Test Helldorado

Le par Alain L.  |  0 commentaire(s)
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Un an seulement après s’être difficilement illustrée sur la scène du jeu vidéo, la série Desperados connue sous les noms successifs de Western Commandos puis Helldorado paraît aujourd’hui bien décidée à s’imposer dans le domaine de la stratégie tandis que son concurrent direct que j’ai nommé Commandos s’est quant à lui écarté de son domaine de prédilection.

L'enfer stratégique

Une tentative qui s’est tout bonnement soldée sur un puisant échec la faute à un level design pauvre et à une intelligence artificielle des plus hasardeuses permettant à n’importe quel joueur de décimer l’ensemble des ennemis à l’aide du simple espion. Spellbound n’a fort heureusement pas émis le même désir de se diversifier et poursuit son petit bout de chemin.

Prénommé Helldorado, le jeu s’inspire fortement de la série Commandos à l’exception prêt de son scénario issu tout droit du Western. Ce dernier est aussi et surtout calqué sur son prédécesseur direct Western Commandos dont la réalisation manquait quelque peu d’optimisation et de finition.

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Ce troisième opus reprend logiquement le scénario de Western Commandos et son contexte environnant. L’ami John Cooper sera cette fois confronté à la veuve de Lester Lloyd Goodman que l’on avait dû neutraliser lors du précédent opus du fait de ses nombreux méfaits.

Cette dernière ne pouvant atteindre notre héros va s’en prendre à l’un de ses compères, il s’agira du sombre mais efficace Doc McCoy qui sera la victime d’un empoisonnement pouvant à terme le tuer. Contraint d’accepter ce douteux chantage, John va devoir commettre des actes à la limite de la légalité.



On prend les mêmes et on recommence

Au programme, une douzaine de missions nous attend, plus variées les unes que les autres. Ces dernières ont le bon goût de mettre à contribution l’ensemble des compétences de nos six héros ce qui va tout naturellement impliquer une dimension de coopération et d’organisation. En effet, chacun de nos héros ne peut accomplir qu’un panel limité d’action en marge de leurs spécifiques techniques.

Bien que nos cinq protagonistes soient très souvent armés, le jeu nous poussera à rester discret tant nous serons en infériorité numérique. Il est cependant possible de foncer tête baissée et d’abattre massivement nos ennemis sans pour autant que le scénario en pâtisse. Ce choix a été délibérément offert par les développeurs pour convenir au plus grand nombre de joueurs, on aurait cependant apprécié la présence d’un système de notation à la fin de chaque mission tel un Commandos.

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Le héros John Cooper pourra tuer silencieusement de près ou à distance grâce à son couteau mais pourra aussi attirer les ennemis au travers d’une montre musicale. Kate O’Hara bénéficie de deux grandes compétences, la séduction et la neutralisation temporaire qui serviront indubitablement lors des missions d’infiltration. Cette dernière peut d’ailleurs dramatiser les choses en simulant un évanouissement, comme quoi les filles dans le jeu vidéo peuvent aussi simuler.

Doc McCoy sera au terme de l’intrigue scénaristique jouable et son rôle de franc tireur s’avérera indispensable pour neutraliser discrètement les miradors. Sam Williams représente quant à lui l’artificier du groupe, le seul capable de détruire des vastes structures à l’aide de bâtons de TNT.



Coopérer ou mourir

Pablo Sanchez servira aussi et surtout à attirer un ennemi pour le faire quitter sa ronde au travers de bouteilles de tequila, de jets de pierre ou encore d’un mortel piège à ours. On termine avec Hawkeye, personnage le plus discret du jeu. Armé d’un arc et d’un tomahawk, ce dernier peut se débarrasser efficacement des ennemis tout en restant extrêmement silencieux.

Les premières comme les dernières missions nécessitent une indispensable coopération entre les différents membres de notre équipe. Le level design a été en ce sens très intelligemment pensé pour permettre à chacun de trouver sa voie et de pouvoir accomplir la mission comme il l’entend. Bien entendu, la discrétion reste l’une des voies les plus gratifiantes et les plus sûres du jeu.

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Les missions ressemblent ni plus ni moins à une imbrication de mini-puzzles stratégiques basés sur deux facteurs, la discrétion visuelle et auditive. Le premier facteur dépend entièrement de nos ennemis, de leur placement ainsi que de leur rôle militaire. Au sommet d’un bâtiment, ces derniers auront une meilleure vue d’ensemble mais perdent en contrepartie leur vue de proximité, fait variant selon la hauteur de l’édifice incriminé.

Dans la même veine, on pourra rencontrer des snipers à la vue perçante et considérablement réduite par leur angle. Tout ceci reste très traditionnel dans le genre et diablement efficace.  On pourra critiquer l’intelligence artificielle pour son manque de dynamisme et des comportements assez scriptés.



Un réalisme à deux tons

L’intégralité des acteurs présents sur une carte sont régis par une seule et même ligne comportementale ce qui à tendance à rendre l’action relativement calme et très prévisible. Au fur et à mesure que l’on progresse, ces comportements restent similaires, néanmoins on note une rapide augmentation de la complexité des situations données.

Alors que le soldat de garde était auparavant sous la seule surveillance du mirador, ce dernier sera désormais sous le champ de vision des nombreux gardes, civils et autres snipers. D’apparence, cette situation parait difficile voire impossible, il suffit toutefois de trouver le bon moyen de bouleverser cette routine.

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L’aspect acoustique doit lui aussi être pris en considération, il varie sensiblement en fonction de nos héros et des actions que l’on commet. Lancer un caillou sur le sol ou tuer un ennemi à l’aide d’une flèche sont autant de facteurs à prendre en considération de par leur visibilité immédiate et à long terme, il parait ainsi naturel de déplacer les corps après coup et pourquoi pas de créer un cimetière local comme j’ai moi-même pu le faire.

Comme je vous le disais plus haut, chacune des missions peut se résumer en un ensemble de systèmes stratégiques interdépendants que le joueur devra avec le temps apprendre à démêler un à un. A titre d’exemple, tuer le soldat qui parlait régulièrement à la jolie demoiselle du bar n’apporte aucune conséquence immédiate ni même à long terme sur le gameplay.



Une IA perfectible

Bon débarras se dira la demoiselle, mais la réponse se trouve en fait dans les scripts du jeu qui ne veulent en aucun cas rendre une situation plus complexe. Pour le joueur le fait d’avoir neutralisé l’énergumène lui rendra la vie certainement plus facile et c’est ainsi que le jeu fonctionne dans son ensemble.

En plus de prendre en comptes de nouvelles situations logistiques, il nous faudra aussi composer avec des restrictions morales comme le fait de ne pas brusquer les civils ou encore ne pas tuer des soldats fédéraux. Représentant de la loi, notre héros ne peut logiquement aller à l’encontre de ses principes.

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Par ailleurs, il sera possible d’assommer et de ligoter ces derniers au lieu de les tuer. Les mercenaires seront eux moins exposés à ces contraintes n’agissant que pour leur bien être financier. Les missions ont un déroulement typiquement linaire et leur inspiration sauront vous rappeler de grands titres cinématographiques.

Par rapport à son prédécesseur on pourra saluer une meilleure optimisation des Quick Actions, mode qui nous sert littéralement à planifier nos attaques. L’interface reste simple et claire et fait même part d’une vue à la troisième personne en marge de la traditionnelle vue aérienne. Cette dernière peut servir les fanas de FPS dans leurs excursions militaires.



Oui mais...

Son rôle est avant tout d’offrir une meilleure visibilité dans les lieux fermés et d’avoir une influence directe sur le jeu grâce notamment à la perception et à la visée humaine. Cependant des combos prédéfinis sont là pour nous simplifier grandement la tâche. Au lieu d’avoir à frapper manuellement les six ennemis présents dans une maison, nos deux héros peuvent en un seul clic accomplir la chose.

Ces combos dépendent singulièrement des deux héros que nous avons précédemment choisis ainsi que des caractéristiques individuelles de nos ennemis dont la résistance varie d’une personne à l’autre. Helldorado ressemble à s’y méprendre à son prédécesseur sur bon nombre points, l’ambiance qui a légèrement évoluée bénéficie d’honnêtes doublages et de thèmes sonores très évocateurs.

Entièrement réalisé en 3D, le jeu a gagné sensiblement en qualité générale, mais d’un aspect global il souffre très certainement d’imprécisions texturales et le simple fait de jouer avec le zoom ne peut que souligner ce fait. Néanmoins en tant que fan absolu de stratégie j’adhère complètement au concept malgré une linéarité assez explicite. En contrepartie la durée de vie est tout bonnement excellente.

Un jeu à conseiller aux fans de stratégie et de gestion militaire, les bourrins devront eux passer leur chemin tant le concept parait intrinsèquement dépendant de la discrétion et d’un minimum de stratégie.

Helldorado est disponible à partir de 35,86 €.

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+ Les plus
  • Progressive difficulté
  • Concept bien exploité
  • La présence des Quick Actions et des Combos
  • Excellente durée de vie
- Les moins
  • Trop similaire à son prédécesseur
  • Une IA stagnante
  • Graphismes décevants

Notes

  • Graphisme Passant de la 2D à la 3D, le jeu a indubitablement perdu en précision, et le fait d’avoir optimisé son moteur graphique ne semble pas avoir pleinement apporté ses fruits tant la vue d’ensemble parait floue et imprécise à la fois, pourtant cette dernière se montre d’une utilité quasi-vitale. Techniquement, il est vrai que le jeu reste potable mais sans plus.
    6/10
  • Bande son L’univers sonore bénéficie d’un soin tout particulier avec de bons doublages et une bande sonore respectueuse de l’univers Western. Une diversité des thèmes aurait été la bienvenue au même titre que les bruitages souvent répétitifs.
    7/10
  • Jouabilité Simple et complexe à la fois, le gameplay jouit d’une grande diversité et améliore sans l’ombre d’un doute le genre. L’apparition de la vue à la troisième personne est la bienvenue notamment pour les fans d’action. Le peu d’innovation saura malheureusement se faire sentir notamment pour les connaisseurs ainsi qu'un pathfinding pas très évident.
    6/10
  • Durée de vie Les missions nombreuses et complexes savent exploiter toutes les facettes du jeu et mettre en difficulté le joueur. Sa difficulté progressive reste justement étalonnée, mais les joueurs amateurs pourront au départ émettre de nombreuses difficultés tant le jeu offre peu d’indications si ce n’est les coordonnées de l’objectif principal. Au final une mission peut aisément durer d’une à trois heures selon la difficulté choisie et la progression de jeu.
    8/10
  • Scénario Un traditionnel scénario en façade et de nombreuses surprises au final. Ces quelques prétextes suffissent amplement à nous tenir en haleine en dépit d’une certaine répétition scénaristique.
    6/10
  • Note générale Les fans de stratégie trouveront en Helldorado un excellent défi vidéoludique qu’il faudra jouer en difficulté maximale pour apprécier pleinement le jeu. Les amateurs pourront aussi adhérer au jeu et il leur faudra un certain temps d’adaptation, l’important c’est adhérer au concept et de s’investir un minimum pour savourer ce concentré de stratégie.
    7/10
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