Test Doodle Hex

Le par Fabien H.  |  0 commentaire(s)
Doodle Hex - pochette

Les jeux estampillés DS sont légion. Si certains bénéficient d'un traitement de faveur permettant de leur dresser une notoriété sans précédent, d'autres productions se font plus discrètes. Arrivé par la porte de service, Doodle Hex fait partie des softs qui ne connaissent pas de campagnes marketing de haut vol. Toujours est-il que cet intrigant projet attire davantage par ses couleurs chatoyantes que son titre peu aguicheur. Tel un bon ouvrage d'Harry Potter, le titre de la société espagnole Tragnarion Studios se focalise essentiellement sur l'utilisation de la magie au sein d'un établissement spécialisé dans ce domaine. Abracadabra !

Des étudiants peu commodes

Avec l'intérêt grandissant que connaît Harry Potter, en livre ou en long métrage, force est de constater que l'art de la magie et de la sorcellerie passionne les foules, surtout lorsque ces éléments se voient implémentés dans un contexte héroïc-fantasy. Les développeurs de Tragnarion Studios ont bien compris cela et ont décidé de bâtir un projet gravitant autour des idées maîtresses du phénomène. C'est ainsi que Doodle Hex vît le jour. Le jeu prend place dans le Collège des Runes, l'unique école de magie du monde. De nombreux étudiants y viennent pour étudier les rudiments de la sorcellerie dans l'unique but de maîtriser efficacement les pouvoirs liés au mana.

Seulement, les cours s'avèrent particulièrement exaspérants. Pour remédier à cela, Kalamazoo, le fantôme de l'école, décide d'instaurer divers tournois secrets entre les élèves, voire les professeurs. Le gagnant de cette épopée se verrait octroyer les vertus de la rune du désir unique. C'est alors qu'une quinzaine d'étudiants se sont décidés à se lancer des défis au sein d'une gigantesque tour découpée en trois parties (bronze, argent et or). Si l'intrigue semble à la fois assez bien fondée et intéressante, sachez qu'hormis la scène d'introduction, le soft ne recèle pas de scénario. En effet, le mode solo ne se contente que d'enchaîner les duels, proposant tout de même de brèves - et répétitives - phases de dialogue en amont des affrontements.

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Le mode principal, à savoir Tournoi, se présente plus ou moins comme un jeu de baston puisque vous devrez sélectionner un personnage parmi les dix proposés à la base (5 étant à débloquer), afin d'enchaîner des affrontements magiques. Cependant, il est nécessaire de bien choisir son avatar puisque chacun d'entre-eux dispose de caractéristiques d'attaque, de défense et de rapidité qui leur sont propres. Pour débuter une carrière sans trop d'encombres, l'idéal est de se tourner vers un combattant optimisé dans les trois domaines. À noter que les combats et les légers dialogues ne sont pas les mêmes d'un personnage à l'autre, mais cela ne profite pas pour autant à réduire la répétitivité évidente de la production, tout du moins en solo.

L'aspect changeant que l'on aperçoit d'un personnage à l'autre - outre l'ordre des combats - se matérialise dans le gain de nouvelles runes, ainsi que dans leurs boss. Ces derniers, très souvent les professeurs du collège, seront différents selon l'étudiant choisi, vous obligeant ainsi à adapter votre stratégie selon leurs caractéristiques évidemment sur-boostées dans des domaines bien précis. Car en effet, l'essence même de Doodle Hex se situe dans son gameplay et le déroulement de ses combats, aussi envoutants soient-ils.

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Alchimiste runique au rapport

Les combats de Doodle Hex formant l'unique versant de son gameplay, il est utile de bien le décortiquer pour juger si son concept se veut suffisamment efficace pour une application sur la console portable de Nintendo. Pour aller droit au but, oui, le soft utilise très pertinemment les fonctionnalités de la DS, notamment la gestion du stylet. Sa coordination est d'ailleurs si bien retranscrite que les touches de la console deviennent pour ainsi dire inutiles. L'ensemble du jeu se faisant entièrement au stylet, force est de constater que le résultat se veut extrêmement confortable à appréhender. Si en combat, l'écran supérieur détaille les animations d'attaque de chaque concurrent, la zone tactile sera au centre de vos attentions car c'est par un étrange tableau que vous effectuerez vos incantations machiavéliques.

Cette partie inférieure présente une zone arrondie, appelée « zone de dessin », accompagnée de quelques éléments avoisinants, ainsi que la présence des avatars des deux combattants. C'est donc par le cercle que nous effectuerons les tracés des runes au stylet, permettant ainsi d'effectuer des attaques magiques. Les combinaisons possibles s'affichent à droite et à gauche du cercle. Au début de l'aventure, vous ne disposerez que d'une poignée de formes possibles. Ce n'est qu'après quelques combats remportés que vous glanerez de nouveaux pouvoirs dont les vertus vous seront détaillées dans le grimoire, via une petite vidéo démonstrative. À noter que le code couleur des runes est très important : Si les vertes infligent quelques dégâts adverses, les rouges permettent de passer outre les protections, les jaunes vous octroient des effets bénéfiques et enfin les bleues infligent des maléfices au camp adverse (impossibilité de se protéger, transformation en animal, réduction momentané du mana...).

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Bien évidemment, il ne s'agira pas de lancer des sorts au grand hasard et en surnombre puisque vous ne disposerez que d'une petite quantité de mana. De ce fait, il faudra souvent attendre quelques précieuses secondes avant d'effectuer d'autres incantations. Ces dernières mettront d'ailleurs un laps de temps à atteindre l'ennemi puisque chaque symbole dessiné devra contourner la zone de dessin par la droite jusqu'à atteindre l'avatar ennemi. Ce dernier lancera ses sorts par le côté gauche. Ainsi, la gymnastique oculaire sera de mise, prévoyant les attaques tout en ayant un œil avisé sur les sorts qui nous sont destinés. Pour éviter de subir de lourds dommages, il faudra effectuer une pression au stylet sur votre avatar afin de matérialiser une bulle protectrice. Ainsi, vous pourrez essuyer quelques sorts, mais si votre ennemi a effectué des combos, vous risquez d'en prendre pour votre grade. C'est alors qu'il est intéressant de dessiner des runes jaunes.

Pour parfaire votre supériorité en combat, il est indispensable de créer des combos. Pour cela, il suffit de dessiner une rune et lorsque cette dernière atteint un point jaune (visible sur son trajet vers l'ennemi), vous en gribouillez une autre. Ainsi, votre charge sera plus pertinente et vous aurez davantage de chances de détruire la défense ennemi et de lui infliger des dégâts. Si vous maîtrisez le stylet comme un dieu, vous effectuerez des runes parfaites qui seront encore plus efficaces contre votre adversaire. Mais de base, le jeu ne sera pas indulgent sur vos tracés, la reconnaissance étant relativement bien développée. Bref, derrière l'aspect simpliste qui se présente dès les premières minutes de jeu, l'aspect stratégie se fait vite valoir, agrémenté par des runes toujours plus nombreuses et précises dans leur nature, ainsi que la possibilité de stocker l'une d'entre elles sur l'emplacement alloué.

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Solo dodo, multi youpi

En dépit de la richesse du concept de Doodle Hex, il est clair que la répétitivité évoqué en amont n'en est pas pour autant effacée. En effet, les combats s'enchaînant, vous vous retrouverez trop souvent confrontés à cumuler les mêmes stratégies à moult reprises. La diversité étant un élément hautement manquant à la production, l'intérêt s'épuise comme neige au soleil et ce, bien que les développeurs se soient assurés de jouer sur le contenu à débloquer via le mode Tournoi bien évidemment, mais aussi dans une pléiade de défis bien définis.

À terme, le titre de Tragnarion Studios dévoile son seul intérêt dans son aspect multijoueur. De base, il existe un mode en ligne qui permet de jouer contre un challenger humain avec même la possibilité de faire du troc de runes. L'aspect le plus intéressant se situe sans conteste au niveau du jeu en téléchargement. Ainsi, il est possible de jouer avec un ami en local avec une seule carte. C'est par ce biais que l'amusement prend une tout autre dimension, que le challenge se veut bien plus appréciable et attirant.

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Sur l'aspect purement technique, peu d'éléments sont à reprocher à Doodle Hex. Le chara-design, bien qu'il ne sera pas au goût de tout le monde, se révèle malgré tout en bon accord avec l'atmosphère du jeu. Les couleurs vives, voire explosives, offrent tout de même une dimension immersive. Les animations de combat se montrent fluides, mais comme l'attention se veut majoritairement orientée vers l'écran tactile, le joueur n'aura pas réellement le temps d'apprécier les mimiques des personnages en combat. L'aspect sonore n'est également pas en reste puisqu'une poignée de thèmes sonores appréciables sont implémentés, agrémentés de voix digitalisées offrant une entière dynamique à la production.

Sorti de derrière les fagots, Doodle Hex recèle une poignée d'éléments intéressants, à commencer par son gameplay entièrement moulé pour une utilisation totale au stylet. Son système de combat étant à la fois original, assez riche et diablement pertinent, le jeu pouvait se targuer d'être une production de bonne augure. Seulement, derrière son ambiance haute en couleur se cache une réelle redondance. Les combats s'enchaînant de façon intensive et répétitive, le joueur perdra vite son intérêt, surtout que le scénario n'a pas été développé. Au vu du potentiel initial, il aurait été intéressant de développer la trame afin de proposer un ersatz de jeu d'aventure, voire de RPG. La déception est donc de mise. Heureusement que plusieurs modes multijoueurs sont présents pour rehausser la durée de vie du soft particulièrement étouffée en solo.

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Doodle Hex est disponible à l'achat à partir de 34,99 €.


+ Les plus
  • Prise en main très confortable
  • Système de combat original et riche
  • Réalisation globale de bonne facture
  • Mode multijoueur efficace
- Les moins
  • Très répétitif en solo
  • Manque de scénario
  • Contenu trop bridé, potentiel gâché

Notes

  • Graphisme Graphiquement très réussi, Doodle Hex parvient à offrir une réelle atmosphère à l'aide d'une splendide palette de couleurs. Le chara-design se veut également bien mené, bien que ce dernier ne plaira pas à tout le monde. On appréciera cependant la fluidité des animations en combat, offrant un réel dynamisme aux affrontements.
    7/10
  • Bande son Proposant des thèmes à la fois variés et en réelle harmonie avec le thème de la magie et / ou la nature des personnages, l'ambiance sonore a également connu un joli traitement de faveur. Un soin a également été apporté sur la digitalisation des voix, afin d'ajouter un réel complément aux phases de combat.
    6/10
  • Jouabilité D'un côté, le soft de Tragnarion Studios peut se targuer de proposer une prise en main confortable et exemplaire à l'aide d'une utilisation du stylet pour la totalité des actions, accentuée par une excellente reconnaissance des tracés de runes. De l'autre côté, le soft dissimule non sans mal son manque de consistance en n'apportant que des combats et ce, que se soit en mode Tournoi ou Défi. Au vu du potentiel affiché, nous aurions grandement apprécié une diversité dans le déroulement de l'aventure.
    6/10
  • Durée de vie Le soft ne proposant qu'une succession de combats entrecoupée de quelques légers dialogues, il est évident que l'intérêt s'épuise relativement vite, d'autant plus que chaque tournoi se veut particulièrement court et diablement répétitif. S'être focalisé que sur un concept a bridé l'ensemble de la production. Néanmoins, l'aspect multijoueur bien développé permettra malgré tout de s'adonner à quelques affrontements supplémentaires.
    4/10
  • Scénario Le soft ne propose pas réellement de scénario, si ce n'est une accroche introductive. Cette négligence a été hautement préjudiciable sur l'ensemble du projet, malheureusement.
    N/A
  • Note générale Dans l'idée, Doodle Hex avait les cartes en main pour s'assurer une place de choix au milieu du catalogue de jeux DS à l'aide d'un concept original et confortable, enrobé dans une réalisation de bonne facture. Or, le titre s'est volontairement imposé des brides en terme de gameplay puisqu'il ne se focalise que sur les combats, laissant tout autre élément de côté. Ainsi, la répétitivité ne tarde pas à pointer le bout de son nez, annihilant ainsi irrémédiablement l'intérêt du joueur. Cette négligence a été hautement préjudiciable pour l'ensemble de la production et seuls les modes multijoueurs addictifs sauvent la mise de justesse.
    5/10
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