Test Dark Sector

Le par Franck P.  |  0 commentaire(s)
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Sorti des studios Digital Extremes et edité par D3 Publisher, voici un jeu de plus dans le genre déjà bien fourni sur PS3, qu'est le mélange FPS et action. Dark Sector se propose donc de nous emmener visiter un univers assez malsain et en totale décomposition. En somme cela part un peu dans les mêmes traces que Condemned 2. Alors, un simple jeu de plus sur la liste ? Et bien non, pas seulement...

Introduction

La litanie des jeux mêlant habilement (ou pas) les genres FPS et action sur PS3 commence à s'étendre au delà de limites que l'on croyait pourtant déjà atteintes. Peut-être est-ce dû à la difficulté de faire un vrai et pur FPS avec des commandes pas réellement prévues pour, même si certains titre comme Rainbow Six Vegas 2 ou Call of Duty 4 nous prouvent le contraire. Ou bien cet attelage ne doit sa survie qu'à la possibilité, en entremêlant les phases, de donner au jeu un souffle différent qu'en le cantonnant à un exercice de tir. En tous les cas, dans ce genre comme dans d'autre, tout n'est pas à garder ni à jeter.


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Certains s'en tirent plutôt admirablement comme Lost Planet: Extreme conditions ou encore Uncharted. D'autres, sans démériter puisqu'ils sont malgré tout de bons jeu, peinent plus à attirer les superlatifs comme Condemned 2 ou bien encore The Darkness. Restait donc à voir ce que Dark Sector allait nous proposer. Un mélange habile entre les deux mondes, un mariage de raison entre le tir et l'action ou encore une juxtaposition mal foutue entre les phases tir dans la tête et celles de parcours de niveaux inextricables ? A vrai dire, c'est plutôt sur la première proposition que nous nous sommes retrouvés. Mais plutôt ne veut pas dire entièrement.


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Un sombre scénario

Dark Sector nous replonge en quelque sorte dans notre passé. En effet, il y a une vingtaine d'années, de mystérieux individus développent une bactérie qui doit ravager le monde. Notre héros est donc envoyé à l'est du rideau de fer, dans quelques contrées russophones, pour y démonter du bolchévik. Bien vite, toutefois, on découvre que notre homme est atteint par le mal qu'il est venu combattre. Ce virus prend alors possession de lui, commençant par son bras droit, en faisant une arme à mi chemin entre le boomerang et le shuriken. Dès lors, il doit mener un combat interne entre ses supérieurs qui lui intiment l'ordre de s'inoculer un antidote et l'envie de laisser se propager ce pouvoir grandissant.


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Car il se rend compte très vite de l'utilité de ce "don" qui lui a été offert par la propagation de la bactérie. On passe donc la quasi intégralité du jeu à voir notre loulou balancer entre la soif de pouvoir et l'envie de se soigner. Mais le scénario joue aussi la carte du complot russo-américain, où tout le monde vient manger à la même table, ne faisant en somme qu'une victime de leur appétit démesuré, le monde. A cela viennent s'ajouter quelques personnages collatéraux devant permettre au sauveur du monde que nous incarnons de se mettre en phase avec sa réalité.


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Las, tout ceci se complexifie un peu trop pour qu'on arrive totalement à pénétrer l'histoire. Certes, il n'y a rien de compliqué à comprendre, mais la présentation même du déroulement de l'histoire ne nous aide pas totalement à accrocher. Si on ne maîtrise pas les événements, ce qui est relativement normal, on les subit même carrément. C'est vraiment dommage car ce jeu se fend d'une somme d'éléments importants mais ils sont un peu refilés à la va-vite et ne prennent pas le poids qu'ils auraient dûs.


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Le glaive à la main

Mais si l'histoire a un grand mérite, c'est de permettre au joueur de prendre possession petit à petit de pouvoirs de plus en plus importants pour notre plus grand plaisir. Car en s'enfonçant du coté obscur de la force, Hayden s'approprie des compétences supplémentaires. Alors qu'on ne peut, au début, que balancer son arme et la téléguider via la fonction sixaxis ou le stick droit, on acquiert d'autres aptitudes de plus en plus jouissives. Sans tout vous dévoiler, il est un peu plus loin possible de se camoufler tel l'avatar de Crysis. Et c'est sans doute cette suite d'évolutions qui permet au jeu de passer des phases de tir pur à celles de simili infiltration ou même encore de mini réflexion.


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En quelques passages, il est en effet nécessaire de faire preuve d'un minimum d'observation et d'une jugeote totalement raisonnable pour déjouer les puzzles présents. Mais même si on peut récupérer sur les cadavres de nos ennemis, qui se désintègrent très vite après leur prise en main, même si en quelques occasions il faut se souvenir qu'on a un cerveau, c'est avant tout sur votre faculté à utiliser l'arme qui se trouve au bout de votre bras droit que vous devez miser. Le jeu par ailleurs, ne propose au départ qu'un seul niveau de difficulté. Et ce choix très surprenant au premier abord, se justifie par la suite.


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Car si le début de l'aventure n'est qu'une amusante partie de campagne à décapiter tout ce qui bouge, on sent que l'on bascule à partir du niveau 5 vers un jeu autrement plus ardu. Dès lors, le nombre d'opposants augmente considérablement, avec de plus en plus de mutants collants, ils sont de plus en plus résistants et les camouflages sont aussi de leur coté. Bref, on rigole un peu moins. On finit alors le jeu un peu moins facilement que ne le laissait présager le début. Ce qui donne au bilan 5 niveaux aisés, 5 niveaux moyens en terme de difficulté. Subsiste alors pour tout joueur qui a terminé l'aventure à la refaire en bestial. On retrouve donc ainsi trois niveaux de difficulté tout à fait conventionnels.


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La peur du noir

Tout comme Condemned 2 que nous citions précédemment dans ce test, Dark Sector ne renie rien de son nom et se révèle un jeu très sombre. Sombre dans son histoire mais aussi et surtout dans sa présentation visuelle. On multiplie ainsi les lieux à l'éclairage douteux voire inexistant et les pièces aussi étriquées que maculées de sang. Malgré tout, quelques extérieurs bien mieux éclairés et beaucoup moins oppressants viennent équilibrer ceci afin de permettre au joueur de souffler au niveau de l'ambiance. L'ensemble graphique est relativement soigné malgré quelques bugs d'affichages ici et là. Et les cinématiques ne sont pas en reste pour nous renforcer dans notre idée.


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Car si nombreuses soient-elles, elles souffrent à peu près des mêmes petits défauts que le jeu lui-même. Parfois, on contemple des brillances superflues, parfois quelques textures disgracieuses notamment celle des personnages. Ceci étant dit, il reste une tenue d'ensemble agréable à l'œil au delà des imperfections. Pour faire la transition avec la bande son, on reviendra aussi sur ces cinématiques doublées étrangement. Car si les voix collent tout à fait à l'ambiance, elles peinent à suivre le rythme imposées par les lèvres anglophones. On ne sait s'il s'agit d'un décalage de la bande son ou d'un mauvais calage des doubleurs mais on se retrouve de temps à autre avec un personnage qui bouge les lèvres et un son qui sort plus d'une seconde ensuite.


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Par opposition, le reste de la bande son est plus qu'intéressant. Alternant entre les phases rythmées et celles plus calmes, la musique remplit son office. Mais c'est surtout la somme de petits bruits que l'on découvre au fur et à mesure de nos pas qui amène cette pointe de stress et d'inquiétude et  qui sied parfaitement à nos peurs enfouies. A ce titre, les grognements des espèces de zombies qui menacent de fondre sur nous gardent un effet révélateur de ce que doit être l'ambiance sonore d'un jeu. Prenant, intriguant ou terrifiant.


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Conclusion

Dark Sector est donc conforme aux prévisions. C'est peut être son plus grand défaut mais après tout peut-on reprocher à un jeu que l'on espérait bon, de l'être ? Non, sans doute pas, et c'est probablement d'avantage sur le fait de ne pas approcher plus la perfection qu'il serait tentant d'émettre quelques réserves. Reste que ce titre procure tout ce qu'on est en droit d'attendre d'un jeu next gen actuel : des sensations fortes, du plaisir à jouer, une certaine addiction sitôt qu'on est un peu mis en difficulté ou encore une mise dans l'ambiance efficace conduisant à l'immersion totale.


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Et comme tout titre pratiquement actuel, Dark Sector ajoute un mode multi qui semble devenu une règle absolue. Bien entendu, ce mode se décompose en deux type d'oppositions que sont le mode Infection ou vous incarnez seul Hayden contre une horde de soldats qui veulent votre place ou le mode Epidémie qui consiste en un travail d'équipe tout ce qu'il y a de plus classique. Mais ce ne sera pas sur ces deux modes multi que vous passerez le plus clair de votre temps, malgré leur réalisation correcte.


Dark Sector est disponible sur PS3 à partir de 49,99 €.


+ Les plus
  • Ambiance générale
  • Augmentation progressive de la difficulté
  • Amélioration du personnage et de son glaive
- Les moins
  • Scénario mal exploité
  • Quelques bugs d'affichage
  • Doublage incertain

Notes

  • Graphisme Pour du next gen on est dans la droite ligne de ce que l'on constate actuellement. Et ce d'autant plus sur PS3 avec à peu près toujours les mêmes défauts. Plusieurs textures manquent de relief et de liants, quelques reflets sont exagérés et l'on constate des effets de flous lors des cinématiques un peu disgracieux. Cependant il ne faut en rien accabler ce jeu qui demeure dans la bonne tranche des jeux agréables à regarder jouer. En outre, tout en restant dans des lieux convenus, leur apparence parvient totalement à jouer son rôle. Le design mutant fait pour sa part immanquablement penser à celui de Silent hill ce qui est loin d'être une mauvaise référence...
    7/10
  • Bande son La note eut été encore meilleure avec des musiques un poil au dessus. Mais l'essentiel de la bande son repose sur les bruits d'ambiance qui opèrent à merveille. On se retrouve alors plongé au milieu de cet univers aussi sombre qu'inquiétant. La bande son joue ainsi son rôle efficacement.
    8/10
  • Jouabilité Qu'on aime ou pas le choix opéré par les développeurs, la progressivité réelle de la difficulté reste intéressante. Et si les phases d'affrontements armes à la main survivent, c'est avant tout avec le glaive que votre aventure se déroulera. Comme dans tout bon jeu d'action, on ne peut parcourir un niveau sans tomber sur un boss. Dans ce jeu, ils restent parfaitement abordables. Mais ce qui plait, ce sont les ajouts successifs dans nos pouvoirs qui donnent de plus en plus de profondeur à la jouabilité.
    8/10
  • Durée de vie Correcte pour un jeu actuel puisqu'il semble que les nouveaux formats de jeu peinent, sauf exception, à dépasser la dizaine d'heure. Au moins prend-on un plaisir non feint à terminer le jeu, moyennant 9 heures passées sur la bête. Le mode multi permet lui de rajouter quelques heures sans toutefois y trouver la passion qui avait pu habiter les dernières heures très addictives. Pour info, on a fait les quatre dernières d'un trait. Ce qui est un signe en ce qui nous concerne de la montée progressive de l'intérêt. Dark Sector est donc un jeu que l'on finit.
    7/10
  • Scénario On l'a déjà bien dit et surtout expliqué, mais ce scénario pas si mauvais que cela manque cruellement de clarté pour que l'on en saisisse toutes les subtilités. On survole donc un peu tout ceci et c'est vraiment dommage. Une partie de l'explication repose sans doute sur la méconnaissance du background des personnages. Une autre sur le manque de didacticité de celui ci.
    5/10
  • Note générale A l'aune de ce que l'on a pu dire, il ressort un élément important : on a finit Dark Sector avant tout par plaisir et non par devoir. S'agissant d'un test, cela n'est pas toujours le cas. Il vous faudra donc aller au delà des toutes premières heures qui pourraient laisser à penser qu'il s'agit d'un jeu de plus dans la même veine que tous les autres, pour en vérifier l'intérêt. Car plus vous progressez plus vous prenez possession de votre personnage et de la jouabilité. En même temps payer un jeu presque 70 euros pour n'y passer que deux heures, c'est un peu débile. Mais ici, plus que la rentabilité, c'est surtout pour ne pas passer à coté d'un titre au final très réussi qu'il vous faudra persévérer. Alors puisqu'il le vaut bien, un seul mot d'ordre : y jouer pour l'apprécier. Car seuls ceux qui n'auront vu que le début pourront être déçus.
    8/10
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