Test Metal Gear Solid V : The Phantom Pain

Le par Fabien H.  |  3 commentaire(s)
Metal Gear Solid 5 The Phantom Pain - vignette

Mondialement connue et appréciée depuis de nombreuses années, la série Metal Gear revient sur le devant de la scène avec le très attendu Metal Gear Solid V : The Phantom Pain. Dernier volet d'Hideo Kojima suite au départ de son éditeur Konami, le titre parvient-il à satisfaire à la fois les fans de la licence, mais aussi les amateurs de jeux d'infiltration ? Le résultat se révèle-t-il moins décevant que le prologue Ground Zeroes ? Réponse dans notre test.

Un monde à rebâtir

Très populaire auprès des joueurs depuis la sortie de Metal Gear Solid sur PlayStation, la série phare du concepteur japonais Hideo Kojima est connue et appréciée pour la qualité de son gameplay, mais aussi et surtout pour sa mise en scène cinématographique et son scénario alambiqué qui n'hésite pas à traiter de sujets difficiles de la société moderne. Après un Metal Gear Solid IV : Guns of the Patriots qui n'a pas séduit tous les joueurs, nous étions nombreux à attendre l'arrivée du cinquième opus. Suite à un MGS V : Ground Zeroes qui se présentait plus comme une démo jouable qu'un réel prologue, Kojima a finalement pondu Metal Gear Solid 5 : The Phantom Pain.

De prime abord, il est important de préciser que les joueurs qui ont été refroidis par Ground Zeroes n'ont pas de crainte à avoir avec The Phantom Pain, tant le tour de force a été bien mené. En effet, ce cinquième opus se veut très riche en matière de modifications de gameplay et au niveau de son scénario qui, avouons-le, apportera un certain nombre de réponses à des questions que les fans se posent depuis de nombreuses années. Toutefois, la richesse du rythme de narration n'est pas aussi dense que dans les précédents opus, Kojima ayant opté pour une structure de progression plus permissive, assurant ainsi un cheminement au gré des choix du joueurs. Aussi, vous pourrez lire ici et là que le scénario est décousu et finalement pas aussi ambitieux que par le passé dans la saga. En réalité, seule la fréquence peut être moins assidue, mais l'intensité demeure toujours intacte, incluant de vraies scènes poignantes et / ou épiques. De nombreux éléments de scénario sont également à découvrir selon notre bon vouloir par l'intermédiaire de cassettes audio que nous récupérons au fil de notre avancée. Certaines sont riches en matière d'informations sur la série entière.

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Pour situer le contexte, MGS V : The Phantom Pain se déroule en 1984, soit neuf ans après les événements opérés dans Ground Zeroes. L'organisation des Mercenaires Sans Frontières a été balayée, ainsi que la Mother Base de Big Boss. Ce dernier se réveille dans un hôpital à Chypre et le joueurs découvre rapidement les séquelles de notre héros, affichant une « gueule cassée » ainsi qu'un bras en moins. Dès lors, nous comprenons très bien le sous-titre de cet épisode, la « douleur fantôme » relative au membre perdu. Cette sensation se confirmera par ailleurs tout au long du jeu. Quoi qu'il en soit, l'introduction du titre s'effectue dans la pure tradition des autres volets de la saga, à savoir une mise en scène de qualité entrecoupée de (trop) peu de phases de gameplay. Ce n'est qu'après ce long chapitre que nous sommes projetés au plein coeur de l'Afghanistan et ce, dans l'optique de bâtir une nouvelle organisation, les Diamond Dogs, et veiller à s'assurer une réelle vengeance en reconstruisant la Mother Base. La suite du scénario ne sera pas divulguée, de sorte à ne pas laisser apparaître de spoilers.

En amont de sa sortie, The Phantom Pain a été mis en avant comme un jeu à monde ouvert, tranchant radicalement avec les autres opus de la franchise. En réalité, il ne s'agit pas d'une vaste ouverture, mais deux grandes zones ( Afghanistan et Afrique ) dans lesquelles il sera possible d'effectuer diverses missions et autres objectifs secondaires dans l'ordre que nous souhaitons. Aussi, l'enjeu mis en exergue se situe dans un cheminement non linéaire, quand bien même il conviendra de débloquer la suite de la progression au moyen de missions principales précises. Pour autant, il ne faudra pas s'attendre à un GTA, un Red Dead Redemption ou encore The Witcher, puisque les grands environnements ne laissent aucune place à des événements aléatoires : les missions se cantonnent à des avants-postes et autres bases bien gardées par des soldats ennemis. L'ensemble se pilote par l'intermédiaire de votre iDroid, une interface qui permet de paramétrer un certain nombre d'éléments in-game, notamment les missions.

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Mener ton armée, tu devras

Pour ceux et celles qui ont joué à Metal Gear Solid : Peace Walker, sachez que MGS V : The Phantom Pain en a hérité un certain nombre de mécaniques. Aussi, il sera question de gérer l'épanouissement de la nouvelle Mother Base : recruter des soldats pu encore déployer des annexes spécialisées dans différents domaines ( R&D, soutien, combat, etc ) et ce, afin de disposer d'une force de frappe suffisamment importante pour mener les objectifs des Diamond Dogs. Au départ, Ocelot – qui a sauvé Snake de l'hôpital à Chypre – se chargera de donner les premières directives à son leader. Par la suite, nous pourrons effectuer nos propres démarches en recrutant de nouveaux soldats : certains, volontaires suite à nos missions accomplies ; d'autres, ennemis et forcés de rejoindre notre cause en leur accrochant un ballon Fulton à la ceinture. Petit élément amusant, il est même possible de « fultonner » des animaux tels que des chèvres, moutons et autres loups vers notre base.

L'intérêt de développer la Mother Base est essentielle, puisqu'elle permettra de progresser dans la campagne. De plus, cela permet de récupérer de nouvelles armes et gadgets pour faciliter nos missions, ou encore de disposer d'un soutien aérien de notre hélicoptère, mais aussi des renseignements supplémentaires parfois fort utiles. En sus de quelques centaines de bras, la Mother Base nécessite des matières premières pour s'agrandir. Aussi, il conviendra d'en récolter directement dans les bases adverses. Si nous passons énormément de temps sur le terrain à accomplir des missions, il sera souvent demandé de revenir à notre base pour débloquer certaines cut-scenes, mais aussi pour remonter le moral des troupes ou encore les martyriser à coups de poings pour assouvir nos plaisirs sadiques.

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L'ouverture des environnements par rapport aux autres volets de la série découle sur un gameplay bien plus intéressant que par le passé. En effet, l'infiltration prend ici tout son sens, puisqu'il est possible d'approcher d'une situation de multiples façons. Aussi, la phase de préparation est essentielle et nous laisse le champ libre. Si l'étape de détection des ennemis à l'aide d'une jumelle est quasi-obligatoire, elle permet de se faire une idée globale de la façon d'approcher du camp ennemi. Les amateurs de discrétion seront aux anges, puisqu'il est possible d'être déposé par notre hélicoptère à 6h du matin ou encore à minuit. Cela permet d'avoir un avantage en matière de visibilité, voire d'une ronde moins complexe des gardes. Dans tous les cas, il est possible de s'équiper de deux armes de poing et de deux armes plus radicales, en complément de nombreux gadgets tels que le célèbre carton de Snake. Pour les fans, sachez que le pistolet tranquillisant est toujours présent et se décline désormais en version sniper. Voilà de quoi approcher les ennemis de façon quasi-sereine, bien que l'IA demeure assez bien travaillée : au moindre soupçon, un rapport au QG est effectué et les recherches se révèlent aléatoires. En conséquence, il est difficile de prévoir à l'avance les décisions d'itinéraires des ennemis et les surprises seront toujours au goût du jour. Quoi qu'il en soit, en cas de détection accompagnée du célèbre point d'exclamation enclenchera une phase de bullet time de quelques seconde, le temps d'effectuer une action rapide : un tir dans la tête ou une choppe discrète. Par ailleurs, dans le cas ou vous parvenez à appréhender un ennemi sans qu'il puisse alerter ses compères, il sera possible de l'interroger pour connaître la position d'une cible, de matériaux ou encore d'autres ennemis sur le site. Après l'avoir assommé ou poignardé, il est possible de cacher le corps à l'abri des regards ou, lui adjoindre un ballon Fulton pour l'envoyer sur Mother Base.

Lors des premières heures de jeu, la progression peut sembler quelque peu redondante, en raison d'une certaine répétitivité. En effet, la nécessité d'améliorer votre base et de constituer un volume de soldats suffisant est prioritairement requise. Par la suite, le rythme s'effectuera en fonction de nos décisions, puisqu'il est possible de prendre du temps pour effectuer les nombreuses missions secondaires, refaire des missions principales pour mener à bien des objectifs secondaires, ou alors progresser dans l'histoire. Ce choix est une excellente alternative d'échapper à la linéarité, tout en proposant aux plus pressés de se cantonner à la campagne principale, quand bien même ces derniers pourraient passer à côté de certaines révélations croustillantes. Au fil de notre cheminement, nous serons amenés de travailler avec un compagnon. Si les fans savent que Snake agit habituellement en solo, il ne sera pas véritablement question d'un soldat à nos côtés, puisqu'il s'agira d'un cheval dans un premier temps, suivi par D-Dog ( son chien ) ou encore Quiet et son agilité au fusil de précision. Toutefois, nous pourrons regretter l'absence de réels boss, étapes pourtant mémorables dans les précédents volets de la série. Les amateurs de longue date seront légèrement déçus par cette absence évidemment remarquée, alors que nous sommes nombreux à nous souvenir de Sniper Wolf, Psycho Mantis ou encore The End.

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La légende ne meurt jamais

Si la prise en main de MGS 5 : The Phantom Pain se révèle impeccable et particulièrement agréable, force est de constater que la partie technique n'est pas en reste. Le moteur graphique FOX Engine, développé en interne, se révèle très bien optimisé, tant et si bien qu'il n'est pas gourmand plus que de raison en matière de configuration. En conséquence, le titre tourne agréablement à 60 images par seconde, chose particulièrement appréciable et ce, en dépit d'un peu de clipping et du scintillement sur certaines textures. La fluidité demeure au rendez-vous et dans la quasi-majorité des circonstances. Si les effets de lumière s'avèrent saisissants dans le jeu, quelques rares textures sont peu esthétiques au niveau de certains environnements ou encore la pilosité faciale des personnages. Tout ceci n'a pas empêché Kojima et ses équipes à se faire plaisir au niveau de certaines modélisations ( Quiet ).

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En raison de son ouverture plus importante en terme de progression, le jeu gagne inévitablement au niveau de sa durée de vie. Avec 50 missions principales et presque 160 missions additionnelles, le titre a de quoi nous occuper plusieurs dizaines d'heures. De plus, certains objectifs sont multiples et proposent des classements, assurant ainsi une certaine rejouabilité. Malgré tout, ce gros volume souligne évidemment le problème de répétitivité, puisqu'il sera souvent demandé d'extraire un prisonnier d'un camp ennemi ou encore d'éliminer ou capturer un commandant, etc. Pour les plus hargneux, il est possible de refaire les missions en mode Extême après la fin du jeu, assurant un réel challenge. En bref, pour peu que vous adhériez à la progression très permissive du jeu, vous en aurez très clairement pour votre argent.

Souvent critiquée pour proposer plus de cut-scenes que de véritables phases de gameplay, la série Metal Gear Solid nous prend au mot avec un MGS 5 qui nous laisse souvent l'acteur principal de l'aventure. Certes, il est toujours exposé que Kojima a mené son jeu avec tout l'amour qu'il porte à la dimension cinématographique, mais ces phases inactives ne sont que rarement longues et plus souvent riches en émotions. Dans les faits, le pad en main après plusieurs dizaines d'heures de jeu, l'intensité est toujours palpable et le concepteur a su éviter de nous imposer de nouveaux mystères. Au lieu de cela, il est enfin question de réponses à nos questions, des propos qui permettent enfin d'avoir un aperçu bien plus clair sur l'ensemble de la série et les faits opérés dans les précédents opus. Toutefois, les néophytes de la saga risquent d'être assez désarçonnés par un vocabulaire riche de nombreuses années, confirmant que malgré son exposition à grande échelle, la série Metal Gear Solid demeure un jeu vidéo de niche version grand luxe.

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+ Les plus
  • Prise en main efficace et agréable
  • L'infiltration à son meilleur
  • Liberté d'action appréciable
  • Narration de qualité
  • Beaucoup de réponses pour les fans de la série
  • Très grande durée de vie
  • Gestion de la Mother Base intéressante
  • Moteur graphique efficace et optimisé
- Les moins
  • Légers bugs visuels ( clipping, scintillement, quelques textures )
  • Absence de réels boss
  • Premières heures de jeu peu rythmées

Notes

  • medaille
    Note générale Alors que les fans l'attendaient avec un mélange d'excitation et d'appréhension – en raison d'un Ground Zeroes peu palpitant – Metal Gear Solid V : The Phantom Pain ne déçoit pas. Mieux que cela, le titre se targue de proposer une recette différente des autres opus, prenant à contrepied les irréductibles critiques concernant les cut-scenes à rallonge de la série d'Hideo Kojima. En effet, le titre gagne indéniablement en phases de gameplay, engendrant ainsi une linéarité quasi-effacée et une durée de vie gonflée. Aussi, selon les choix des joueurs, le rythme de narration pourra être plus ou moins dense, ce qui est souvent reproché dans d'autres critiques. Dans les faits, l'intensité du scénario et le savoir-faire dans ce domaine par l'équipe de Kojima est toujours mise en avant et ne déçoit pas. Mieux encore, elle apporte de nombreuses réponses aux fans concernant le background de la série. Et rien que pour cela, le jeu en vaut la chandelle.
    8/10
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Vos commentaires
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Great Sword Zowie offline Hors ligne VIP icone 5947 points
Le #1859179
"Souvent critiquée pour proposer plus de cut-scenes que de véritables phases de gameplay, la série Metal Gear Solid nous prend au mot avec un MGS 5 qui nous laisse souvent l'acteur principal de l'aventure."
Ah ?
Peut-être que je vais m'y intéresser alors, j'avais abandonné le 3 pour cette raison.
Thrawn offline Hors ligne Héroïque icone 910 points
Le #1859203
Pour info, l'intro dure 1h et ne requiert que quelques inputs.
On est spectateur du début a la fin et franchement, ca as beau être l'intro la plus WTF, c'est chiant.
En ce qui concerne le jeu en lui même. Je suis pas d'accord, la notion d'open-world est fausse. Est-ce que Crysis 1 était considéré comme un open world ? Non, pourtant les possibilités étaient les même ...

Je ne suis pas un grand fan de la série mais j'avoue que j'attendais plus de ce jeu.

Great Sword Zowie offline Hors ligne VIP icone 5947 points
Le #1859216
Thrawn a écrit :

Pour info, l'intro dure 1h et ne requiert que quelques inputs.
On est spectateur du début a la fin et franchement, ca as beau être l'intro la plus WTF, c'est chiant.
En ce qui concerne le jeu en lui même. Je suis pas d'accord, la notion d'open-world est fausse. Est-ce que Crysis 1 était considéré comme un open world ? Non, pourtant les possibilités étaient les même ...

Je ne suis pas un grand fan de la série mais j'avoue que j'attendais plus de ce jeu.


Ok merci pour l'info, j'y toucherai donc jamais
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