Test Gundemonium Collection

Le par Gael B.  |  0 commentaire(s)
Gundemonium Collection (1)

Le shoot them up ne veut pas s'avouer vaincu par le temps qui passe, celui qui rend les joueurs de moins en moins volontaires à aller esquiver des boulettes envoyées par des ennemis sortant de nulle part. Sony Online Entertainment nous offre l'occasion d'adopter, à des tarifs très convenables, trois titres de ce genre qui n'ont aucune autre prétention que celle de nous faire passer de courts mais bons moments devant notre PS3.

Gundemonium Recollection

Secteur bien sûr estimé par une certaine frange de joueurs mais ne s'épanouissant plus dans le domaine commercial depuis bien longtemps, le shoot them up n'est pourtant pas une catégorie totalement délaissée par les éditeurs. Sony Online Entertainment (SOE) a ainsi donné la chance à Platine Dispositif (des Japonais) de faire connaître aux détenteurs de PS3 quelques-unes de leurs productions indépendantes, ici Gundemonium Recollection, GundeadliGne et Hitogata Happa, des jeux de tir à l'esprit très nippon contenant du scoring et des boulettes à gogo. Nous allons maintenant décortiquer ces trois titres sortis il y a peu sur le PSN (en lot ou à l'unité), même si nous avouerons ne pas être de grands spécialistes en "shmup".

Gundemonium Recollection
est le second volet de cette trilogie (si on occulte le fait que la mouture originale du jeu soit sortie avant les autres représentants de cette compilation), et certainement pas le plus moche. Son aspect graphique, ou plutôt sa réalisation, est ce qui frappe d'emblée dans ce jeu, où on nous balance des personnages et ennemis très colorés, fins et surtout imposants. Les possesseurs de petit écran SD (et ils existent encore) seront donc aux anges, s'ils ne sont pas tatillons sur le character design. Rien de folichon de ce côté-ci, Gundemonium Recollection reste un maniac shooter dans la veine des Touhou, c'est-à-dire un titre pas vraiment révolutionnaire dans l'esthétique ni dans le gameplay mais sympathique à jouer, et surtout demandant des réflexes pour le moins aiguisés.

Gundemonium Collection - Gundemonium Recollection (1) Gundemonium Collection - Gundemonium Recollection (2)

Deux personnages sont sélectionnables au départ, et le choix des débutants ou des testeurs en manque de temps se portera fatalement sur Seika, capable de tirer dans plusieurs directions à la fois contrairement à Eryth ne pouvant que lancer des projectiles droit devant elle (Seika n'étant que l'une des "Matrices" mises à votre disposition, chacune ayant un armement distinct). Le mode de difficulté Novice, logiquement plus abordable que les autres, vous demandera pourtant une certaine attention et de faire parler vos armes avec justesse et précision. Des armes qui ne pourront malheureusement pas être upgradées en cours de route, il faudra donc faire uniquement confiance à votre connaissance parfaite du parcours ainsi qu'à votre dextérité pour parvenir au bout des cinq mondes de Gundemonium Recollection, bourrés de patterns vils et démoniaques. Mais ne vous y aventurez que si vous êtes capable de faire preuve d'acharnement, car on vous le répète, le jeu ne se distingue en rien des canons du genre. Et ce ne sera pas la tonne de stats (peu intéressantes pour le joueur lambda) affichée à chaque fin de niveau qui modifiera la donne, loin de là. Sans compter que les commandes sont assez mal expliquées (touche rond pour Mana, ok, mais pour quelle utilité ? Réponse : ralentir le temps pour augmenter les dégâts infligés), nous obligeant à tout découvrir sur le tas. Et si ça ne suffisait pas, l'interface de Gundemonium Recollection est en plus très pauvre, l'écran-titre peut en témoigner.

On retiendra, pour les bons points, que lorsque vous vous faites toucher par l'ennemi, votre personnage est projeté sur le bord gauche de l'écran pour signifier qu'il a perdu un essai (en lançant une bombe au moment opportun, vous garderez cependant votre compteur vie intact).  L'action n'est donc pas interrompue et le rythme non cassé par un écran noir ou autre dérangeante transition. Toujours au sujet des collisions, seules seront comptabilisées sur vous celles où le joyau rouge de votre personnage sera heurté. Cela force quelque peu le joueur à jouer autrement, en prenant en compte le fait qu'il a droit à plus de liberté qu'il ne l'aurait cru. Et s'il est du genre à vouloir montrer à ses amis à quel point le premier niveau du jeu est une ballade de santé en Novice, il pourra enregistrer sa performance et la mettre en ligne ensuite sur YouTube (la capture d'images est elle aussi présente). C'est d'ailleurs grâce à cette feature que nous vous proposons de découvrir les premières minutes de chaque titre de la Gundemonium Collection en vidéo.



GundeadliGne

Passons à GundeadliGne (ne vous sentez pas obligés de le prononcer), le premier de la liste à être né, et si vous avez aimé/détesté Gundemonium Recollection, vos sentiments resteront inchangés pour cet opus. L'habillage des menus est peut-être un poil plus joli que celui du volet évoqué à la page précédente, mais il n'est pas très lisible et, disons-le tout net, franchement brouillon (j'ai dû m'y reprendre à plusieurs fois pour déterminer le niveau de difficulté voulu). Le choix des personnages se résumera une fois encore à jeter son dévolu sur Eryth pour les joueurs confirmés, ou Elixirel pour les débutants.

Gundemonium Collection - GundeadliGne (1) Gundemonium Collection - GundeadliGne (2)

Le site officiel du développeur nous indique bien que GundeadliGne est sorti en août 2004, et Gundemonium en 2003 (la version Recollection a quant à elle été commercialisée en 2007). On aurait donc aimé trouver dans la nouvelle mouture de Gundemonium la principale nouveauté de gameplay de GundeadliGne, à savoir la possibilité de se retourner. Car dans GundeadliGne, l'ennemi peut venir dans notre dos, ce qui peut poser problème dans certaines situations où vous serez cernés de la gauche comme de la droite. Dans ce cas-là, l'usage de la bombe sera juste obligatoire pour les moins suicidaires d'entre vous.

Notez également qu'une pression longue sur le bouton de tir ralentira vos mouvements, bien que cela soit tentant de faire fondre par dizaines les missiles adverses par un large rayon d'énergie ou une mitraille de balles. Sachez varier vos tirs en fonction de la situation et tout roulera (à peu près bien) pour vous. Et si vous ne vous sentez décidément pas à la hauteur, rassurez-vous car vous ne serez pas forcés de battre une vague d'ennemis ou un boss (de mi-parcours ou de fin de niveau) pour qu'ils disparaissent. Dans le cas où vos affrontements s'éterniseraient par exemple, ils seront abrégés par le jeu, comme si les stages se déroulaient en temps limité en fait (sans malus au bout). GundeadliGne pourrait alors presque s'apparenter à un "survival shoot".



Hitogata Happa

Nous arrivons maintenant probablement au plus intéressant mais en même temps au plus frustrant de tous, j'ai nommé Hitogata Happa. On change de mode de représentation pour passer à une vue verticale, ce qui rend la lisibilité de l'action moins claire, puisque aucune option ne nous permet de bénéficier d'un plein écran élargi. De ce fait, on embrasse trop facilement les missiles ennemis contre notre gré, d'autant plus que les personnages que l'on nous invite à diriger sont d'un faible gabarit.

Cette fois-ci, vous contrôlerez des poupées, chacune possédant un tir différent ainsi qu'un pouvoir mana (pas toujours le même). Quand vous débuterez le jeu, vous n'en aurez qu'une seule à disposition (en plusieurs exemplaires toutefois). Et croyez-moi, si vous ne laissez pas le jeu tourner pour comprendre comment Hitogata Happa fonctionne, vous aurez peu de chances de passer le premier niveau. C'est là que réside le principal souci du jeu, son manque de clarté. On nous dit par exemple que lorsqu'on obtient une bombe, se jeter alors sur l'ennemi permet de lui faire perdre beaucoup de points de vie, mais on se sépare d'une poupée en contrepartie. On pense à ce moment-là qu'il doit bien exister une autre façon de s'y prendre sans systématiquement sacrifier une poupée. Et bien non. Présentez-vous devant le premier boss du jeu sans intention aucune d'utiliser la bombe, et vous ne le battrez certainement pas dans les temps. Triste cas de figure, car une fois que le compteur sera arrivé à zéro, le boss vous enverra une rafale de boulettes très difficiles à esquiver sans la compétence mana de certaines de vos poupées (qui est de retarder les mouvements et projectiles de l'adversaire).

Gundemonium Collection - Hitogata Happa (1) Gundemonium Collection - Hitogata Happa (2)

Après chaque niveau, vous pourrez acheter de nouvelles poupées. Avec quelle monnaie ? Les gemmes libérées des ennemis quand vous les éliminez. Pour en avoir le plus possible, il n'y a pas de mystères : pénétrez dans la zone circulaire de l'ennemi pour la colorer. Une fois celui-ci battu, il lâchera plus de gemmes qu'en temps normal. Pour franchir les tableaux supérieurs, il vous faudra essayer toutes les poupées mises en vente afin de juger de leurs forces et faiblesses pour ainsi ne pas gaspiller vos gemmes par la suite.



Un tiens vaut mieux que trois tu les auras ?

Gundemonium CollectionUne chose est sûre, on ne vous conseillera pas d'acquérir Gundemonium Collection les yeux fermés. Gundemonium Recollection et GundeadliGne se ressemblant beaucoup, vous pourrez faire l'impasse sur l'un des deux si vous désirez voir un peu de quoi il en retourne avec cette compilation. Hitogata Happa est lui à part, et beaucoup plus difficile que ses deux prédécesseurs. Le terminer dans le mode de difficulté le plus faible sera un exploit en soi, surtout pour ceux qui ne fréquentent que très peu les shoots de Cave (DoDonPachi, EspGaluda...). La pilule aura cependant peut-être du mal à passer si vous craquez pour les trois sans savoir dans quoi vous vous embarquez d'abord. À titre de comparaison (même s'kl ne joue peut-être pas dans la même catégorie), Psyvariar nous apparaît, même moche, bien meilleur.

Gundemonium Collection est disponible uniquement en téléchargement sur le PlayStation Network au prix de 12,99€. Chaque jeu coûte 4,99€ l'un.



+ Les plus
  • Indépendamment, de bons shoots à petit prix
  • Un look mignon
  • Du challenge assuré pour les hardcore gamers
  • Hitogaka Happa présente un principe intéressant...
- Les moins
  • ... mais Gundemonium Recollection et GundeadliGne en deviennent plus dispensables
  • Design et scénarios fades
  • Trop brouillon
  • Un mode Tutorial aurait été le bienvenu

Notes

  • Graphisme Les deux premiers volets de cette série sont quasiment identiques visuellement parlant. Les sprites sont gros, joliment dessinés à la main, et on en voit de toutes les couleurs (plus au propre qu'au figuré) ; bref, c'est mignon tout plein. Hitogata Happa est déjà moins évident à admirer, notamment du fait du rétrécissement de l'image. Bon après, il faut dire que ça ne va pas chercher bien loin en ce qui concerne le côté artistique des softs.
    6/10
  • Bande son Difficile de s'emballer pour des compositions ne dégageant quasiment aucune personnalité. Il n'est d'ailleurs pas des plus aisés de les apprécier en cours de jeu tant les bruitages prennent alors le dessus, et ce ne sera pas faute d'avoir tenté de régler les choses en modifiant les volumes correspondants dans les options.
    6/10
  • Jouabilité Outre les commandes qui répondent correctement, on appréciera particulièrement de constater que le personnage que l'on dirige ne perdra pas une vie si le joyau rouge qu'il porte est atteint par un tir. Là aussi, le constat est différent pour le troisième épisode de cette saga, où zigzaguer entre les projectiles adverses ne se fera pas sans mal.
    7/10
  • Durée de vie Des jeux courts mais pas évidents même dans un mode de difficulté abordable, et tout un tas de Trophées à débloquer (une trentaine en tout). Malheureusement, le manque de personnalité de ces titres n'aidera pas à ce qu'on s'y consacre pendant des heures et des heures, sauf pour les acharnés.
    6/10
  • Scénario On préfère l'oublier dès la lecture des premières lignes, et c'est dommage, même pour des shoot them up qui n'auraient a priori pas besoin d'une intrigue du tonnerre pour convaincre. L'univers des trois titres de Gundemonium Collection ne déborde en plus pas d'une grande originalité, n'incitant ainsi pas à s'y plonger et sûrement pas à s'y noyer. Dire que les textes ont été traduits en français... Saluons l'effort.
    3/10
  • Note générale Les joueurs en manque de shoot pourront ici se risquer à dépenser quelques euros pour se remémorer très rapidement que, si l'on n'est pas persévérant et en face d'un contenu de qualité, la durée de vie d'un titre de ce genre peut se résumer à quelques dizaines de minutes tout au plus. Gundemonium Collection mérite difficilement son investissement, en revanche, se laisser tenter par un ou deux volets de cette saga semble être une juste décision.
    6/10
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