Test Hoshigami

Le par Fabien H.  |  0 commentaire(s)
Hoshigami - pochette

Le Tactical-RPG revenant en force dans le large milieu du jeu de rôle, il était certain que quelques développeurs allaient se pencher sur la réédition d'anciens hits du genre. Hoshigami : Ruining Blue Earth faisait partie de ces jeux qui parvenaient à diviser les joueurs, laissant les moins aguerris sur le banc de touche, dégoûtés par la difficulté. Arc System Works décide donc de rééditer le titre sur DS, pour le bonheur des fanas de leveling à foison. Arriverez-vous à vous y immerger ?

Plongée en apnée

Se basant sur le ténor du Tactical-RPG qu'est Final Fantasy Tactics, Hoshigami : Ruining Blue Earth a forgé une réputation de jeu pour le moins « hardcore » en 2001. Uniquement sorti au Japon et aux USA, le titre conçu par la petite société Max Five sur PSone est malheureusement resté dans l'anonymat le plus total sur le territoire européen. Cela dit, le soft ne révolutionnait rien au genre, proposant un scénario classique, des graphismes similaires au titre de Squaresoft et un intérêt somme toute assez essoufflé.

Malgré tout, Arc System Works s'est lancé dans la conception de la réédition du titre sur DS, le nommant au Japon Hoshigami Remix, pour ne pas attirer la confusion. Qui dit réédition, dit forcément un scénario identique à l'opus original. On s'immerge donc dans un contexte purement heroic-fantasy dans lequel nous incarnons Fazz, un jeune épéiste qui manque encore de maturité. Pour l'assagir, Leimrey, son mentor particulièrement puissant, sera présent, l'entraînant habilement à ses fonctions de mercenaire.

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Cela dit, ce monde à première vue paisible cède rapidement sa place à des sombres desseins de l'empire Valaim et de ses militants extrémistes voulant conquérir par la force les terres de Gerauld et Nightfield. Cette optique n'est pas dans une unique optique de domination bête et simple des royaumes, mais pour mettre la main sur des ruines antiques dans lesquelles les divinités bienfaitrices y puisent leur puissance magique. De ce fait, le monde tourne autour de la magie, nommée Numismancie, ce qui cause divers tiraillement militaires qui se répercutent fort malheureusement sur des villageois innocents.

Notre duo de mercenaires sera donc rapidement mis à l'épreuve, suite à l'acceptation d'un contrat avec le roi de Nightfield, leur permettant de combattre pour le bien de leurs terres. Fazz découvrit par la suite que son village natal a été mis à feu et à sang par les armées diaboliques de Valaim, menées par l'imposant général Blackthorn. Vous serez donc amené à enchaîner de multiples batailles de longue haleine avec vos amis de fortune que vous rencontrerez au fil de vos exploits ou en les recrutant dans les nombreuses villes du jeu.

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On peut déjà reprocher quelques soucis d'accroche sur ce démarrage du scénario puisque le jeu nous fait cas de nombreux éléments lâchés brutalement en un laps de temps très réduit, ce qui a pour effet de vous noyer littéralement dans les raisons de ces nombreux affrontements. Ce n'est qu'après une poignée de rudes batailles que vous commencerez à saisir les quelques ficelles, bien qu'assez pompeuses dans leur ensemble.

La fioriture en friture

Dans son ensemble, on peut qualifier Hoshigami de très classique pour son genre. En effet, les affrontements comportent aucun élément inédit. De ce fait, les amateurs de T-RPG ne se verront aucunement déboussolés par les grandes lignes des combats. Le terrain est conçu de manière à ce que les personnages se déplacent de case en case, proposant un choix de couleurs assez commun : rouge pour les mouvements ennemis et bleu pour les nôtres. Outre la ressemblance avec Final Fantasy Tactics, on peut également citer le titre phare de Konami, Vandal Hearts, dans son approche.

Cela dit, le titre recèle une approche légèrement plus « stratégique » au travers de sa jauge de points d'action. Derrière ce terme barbare se cache une alternative dans le déroulement de l'affrontement, mais assez limitée, voire même très gênante au fil du temps. En temps normal, un Tactical-RPG vous propose des combats au tour par tour, ce qui vous laisse le temps de planifier efficacement votre assaut. Dans le cas présent, ennemis comme alliés jouent à tour de rôle, selon un ordre changeant selon l'utilisation de votre jauge d'action. Tout le concept tourne autour de cette fameuse barre qui peut être utilisée de différentes manières : déplacements, attaques, magies et/où utilisation d'objets.

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La limite qui entrave le confort de jeu se situe en ce point. Certes, il vous est possible d'attaquer deux voire trois fois d'affilée si vous êtes proche d'un ennemi, mais il faut savoir que la jauge diminue à chaque déplacement. De ce fait, il devient très difficile d'attaquer après quelques pas sans dépasser la limite qui vous fait perdre plusieurs tours au profit de l'ennemi. Ainsi, l'utilisation des magies devient un véritable calvaire et ne parlons même pas des objets qui utilisent une grosse partie de votre jauge. Bien que le concept soit initialement bien imaginé, le résultat s'avère très bancal et finalement peu avantageux puisque cela entraîne des longueurs insupportables, nous obligeant à s'improviser trop souvent spectateur face aux rudes assauts ennemis.

De plus, il est utile de préciser qu'il est impossible d'annuler un déplacement, une fois celui-ci effectué. Vous pourrez donc faire une croix sur le fait de pouvoir comparer les différentes actions possibles sans avoir à mémoriser des zones de mouvements en mode curseur libre. On citera également le taux de coups manqués élevé à s'en arracher les cheveux, nous faisant perdre un temps considérable. Heureusement, le CPU se voit également handicapé par cette option, en plus de se montrer totalement stupide dans certaines de ses attaques telles que tirer des flèches dans le dos de ses alliés.

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Pour vous aider à annihiler comme il se doit vos adversaires les plus coriaces, un système de séquences vous est mis à disposition. Mal expliqué dans le jeu, il faudra se tourner vers la notice explicative pour comprendre la façon dont il faut mener à bien cette fonctionnalité tout aussi complexe qu'efficace. En théorie, il suffit de placer plusieurs alliés une case sur deux en mode séquence à une distance assez proche de l'ennemi voulu. Un de vos compagnons d'arme lancera alors une projection qui l'expulsera sur l'autre allié qui le tapera au passage avant de le passer au suivant, et caetera. L'entraînement de ce dispositif dans la maison des séquences se révèle assez accessible, mais cela devient réellement difficile à mettre en œuvre en cours de jeu, au vu du nombre d'ennemis et de la configuration des terrains pas toujours avantageuse.

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Remake où simple adaptation ?

Il s'avère qu'Hoshigami tient davantage de l'adaptation que du remake. En effet, le gameplay est stricto sensu le même que celui de l'opus PSone, le stylet de la DS n'étant au final d'aucune utilité puisque la plupart des actions sont à effectuer à la croix directionnelle. On notera tout de même la difficulté revue à la baisse dans cet épisode, permettant un mode facile bien plus accessible que précédemment.

Bien évidemment, les différentes phases de jeux entre les combats restent inchangées avec l'unique possibilité de choisir ses destinations via une carte du monde. Les villes ne sont donc accessibles qu'avec des menus somme toute vieillis à l'heure actuelle et surtout peu ergonomiques. C'est néanmoins par ce biais qu'il est possible de configurer les équipements de vos personnages ou encore modifier les pièces (magies) et y graver des sceaux pour les renforcer. Certaines villes disposant d'un temple vous permettront de changer les divinités de vos personnages, donc des attributs de combats spécifiques tels que le gonflement de sa charge d'attaque ou encore une augmentation de la jauge de PV. Cela dit, tout cela reste très classique et particulièrement confus pour le joueur novice qui devra se renseigner sur la toile pour éclaircir ses doutes.

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L'aspect graphique identique à l'opus de 2001 reste toujours plutôt bon, présentant des sprites 2D encore au goût du jour et des animations plutôt correctes. Cela dit, les effets 3D, notamment les magies, paraissent désormais assez ridicules. On notera également le changement du Character-Designer, modifiant au passage l'aura dégagée par les protagonistes principaux. On déplorera l'amenuisement des mimiques affichées en artwork dans les bulles de dialogue, ce qui a pour conséquence une certaine perte de caractère.

Malgré tout, on appréciera le choix de 505 Games d'avoir édité le jeu en Europe dans une version entièrement en français (mais comportant quelques mots non traduits ici et là), afin de faire profiter les fans de RPG à l'ancienne qui n'ont pas peur de passer le plus clair de leur temps dans la tour des épreuves pour faire grimper les niveaux de leurs personnages en vue de pouvoir faire face aux grandes batailles à venir.

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Hoshigami est disponible à l'achat à partir de 34,50€.


+ Les plus
  • Les sprites des personnages agréables
  • Un concept de combat initialement bien imaginé
  • Difficulté revue à la baisse
- Les moins
  • Des lacunes de gameplay
  • Scénario pompeux
  • Menus austères et peu ergonomiques
  • Musique parfois agaçante
  • Durée de vie dissimulée derrière des phases de leveling

Notes

  • Graphisme Bien que l'aspect graphique soit globalement issu de l'opus PSone de 2001, les sprites 2D sont toujours assez agréables, comportant des animations de bonne facture. Cela dit, la 3D isométrique et toutes les lacunes qu'elle comporte dans ce genre de jeu (visibilité entravée par les décors, etc) n'est pas à son avantage. On déplorera les effets graphiques liés aux magies qui ne se révèlent aucunement spectaculaires.
    6/10
  • Bande son La bande son se montre on ne peut plus inégale. Certains thèmes posés se laissent écouter avec une grande délectation, mais les plus épiques se révèlent bien vite agaçants de part la répétitivité qu'ils engendrent. Dommage.
    5/10
  • Jouabilité Hoshigami aurait pu tirer partie de la DS pour user de ses capacités tactiles. Or, les fonctionnalités liées au stylet sont tellement limitées et surtout si peu nombreuses qu'on se résout à jouer de façon classique afin de gagner en efficacité. De ce fait, la prise en main se veut exactement similaire au volet original, comportant pour le coup les mêmes lacunes en terme de lenteur des combats.
    5/10
  • Durée de vie Le titre comportant une difficulté tout de même assez élevée par rapport à d'autres productions de ce genre, vous prendrez un temps considérable pour faire évoluer vos personnages. De ce fait, vous passerez le plus clair de votre temps à vous entraîner dans les nombreuses tours des épreuves, rallongeant de ce fait une durée de vie de six chapitres seulement. Ce concept assez traître plaira surtout aux joueurs qui aiment manger du leveling au petit déjeuner. Les autres décrocheront à coup sûr.
    6/10
  • Scénario Décidément bien ancrés dans le T-RPG, les conflits inter-royaumes vous opposant à des armées sanguinaires chapeautées par des dirigeants aux sombres desseins se voient encore ici utilisés jusqu'à la moelle. Le début de l'aventure se révèle donc assez pompeux puisqu'on se retrouve noyé dans divers termes et autres noms sans nous donner de réelles explications avant quelques heures de jeu.
    6/10
  • Note générale Malgré ses défauts notables, Hoshigami n'est pas un mauvais jeu. Au contraire, il se montre particulièrement pertinent dans l'univers du Tactical-RPG, bien qu'on aurait aimé quelques modifications en terme de gameplay par rapport au volet initial, notamment au niveau des fonctions tactiles. De ce fait, on se retrouve devant un titre qui se joue à l'ancienne, comportant quelques longueurs qui barberont les moins aguerris d'entre-nous. Quoi qu'il en soit, on appréciera l'effort fourni par 505 Games d'avoir localisé le titre sur nos terres dans une version traduite.
    6/10
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