Test Ghost Recon Advanced Warfighter 2

Le par Alain L.  |  0 commentaire(s)

Un peu plus de quatre cent jours après la sortie du jeu originel, Ubisoft n’a pas tardé à remettre le couvert afin de nous délivrer un second opus plus peaufiné et travaillé. Bien que les versions PC et Xbox 360 partagent le même nom, de nombreuses différences les séparent très clairement et nous allons tenter de voir si ces dernières confèrent au titre PC de réelles motivations.

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Un portage comme les autres ?

Trop souvent, les développeurs n’hésitent pas le moins du monde à nous fournir à tour de bras des portages effectués à la va-vite, sans prendre ne serait-ce qu’une seconde le soin d’apposer un gameplay adapté au support.

Les échecs sont dans la plupart du temps issus des quelques différences séparant PC et consoles next-gen. "Architecturalement" parlant, ces deux univers sont en théorie proches, néanmoins en faisant appel à une structure unifiée et unique les consoles parviennent sans l’ombre d’un doute à se démarquer des micro-ordinateurs.

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Des textures tantôt fines, tantôt floues

Ces différences semblent avoir frappé le développeur français qui a eu la bonne idée de développer une version PC bien différente de la version next-gen (Xbox 360/PS3). Comme son illustre prédécesseur, le jeu se déroulera entièrement en vue subjective et non à la troisième personne. En tant que PCiste acharné, j’aurais tout de même aimé pouvoir alterner entre les deux vues afin de discerner au mieux l’environnement.

Au final ce difficile choix n’aura aucune incidence sur le joueur qu’il soit amateur de FPS ou joueur confirmé. Cette perspective permet au contraire d’immerger le joueur dans l’aventure et de l’impliquer dans les confrontations militaires.



Bienvenido a México

En tant que suite directe, Ghost Recon : Advanced Warfighter 2 nous replonge très rapidement dans le conflit opposant Etats-Unis et Mexique. Ces proches voisins ont été, je vous le rappelle, victimes de l’ambition d’un général américain ayant tout bonnement l’intention d’empêcher un accord politico-militaire, jusqu’à même planifier un coup d’état.

Bien que l'on ait été capable d’éviter un conflit nucléaire via la capture des codes de lancement et de la mort du Général Ontiveros, ces exploits n’ont pas été en mesure d’apaiser sereinement les esprits. Sur place, on retrouvera Scott Mitchell, emblématique leader des Ghosts et soldat expérimenté.

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Compenser l'antialiasing avec du flou, une méthode fort discutable

Il devra mettre en place une efficace contre-offensive aux côtés de ses coéquipiers tous aussi entraînés. Les Mexicains ayant décidé de fouler et d'envahir le sol américain, les Ghosts sont envoyés au beau milieu des lignes ennemies, prêts à en découdre.

A l’instar du tout premier opus (2001), le joueur pourra choisir entre plusieurs coéquipiers dont les spécialités diffèrent. Selon le type de mission, il faudra de surcroît effectuer le bon choix. Contrairement à la version console, la présence du médecin a été supprimée pour des simples raisons de difficulté. Un système de sauvegarde rapide fera contre toute attente son apparition pour ne pas frustrer les joueurs moins aguerris.



Réalisme quand tu nous tiens

Les connaisseurs pourront pester sur cette criante absence qui frustre en général plus d’un joueur, toutefois cela relève un tant soit peu l’intérêt du jeu qui était à ses origines relativement stratégique et réaliste à la fois.

Pour une meilleure expérience de jeu, il est presque indispensable d’élever le degré de difficulté. Je conseille aux bons joueurs de choisir un mode difficile voire très difficile. A ce niveau, les ennemis se montrent bien plus réactifs et précis qu’à l’accoutumée, en général trois, quatre balles suffisent à nous mettre hors circuit.

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Le Major Scott Mitchell, soldat exemplaire ou Alain, hardcore gamer ?

Il faudra donc bien veiller à planifier nos attaques et surtout à utiliser la Cross-Com, un système permettant de donner des ordres directement au moyen du pointeur ou mieux encore de la carte satellite. Elle se montrera d’ailleurs d’une extrême utilité dans la mesure où nous ne connaissons pas avec concision la position des ennemis.

L’interface est minimaliste et efficace, elle rappelle logiquement le précédent opus avec en moins quelques artifices visuels pouvant se montrer parfois désagréables. L’impossibilité d’activer l’antialiasing restera toujours de la partie tout comme le support entier de la carte PhysX d’AGEIA.



La cohésion avant tout

Dès la première mission on peut se rendre compte que la version PC possède non seulement une identité visuelle propre, mais aussi des missions inédites réalisées avec parcimonie. Presque opposées, les deux versions diffèrent au final sur quatre points, les graphismes, les missions, la jouabilité et pour finir la mise en scène.

Ubisoft a trouvé le moyen on ne peut plus efficace de séparer accessibilité et réalisme. Les PCistes pourront se rendre compte que ce second opus a su conserver son charme et tirer indubitablement parti de ses origines vidéoludiques.

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Débarquement en zone hostile

En sa qualité de FPS, GRAW2 nous offre des combats ardus et en nombre dont l’issue dépend en premier lieu de notre comportement. Si l’on fonce tête baissée face à une mitrailleuse lourde, il est presque naturel de se retrouver aux portes du Paradis et de devoir recommencer au point de sauvegarde précédent.

Sur PC comme sur consoles next-gen, Ghost Recon fait la part belle à la prudence et à la stratégie. Privilégier la marche, bien utiliser la carte satellite ainsi que se couvrir à outrance sont les réflexes à adopter d’emblée. L’interaction du joueur gagne sensiblement en profondeur, désormais le Major Mitchell peut s’emparer des armes ennemies et mieux encore occuper des postes de mitrailleuse.



Des peaufinages à tout va

Ces actions peuvent paraître, comment dire, évidentes pour nous humains et citoyens du monde, néanmoins dans le précédent opus, il était techniquement impossible de les réaliser. Une bonne nouvelle donc pour les joueurs à la gâchette facile.

Toujours au niveau du gameplay, on pourra noter une plus grande flexibilité des mouvements du héros ainsi que de l’amélioration du Cross-Com, plus lisible et donc plaisant à utiliser. Dans l’ensemble, le modèle a été conservé puisqu’il ne présente à première vue que des mises au point.

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De courtes mais plaisantes introductions

Faire appel à des forces de soutien sera possible dans une certaine limite déterminée par les scripts de mission. Du drone volant au char d’assaut en passant par les frappes aériennes, tout cela restera malheureusement bien restreint. Conscient de la raréfaction des munitions, les développeurs ont eu la bonne idée d’apporter le MULE, un véhicule blindé de ravitaillement et de support léger.

Au niveau du level design, on pourra critiquer ouvertement l’absence d’une dynamique des ennemis dont le placement est systématiquement prédéfini et ne laisse ainsi place qu’à une faible rejouabilité. Les objectifs nombreux nous permettront d’entrer dans le vif du sujet, attention tout de même à ne pas courir dans des espaces trop ouverts, car la plupart du temps ce sont les snipers qui s’occuperont de notre cas.



Techniquement bon

Par rapport à son prédécesseur, le jeu gagne indubitablement en finesse et ne fait pas abstraction d’un gênant voile flouté. Ce dernier reste effectivement présent dans les modes d’affichage les plus élevés, excepté le fait qu’il soit mis à contribution dans les proportions savamment dosées.

On remarquera en premier lieu d’utilisation de textures haute-résolution visiblement plus finies que ses consœurs de la next-gen ainsi que l’apparition d’une dynamique environnementale plus élevée. Selon les interactions mécaniques, le décor agira en conséquence avec parfois quelques bizarreries.

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Ordres directs ou indirects, à voir selon les goûts et les situations

L’éclairage joue encore une fois un important rôle dans la bonne retranscription des décors, aube, aurore et nuit totale feront partie intégrante de notre voyage. La diversité des décors qu’ils soient montagneux, urbains ou industriel nous offre l’opportunité de voir du pays et d’entrer à pied joints dans un insidieux cercle meurtrier.

Le scénario simpliste est un prétexte aux futurs massacres que l’on perpétrera au nom de la sécurité et de la paix. Les alliés se montrent malheureusement toujours aussi inertes et font part d’une intelligence limitée notamment lorsqu’il s’agit de se mettre à couvert.



L'immersion, la clé du succès

Bien moins spectaculaire que l’itération console, cette mouture PC a le bon goût d’être adaptée comme il se doit au support tirant partie de la souris et des dernières avancées informatiques et plus précisément des processeurs double cœur.

Si les grandes mises en scènes se voient retirées c’est selon les développeurs pour apporter une dimension de réalisme plus proche du monde réel que d’un film d’action on ne peut plus fictif. La relative difficulté du titre en reboutera plus d’un, d’un autre coté cet aspect tient plus la route en terme de crédibilité.

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De jour ou de nuit, les missions restent très immersives

On pourra regretter que les animations soient limitées et parfois irréalisables en terme anatomique. Si les corps de nos ennemis respectent avec soin les inévitables lois de la physique, leurs articulations peuvent se permettre d‘effectuer des contorsions digne d’un homme élastique.

Les systèmes dynamique tels la fumée, les explosions ou encore les branches d’arbres ressortent du lot avec une mention très bien, à condition de posséder une carte PhysX ce qui n’est pas donné au vue de sa prestation et surtout de son prix.



Essai transformé

La campagne solo fait état de dix longues missions reparties à travers trois grands actes. Il faut l’admettre, c’est très peu au regard de la concurrence. Par opposition, le mode multi-joueur se montre quant à lui complet et digne d’intérêt dans le sens où il nous permettra de vivre des combats presque réels.

L’ensemble bénéficie d’un univers sonore puissant et inquiétant à la fois. Des timides fonds sonores aux révélateurs thèmes d’action, le jeu ne fait visiblement pas dans la dentelle. Tom Salta est une fois de plus aux commandes de la bande sonore, et cela semble lui réussir à merveille.

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La guerre et ses conséquences

Les bruitages savent dévoiler leur toute puissance et démontre à quel point une arme à feu peut être mortelle et bruyante. Les doublages sont dans l’ensemble réussis et digne de  ce nom, hormis les quelques scripts qui se révèlent de temps à autre superficiels.

A n’en pas douter, GRAW2 est bien le jeu qu’attendait les fans et les PCistes en tout genre. Un an après son succès, la série a su relever le défi qui lui était imparti et ce malgré les quelques faiblesses en terme d’IA et de mise en scène.



+ Les plus
  • Excellente qualité visuelle
  • Univers sonore réussi en tout point
  • Jouissif réalisme stratégique
  • Mode multi-joueur consistant
- Les moins
  • Machine de guerre requise
  • Intelligence artificielle faiblarde
  • Scénario trop court
  • Scripté à souhait

Notes

  • Graphisme Comme toujours, la série sait se montrer gourmande en ressources et demande par conséquent de posséder une machine de guerre. Les heureux possesseurs de puissants PC pourront profiter pleinement de leur achat, néanmoins les PC modestes ne sont pas oubliés puisqu’ils bénéficient d’une flopée de réglages afin de fluidifier le jeu. Sans atteindre des sommets, GRAW2 possède un moteur graphique à la hauteur des espérances et se permet de nous fournir un excellent réalisme visuel.
    9/10
  • Bande son De ce point de vue, Ubisoft a su tirer parti de l’univers de la guerre en nous octroyant des puissants bruitages et une bande sonore hollywoodienne. L’ensemble prend rapidement forme et nous convie à rester le plus longtemps possible dans le jeu. De la simple mise à feu d’une arme de première catégorie aux explosions d’une voiture environnante en passant par le sifflement des balles, rien n’a visiblement échappé aux développeurs. Avec un compositeur de ce calibre, le jeu ne pouvait que bénéficier d’une excellente musique inspirée du premier opus. Ce mélange d’instruments électroniques, acoustiques voire symphoniques abouti à un ensemble juste et impressionnant par sa stature. Le doublage de qualité montre à quel point le jeu bénéficie d’un soin tout particulier dans sa réalisation.
    9/10
  • Jouabilité Après avoir bénéficié de nombreux peaufinages, le gameplay prend désormais tout son sens. Accompagné d’une réactivité au poil et de contrôles précis, le concept ne se montre inférieur qu’à de très rares occasions. L’interface, la carte satellite ou plus banal encore les menus sont réalisés avec intelligence. En parlant d’intelligence, on pourra justement noter la faiblesse comportementale de nos alliés s’apparentant dans la majorité des cas à une force de support.
    8/10
  • Durée de vie Un peu trop scriptées, les missions solo permettent tout du moins de se faire une très bonne idée du concept général, un concept aux fondations saines et on ne peut plus explicites. Au nombre de dix, ces missions savent se déjouer des rébarbatifs scripts afin d’apporter une longévité supérieure, ainsi qu’un semblant de rejouabilité. Le mode multijoueur saura néanmoins contribuer à augmenter de façon substantielle la durée de vie du titre.
    6/10
  • Scénario Nous faisons ici face à l’un des points faibles du jeu, le scénario. Simpliste mais sagement exploité ce dernier a le bon goût de justifier en temps et en heure les heures qu’on aura passé face à notre PC. Le contexte futuriste appuie avec une certaine retenue l’exploitation de technologies militaires, ce dont le joueur raffole incontestablement.
    6/10
  • Note générale Au passé très chargé, la série ne pouvait faire l’impasse sur l’univers PC. Sachant que ce dernier la littéralement propulsé aux sommets du genre, le développeur n’avait aujourd’hui d’autre choix que de venir s'imposer. En dépit de ses faiblesses, le concept porte en lui de nombreuses attentes qui, on l’espère, seront réalisées dans un futur proche. En attendant, le jeu a accompli pleinement sa mission et on ne peut que le féliciter. Ses nombreuses qualités lui confèrent un charme unique et le rendent presque indispensable.
    8/10
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