Test Infinite Undiscovery

Le par Alain L.  |  0 commentaire(s)
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Développé par tri-Ace, à qui l’on doit Valkyrie Profile 2 : Silmeria ou encore Star Ocean : Till the End of Time, Infinite Undiscovery fait partie de cette nouvelle vague de RPG entièrement dédiés à la console next-gen de Microsoft. Connaissant le passé des développeurs, le jeu ne pouvait que s’exposer à de fortes pressions de la part des joueurs et des fans de tout âge. Voyons ce qu’il en est vraiment.

Un RPG comme les autres ?

Infinite Undiscovery se déroule dans un monde fantastique/médiéval tournant autour de la Lune. Le satellite de la Terre abrite en effet un puissant Dieu qui s’avère être une source de bénédiction magique ou au contraire d’exclusion sociale. Naître durant la phase ascendante de la Lune confère au nouveau né des pouvoirs magiques ainsi que des glyphes lunaires témoignant de son statut.

Ce ne sera malheureusement pas le cas de notre héros du nom de Capell. Agé d’à peine dix-sept ans, ce musicien à l’enfance difficile sera emporté malgré lui dans une épique quête qui risque fort de marquer le monde. Capell n’a pas eu la chance de naître sous de bons auspices et a ainsi dû se confronter à une triste exclusion sociale.

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Cela ne lui empêchera pas de râler à tord et à travers durant l’ensemble de cette courte épopée, un trait de caractère qui lui va si bien et le rend attachant. Sa grande ressemblance physique avec un certain Sigmund entrainera notre ami sur la trace d’un mystérieux groupe prénommé l’Ordre des Chaînes.

Derrière ce douteux nom se cache des personnes visiblement malintentionnées qui ont eue la mauvaise idée d’enchainer littéralement la Lune. Agir ainsi forcera cette dernière à s’écraser sur Terre et donc à anéantir l’humanité entière. Véritable combattant, Sigmund possède la capacité à détruire ces chaines magiques, il hérite ainsi du statut de sauveur en puissance.

Deux héros au grand destin

La ressemblance entre ces deux personnages portera souvent à confusion et poussera Capell à croiser le chemin d’Aya, princesse à ses heures perdues. Elle est surtout venue retrouver le célébrissime Sigmund qu’elle confondra malheureusement avec notre meneur de jeu, emprisonné dès le début du jeu dans une inconfortable prison.

Durant leur difficile épopée, nos deux héros rencontreront le chemin de pas moins de seize acteurs différents, un nombre des plus élevés pour un action-RPG. Il faudra les entretenir régulièrement au cours de l’histoire, c'est-à-dire gérer au mieux leurs armes et armures. Ce qui n’est pas chose aisée, loin de là.

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Cette multitude de personnages nous empêche de savourer pleinement les combats et les maîtriser de bout en bout. Par manque d’argent et de repères, le joueur ne pourra pas équiper l’ensemble de ses héros. Il est ainsi forcé de privilégier des valeurs sûres et de négliger d’autres personnages tous aussi charismatiques les uns que les autres.

Car on ne sait jamais lorsque le jeu nous forcera à gérer de multiples groupes de combat, à part bien évidemment si l’on à déjà fini Infinite Undiscovery ou bien lu des guides stratégiques, ce qui n’est pas le cas de tout le monde. Ce (trop ?) grand nombre possède un autre défaut et pas des moindres. Il peut en effet nous porter à confusion.



Trop c'est trop

Jongler entre dix-huit personnages et assimiler leur histoire prend un certain temps que le jeu ne permet malheureusement pas. Les cinématiques ont pourtant le bon goût de souligner et définir chacun de ces personnages ainsi que nous offrir de bons moments, dommage. Il ne faut pas non plus s’attendre à des majestueuses cinématiques made in Square Enix.

Elles se montrent efficaces et font progresser un tant soit peu l’aventure. Elles veillent surtout à maintenir en haleine le joueur. Linéaire, l’histoire se montre à première vue peu intéressante et pourra décourager les joueurs. Après trois voire quatre heures de jeu, l’ensemble change littéralement de registre et devient on ne peut plus intéressant.

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Les retournements de situation et l’évolution des différents personnages sont en de bons exemples. Il est donc important de s’investir un minimum car le jeu en vaut la chandelle. Comprendre pourquoi Capell et Sigmund sont intimement liés fait son petit effet.

Infinite Undiscovery n’est pas un RPG à proprement parler, il nous propose effectivement des combats en temps réel. Cela implique un minimum d’activité venant de la part du joueur, ne pas appuyer sur les touches d’action est synonyme de mort assurée. C’est par groupe de quatre que ces affrontements prennent forme.



De l'action non stop

Peu de boutons sont actuellement nécessaires pour prétendre à la victoire, l’intelligence artificielle fait bien son travail alternant entre attaques et soins médicaux. Il est cependant possible de modifier son comportement général parmi six réglages offerts. Ils permettent aussi bien de tenir une position que d’attaquer un ennemi en particulier.

La plupart des combats se veulent simples grâce notamment à l’abondance de kits de soins, seuls les affrontements contre les boss pourront poser d’éventuels problèmes. Bien plus puissants, ces derniers mettent à contribution nos héros et plus particulièrement l’utilisation de combinaisons spéciales.

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Si nous avons la malchance de mourir durant un tel combat, on ne pourra que compter sur l’intelligence artificielle et un brin de patience. Impossible en effet d’affecter le cours du combat ni même de prendre le contrôle d’un coéquipier. Attendre qu’un allié nous soigne est la seule façon de reprendre les choses en main.

L’utilisation d’objets est à éviter en plein combat, l’exploration de notre inventaire ne met aucunement en pause l’action qui continuera sans broncher. Il faut donc être extrêmement précis pour éviter de mourir en ces circonstances. Omniprésents, les sorts magiques ont le bon goût de présenter une intéressante diversité et ne pas s’arrêter aux quatre éléments naturels.



Des spécificités peu mises en avant

Ils soulignent aussi les très jolis effets spéciaux du jeu ce qui entraine parfois des saccades, mais rien de bien méchant. Très intenses, les combats reposent majoritairement sur des attaques rapides et des attaques puissantes. A noter que l’emploi d’attaques spéciales est parfois indispensable pour résoudre des puzzles.

Pour compenser ses carences, Capell aura à disposition une flûte magique lui permettant de découvrir des passages secrets ou de protéger ses alliés en fonction des morceaux joués. Bien que présent, ce mécanisme est rarement employé durant l’histoire principale. D’autres personnages pourront eux parler à des animaux.

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Le positionnement de la camera peut nous jouer des mauvais tours à cause de sa grande proximité vis-à-vis du héros. Elle permet bien évidemment une meilleure immersion scénaristique, mais elle peut aussi rendre illisible les combats. Etre proche d’un mur n’arrange certainement pas les choses.

Grands et complexes, les environnements extérieurs peuvent souvent porter le joueur à confusion. Il n’est pas rare de se perdre tant le jeu offre peu de repères géographiques ou spatiaux. Le joueur doit se contenter d’une vague direction. Libre à lui de suivre difficilement ces instructions ou d’explorer entièrement les décors.



L'excellence et la médiocrité

Contrairement à ce que l’on peut croire, les villes sont peu nombreuses et mal exploitées par les développeurs. La présence de personnages non-jouables donne un semblant de vie, mais les dialogues sont trop brefs pour intéresser pleinement l’attention du joueur. Leur réalisation architecturale reste tout de même impressionnante.

Les statues de marbres et les portes métalliques sont riches en détails. A l’opposé, les décors dits naturels pèchent par leur sobriété et leur manque de vivacité. La modélisation des personnages set leurs animations associées font elles aussi preuves d’une grande réalisation.

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L’absence d’un repérage facile et rapide peut malheureusement induire une dommageable sensation de répétition. Cette sensation on peut la retrouver durant l’exploration de donjons et le scénario principal qui nous force à effectuer des allers-retours. Les missions temporellement limitées sont elles aussi responsables de cela.

Le manque de points de sauvegarde pénalise grandement la progression du joueur. Il sera quelques fois amené à revivre de pénibles et longs passages, ce qui n’est pas forcement plaisant. Présentes, les quêtes secondaires manquent clairement d’intérêt scénaristique et sont complètement disjointes. Elles récompenseront au moins le joueur téméraire.



Globalement bon

Dénué de failles majeures, le jeu se montre rebutant sur quelques points. Mais cela ne fait pas de lui un horrible jeu, loin de là. Malgré une multitude de niveaux de difficulté et la possibilité de créer ses objets, la durée de vie du jeu déçoit quelque peu et atteint tout juste la vingtaine d’heures. Ce qui est peu pour un action-RPG.

En prenant en compte toutes les quêtes annexes, elles atteignent un chiffre plus acceptable de 35 voire 40 heures. Encore faut-il les faire et avoir le courage de surmonter des banalités logistiques. Les musiques orchestrées par le célèbre Motoi Sakuraba jouent pleinement leur rôle et jouissent d’une excellente diversité.


Sans se montrer légendaires, les thèmes sonores sont judicieusement utilisés et font appel à un grand nombre d’instruments orchestraux. Les doublages anglais sont de qualité et bénéficient d’une implication certaine. On pourra en revanche signaler l’absence de synchronisation voix/lèvres voire l’absence parfois totale de doublages.

Pas franchement mauvais, Infinite Undiscovery pèche sur sa réalisation globale, sa faible durée de vie et la mauvaise exploitation de l’environnement empêchent le jeu de signer une excellente performance. Au lieu de cela, il doit se contenter d’une honnête prestation et c’est bien dommage. Le scénario vaut tout de même le coup d’œil au même titre que la bande sonore.

Infinite Undiscovery est disponible à partir de 48,99 €.

+ Les plus
  • Jolis effets spéciaux
  • Excellente bande sonore
  • Scénario riche en surprises
  • Architecture des villes réussie
- Les moins
  • Trop court
  • Héros en surnombre
  • Repérage spatial imprécis
  • Impossibilité de mettre en pause l'action

Notes

  • Graphisme Hormis les décors extérieurs manquant indubitablement de punch, le jeu s’en sort admirablement du côté visuel. L’architecture des villes, la représentation des personnages et les effets spéciaux sont dignes des jeux next-gen, une bonne surprise.
    8/10
  • Bande son Corrects, doublages et bruitages effectuent un bon travail de fond. On pourra uniquement pester sur l’absence de voix durant une bonne poignée de passages. Dans son élément, Motoi Sakuraba fait comme toujours appel à des majestueux thèmes pour captiver le joueur. L’emploi de chœurs, violons et piano sont du plus bel effet.
    7/10
  • Jouabilité Très accessible, le jeu n’a rien d’un complexe jeu. Il présente des mécanismes simples et facilement abordables. La gestion des dix-huit héros et la possibilité de créer des objets pourront rebuter le joueur occasionnel. Mais à force, l’ensemble prend forme et nous dévoile une bonne cohérence. L’absence d’explicites repères plombe cependant la progression du joueur forcé malgré lui à explorer ce vaste monde, dommage.
    7/10
  • Durée de vie Affichant une durée de vie située entre vingt et quarante heures, Infinite Undiscovery se montre tout juste. Les quêtes secondaires se montrent uniquement intéressantes pour le joueur déterminé et les perfectionnistes en herbe.
    6/10
  • Scénario Le scénario ne permet pas d’introduire pleinement des héros en grand nombre et se montre d’emblée peu accrocheur. Mais en passant au minimum cinq heures, il nous dévoile enfin son vrai visage, un visage pour le moins passionnant.
    8/10
  • Note générale Entre le bon et le moyen, le action-RPG de Square Enix a voulu trop bien faire. Ces exigences l’on poussé à commettre des grossières erreurs conceptuelles parfois gênantes, mais jamais incompréhensibles. Son manque d’optimisation l’empêche d’atteindre des sommets et doit ainsi se contenter d’une bonne prestation.
    7/10
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