeu nous met immédiatement dans l’ambiance d’un imminent combat rude et âpre à la fois. Ayant pu passer de nombreuses heures sur la récente démo ainsi que la beta multi-joueur, il me fallait avant tout plonger dans cette intéressante trame scénaristique proposée par le mode solo mais rassurez-vous, pour cet épique jeu je vous ai tout naturellement concocté un test je l’espère mémorable et plus que complet.

Sans tomber dans le doux jeu du packaging ni de la promotion, j’insère lentement mais sûrement l’unique DVD Double Couche dans mon lecteur avant de tomber sur des menus ainsi qu’une installation relativement simple et efficace à la fois. Et à ma grande surprise, le jeu ne pèse au final que 6.22Go, un poids peut être léger physiquement parlant qui trouvera néanmoins sa voie au travers d’une vaste optimisation.

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En effet, Crysis n’utilise qu’à de très rares occasions des vidéos préférant exploiter à juste titre son puissant moteur graphique susnommé CryEngine 2.  La première version a équipé le non moins connu Far Cry  et s’est même targué d’apporter un véritable renouveau technologique en marge de ses deux concurrents de l’époque que son Doom 3 et Half-Life 2.

Les comparaisons entre Crysis et Far Cry seront d’ailleurs nombreuses, et au vu des rapports entretenus entre les deux jeux il est plus que naturel d’obtenir d’innombrables similitudes conceptuelles et technologiques. Mais trois ans les séparent tout de même, et en ce sens nous allons tenter en premier lieu d’évaluer Crysis selon l’actuelle et les futures références à venir par simple souci d’équité.

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Après une installation relativement courte je lance enfin le jeu et tombe une nouvelle fois sur une interface contextuelle plus qu’efficace. Contrairement aux nombreux portages PC, Crysis possède de nombreuses options de personnalisation allant tout naturellement des réglages graphiques aux subtilités conceptuelles touchant aussi bien la couleur des menus que la voix interne de la nano-combinaison.

Mais avant de débuter il nous faut tout naturellement choisir la difficulté de jeu qui nous accompagnera du début à la fin. Il existe en tout et pour tout quatre niveaux de difficulté rangés progressivement dans l’ordre que sont : le mode facile, moyen, difficile et delta.  Les différences présentes entre chacun des modes suivent néanmoins un même schéma technique que je vais vous décrire ci-dessous.

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En premier lieu, ce sont les ennemis qui vont se voir sujets à des changements comportementaux touchant le champ visuel et auditif, le temps de réaction, la précision du tir ainsi que la langue parlée variant entre l’anglais/français et la langue Nord-Coréenne a l’intonation bien spécifique. En second lieu le joueur pourra encaisser avec plus ou moins d’aisance les tirs ennemis.

Dans ce même laps de temps, ce dernier sera contraint d’attendre un délai supplémentaire avant que sa chère combinaison ne le guérisse progressivement ou bien le protège en cas de blessure sévère ce qui se traduit généralement par un rougissement rapide de l’écran.  En résumé cela n’affecte point la complexité de l’Intelligence Artificielle plus robuste et précise puisqu’elle se contentera de nous rendre la vie plus difficile sans pour autant optimiser à titre d’exemple son travail de groupe ou l’utilisation efficace de l’environnement.

Une IA perfectible

J’avoue ici chercher le moindre défaut mais dans l’ensemble l’IA reste effectivement correcte et efficace dans ses mouvements. Leur synchronisation nous jouera très souvent des tours, puisque ces derniers sont même capables de nous traquer dans un sombre coin uniquement après avoir effectué une recherche sonore.

Très souvent, ils se précipiteront en groupe voire en division entière. Selon le contexte environnant, ils ne cessent de surprendre et font preuve d’une redoutable efficacité. Leur nombre grandissant progressivement au cours de l’histoire on n'aura qu’à de rares occasions l’opportunité de se reposer, car s'ils ne sont présents tous les 20m, ils savent néanmoins occuper des postes de choix comme des tours de sniper ou encore des positions hautes pour mieux nous tendre des pièges.

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Dans ces cas là, on ne regrette vraiment pas d’être aux commandes de la nano combinaison. Autant le jeu peut s’avérer enfantin à ses débuts, autant la difficulté se verra largement rehaussée en cours de route et il faudra être vraiment prudent lors de nos moindres faits et gestes, la seule erreur de tir peut effectivement nous mener à la mort notamment avec ces puissants et véloces extra-terrestres sous forme gélatineuse ou encore mécanique.

Tout comme Far Cry, le joueur pourra et devra impérativement s’aider des décors pour se fondre dans la masse et se faire discret. Contrairement aux nombreux FPS où l’IA possède littéralement un radar,  le fait de s’allonger dans l’herbe, de se cacher dans un buisson ou encore de passer en mode invisible nous rendra effectivement absent aux yeux des Coréens qui s’attacheront surtout à vivre leur vie et à accomplir leur routine journalière à moins qu’on ne les en empêche.

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L’absence dans les niveaux de difficultés élevés d’un explicite viseur, de la détection automatique des ennemis et des grenades dégoupillées sauront néanmoins donner du piquant à cette vaste aventure qu’il faut savourer et explorer dans ses moindres détails, car si l’on fonce tête baissée, il parait naturel de manquer un bon nombre de détails et de challenges militaires.

Cela se ressent bien évidemment lors des combats puisqu’en exploitant une unique diversion sonore nous pouvons littéralement abattre une division entière, encore suffit-il de bien gérer les arrivées simultanées des ennemis et surtout de les isoler un par un. On aurait par exemple aimé un plus grand dynamisme des ennemis humains gagnant en mobilité selon la situation et sachant utiliser un maximum son armement incluant donc les fameuses grenades qui sont loin d’être inutiles.

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Toutefois, cette basicité a été sciemment contrecarrée par une croissance des dangers militaires. Au fur et à mesure que l’on progresse, on devra faire face à des ennemis plus nombreux, mieux armés et par-dessus tout supportés par des armes lourdes du type tourelle de sniper, jeep militaire, hélicoptères voire tank.

Et dans les ultimes missions, tout ce bel ensemble nous tombe dessus  si nous n’avons pas pris le soin de nettoyer les alentours, car en plus des renforts invoqués les troupes à proximité recevront elles aussi l’ordre d’investiguer les lieux et de tuer le moindre intrus. Les extra-terrestres eux attaqueront de façon tout à fait immédiate et désordonnée justifiable au vue du contexte environnemental.

L'action avant tout

Comme je vous le disais, Crysis débute sur une introduction des plus jouissives mettant à profit les dernières technologies visuelles. Le flou de profondeur largement utilisé sait se montrer présent par moment et se retirer si besoin est. Contrairement à de nombreux jeux actuels, le jeu ne fait part qu’à de rares excès visuels et reste admirablement juste.

Les plus pointilleux pourront pester sur la présence de quelques textures indignes du titre représentant au final un stable compromis entre performance visuelle et technologique car il ne suffit pas d’avoir un jeu extrêmement beau et injouable à la fois. Dans cette optique, Crytek a englobé un bon nombre de techniques d’optimisations dont l'efficacité n'est plus à prouver.

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Fait peut être surprenant, mais les cinématiques de jeu savent mettre en valeur le moteur graphique et le pousser à commettre de véritables exploits sans pour autant se répercuter sur la fluidité générale. Comme toute introduction qui se doit, celle de Crysis nous immerge immédiatement dans le feu de l’action en nous expliquant l’objectif à atteindre. Ce type de mise en scène ponctuera régulièrement le scénario et permettra en premier lieu de narrer l’histoire.

En parallèle, il faut avouer que les superbes graphismes nous subjuguent, la finesse des textures, la modélisation très réussie de l’avion, des visages et plus important encore de l’environnement suffisent d’emblée à nous séduire pour un bon bout de temps, et il ne s’agit pourtant que de la première scène de jeu.

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Le couple Crytek/Electronic Arts a voulu frapper un grand coup dès les premières secondes, et on ne pourra visiblement pas les contredire. Les joueurs ayant goûté et terminé la démo solo sauront logiquement retrouver leurs marques puisque la première mission est effectivement celle proposée par cette même démo.

Elle consiste à nous introduire rapidement dans l’univers de Crysis en nous familiarisant avec les différentes fonctionnalités de la nano-combinaison qui s’avèreront au final être un important point du jeu si ce n’est le plus important. Grâce à des injections de nano robots dans l’épiderme de notre héros, ce dernier héritera de quatre grandes fonctionnalités aux usages bien définis et fort utiles.

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Ces fonctions tirent leur puissance au travers d’une source énergie renouvelable dans le temps mais limitée en quantité. Cela implique que le joueur ne devra par exemple trop abuser de la vitesse maximale sous peine de s’arrêter en pleine course et de ne pouvoir bénéficier d’une protection physique supplémentaire en plein combat.

En ce sens il conviendra d’exploiter et de gérer au mieux ces capacités physiques dignes des super héros. La fonction Armure Maximum nous permettra de gagner sensiblement en résistance en nous offrant dans les faits une seconde barre d’énergie basée sur la source énergétique de la combinaison. On pourra ainsi subir de plus amples dégâts cinétiques, thermiques ou encore chimiques dans des raisonnables proportions limitées logiquement par la présente réserve.



Cloak Engaged

La force maximale nous confère un gain non négligeable de force physique nous permettant d’envoyer au large des ennemis, tonneaux et autres machines à laver sans avoir à faire le moindre effort. Sans cette fonction, il est possible d’interagir exactement de la même façon, mais la distance a laquelle nous propulsons les objets est bien évidemment moindre. Capacité qui sera volontairement mise à contribution pour défoncer des portes ou encore pour réinitialiser manuellement le cœur d’un réacteur nucléaire.

Au corps à corps, nos coups de poing et crosse auront très souvent la fâcheuse tendance à neutraliser l’ennemi en un coup si ce n‘est le tuer. L’environnement comme les arbres à proximité, les maisonnettes en bois et même les véhicules légers pourront subir le courroux de nos jolis poings fermés en craquant au terme d’un inégal combat mécanique, s’en suivent les chutes d’arbres, explosions et autres écroulements.

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Pour conclure sur cette fameuse capacité, on pourra noter la possibilité d’atténuer  le tremblement et le recul d’un fusil sniper, d’un rail-gun ou plus simplement d’un fusil d’assaut, elle sert notamment à effectuer des tirs de haute précision sans avoir à s’allonger, un gain de temps et d’efficacité qu’aucun sniper ne refuserait.

Comme son nom l’indique, l’option Vitesse Maximum nous servira à nous mouvoir rapidement sur terre ou dans les mers. Du fait de ses besoins énergétiques conséquents, nous devrons l’utiliser dans des aires  géographiques relativement calmes et dénuées de danger. Son rôle reste primordial dans le sens où nous pourrons aussi bien infiltrer qu’exfiltrer rapidement un camp ennemi ou encore parcourir de vastes étendues sans avoir à attendre, tuant de ce fait les possibles temps morts.

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Pour en terminer avec les fonctions propres à la combinaison, nous évoquerons la fonction camouflage optique servant à se masquer instantanément des ennemis. Là encore, la fonction demande énormément d’énergie puisque ce dernière se base sur un système de retro projection optique. En pleine course, les besoins énergétiques seront à son apogée tandis que statique ils seront proches de zéro.

Le principal apport de Crysis vient effectivement de cette combinaison rendant presque trop simple l’aventure, même en difficulté Delta le jeu ne semble poser de problèmes qu’à de rares moments, il suffit en général d’être prudent et de viser à outrance la tète de nos ennemis afin que mort s’en suivre.

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Alors que notre héros s’avère être une véritable arme vivante, il pourra cependant faire usage d’un bon nombre d’armes humaines et extra-terrestres. Les armes de poings, d’assaut, de combat rapproché et de précision seront logiquement au programme. Les plus bourrins d’entre nous ne seront pas déçus car les mini-guns, rail-gun, lance roquettes et autres lance roquettes nucléaire sont aussi de la partie.

Les artificiers en herbe ne seront pas pour autant oubliés, grenades (offensives, incapacitantes, défensives), charges C4, mines anti-tank et dispositifs Claymore sont disponibles quoique rares dans le mode solo de Crysis. Il existe pour terminer deux armes extra-terrestres que sont l’accélérateur et l’intercepteur moléculaire, alors que l’un projette des pics de glace mortels l’autre pourra geler instantanément la cible au moyen d’un rayon laser.



Far Cry puissance dix

Dans l’optique d’optimiser nos massacres, il nous sera possible de personnaliser un grand nombre d’armes ramassées ou non.  Y adjoindre une lunette de sniper, un silencieux, un pointeur laser ou encore un lance grenade est plus que conseillé. A la place du lance grenade, le joueur peut aussi y installer un dispositif tranquillisant permettant à titre d’exemple de neutraliser un opposant dans le plus grand silence.

Ce dernier s’endormira quelque temps après et se réveillera tout naturellement. Ainsi, il ne faut oublier que ces ennemis doivent être pris en considération sous peine d’être prochainement surpris. J’ai moi-même tenté une curieuse expérience consistant à endormir un soldat coréen en pleine route. Comme prévu, la fameuse jeep de patrouille passa par cette même route mais ne songea toutefois pas à s’arrêter ou même à éviter son collègue endormi au beau milieu de la route.

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Au contraire, ce dernier continua à rouler et donc broyer les côtes de notre pauvre ami qui dans un sursaut nerveux s’est tout de même adjugé le luxe d’émettre un ultime cri de douleur. Techniquement parlant, cette curiosité trouve une réponse au travers uniquement de deux états physiques que sont la mort/l’inconscience et la vie. De ce fait, le soldat endormi n’entre point dans les routines de l’intelligence artificielle et se trouve ignoré quoi qu’il advienne. En revanche, un soldat ennemi éveillé situé en pleine route saura interpeller le conducteur qui s’arrêtera.

Membre de la Delta Force, notre héros Jake Dunn aussi surnommé Nomad devra tout comme ses compères retrouver la trace d’archéologues américains ayant travaillés sur un énorme astéroïde. Malheureusement pour eux, ce soi disant astéroïde est en fait un vaisseau mère extra-terrestre soigneusement dissimulé à travers des couches sédimentaires.

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Pour sortir de leur profond sommeil, ces extra-terrestres sont dans l’obligation de modifier les environs transformant une bonne partie de l’île en une plaine glaciale. Opposés du début à la fin, Américains et Coréens vont finir par croiser très rapidement la route de ces sanguinaires extra-terrestres.

Avant d’en arriver là, nous devrons au cours de la première mission infiltrer la zone du crash et mettre à mal l’infrastructure ennemie. Après un excellent parachutage, Crysis nous offre les clés du succès en nous formant rapidement au jeu via des tutoriaux contextuels repartis à travers l’ensemble de la mission.

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A l’instar de Far Cry, le jeu nous offre une liberté totale d’action basée sur une semi-ouverture des niveaux.  Bien que les objectifs à atteindre soient fixes dans le temps, nous pourrons les accomplir de diverses façons.  Prendre un hors-bord pour nettoyer les côtes maritimes, s’adonner à une marche à pied mortelle ou encore emprunter une jeep équipée d’une tourelle défensive sont des moyens parmi tant d’autres pour parvenir à ces objectifs.

Selon la manière employée, les ennemis réagiront de différentes façons ainsi une approche discrète n’ameutera point les renforts terrestres tandis que les deux autres manières le feront forcement, la faute à un explicite massacre trop voyant et surtout bruyant. C’est grâce à une ouverture des cartes que le joueur pourra agir ainsi et permet aussi d’y introduire un certain potentiel de rejouabilité.

Le renouveau des FPS

Ce travail d’orfèvre aura malheureusement des conséquences sur la durée de vie finale qui ne compte au total que douze grandes missions. D’un point de vue comptable, cela reste effectivement peu, mais un tel level design laisse entrevoir de nombreuses possibilités d’achever une mission, d’aborder une problématique ou plus généralement d’emprunter un chemin car les cartes sont véritablement énormes.

Pour un joueur curieux, la plupart des missions (excluant les missions dites de transition) peuvent aisément durer une voire deux bonnes heures de jeu à condition de jouer dans un niveau de difficulté digne de notre stature. L’utilisation des véhicules sera indispensable en mode solo et multijoueur dans le sens où ils nous permettront de nettoyer rapidement une zone. Il existe trois grandes classes de véhicules repartis à travers terre, mer et air.

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Qu’ils soient Américains ou Coréens, les véhicules suivent un schéma de répartition naturellement symétrique pour ne point déséquilibrer le mode multi-joueurs. Simple 4x4 armé, char d’assaut traditionnel ou lanceur d’obus nucléaire, hors-bord militaire, ou encore avion de chasse, le joueur peut véritablement jouer le Rambo en herbe pour le peu qu’il soit formé à manœuvrer efficacement.

Le scénario nous poussera d’ailleurs à contrôler un char d’assaut ainsi qu’un ADAV, aéronef à décollage et atterrissage verticaux durant deux missions, ces phases de jeu sont relativement accessibles mais nécessitent un certain temps d’adaptation loin d’être mirobolant. A l’image de Rambo, il sera aussi possible de détruire un grand nombre d’éléments décoratifs comme les maisons en bois, les palmiers ainsi que les autres caisses.

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Extrêmement vaste et ouvert, le jeu n’en reste pas pour autant un FPS. Sans renier ses origines, Crysis tente difficilement d’innover dans le secteur et contribue à apporter de surprenantes améliorations. Mais dans le fond, on ressentira toujours une certaine linéarité nous promenant d’un point à l’autre de la carte le tout étant saupoudré par des âpres fusillades et un cycle jour/nuit des plus jouissifs.

Les contrôles de jeu sont d’une simplicité enfantine et reprennent logiquement les bases d’un traditionnel FPS, les quelques innovations comme l’utilisation de la combinaison s’effectuent via un simple appui ou un menu filigrane diablement efficace.

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Sauver des archéologues, récupérer des informations nord-coréennes, défendre un espace aérien ou encore détruire l’affreux extra-terrestre géant resteront des motifs nécessaires et suffisants pour justifier une telle débauche visuelle. Le scénario reste quant à lui bien connu de tous, sous un prétexte humanitaire et scientifique, on se voit dans l’obligation de traquer un général fou à lier ne cherchant qu’à tirer un profit de cette découverte archéologique.

Et malheureusement pour nous, ce dernier va déchaîner la colère d’extraterrestres peu enclins à faire la paix ni même à négocier. Sanguinaires, technologiquement avancés et sans pitié, ces êtres n’ont d’objectif que d’envahir la Terre et de réduire à néant l’humanité. A l’image de Far Cry, il faudra en premier combattre les vaillants coréens durant pas moins de huit missions avant d’entrevoir le fameux vaisseau mère extra-terrestre.



Hollywoodienne la mise en scène

Le vaisseau en question a le bon goût de marier tons clairs et sombres grâce à un level design bien pensé, d’autant plus que le joueur ne sera soumis à aucune contrainte gravitationnelle durant sa courte visite. Là encore, le concept reste résolument simple, avancer, tuer et enfin sortir de cette dangereuse niche. Cet initiatique voyage sait mettre la pression sur le joueur dans le sens où ses habitants peuvent littéralement nous déchiqueter en un seul coup et font preuve d’une mobilité exemplaire.

Leurs cris stridents nous rappelle l’ombre de ces vils trigens de Far Cry, c’est aussi et surtout l’occasion d’admirer des décors artistiquement réussis. Ce passage saura sans l’ombre d’un doute marquer les esprits malgré un certain manque de repères issu de l’absence de gravité. L’environnement tout comme les ennemis me rappellent l’antre extra-terrestre d’Area 51/Prey ainsi que la fameuse cité des machines de la trilogie Matrix.

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Alliant insensibles machines et organismes vivants, les décors nous interpellent véritablement par leur conception. Je pourrais en parler durant des pages et des pages, je pense avant tout qu’il faille vivre l’expérience Crysis, car elle peut effectivement être contée mais je ne peux littéralement vous transmettre cette immersion de jeu si unique et communicative à la fois.

Les luxurieuses jungles, inhospitalières plaines gelées et inquiétantes nuits bénéficient d’un ensemble de détails qui ne manqueront pas d’immerger encore plus le joueur. Le scénario suit une difficulté ascendante jusqu’à atteindre son sommet un peu avant le vaisseau extra-terrestre. Une fois en ces lieux, la tension diminue drastiquement pour reprendre de plus belle à notre sortie des plus mouvementées et ce jusqu’à atteindre la fin qui se montre étonnamment ouverte et annoncerait presque une suite scénaristique.

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Alors que les ennemis ne manquent certainement pas, leur diversité elle est un peu en deçà de l’actuelle norme, faiblesse aussi présente dans Far Cry me direz-vous. On ne peut néanmoins passer sous silence toute cette vaste mise en scène environnementale plaçant les Gears of War et Unreal Tournament 3 loin derrière.

C’est notamment grâce à l’utilisation abusive d’effets spéciaux et de puissants bruitages que celle-ci prend forme et devient un modèle en la matière. En contrepartie, le nombre d’images par seconde diminue dramatiquement dès lors qu’il s’agit de retranscrire des bombardements intensifs ou de vastes invasions extra-terrestres.

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Plus surprenant encore, le CryEngine 2 excelle dans la modélisation intérieure en nous gratifiant de textures hautes résolutions et une gestion des ombres au poil.  Toujours du côté des graphismes sachez que la qualité graphique très haute ne pourra officiellement être atteinte qu’à condition d’avoir installé DirectX 10 et donc Windows Vista.

Il existe par ailleurs des modifications permettant de se rapprocher sous DirectX 9 de ce mode graphique des plus gratifiants qui soit. En effet, les développeurs semblent avoir volontairement bloqués de telles options pourtant accessibles sur DirectX 9. Il s’agit là d’une habile manœuvre censée appuyer la candidature du nouvel API de Microsoft, mais de tels agissements pourraient au contraire jouer en sa défaveur.

Un réalisme de haut vol

Techniquement parlant, des différences entre DX9 et DX10 subsistent même après avoir appliqué ladite méthode. Ces différences toucheront en premier lieu la qualité des réflexions/réfractions, des ombres, du flou de profondeur, du motion blur, du contraste ainsi que l’apport de fumée volumétrique, ces petits détails représenteront au final une différence visible.

Le moteur physique omniprésent sait en majeure partie respecter avec concision les lois de la mécanique moderne, toutefois quelques bizarreries se font entendre et même voir, la faute à un modèle de collision non optimisé rendant possible la fusion entre un fusil et un mur ou encore la lévitation d’un cadavre.

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D’un point de vue général, les animations sont excellemment bien rendues, les feuilles qui s’agitent sous le vent, les jambes qui se plient à la moindre chute ou simplement lors d’une course à pied, on  peut ici dire que les graphistes ont fait du bon travail.  Acoustiquement parlant, Crytek a su conserver un excellent univers sonore en mêlant un bon nombre d’échantillons.

En me concentrant sur la qualité intrinsèque de l’éclairage et des textures, j’en ai presque oublié d’aborder la modélisation des personnages et plus précisément faciale. Tous les personnages non jouables sont dotés d’une aisance et d’un charisme tout particulier, leurs paroles ont des effets sur les traits du visage et leurs mouvements sur l’ensemble du corps.

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Le bruit des vagues, des bombardements et le dialogue des Coréens sont criants de réalisme et tirent effectivement partie de la spatialisation sonore pour le peu qu’on soit équipé d’un matériel digne de ce nom. Quant aux thèmes sonores, ces derniers ont été tout simplement orchestrés par l’inimitable Inon Zur connu entre autres pour avoir réalisé la bande sonore des Everquest 2, Lineage 2 et autres Prince of Persia ; une réussite.

Dynamiques et majestueux, ces thèmes sont intelligemment mis à contribution que l’on soit en pleine promenade pédestre, en mission d’infiltration ou en état de guerre. Les doublages anglais et français jouissent d’un engagement propice à l’immersion et ne détériorent à aucun moment l’expérience de jeu, bien au contraire.

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Le mode multi-joueurs ne possède que deux modes de jeu résumés en deathmatch et team deathmatch. Alors que le premier se résume en une boucherie généralisée, le second se montre plus subtil qu’un simple TDM. En effet, ce mode prénommé Powerstruggle se base sur une conquête de points militaires repartis à travers l’ensemble de la carte. Les points d’intérêt comme les centres de recherche et les fabriques militaires nous permettront eux d’accéder à un plus large inventaire ou à des véhicules motorisés.

Le but étant de détruire la base ennemie, il faut effectivement faire preuve d’une coordination des grands instants et d’une certaine efficacité. En tirant partie de l’environnement et des pouvoirs de la nano combinaison, cette mission se montre plus simple qu'à l'accoutumée mais face à des bons joueurs la partie peut aisément durer 45 voire 60 minutes sachant que les cartes sont gigantesques et regorgent de coins exceptionnellement utiles.


Maximum Game !

Soucieux d’aider et de pousser la communauté de fans, les développeurs ont mis à disposition le puissant éditeur ayant servi à construire les cartes présentes. Extrêmement complet et puissant, cet outil regorge des fonctions relativement utiles pour un développeur amateur jusqu’à même permettre de définir les propriétés des cycles jour/nuit.

Sur un PC moyen de gamme, le jeu tourne relativement bien mais en contrepartie il nous faut baisser les détails au niveau moyen en prévision des futures saccades. Sur un PC portable datant d’un an, les choses se corsent et le jeu ne peut s’empêcher de charger des textures et autres scripts rendant l’action très saccadée. Il faut pour résumer s’armer d'une configuration moyenne/haut de gamme pour pouvoir y jouer convenablement sans pour autant souffrir d’éventuels ralentissements.

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Il s’agit à n’en pas douter d’un hit en puissance, d’une véritable référence qui tire sa force à travers une excellente mise en scène et un moteur graphique à couper le souffle. Sous des airs de simple et linéaire FPS, Crysis a su éviter le piège de la surenchère et de la caricature. La difficulté croissante et la présence de la nano combinaison sont là pour nous le prouver puisqu’ils parviennent à contrecarrer ce lourd sentiment de linéarité et de répétition.

Au final, nous pouvons effectivement confirmer que Crysis a répondu présent en temps et en heure, malgré les innombrables images à caractère promotionnel, l’ensemble se montre proche de ces mêmes images et exploite avec parcimonie les nombreux optimisations présentes chez les micro-ordinateurs. Que ce soit les processeurs double et quadruple cœurs, SLI/Crossfire, DirectX 9/10 ainsi que les Windows 32 et 64 bits, tout est mis à contribution pour rendre le jeu plus fluide et c’est effectivement le cas.

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Mais soyez tout de même prévenus, il faut s’armer d'une configuration relativement puissante pour bénéficier d’un jeu beau et fluide à la fois car il m’est arrivé plus qu’une fois de perdre durant quelques bonnes minutes 30 voire 50% de performances à cause uniquement de la mise en scène et des effets spéciaux.

Amateurs de FPS possédant une machine de guerre, je ne saurais trop vous conseiller de vous ruer littéralement sur le jeu, ses nombreuses qualités visuelles et acoustiques vont vous faire passer d’excellents moments d’autant plus que les cartes sont explicitement ouvertes et laisse donc place à une multitude de finalités. A acheter sans aucun prétexte.

Configurations de Test :

PC Haut de Gamme
  • Intel Core 2 Quad Q6600
  • Corsair PC6400 4096Mo XMS2 TwinX (4x1024Mo) Pro
  • nVidia Geforce 8800 GTX O/C @ 620Mhz/1020Mhz (GPU/GRAM)
PC Milieu/Bas de Gamme
  • AMD Athlon 3000+
  • Corsair PC3200 1024Mo
  • nVidia Geforce 7900GTX
PC Portable
  • Intel Core 2 Duo T5400
  • Samsung PC6400 2048Mo
  • nVidia Geforce 7600Go


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+ Les plus
  • Les graphismes à couper le souffle
  • Une difficulté graduelle
  • Un univers sonore réussi
  • Mise en scène hollywoodienne
  • La nano-combinaison
  • Des niveaux ouverts
  • L'éditeur de niveaux
- Les moins
  • Un moteur physique non optimisé
  • Tout comme les modèles de collisions
  • Scénario et objectifs basiques
  • Un mode multijoueur pauvre

Notes

  • Graphisme Alors qu’on doutait naturellement de la qualité intrinsèque de Crysis, la firme Crytek nous a encore une fois prouvée que l’on pouvait compter sur elle pour relancer la célèbre ascension technologique et visuelle entreprise par les consoles next-gen. Les textures, la gestion de l’éclairage, les effets spéciaux tout comme la mise en scène tirent entièrement partie des PC si ce n’est plus. Le jeu pousse les actuelles limites visuelles à des sommets encore jamais atteints. Pour le peu que l’on possède un PC digne de ce nom, Crysis saura vous combler en tout point, une véritable référence en la matière, rien que ça.
    10/10
  • Bande son Si d’un aspect graphique, le jeu pouvait se montrer exempt de reproche, on était en droit de douter de l’univers sonore du jeu que nous n’avons entendu qu'à de rares reprises contrairement à ses graphismes. Mais force est de constater que le jeu sait tirer entièrement partie de ses effets sonores pour véritablement immerger le joueur. La puissance des armes à feu, la violence des chocs ainsi que les doublages sont d’excellentes factures et contribuent à la qualité générale du jeu. Les thèmes sonores de l’excellentissime Inon Zur appuient avec conviction les ambitions de Crysis de par leur dynamisme et leur puissance acoustique.
    9/10
  • Jouabilité A l’instar des traditionnels FPS, le jeu se montre simple et accessible. Il ne suffit que d’une bonne dizaine de minutes pour en comprendre les fondements. L’utilisation de la nano-combinaison se montre étonnamment enfantine. Par le biais d’une touche ou d’un menu filigrane circulaire, le joueur peut passer d’une fonctionnalité à une autre en un rien de temps. Les quelques soucis physiques et bizarreries de l’IA n’entravent en rien la bonne progression du joueur. En parlant d’IA, sachez que cette dernière suivra une rapide courbe d’évolution transformant une simple excursion automobile en un repérage et un massacre savamment orchestré. Le joueur non préparé devra en difficulté Delta se préparer à affronter sa propre mort tout simplement. Les ennemis savent utiliser leurs armes et interagir avec leurs compères, dès lors qu’un incident survient ils ne tarderont pas à débouler pour enquêter et éventuellement vous trouver grâce à des stratégies de groupe efficaces et stressantes pour le joueur.
    8/10
  • Durée de vie Au nombre de douze, les missions sauront vous donner du fil à retordre dans les derniers niveaux de difficulté, et je conseille à chacun de l’élever au maximum pour profiter pleinement du jeu et se retrouver face à de véritables défis. En mode normal, l’aventure se déroule sans grand incident alors qu’au contraire en mode Delta il faudra utiliser à outrance le système de sauvegarde présent à cette occasion pour se défaire de la concurrence. Chacune des missions peut durer entre une et deux heures de jeu représentant au final une durée de vie estimée à dix, douze heures selon le joueur, sans ajouter les possibilités de recommencer le jeu à maintes reprises.
    8/10
  • Scénario Quoique basique, le scénario nous offre les arguments nécessaires pour entreprendre une véritable croisade politico-militaire. Aucune surprise scénaristique n’est à prévoir si ce n’est la fin qui reste très ouverte et laisse entrevoir une probable suite, une tendance qui ne surprend guère à l’heure actuelle. Au final, il s’agira toujours d’avancer et de tuer, mais il faudra tuer dans la plus grande efficacité et à travers de sublimes décors, voila la simple mais diablement efficace différence.
    6/10
  • Note générale Très attendu et décrié par les amateurs de FPS, Crysis a su du début à la fin créer la sensation. Une fois arrivé, il faut dire que les satisfactions sont grandes et les déceptions peu nombreuses. Dans une dynamique d’amélioration et d’évolution, la firme Crytek s’est savamment défaite des pièges vidéoludique en y ajoutant de façon artificielle des motifs de tension permanente. Grâce à de multiples optimisations pas seulement technologiques mais aussi conceptuelles, le jeu parvient à atteindre des sommets. Graphismes à couper le souffle, mise en scène hollywoodienne, univers sonore ravageur et IA incisive sauront vous convaincre du bien fondé du jeu. Crysis place la barre haute, très haute, et relance de ce fait la course aux armements technologiques. C’est sans compter sur les énormes Call Of Duty 4 : Modern Warfare et autres Unreal Tournament 3 qui comptent bien lui faire de l’ombre. Mais en attendant Crysis se pose comme la seule et unique référence FPS, à acheter absolument.
    9/10

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Vos commentaires
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@nemO Hors ligne VIP avatar 6101 points
Le #190763
Tout ça rappelle fichtrement ce bon vieux Terra nova, mon cher Alain
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