Test Dragon Quest Monsters Joker

Le par Fabien H.  |  0 commentaire(s)
Dragon Quest Monsters : Joker - pochette

La célèbre licence Dragon Quest initialement conçue par Enix continue de s'occidentaliser, pour le bonheur des fans de série qui, avouons-le, vaut franchement le détour. Ici, point de réel nouvel épisode majeur puisqu'il s'agit d'un spin-off basé majoritairement sur le combiné élevage / combats. Dragon Quest Monsters : Joker sera-t-il finalement aussi addictif qu'il n'y paraît ? C'est ce que nous allons constater.

Un concept bien défini

Il aura fallu attendre plus d'un an pour voir arriver Dragon Quest Monsters : Joker en Europe, suite à la commercialisation nipponne et américaine. Néanmoins, Ubisoft s'est sérieusement occupé de la localisation, ce qui permet enfin de profiter du spin-off majeur de la série de Square Enix. En effet, la saga des Monsters date tout de même de 1998 avec un tout premier volet sorti sur GameBoy Color. Hormis une compilation sortie sur PSone, la série dérivée s'est uniquement emparée du marché des consoles portables (GBC, GBA, DS), ainsi qu'une fraîche production de 2007 réservée au marché de l'arcade et mise en avant à l'occasion du précédent salon Jump Fiesta.

L'Europe a commencé à prendre réellement conscience de la licence Dragon Quest avec le huitième volet intitulé L'odyssée du Roi Maudit, commercialisé sur PS2. En attendant Dragon Quest IX à venir sur DS, Dragon Quest Monsters : Joker nous propose de revivre le concept des captures / élevages de monstres, élément tiers de Dragon Quest VIII (l'arène de Mory). Les joueurs qui ont passé leur temps à fouiller les nombreux environnements à la recherche des monstres les plus rarissimes devraient être amplement comblés avec ce volet.

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Fort malheureusement, la trame scénaristique du soft se voit légèrement mise au second plan, privilégiant pour le coup la libre exploration et l'enchaînement de combats par centaines. Néanmoins, le titre débute avec une accroche somme toute bien fondée : vous incarnez un jeune garçon à la coupe hirsute (comme Akira Toriyama sait si bien le faire) qui se voit enfermer dans une cellule glaciale. Très rapidement, vous apprendrez que ce dernier a été emprisonné par son propre père, chasseur de monstres hautement réputé, pour avoir fugué dans l'unique but de participer au championnat des dresseurs.

Le paternel lui offre finalement la chance de participer au tournoi afin d'en apprendre davantage sur une  organisation aux sombres projets. Après avoir porté votre choix sur l'un des trois monstres de départ (ce qui n'est pas inconnu aux yeux des adeptes de Pokémon Diamant / Pokémon Perle), vous enfourcherez votre scooter des mers en direction de l'île organisatrice du fameux championnat. Dès lors, le scénario se montrera vraisemblablement transparent, ce qui vous offre le libre choix de vos destinations qui, dans le cadre où vous ne vous renseignez pas auprès des villageois, peuvent vous être fatales. Ce détail ne sera pas handicapant pour certains joueurs préférant passer d'interminables heures à effectuer des combats, mais suscitera chez les autres une certaine lassitude.

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La chasse à la palombe

Après avoir visité les lieux et vous être informé auprès des organisateurs du championnat et de quelques concurrents, vous apprendrez qu'il faudra revenir plus tard, le temps que les préparatifs soient menés à bon terme. Vous serez alors amené à sélectionner votre première île de destination dans le but de faire évoluer convenablement vos monstres afin de tenir la cadence face aux grands affrontements à venir. Le jeu vous laisse donc courir à votre aise dans la nature, vous proposant le temps d'appréhender à votre façon le principe de jeu. Par la suite, le concours vous amènera à récolter dix cristaux de Darkonium le plus rapidement possible afin de se qualifier pour le tournoi.

Bien que graphiquement apparenté à Dragon Quest VIII, le titre offre une progression entravée par des monstres totalement visibles dans les environnements que vous arpenterez. Ces derniers n'hésiteront pas à vous poursuivre s'ils vous aperçoivent. Cela vous incite donc à ne pas vous lancer tête baissée, slalomant fébrilement au beau milieu des créatures, espérant vous en sortir indemne. L'idéal est de réussir à prendre l'ennemi par surprise afin d'engager le combat avec un avantage certain. Le système d'affrontement reste quant à lui au tour par tour, sans fioritures supplémentaires. Le héros reste en dernière ligne afin de contrôler son équipe de monstres et éventuellement d'apporter une once de soutien avec des objets de soin ou de guérison de statuts handicapants.

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Vous avez à disposition deux possibilités de combat : soit vous procédez à une charge générale durant laquelle chaque créature alliée jette son dévolu sur les ennemis dans l'ordre et de la façon dont elle le souhaite, soit vous dirigez vous-même les actions de chaque membre. Dans ce dernier cas, vous pourrez sélectionner les attaques physiques, magiques, ou encore effectuer une charge de tension destinée à booster l'attaque au prochain tour. Néanmoins, vous effectuerez tellement de combats que vous finirez par instaurer des tactiques à chacun de vos trois alliés, privilégiant l'un d'entre-eux aux soins et les deux autres à la charge. Le concept reste donc enfantin à prendre en main et on soulève assez rapidement un certain manque de richesse. Par exemple, on aurait apprécié avoir l'opportunité de splitter entre ses monstres en cours de combat, permettant de ne pas laisser son équipe se faire décimer par des ennemis souvent bien coriaces.

En contrepartie, le système de dressage est bien instauré puisqu'il se base sur le pouvoir de persuasion de votre équipe. En combat, chacun de vos monstres va tenter d'impressionner l'ennemi désiré. Cela se mesure en pourcentage auprès de l'adversaire, prenant en compte son niveau et celui de vos créatures. Le plus intéressant se situe dans le fait qu'il n'est pas nécessaire de culminer aux 100% (ce qui est quasi-impossible), puisqu'une action convaincante de 50% vous laisse une chance sur deux de pouvoir gonfler votre réserve à bestioles. En partant de ce principe, même une persuasion de 15% peut être bénéfique, si la chance vous sourit. Si l'action échoue, vos ennemis se vexeront, augmentant ainsi leur tension et donc leur puissance d'attaque de façon immédiate. La fonction se révèle donc à double tranchant et il faudra être hautement vigilant avant de tenter de recruter un monstre particulièrement fort.

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À partir d'un certain niveau, des points de compétence seront attribués à vos créatures. Il faudra donc les dispatcher intelligemment en fonction des attributs que vous comptez développer. Par exemple, une créature comportant un nombre assez important de MP serait idéal en tant que soigneur. Cela dit, chacune d'entre-elles dispose de trois familles de capacités bien distinctes, ce qui restreint quelque peu vos choix.


Mr et Mme Slime ont un fils

Une fois les premières heures de combats chevronnés menées à bien, vous commencez à exprimer le souhait de mettre la main sur de nouvelles créatures afin de gonfler votre abominable galerie. Pour cela, il faudra vous rendre dans l'un des centres de dressage disponibles à l'entrée de chaque île. C'est en ces lieux que vous pourrez sauvegarder, mais également vous reposer afin de passer du cycle de jour à celui de la nuit (et vice-versa), dans le but de trouver des monstres différents et parfois inédits. Tout comme dans DQVIII, les ennemis sont plus puissants pendant la nuit qu'au cours de la journée, ce qui permet une accumulation d'expérience plus importante pour votre équipe.

Un conseiller vous permettra également de gérer votre réserve non accessible depuis le menu du jeu. Ainsi, vous pourrez établir votre équipe à l'aide des monstres précédemment dressés, ainsi que vos trois remplaçants disponibles à tout moment où que vous soyez. Cela vous semblera rapidement très étroit, compte tenu du nombre de créatures que vous capturerez au fil de l'aventure. Vous reviendrez donc très souvent au centre de dressage pour modifier votre escouade, ce qui peut être très redondant, surtout lorsqu'on a pas encore acquit le sort de téléportation.

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Le troisième atout majeur de ce centre de dressage se situe dans la synthétisation de monstres. C'est donc par cette méthode qu'il est possible de « fusionner » deux monstres afin de créer un nouveau, parfois rare. Pour effectuer convenablement l'opération, il faut que vous ayez un monstre mâle et un monstre femelle de niveau 10 ou supérieur, afin de donner naissance à une nouvelle créature, caractérisée par son grade de F à X. Selon vos combinaisons, vous aurez souvent le choix entre trois créatures résultantes. Il faut savoir que vous perdez les parents initiaux, mais vous conservez leurs compétences qui pourront être greffées au nouveau-né. Ce dernier sera de niveau 1 mais vous vous apercevrez qu'il évoluera bien plus rapidement que les monstres que vous avez capturés. À terme, plus vous synthétisez vos monstres, plus vous disposerez d'une équipe puissante.

Le principe se montre addictif à un tel point que vous passerez le plus clair de votre temps à constituer une équipe digne de ce nom, tout en tentant de dresser le moindre ennemi des îles Archibelles. De toute façon, le jeu est conçu de manière à vous obliger à faire évoluer vos créatures puisque les ennemis rencontrés sont de plus en plus puissants. Faire l'impasse sur ce point risque de vous amener irrémédiablement vers l'extermination de votre équipe, tout en vous délestant de la moitié de votre or. Cela pose forcément problème, puisque la monnaie du jeu sert à être utilisée dans l'achat d'armes pour vos monstres ou dans les objets de guérison. Cela dit, un distributeur est à votre disposition, permettant de placer votre magot en lieu sûr, au cas où l'impensable se produirait.

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Plus de contenant que de contenu ?

Les joueurs européens seront très probablement légèrement déroutés par Dragon Quest Monsters : Joker. Malgré une esthétique proche de Dragon Quest : L'odyssée du Roi Maudit, le contenu se montre totalement différent puisqu'il ne se concentre aucunement sur un scénario aux multiples rebondissements. On se contente juste de progresser dans les différents environnements du jeu, engageant des combats à répétition pendant de longues heures, afin de monter une véritable dream team à faire pâlir les néophytes. Les quelques scènes scénarisées se montrent pour le coup particulièrement espacées et souvent dénuées de charisme.

Et pourtant, le rendu visuel du titre se veut époustouflant. On évolue ainsi dans des décors Cel-Shadé très colorés, conçus par le père de Dragon Ball, Akira Toriyama. L'identité du jeu se montre donc très présente, d'autant plus que Koichi Sugiyama est à nouveau sur le pied de guerre, composant les célèbres fanfares de la saga.

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Tandis que la DS nous habitue désormais à se munir du stylet dans ses jeux, le titre de Square Enix ne se focalise que sur une utilisation classique à la croix directionnelle, laissant le glissement de la carte pour seule fonction tactile. De ce fait, les déplacements de votre personnage se veulent très rigide, ce qui alourdit quelque peu votre avancée. De plus, le mode multijoueur en ligne via le CWF se caractérise par des combats extrêmement restrictifs puisque le CPU se chargera d'effectuer les combats à son aise contre les monstres d'un autre joueur, nous faisant passer du statut d'acteur à celui de spectateur. Pour s'amuser en multijoueur, il faudra se tourner vers le local à deux, permettant de mesurer ses équipes surpuissantes.

En dépit de ces quelques lacunes, le jeu se veut particulièrement accrocheur dans le cadre où l'on se caractérise comme un fan de Dragon Quest, de la série des Pokémon, où encore un habitué du RPG peu indulgent.

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Dragon Quest Monsters : Joker est disponible à l'achat à partir de 36,99€.


+ Les plus
  • Un moteur graphique époustouflant.
  • Le concept dressage / fusion très prenant.
  • Assez bonne durée de vie.
- Les moins
  • Une maniabilité laborieuse.
  • Le manque de richesse des combats.
  • Scénario qui s'évapore.
  • Un mode en ligne dans les choux.
  • Quelques erreurs de traduction.

Notes

  • Graphisme Le moteur graphique en Cel-Shading est tout simplement une réussite. Les décors et animations se veulent propres et sans ralentissements. On retrouve une foule de monstres finement modélisés, dégageant une certaine identité. Le talent d'Akira Toriyama a à nouveau fait ses preuves, sans avoir été dénaturé par le passage sur DS.
    8/10
  • Bande son Le compositeur de la saga entière reprend du service, élaborant à nouveau les hymnes ultra-connus de la série, nous immergeant en partie dans l'ambiance des précédents volets.
    7/10
  • Jouabilité Square Enix n'a pas désiré jouer dans la fioriture dans ce nouvel opus, délaissant pour le coup de façon quasi-totale l'utilisation du stylet. De ce fait, les déplacements de notre jeune héros se veulent saccadés par la prise en main à la croix directionnelle, alourdissant partiellement le plaisir de jeu. Cela dit, les combats s'avèrent pour le coup plus intuitifs, accélérant irrémédiablement les actions.
    6/10
  • Durée de vie Les joueurs avides de dressage de monstres en auront pour leur argent puisqu'il est possible de capturer / créer plus de 200 créatures. À terme, vous pourrez défier vos amis en multijoueur local afin de certifier qui a la plus grosse. La possibilité de jouer en ligne via la CWF restera anecdotique, au vu le l'intérêt fortement limité de ses combats.
    7/10
  • Scénario Le titre ne s'oriente clairement pas vers un scénario bien ficelé puisqu'il se focalise essentiellement sur la liberté du joueur de visiter les différents continents du jeu tout en s'adonnant à son inépuisable envie de collectionner toutes les créatures cachées dans les entrailles du soft. Ainsi, la petite accroche d'entrée de jeu fera ensuite place à des phases purement anecdotiques et très dispersées.
    5/10
  • Note générale Dragon Quest Monsters : Joker ne s'adresse clairement pas à tout le monde. En effet, le spin-off diffère fortement de la saga originale, se focalisant uniquement sur la gestion des monstres et l'accumulation des combats, délaissant l'once de scénario établie. Si l'on adhère au concept, le titre se veut clairement addictif et l'on ne s'ennuie pas une seule seconde. Au contraire, le joueur s'attendant à un RPG de caractère et au scénario immersif risque d'être bien déçu.
    7/10
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