Test Madworld

Le par Nathalie M.  |  0 commentaire(s)
Madworld

Madworld s'apprête à réveiller la Wii, de la sortir de son confort des party games familiaux. Le titre de Sega s'adresse à un public de joueurs avertis et n'est certainement pas à mettre entre toutes les mains. Violent, le sang y coule à flot et il faut justement s'en réjouir. Cet univers décliné en noir et blanc, à l'image des Comics et proche de l'ambiance d'un certain Sin City, fera jubilé les joueurs en mal de défouloir. Mais attention, si l'ensemble se veut jouissif, gare à l'overdose.

Une autre vision du monde

Madworld n'est pas un jeu à mettre dans toutes mains. Ni à se laisser regarder par n'importe qui. Le titre se veut relativement gore, les effusions de sang particulièrement violentes. No More Heroes avait déjà, dans son genre, sortie la Wii de son carcan de console des familles, quelques derniers titres en date également comme House of the Dead Overkill, mais là, les développeurs ont été encore plus loin. Les massacres sont légion, vous ne ferez que ça sur sept à huit heures de jeu. Si vous êtes un humain normalement constitué, l'overdose sera aussi de la partie. Non pas parce que le jeu est mauvais, loin de là, mais des corps tronçonnés à répétition, des ennemis empalés par dizaines et des flaques de sang omniprésentes, peuvent vite porter à saturation. Pas de quoi abandonner pour autant le jeu, mais simplement de l'apprécier sur le long terme, en y revenant régulièrement. Le déroulement du jeu, divisé en stage, le permet très bien d'ailleurs.

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On parle beaucoup de Madworld sous l'angle de la violence. Beat'em all, ce titre appartient pleinement à cette famille de jeu, dans le sens où, effectivement, votre but sera de tuer à la chaîne nombre d'ennemis. Et pourtant Madworld va bien plus que loin que le bête jeu vidéo abrutissant. Le scénario dans ce titre occupe une large place et se montre particulièrement intéressant. Si l'on vous parle de Running Man, peut-être entrapercevrez-vous l'esprit de ce jeu. Madworld propose un nouveau regard, comme l'avait fait Orwell ou Stephen King à leur époque, sur la téléralité, sur ce Big Brother qui vous surveille, épie vos moindres faits et gestes. Le scénario du jeu avait rarement été mis en avant, vous serez donc agréablement surpris d'en découvrir la pleine mesure, dès vos premiers pas dans le jeu. Réellement prenant, très bien mené, il contribue largement à l'intérêt du titre. Et pour un beat'em all, ce n'est pas courant, il faut bien l'avouer.

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Vous incarnez ici Jack, dont on ne sait absolument rien en début de partie et qui se révèlera au fur et à mesure de votre avancée. Vous aurez très envie d'en savoir plus sur ce personnage charismatique, qui, même s'il accepte de se prendre au jeu des massacres, semble vouloir autre chose que la simple gloire de ces victoires... Votre terrain de jeu sera l'immense ville de Jefferson, une ville qui n'en est plus vraiment une puisque désormais découpée en arènes. Les caméras sont partout pour filmer ce nouveau jeu retranscrit à la télévision. On est bien loin de l'esprit Loft Story, puisque la majorité des candidats se seront faits exploser en mille morceaux, normalement par vous. Pas de vote du public, ici, il vous faudra survivre par vos propres moyens.



Un univers bien particulier

L'univers de Madworld est en noir et blanc, il ne tiendra qu'à vous de le colorer par des notes de rouge ici et là. Les amateurs de Sin City avanceront en terrain familier, car le jeu de Sega reprend de beaucoup cette ambiance si particulière, très sombre, aussi bien dans les décors que dans le design des personnages. A ceci viennent s'ajouter à l'écran des onomatopés. Les "kraaaac", les "krrrrrrrr", les "wiiiiiiiiiiiiiz", s'afficheront en cours de jeu. Vous aurez véritablement l'impression d'entrer dans un Comics, d'en feuilleter les pages au cours des différentes cinématiques. Les développeurs ont réellement bien exploiter ce parti pris, réalisant les détails nécessaires en toutes choses. Vous n'aurez peut-être pas le temps d'apprécier pleinement les décors dans le feu de l'action. Mais cette originalité a le bon ton de nous apporter quelque chose de vraiment différent à ce que nous avons l'habitude de croiser, ce qui nous séduit. Ensuite, cet univers graphique vous emporte réellement dans l'imaginaire, dans un ailleurs certes terriblement sordide, mais ô combien captivant.

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Après ces constations théoriques, il est temps de nous plonger dans la pratique, dans la violence pure, d'actionner la tronçonneuse au bout de notre bras et de pourrir tous les ennemis qui ont le malheur de croiser notre chemin. Aucune vie ne sera épargnée, ici pas de bons sentiments ni de pitié, votre sponsor attend de vous la plus infâme des cruautés.
La partie complète de ce jeu se compose de quatorze niveaux, tous construits de la même façon. Votre terrain de jeu est à chaque fois limité, vous devez partir d'un point A pour arriver à un point B pour passer au niveau suivant. Mais sur ce chemin, des défis sont à relever et à la fin, un boss est à tuer. Jeu télévisé oblige, vous ne serez pas seul, puisque deux commentateurs seront là pour animer l'émission. Ces deux-là n'attendront que des giclées de sang de votre part, ne manqueront pas d'user d'un vocabulaire qui sied lui aussi à l'ambiance. Leur présence ne manquera pas de vous irriter à la longue, sauf peut-être si vous jouez à Madworld raisonnablement. Les développeurs vous ont laissé l'alternative de pouvoir leur couper la chique, ce qui est une bonne idée en soi. Vous ne pourrez qu'apprécier plus les bruitages, et ce bruit si sympathique du sang gluant dans lequel vous marchez.

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Vous aurez exactement trente minutes, pas une de plus, pour remplir tous les objectifs, réaliser les meilleurs scores et surtout, surtout, pour faire le spectacle. N'oubliez pas, des gens vous regardent et ils ne tiennent pas à ce que vous éliminiez vos ennemis d'un seul coup. Non, la torture est ici reine et plus vous en faîtes, mieux vous êtes noté. Pour avancer dans un même niveau, vous devez obtenir un certain nombre de points, des points obtenus grâce à votre style de tuerie.



Place au spectacle !

Tous les coups sont donc permis. Le premier niveau vous servira de mise en jambe, votre sponsor vous expliquant comment venir à bout des adversaires en les tuant à petit feu. En vous obligeant à diversifier votre style de combat, Madworld vous permet de vous amuser terriblement. Tout, absolument tout élément du décor peut donner lieu à un très beau spectacle. Pneu pour habiller les ennemis, panneaux de signalisation à planter entre les deux yeux, bidons enflammés pour un feu de joie, pics au mur pour mieux empaler, projection contre des trains en marche, coups de bancs, de poubelles, vous serez surpris de voir combien chaque objet, apparemment innocent, peut faire de dégâts. Tout sera à tester de toute façon, afin de voir quelle technique vous rapporte le plus de points. Privilégiez donc les combos à multiples profusion de sang et vous ferez le carton plein. Vous débloquerez aussi sur votre passage de nouvelles armes, que vous vous empresserez d'utiliser sur l'ennemi qui vient pour voir "ce que ça fait".
Sinon, pour aller vite, car mine de rien, à la longue les combinaisons lassent et le temps tourne, vous ferez appel à votre tronçonneuse, équipée à votre bras. Pour de la bonne découpe, horizontale ou verticale, on ne fait pas mieux.

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Sur votre chemin également, des défis se mettront en marche. Pour avancer et augmenter vos statistiques, vous les relèverez forcément. Là encore, plus vous assurez le show, plus vous gagnez de points. Viendra ensuite le boss de fin de niveau qui lui, s'imposera de toute sa présence et vous donnera du fil à retordre. Beaucoup impressionne, beaucoup se révèle coriace. Notez que vous disposez de trois vies avant le Game Over final.

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La prise en main globale de Madworld ne pose pas de difficulté particulière. Wii oblige, on vous demandera d'agiter la Wiimote et le Nunchuck pour réaliser des actions particulières. Celles-ci s'afficheront toujours à l'écran, vous saurez donc qui agiter et comment, soit pour vous défaire de situations compliquées, soit pour administrer les coups finaux. Véritablement, la prise en main ne pose aucune difficulté. Le didactiel qu'on évoquait plus haut est extrêmement clair et précis, et les attributions de touches et autres mouvements clés se mémorisent facilement. Et puis, vous êtes dans un jeu de combat, donc si vous ne réalisez pas toutes vos actions de façon académique, qui s'en soucie ? Tant que vous marquez des points, tout va bien...



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Conclusion

MadworldAprès cette expérience Madworld, vous ne regarderez sans doute plus la Wii de la même façon. La console s'était déjà démarquée avec des titres moins casuals que la majorité de son catalogue, mais jamais tant de violence ne l'avait habitée. Les gamers avertis ne pourront que s'en réjouir d'ailleurs. Et aux autres joueurs des consoles concurrentes, vous pourrez toujours les narguer en les invitant à réaliser les mini-jeux avec vous, afin de leur montrer que la Wii n'est pas qu'une console de famille.

Madwold s'affiche comme un très bon titre et sur bon nombre de points : on aime les graphismes atypiques, l'ambiance glauque, le scénario, la prise en main, le déroulement de l'action, la diversité des combats et l'amusement que l'on peut y trouver. On pourrait critiquer son extrême violence, mais sans elle, Madworld ne serait pas Madworld.
Mais n'oubliez pas, on vous conseille réellement de ne pas jouer d'une traite à ce jeu, vous risqueriez d'y perdre goût.

Madworld est disponible à partir de 46,99 €.

 



+ Les plus
  • Scénario
  • Graphismes atypiques
  • Ambiance
  • Diversité des combats
  • Prise en main
- Les moins
  • Durée de vie

Notes

  • Graphisme L'univers est atypique et séduit par son originalité. Le titre est entièrement exploité en noir et blanc et fourmille de détails, tant dans les décors que les différents ennemis rencontrés. Seule note de couleur, le sang, qui est de ce fait mis en avant et exacerbé. L'aspect Comics est lui aussi de la partie et contribue à faire de ce titre une petite œuvre d'art.
    8/10
  • Bande son Vous ferez rapidement connaissance avec les deux commentateurs qui vous suivront tout au long du jeu. Si au début leurs remarques contribueront de beaucoup à l'ambiance du jeu, vous remarquerez également qu'ils se répètent. Dès qu'ils vous agaceront, vous pourrez toujours les couper dans le menu des options et les remettre s'ils vous manquent. Quant aux musiques, elles se révèlent très dynamiques, en harmonie avec l'action.
    7/10
  • Jouabilité Le titre vous proposera un petit entraînement pour que vous puissiez prendre la mesure de l'étendue des coups. Tous sont simples à assimiler, vous pourrez donc varier vos massacres à loisirs. En plein combat, certains coups s'afficheront même à l'écran. Massacrer à tout va finissant tout de même par lasser, on vous conseillera donc de profiter de ce titre petit à petit.
    7/10
  • Durée de vie Le titre comporte 14 niveaux et tous se déroulent suivant un même schéma. Donc, encore une fois, pas question d'enchaîner tous les niveaux d'un seul tenant sous peine de vous dégouter du jeu, mais aussi de le finir bien trop rapidement. Comptez sept heures de jeu pour le finir complètement en solo. Vous pourrez bien sûr revenir sur vos pas et refaire vos scores, mais encore faut-il en avoir envie. Notez que vous pouvez jouer à deux sur les mini-jeux.
    6/10
  • Scénario Il faudra voir au delà des effusions de sang pour saisir la subtilité du scénario. Big Brother est de la partie et le titre dresse un tableau noir de tout ce qui est téléréalité. Vous serez donc agréablement surpris que ce beat'em all se montre un peu plus abouti sur le plan du scénario.
    7/10
  • Note générale Ce Madworld nous fait inévitablement penser au Running Man de Stefen King, c'est ce que vous découvrirez en dépassant le stade de la simple violence gratuite. Running Man et avant lui 1984, avaient montré du doigt l'importance de Big Brother. "Big Brother vous regarde". Madworld remet en question les enjeux de la téléréalité, dans un message moderne et adapté à notre époque. Hier les livres, aujourd'hui les jeux vidéo. Le tout orchestré par les mécanismes de beat'em all plutôt réussis, ce qui ne gâche rien.
    8/10
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