Test FEAR

Le par Franck P.  |  0 commentaire(s)
Article n° 116 - Test de F.E.A.R. (120*120)

F.E.A.R est le premier jeu mêlant les genres FPS et survival-horror. Le cocktail détonnant qui en résulte est un sublime jeu, procurant des sensations comme peu d'oeuvres, vidéo-ludique ou même cinématographiques, en sont capables. Reste à savoir si vous être prets à découvrir les angoisse du joueur de F.E.A.R..

Présentation

Lorsque l’on découvre F.E.A.R., on est tout d’abord conquit par l’esthétisme et la volonté affichée de faire entrer le joueur dans un monde, loin d’être original, mais captivant voire envoutant. L’expérience de ce jeu vous transporte dans les mêmes abimes que ceux visités par les plus grands films d’épouvante. Chacun a sa référence, mais l’essentiel est qu’ici, c’est vous l’acteur ! Et aucun film ne vous immerge autant dans son univers. C’est cela l’expérience F.E.A.R.


ASPECTS TECHNIQUES DU JEU ET GRAPHISMES

F.E.A.R est un FPS de tout premier ordre dans le domaine graphique. En fait, seul un Call of Duty 2 peut rivaliser avec le jeu de SIERRA.

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La mission qui vous est confiée est de débusquer un être parmi les plus dangereux et accompagné d’une escouade suffisamment équipée pour vous poser de sérieux problèmes. En outre, la recherche de ce but vous conduit à en apprendre un peu plus sur votre passé. Le monde dans lequel vous êtes plongé est un mélange de champs de bataille et de manoir hanté où les apparitions, nombreuses, ponctuent votre parcours.
Le scénario est assez simple et ne constitue qu’une mince trame au déroulement du jeu. Certes des objectifs de missions vous sont assignés, mais nul besoin de les suivre puisqu’il suffit de terminer le niveau pour les réaliser. En fait vous subissez l’histoire sans avoir la possibilité de la modifier par vos décisions (je te tue…ou pas '). Ce parti pris pour un scenario unique n’entrave en rien l’immersion qui est principalement basée sur l’action et l’atmosphère unique.

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Les textures, tant au niveau des décors que des adversaires ou personnages évoluant dans le jeu, sont très fouillées et l'on peut s'approcher pour voir d'un peu plus près sans craindre de voir apparaitre un quelconque pixel. De ce point de vue là, rien à redire sur ce soft. De même, les animations sont de très bonnes factures. Les mouvements et postures des différentes équipes de choc venues pour vous empêcher de progresser sont très crédibles et permettent au joueur de pénétrer au mieux dans l'ambiance lorsque celle ci se prête à l'affrontement. Il n'est pas rare de voir un agent des forces de police s'agenouiller ou même ramper pour, soit vous mettre plus facilement en joue, soit pour se cacher et vous attendre derrière un tas de caisses négligemment oublié au milieu de la pièce.

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A ce titre, l'intelligence artificielle de vos adversaires a été soignée et leur permet de vous donner du fil à retordre (parfois beaucoup). Ils ont a leur disposition plusieurs techniques : vous laisser venir et vous mettre à découvert, vous débusquer en vous jetant une grenade, envoyer un ou deux sbires au suicide pour tenter d'ouvrir la voie et connaître votre position ou enfin s’essayer à la technique du "je t'attends d'un coté et je fais le tour de l'autre en même temps histoire de te prendre à revers". Cependant cette dernière est rarement utilisée vu que votre progression est très linéaire dans le jeu et qu'il est offert peu de possibilités d'utiliser plusieurs chemins.

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Jouabilité

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Les temps de chargement quant à eux sont limités pour un jeu où les cartes ne sont pas immenses mais qui vous permettent d'évoluer pendant une demi-heure sans changer de niveau. Il faudra compter 1 à 3 minutes entre chaque niveau plus quelques chekpoints habilement répartis tout au long de votre périple (très utiles pour les plus étourdis et complètement accessoires pour les plus prévoyants). Cela permet donc à ce titre de conserver un rythme toujours important sans vous plonger dans d'interminables attentes, votre écran scotché sur une page "chargement en cours merci de patienter" qui rappellent parfois les interminables queues que l'on peut faire à la sécurité sociale un jour de grande affluence....Que nenni, rien de tout cela ne vous sera infligé ici. En plus, lors des pages de chargement, vos objectifs de mission vous sont assignés ainsi que quelques tips qui ne vous serviront guère il faut bien l'avouer, mais qui rendent votre attente encore moins longue.

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Toutefois, et malgré les nombreux éloges auquel peut prétendre ce jeu, la partie technique constitue une faille majeure. La gestion graphique est ainsi faite que, pour pouvoir y jouer confortablement, il vous faudra disposer d'une config de bon niveau. En clair, si votre PC ne dispose pas d'un minimum de 1 Go de Ram (voire 1,5 Go si possible), que votre processeur n'est pas assez performant et qu'il n'est pas couplé à une carte graphique ayant de bonnes performances votre jeu ressemblera à un film des années cinquante ou les images se succèdent sans pouvoir y déceler une hypothétique fluidité. De ce point de vue, F.E.A.R. participe lui aussi à la course à l'armement toujours plus sophistiqué, et donc cher, que se livrent les industriels de l’informatique.

Sans cela, le jeu ne cesse de ralentir dès que vous bougez. Ce « détail » peut être gênant pour un FPS où la précision du tir est une donnée importante. Cela est d’autant plus vrai que le ralentissement augmente en même temps que le nombre d'ennemis affichés à l'écran.

On ne peut s'empêcher de penser toutefois que la programmation du jeu n'a pas été optimisée. D'autre jeux s'en sortent aussi bien en terme de graphismes, voire mieux, pour des configurations plus en rapport avec les standards actuels.

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De même, et toujours dans le domaine de la gestion des graphismes, les effets de fumée sont loin de combler le joueur. Vous avez beau mettre tous les paramètres d'optimisation de la résolution au maximum, rien n'y fait. La sensation que vous ressentez n'a rien de celle d'un individu entouré de fumée mais plutôt celle d'un épais brouillard très opportun sur les bords de la Tamise mais qui n'a aucune raison d'être dans le déroulement normal du jeu.


JOUABILITE

La jouabilité de F.E.A.R. est totalement conforme à ce qu'un " jeu de tir à la première personne " est sensé proposer. Après la traditionnelle configuration des touches du clavier qui permet de se sentir à l'aise et éviter les luxations du pouce, la prise en main se fait naturellement. Les premiers niveaux sont tout ce qu'il y a de plus progressifs et permettent de se plonger dans l'univers inquiétant de F.E.A.R.. D’ailleurs, pour peu que votre progression soit rapide au cours de la première mappe, vous passez pratiquement plus de temps à admirer les cinématiques et animations qui jonchent votre parcours qu'à vraiment tirer sur tout ce qui bouge. Ainsi, même les moins aguerris ont envie de poursuivre l'aventure.

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Difficulté

La difficulté de F.E.A.R. est donc progressive. Mais le jeu devient très vite redoutable voire diabolique, et ce même si vous choisissez le niveau normal. Il est donc à prévoir de recommencer un certain nombre de fois quelques passages avant d'arriver à vous en sortir sans trop de dommages.
En fait, dans la plupart des cas, vous arrivez dans des endroits à découvrir petit à petit et où quelques ennemis apparaissent au fur et à mesure que vous avancez ce qui vous permet de les éliminer uns à uns ou deux par deux sans trop de problèmes. SIERRA a cependant pensé qu'il fallait tester un petit peu notre habileté à nous extirper de situations complexes, ce qui les a amené à nous insérer quatre ou cinq gros passages où vos ennemis sont nombreux et le terrain peu favorable (à découvert ou au contraire pleins de recoins). Cette alternance de passages plus ou moins durs constitue plutôt un atout car si elle tient en éveil le joueur, elle ne l'use pas à force de trop nombreux et difficiles affrontements.

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En outre, même si la difficulté à passer certains stades est relevée, les armes qui sont à votre disposition vous permettent toujours de vous en sortir si tant est que vous disposez des bonnes. Car si le nombre d'armes n'est pas exagérément important (une petite douzaine d'outils allant du simple pistolet au mini lance rockets) vous ne pouvez par ailleurs pas les stocker. A vous d’en choisir 3 (pas forcement toujours les mêmes) et d’établir un choix judicieux afin de garder un équilibre entre la puissance et le nombre de munitions.

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Le nombre relativement limité de recharges pour vos meilleures (et seules) amies vous mène également la vie dure. Ce savant cocktail fait donc qu’il est préférable, par moment, de jouer à F.E.A.R. comme un jeu d'infiltration plutôt que d'aller à la guerre sans retenue. Il sera très utile d'avancer à pas de velours puis observer les lieux avant de décider d'engager l'affrontement et en tentant au moins pour le premier adversaire un " head shot " salvateur de munitions.


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Enfin et toujours dans la série des avantages du gentil joueur face aux nombreux méchants d'en face, vous pourrez utiliser un ralentissement de l'action à la MATRIX et dénommé pour l'occasion SLOW MOTION qui vous donnera un avantage indéniable. Cela étant, il n'est pas vraiment utile avant la dernière ligne droite du jeu voire même plutôt perturbant tant qu'on ne le maitrise pas totalement. Car le passage en mode Slow Motion déclenche une jauge qui diminue vite (même si vous pourrez améliorer ce délai par de petites piqures de stimulants) et il est fréquent de se retrouver au milieu du carnage avec une action qui repasse en vitesse normale et des ennemis à peine moins nombreux mais très énervés que vous les ayez dérangés. Un petit temps d'adaptation ne sera alors pas inutile si vous souhaitez éviter ce type de désagréments.

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Le système de sauvegarde quant à lui est résolument un facteur facilitant de votre progression. Vous pourrez en tout lieu et à n’importe quel moment décider de sauvegarder votre partie. Cela vous évitera de recommencer un niveau entier mais coupera également l’ambiance du jeu. Chacun y trouvera toutefois son compte, le joueur n’étant pas « forcé » de sauvegarder tout le temps et pouvant gérer ce paramètre à sa façon.

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Ambiance

AMBIANCE et BANDE SON

L’ambiance de F.E.A.R. est sans conteste le point fort du jeu et peu à elle seule justifier l’achat de ce soft.  Tout est fait dans le jeu pour que votre esprit plonge dans son univers terrifiant. Il vous est fortement conseillé, pour profiter de l’intégralité des ingrédients que nous a cuisiné l’équipe de développeurs, de jouer dans une pièce sombre et avec un casque ou un système vous enveloppant des innombrables sons suspects et de la musique parfaitement en accord avec l’action.


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Car rien n’a été oublié (et rien ne vous est épargné) pour faire de votre aventure une longue marche au pays de la peur. Les ombres, même la vôtre, vous prennent par surprise. La musique ralentit et se fait plus discrète pour mettre en évidence un crépitement, un gémissement ou bien un souffle qui vous parait pratiquement se poser sur votre nuque.
Les nombreuses apparitions d’esprits ou créatures improbables vous surprendront à tous les coups. Après une petite heure de jeu on ne compte plus les fois ou l’on a senti son échine parcouru d’un frisson indéfinissable. Sur ce point le jeu rappelle le malaise que tout joueur a pu ressentir lors des deux premiers opus de Silent Hill et où chaque pas fait vous rapproche inexorablement de la prochaine découverte macabre.


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Certes, le cliché de la petite fille aux cheveux longs qui cachent partiellement son visage a déjà largement été utilisé par l’industrie du cinéma (The Ring et The Grudge notamment) mais cela n’empêche en rien le jeu d’atteindre son but. Il faut bien l’avouer, F.E.A.R. fait peur.

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Conclusion

CONCLUSION

En conclusion, F.E.A.R. est un excellent et subtil compromis entre le FPS pur et dur à la Half Life, le scenario et la progression très linéaire ne le mettant toutefois pas au niveau de son illustre prédécesseur, et le jeu d’épouvante approuvé par tous les cardiologues du monde. Certes le jeu ne laisse pas de place à l’humour, à l’intrigue (dès le début vous imaginerez très bien quelle peut être la raison de votre présence et quelle devrait être la finalité de tout cela) ou bien encore à la résolution d’énigmes obscures. L’effet oppressant qu’exerce F.E.A.R. sur le joueur induit tout au long du jeu l’angoisse que de nouvelles apparitions fassent irruption et vous glacent le sang. Malgré cela l’envie de toujours en voir un peu plus est indéniable et ce en dépit du fait que ce qui vient ensuite est peut être encore pire que ce que vous venez de passer…

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Une trentaine d’heures de jeu vous est donc proposée. Si d’aventure votre envie de vous faire peur est bien réelle, n’hésitez pas un instant F.E.A.R. est un jeu fait pour vous. Parfois l’inquiétude viendra même de le lancer,  sachant pertinemment la dose d’adrénaline que ce dernier vous procurera. Mais au final, votre envie d’y gouter à nouveau, ne serait ce qu’un petit peu, prendra le dessus sur tout le reste. Prévoyez la lampe de poche, ça peut toujours servir…



Notes

  • Graphisme F.E.A.R. est vraiment très beau, hormis quelques petits défauts que l'on oublie aisément. Dommage qu'il faille posséder une telle config pour y jouer correctement.
    8/10
  • Bande son Parfait. Toujours en phase avec le déroulement du jeu. Les musiques ne sont pas nombreuses mais sont de très bonne qualité. Quant aux nombreux bruits (craquements, voix, objets percutés, etc...) ils participent pleinement à l'ambiance sonore.
    9/10
  • Jouabilité La jouabilité est excellente. Les commandes permettent au joueur d'effectuer toutes les actions nécessaires. Que demander de plus?
    9/10
  • Durée de vie Le jeu vous tiendra en haleine une trentaine d'heures pour le mode solo. L'intérêt de F.E.A.R. résidant particulièrement dans l'atmosphère, le mode multijoueur reste accessoire.
    7/10
  • Scénario Le déroulement est très linéaire comme le scénario. L'histoire reste bien ficelée tout de meme mais un peu simpliste.
    7/10
  • Note générale Le mélange de plusieurs types de jeux dans F.E.A.R. en fait un produit à part. Même les moins portés vers le FPS peuvent y trouver un intérêt. L'ambiance oppressante et la finesse générale des graphismes finissent de vous envouter.
    8/10
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