Test Dragon Quest : L'épopée des Élus

Le par Fabien H.  |  0 commentaire(s)
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Initialement connue au Japon et brièvement insérée sur le marché américain, la licence Dragon Quest est longtemps restée en retrait du public européen. Or, Square Enix s’est finalement décidé à répandre la magie de l’une de ses sagas maîtresses devant nos yeux ébahis. Dix huit ans après l’édition initiale estampillée Famicom, Dragon Quest IV débarque sur DS dans une version qui, nous en conviendrons, se révèle amplement à la hauteur des espérances de tout amateur de RPG qui se respecte. L’épopée des élus se présente à vous, saurez-vous la mener à son terme ?

Fragments complémentaires

Si l’on remonte dans le temps et que l’on jette un œil sur Dragon Quest IV, force est de constater qu’en dépit de la notoriété qu’il colporte, le résultat visuel est devenu fortement indigeste. Square Enix ayant pour politique de faire revivre ses anciennes productions sur les dernières consoles portables du marché, la licence Dragon Quest n’avait pas encore été sujet à des remakes, à l’instar de Final Fantasy. Bien que nous aurions apprécié que la compagnie nipponne débute par la première trilogie, il faudra se contenter de prendre le train en marche avec la partie Tenkuu no Shiro (qui s’étend jusqu’au sixième volet), réputée comme le meilleur segment de la saga d’un point de vue scénaristique.

Penchons-nous d’ailleurs sans plus attendre sur les fondements de ce Dragon Quest : L’épopée des Élus, ce dernier ne s’embourbant aucunement dans des scènes d’introduction et autres cut-scenes revues et corrigées. En effet, l’épisode estampillé DS reste particulièrement sobre dans sa mise en situation, Square Enix ayant eu le souci de rester au maximum fidèle à la production originale et à l’implication directe du joueur dans l’aventure. De ce fait, on prend très rapidement les commandes, afin de laisser libre court à l'un des points pertinents de la série : l’exploration. Sans se cantonner à des fondements ultra classiques d'un RPG des années 90, Dragon Quest IV propose une progression particulièrement originale, tout du moins pour les premières heures de jeu. En effet, le cheminement se morcelle en plusieurs chapitres, reprenant ainsi le principe d’un roman. Les quatre premiers retraceront les pérégrinations de quatre personnages différents, expliquant les raisons pour lesquelles ils sont poussés vers la grande aventure à travers le monde. C’est donc à partir du cinquième chapitre que chaque scénario se rencontre et que l’équipe finale se solidifie.

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Le plus attachant dans ce concept se matérialise dans l’immersion de la vie de chaque protagoniste avant l’introduction de leur destinée de héros. De plus, que se soit le vieux chevalier Ragnar McRyan, la tzarine Alina, le badaud marchant Torneko Taloon ou encore la danseuse Mina et Maya la diseuse de bonne aventure, force est de constater qu’il ne s’agit pas là de critères taillés pour l’héroïsme. Et c’est bien là la force de cet épisode. Toujours est-il que chaque histoire est propulsée par des faits tout aussi naïfs qu’attachants, laissant libre court à la flânerie et à l’exploration des larges contrées ensoleillées.

Derrière ses apparences trompeuses, le soft se révèle particulièrement corsé, étant donné que nous commençons avec des personnages somme toute très faibles et mal équipés pour faire face aux premiers monstres de la carte du monde. Il sera souvent nécessaire de bien calculer ses quelques pièces pour acquérir les armes et armures adéquates, ainsi qu’une poignée d’herbes régénératrices. Le schéma reste similaire à ce que l’on peut voir dans les RPG classiques, nous laissant vaquer entre les villages, les grottes et autres donjons dans lesquels se trament de sombres méfaits. Vous passerez donc le plus clair de votre temps à tourner en rond sur la carte du monde afin de procéder  à d’irrémédiables séances de level up nécessaires à votre survie. L’histoire ne prendra un réel tournant qu’une fois votre équipe bâtie et que votre but d’éradication du terrible guerrier démon sera tracé. Au total, ce sera huit personnages qui composeront votre équipe, additionnés à quelques guests qui viendront vous prêter main forte l’espace d’une quête.

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L’épopée immersive

Bien que Dragon Quest : L'épopée des Élus reste globalement dans le schéma classique d’un RPG quelconque, l’immersion dont il fait preuve est particulièrement pertinente. En dépit du dirigisme du scénario, le soft offre une légère liberté de déplacements au joueur, le laissant explorer à son aise les différents recoins des villages, fouillant placards et autres bibliothèques en quête d’objets et d’informations secrètes. La carte du monde étant assez vaste, on se retrouve souvent à s’aventurer hors des sentiers battus, à la recherche d’un lieu caché recélant quelques pièces inestimables. On retrouve donc en ce point une certaine similitude avec Dragon Quest : L'odyssée du Roi Maudit, étant donné que les éléments maîtres de la licence sont sans cesse redressés dans tous les épisodes, ce qui explique sa renommée sur l’archipel nippon.

Les combats, quant à eux, se montrent très classiques puisqu’ils ne proposent pas d’options exotiques outre les sempiternels « attaquer », « magie », « objet » et « fuite ». De prime abord, on pourrait laisser croire que cette méthode est obsolète, mais comme le jeu puise sur son côté old school, le rendu se montre globalement digeste. Bien évidemment, la licence garde son angle de vue subjectif lors des phases d’affrontement, laissant la place belle aux ennemis. Par ailleurs, n’espérez même pas sélectionner à votre aise les monstres à attaquer car le jeu les englobe très souvent par race, laissant ainsi une sélection aléatoire. Peu évident pour établir une stratégie, certes, mais le résultat se montre tout de même très jouable et surtout peu handicapant. Toujours est-il qu’en cas de coup dur, la fuite reste possible bien qu’elle a la fâcheuse tendance à échouer. Profitant d’un rythme très prompt, les phases de combat se matérialisent moins comme des tares pour le joueur, surtout sur le long terme. Square Enix a d’ailleurs bien fait de conserver la simplicité de l’opus initial puisqu’il n’est pas rare d’enchaîner un grand nombre de batailles en peu de temps (sauf si vous avez les objets / magies adéquates pour minimiser les rencontres). Il est donc de bonne augure de conserver dans son inventaire quelques herbes médicinales en sus des éventuelles magies de soin et quelques stocks dans votre sac.

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Comme évoqué plus haut, les personnages côtoyés se présentent souvent comme des protagonistes banals mais néanmoins attachants. Le design d’Akira Toriyama et les sprites 2D aidant, le soft laisse la place à la rêverie, à l’imaginaire, à la lubie de vivre la folle aventure. Cette forte aura transforme n’importe quelle quête naïve en une épopée hautement enrichissante. Le chapitre mettant en scène Torneko en est un parfait exemple. Ce marchant rondouillard et quelque peu fainéant aura fort à faire avant de partir à l’aventure puisqu’il devra faire sa place en tant qu’homme. Père de famille, Torneko rêve de monter son propre magasin d’armes. Pour cela, il devra unifier deux royaumes prêts à entrer en véritable conflit. Ses ambitions et son goût pour les affaires aidant, notre fier badaud ira jusqu’à être le fournisseur officiel de la garde royale, avant de financer un ambitieux tunnel. Ce genre de scénario qui s’emballe crescendo donne une furieuse envie de continuer l’aventure, de vivre au travers du destin de chaque personnage.

Pour ceux et celles qui se sont déjà adonnés au huitième volet de la saga sorti précédemment en Europe, vous retrouverez en ce remake une foule de détails similaires : le cycle jour / nuit et les conséquences avec les monstres rencontrés et la vie dans les villages, les fameuses églises permettant de sauvegarder, des armes et armures similaires, l’apprécié chara-design de Toriyama, sans oublier les thèmes sonores très inspirés et résolument cultes de Kôichi Sugiyama. Ce dernier offre des compositions toujours en véritable osmose avec l’ambiance de la série, agrémentant encore l’implication du joueur dans l’aventure. Vous l’aurez compris, sous ses airs dépassés, Dragon Quest : L'épopée des Élus est un jeu d’exception. Et encore, vous n’avez pas tout vu.

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Adaptation aux petits oignons

Le dernier point que nous traiteront sera le premier dont vous serez sujet dès vos premières minutes de jeu : les graphismes. Le moteur physique, adapté du remake estampillé PSone sorti en 2001 au Japon, a été intelligemment adapté sur DS. En effet, le double écran aidant, il est possible d’avoir une visibilité bien plus éloignée grâce à sa confortable liaison. Il est ainsi possible de visualiser d’un coup d’œil une grande partie d’un village ou d’un étage de donjon. De plus, il est possible de faire pivoter la caméra à 360° simplement à l’aide des boutons L et R, offrant ainsi la possibilité de jeter un œil à chaque recoin des environnements côtoyés. Si l’on est un minimum curieux, certains trésors jouant avec la perspective sont identifiables par la rotation. Sur la carte du monde par contre, la vue passe à nouveau sur un écran, la partie supérieure servant à afficher l’étendue des continents, ou à zoomer sur la zone en cours de visite (ce qui est pratique pour identifier à l’avance les emplacements de villages, grottes, donjons).

Outre l’absence de compatibilité avec le stylet totalement compréhensible au vu de l’aspect général du soft, la prise en main classique se veut très réactive en dépit des déplacements de nos personnages identiques à la version originale, donc particulièrement dirigiste. Ce point sera sans aucun doute pardonné par la grande majorité des joueurs habitués aux anciens RPG utilisant le même procédé. Toujours est-il que le travail a été révisé en terme de finesse graphique par rapport à la mouture PSone, au niveau des artworks surtout, mais aussi en ce qui concerne les sprites et sa palette de couleurs légèrement plus vive.

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Pour ceux et celles qui restent assez réticents sur la durée de vie de cet épisode, sachez que vous en aurez résolument pour votre argent étant donné que la quête principale vous fera suer une bonne trentaine d’heures. Pour les plus perfectionnistes d’entre-nous, une foule de quêtes secondaires seront de la partie avec à la clé des objets rares et / ou des équipements surpuissants, tout en rencontrant des personnages inédits.

Bref, premier remake de Dragon Quest sur DS et Square Enix réalise un succès. Sans bafouer les qualités de la production originale, l’opus réitère la scénarisation qui a fait son succès au Japon, tout en proposant un moteur graphique adapté à la console portable de Nintendo. Avec sa palpitante immersion et la magie dont il fait preuve, ce quatrième volet s’inscrit très clairement comme l’un des meilleurs RPG sur DS.

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Dragon Quest : L'épopée des Élus est disponible à l'achat à partir de 34,99 €



+ Les plus
  • Moteur graphique pertinent
  • Gestion des écrans et de la caméra
  • Aventure alléchante
  • Durée de vie
  • Traduction française
- Les moins
  • Nécessite des phases régulières de level up
  • Rigidité des déplacements

Notes

  • Graphisme Directement adapté depuis la mouture PSone, le moteur graphique de Dragon Quest : L'épopée des Élus a tout de même été affiné pour s'adapter au mieux à la DS. On retrouve ainsi des sprites et des artworks extrêmement fins, accompagnés d'environnements riches et colorés particulièrement aguicheurs. De plus, la possibilité de pivoter la caméra à 360° est un véritable avantage à l'extension de vue via le double écran.
    8/10
  • Bande son Comme tout opus de Dragon Quest, on y retrouve Kôichi Sugiyama, le compositeur attitré de la saga. Ses thèmes se montrent en totale harmonie avec l'ambiance aventurière et épique de l'épisode, offrant une dimension immersive sans précédent.
    9/10
  • Jouabilité En dépit de l'impasse sur l'utilisation du stylet, ce remake propose une prise en main de très bonne facture. En dépit d'une interface austère, on prend plaisir à parcourir les contrées ensoleillées de ce monde palpitant. La progression étant à la fois classique et prenante, on pardonne allègrement les brides des déplacements. On appréciera la qualité de la traduction française de l'épisode, proposant même une syntaxe différente selon les accents des personnages.
    7/10
  • Durée de vie En ligne droite, il faudra compter une bonne trentaine d'heures pour clôturer cette longue aventure. Si toutefois vous aspirez à explorer les tréfonds de la carte, une foule de quêtes optionnelles avec à la clé des objets rarissimes et autres personnages inédits seront de la partie. Autant vous dire qu'il faudra veiller à recharger régulièrement votre console.
    8/10
  • Scénario Bien que les premiers balbutiements du scénario s'avèrent particulièrement naïfs, l'atmosphère Dragon Quest réussit encore une fois à impliquer le joueur dans l'aventure. Le fondement basé sur des chapitres aux destinées bien différentes évite une certaine redondance de la progression. De ce fait, on sent que l'on progresse par étapes avant de renouer avec l'équipe entière afin d'affronter votre destinée.
    7/10
  • Note générale En dépit de son statut de remake, Dragon Quest : L'épopée des Élus est un excellent élément pour la DS. S'adaptant fièrement aux deux écrans de la console, l'épisode ne bafoue en rien les vertus de la production originale en restant dans un contenu et une simplicité de gameplay similaires. La possibilité de découvrir l'une des pièces maîtresses de la saga n'est clairement pas à proscrire pour tout amateur de RPG qui se respecte, d'autant plus que l'épisode profite d'une traduction en bon et due forme. A conseiller chaudement, donc.
    9/10
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