Test Medal Of Honor Airborne

Le par Alain L.  |  0 commentaire(s)
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Après plus de trois ans d’absence, Electronic Arts reprend finalement le flambeau Medal Of Honor alors que la concurrence fait indubitablement rage dans le secteur des FPS. Comme toujours, cette série vidéoludique fera la part belle à l’histoire, et plus précisément à la Seconde Guerre mondiale. Accompagné d’un puissant moteur graphique, le jeu joue la carte de l’ouverture et de la non-linéarité au travers d’un concept originellement novateur.

Une liberté conditionelle

Comme son nom l’indique, Medal Of Honor : Airborne tourne autour du parachutisme qui nous servira dans la plupart des cas à saboter l’infrastructure ennemie en vue d'organiser correctement la contre offensive des troupes alliées sur les côtes européennes. En théorie, le fait de proposer une telle ouverture prolongerait de façon significative la durée de vie du jeu.

Néanmoins de grosses limitations techniques épuisent rapidement le concept qui ne s’avérera au final  très peu consistant. En effet, bien que l’on puisse choisir de neutraliser les tourelles anti-aériennes avant de déloger des snipers ou inversement, le joueur ne pourra ressentir une quelconque diversité dans le sens où ces objectifs restent foncièrement les mêmes et sont scriptés à souhait.

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De plus, la gravité terrestre ne permet pas réellement d’atteindre n’importe quel point de la carte et il faudra veiller à rejoindre les zones dites vertes, zones sécurisées et dénuées d’ennemis. Le jeu débute par un simple mais clair exercice de parachutisme nous expliquant les principes de base pour bien atterrir et se mettre à couvert.

Une fois les présentations faites, nous sommes immédiatement envoyés au combat au beau milieu des lignes ennemies. Contrairement à Call Of Duty qui invoque des assauts militaires massifs, le jeu d’Electronic Arts met en avant une échelle de jeu bien plus restrictive pour se concentrer davantage sur le héros.

Voyage voyage

Avant d’embarquer sur le terrain, nous sommes régulièrement informés de nos objectifs de missions et des probables zones de combats intenses. C’est aussi l’occasion de choisir son armement, un moment décisif pour la survie de notre entourage et plus important encore de notre propre personne.

En effet, choisir une arme inappropriée à la mission peut véritablement mettre en danger votre vie dans le sens où elle n’apportera pas l’efficacité attendue et nécessaire à la bonne neutralisation des ennemis. Utiliser un Kar K98 peut par exemple se révéler mortel en combat rapproché si l’on manque son coup car le fusil nécessite un temps de rechargement supérieur à une seconde, soit le temps nécessaire à l’ennemi pour se servir de sa Maschinenpistole 40 plus connue sous le nom de MP40.

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On y incarnera le soldat de première classe Boyd Travers, membre de la 82ème Aéroportée chargé de repousser l’Axe du mal à travers l’ensemble de l’Europe, de la France à l’Italie en passant par les Pays Bas.  Toutes ces opérations ont comme point commun de faire appel à un parachutisme que l’on pourra exploiter à bon escient.

Malgré les nombreuses limitations conceptuelles, Medal Of Honor nous offre l’opportunité d’emprunter des chemins différents en marge de ces objectifs prédéfinis. On peut en effet atterrir sur le toit d’une église pour venir sniper les ennemis tel un grand sadique ou au contraire venir au combat rapproché et faire usage d’armes lourdes.



La crise des Headshots

Libre au joueur d’embrasser l’une de ces opportunités qui aboutiront nécessairement à la même finalité. La grande nouveauté de ce titre réside dans l’absence de point de départ, nouveauté qui permettra aux joueurs acharnés de débloquer toutes les améliorations militaires en vue d’éliminer encore plus efficacement l’ennemi.

Au fur et à mesure que l’on tue des ennemis à l’aide d’une arme définie, nous engrangeons en quelque sorte des points d’expériences qui nous serviront à obtenir des améliorations. Il existe en tout et pour tout trois étapes évolutives sur chacune des armes disponibles et transportables dans le jeu.

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Le Thompson SMG pourra à titre d’exemple se doter d’une poignée avant faisant office de stabilisateur avant de bénéficier d’un compensateur de tir  éliminant de façon significative le recul engendré par un coup de feu. Et pour finir, le fusil mitrailleur sera à même d’accueillir des chargeurs larges repoussant à 50 le nombre de balles présentes.

Malheureusement pour nous, il ne suffit pas de venir tuer à outrance l’adversaire, il faudra aussi faire preuve de style et d’agilité pour aligner les headshots, fameux tirs à la tête. Afin de pousser le joueur à se surpasser, les développeurs ont pensés à rétribuer ce genre d’actions se terminant acoustiquement parlant en deux scénarios, la célèbre perforation du casque ou encore le cerveau qui vole en éclat.



Une étrange IA

Contrairement à ses prédécesseurs, le concept ne fera plus état d’une explicite barre d’énergie numérique, au lieu de cela il fera usage d’une unique barre divisée en quatre. Chacune des portions pourra diminuer selon les dégâts subis, et il faudra tel un Halo 3 se mettre à couvert afin que cette dernière puisse se recharger normalement.

L’ouverture de jeu semble a priori être une bonne idée et malgré ces limitations on ne peut actuellement que venir saluer cette innovation. En contrepartie, le jeu se voit immédiatement pénalisé au niveau de sa durée de vie faisant état de seulement six missions. On serait naturellement tenter d’objecter et d’appuyer notre raisonnement à travers de missions moins nombreuses mais plus consistantes, malheureusement ce n'est pas le cas.

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Se contenter de cette pseudo ouverture et d‘une certaine diversité sera la meilleure des choses à faire. Alors que le jeu avait mis en avant une intelligence exceptionnellement agressive et entreprenante, on se retrouve au final à exécuter véritablement des ennemis dont la vocation serait presque de se jeter sur nos balles.

Loin de remettre en question leurs capacités de visée qui restent logiquement bonnes, j’émets néanmoins quelques réserves quant aux comportements des ennemis. Très souvent ces derniers effectuent des mouvements de retraite suicidaires en venant s’exposer à nos tirs et ces répétitions plombent sans l’ombre d’un doute le challenge actuel que j’ai pourtant relevé de façon volontaire (difficulté expert).



Newton ? Connait pas...

Dans ce cas précis, il faut tout bonnement veiller à protéger nos arrières et surtout à progresser par étapes tel un Ghost Recon Advanced Warfigher 2 (consultez notre test) en somme. Entre les différents niveaux de difficultés, seule l’efficacité des armes change singulièrement, l’IA restera elle cantonnée à ses scripts de jeu.

On ne pourra pas en dire autant de la bande sonore dont la qualité se révèle surprenante. Composée par Micheal Giacchino, la production d’Electronic Arts  se montre ici exceptionnelle de par ses épiques thèmes menés de main de maître durant l’ensemble du jeu. Elle sait captiver, stresser et avant tout impliquer le joueur dans sa rébarbative tâche militaire.

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Sans atteindre des sommets, les bruitages ainsi que les doublages restent d’excellentes factures et sauvent de ce fait l’ensemble. L’aspect graphique bien que dans la norme n’exploite pas pleinement les possibilités offertes par le Unreal Engine 3 connu pourtant pour être l’une des plus versatiles et efficaces solutions techniques aux côtés du CryEngine 2.

On regrettera cependant les nombreux bugs physiques accompagnant le concept. Fait maison, le moteur physique présente des mythiques bizarreries défiant sans vergogne les lois de la physique moderne. A force d’aligner les headshots, il arrivera un moment dans lequel la pauvre victime subira la loi des interactions dans des proportions épiques jusqu’à même planer durant une bonne poignée de secondes.



Prestation en demi teinte

Dans la même veine, nous pourrons être témoins d’extensions anatomiques faisant part d’étranges comportements, En général, ce sont les extrémités qui sont soumises à de telles distorsions. A force de trop vouloir conserver un unique modèle vidéoludique, la firme américaine a fini par tomber sur un os.

Basique, le concept nous rabâche les mêmes ingrédients vus et revus durant les années passées et les seuls arguments sonores et graphiques ne suffisent pas à rendre le jeu véritablement unique en son genre. Les deux critères ont tout de même le bon goût de sauver un ensemble juste, trop juste pour parvenir à s’imposer.

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Si d’un point de vue normatif, Medal Of Honor : Airborne se montre singulièrement décevant, on ne pourra pas en dire autant en ce qui concerne la série. Ce dernier se révèle en effet être l’un des meilleurs opus de cette grande famille vidéoludique, un fait ironique qu’on ne peut cependant négliger.

Pour les fans de la série, sachez que vous ne serez pas déçus par ce nouvel opus, les joueurs traditionnels  devront quant à eux peser le pour et le contre en sachant pertinemment qu’une faible durée de vie les attend en prenant même en compte le mode multi-joueurs relativement limité par un level design pourtant intéressant.

Configuration de Test :

  • ASUS P5B
  • Intel Core 2 Quad Q6600
  • Corsair PC6400 4096Mo XMS2 TwinX (4x1024Mo) Pro
  • nVidia Geforce 8800 GTX O/C @ 620Mhz/1020Mhz (GPU/GRAM)
  • SoundMAX HD Audio
  • Seagate 500Go 7200RPM S-ATA 2 RAID 1
  • Iiyama ProLite E430S


+ Les plus
  • Ouverture du jeu
  • L'ambiance immersive
  • Bande sonore de grande qualité
- Les moins
  • Durée de vie minimaliste
  • IA indigne des actuelles normes
  • Trop basique

Notes

  • Graphisme Doté du Unreal Engine 3, le jeu ne parvient pas à exploiter justement l’ensemble technologique et se contente même d’effectuer une prestation tout juste au dessus de la moyenne. Alternant entre le bon et le moins bon, les textures peinent à se démarquer d’un médiocre ensemble, c’est surtout l’architecture des niveaux qui viendra rattraper le tout à l’aide d’une efficacité diversité.
    6/10
  • Bande son Majestueuse, la bande originale orchestre avec brio nos impromptueuses tentatives militaires couronnées ou non de succès. Accompagné d’un orchestre symphonique, le maître Giacchino marque de son empreinte la longue lignée des Medal Of Honor qu’il maîtrise à vrai dire sur le bout des doigts. La sonorité des Springfield et autres MG-42 savent aussi donner de la voix pour peu que l’on possède un matériel adapté. Anglais ou français, les doublages s’en sortent très honorablement du fait de leur implication.
    8/10
  • Jouabilité Le gameplay présent dans Airborne n’a pas changé d’un iota. Les contrôles instinctifs et nerveux permettent à tout type de joueur de s’adapter en un rien de temps. On notera juste la présence d’un gênant flou dans la lunette sniper qu’on ne peut retirer nous même à l’aide par exemple d’un réglage manuel de la focale. Le parachutisme se montre prenant aux premiers abords et ne présente aucune ambiguïté, il est cependant nécessaire de s’habituer au préalable avant d’envisager une quelconque prouesse.
    5/10
  • Durée de vie A raison de cinquante minutes par mission, l’ensemble nous propose une aventure échelonnée entre cinq et six heures de jeu. Une carence que le mode multi-joueurs atténue avec peine tant l’aspect technique parait basique et on ne peut plus connu de tous. Il reste néanmoins efficace puisqu’il permet aux plus férus d’entre nous de se disputer férocement une stratégique place.
    4/10
  • Scénario Scénaristiquement parlant, il faut avouer que le jeu sait exploiter les faits historiques et les mettre savamment en scène. Les briefings de missions tout comme les rebondissements savent se déjouer des traditionnels pièges. Le contexte historique limite néanmoins la marge de manœuvre des développeurs.
    6/10
  • Note générale Attestant une certaine basicité, Medal Of Honor Airborne joue avec le feu. En voulant s’appuyer sur des fondations caduques, c’est l’ensemble qui se voit pénaliser par une visible pauvreté conceptuelle. Le peu d’innovations apporté ne suffit à motiver une telle prestation. Fort heureusement, l’aspect sonore et graphique parviennent à sauver l’embarcation qui ne tenait qu’à un fil. On espérait mieux d’Electronic Arts…
    6/10
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