Test No More Heroes 2 : Desperate Struggle

Le par Gael B.  |  2 commentaire(s)
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Je ne sais pas pour vous, mais j'attendais personnellement avec impatience de pouvoir manier de nouveau le Beam Katana, l'arme de prédilection de Travis Touchdown. Vous savez, cet otaku assoiffé de sang qui était parvenu, après de mémorables rencontres, à devenir l'assassin numéro un de Santa Destroy dans le premier No More Heroes. Bonne nouvelle, il nous revient dans une aventure plus trash que jamais. La Wii s'en souviendra encore longtemps.

Du sang, du sexe et des noix de coco

Malgré des graphismes qu'on aurait pu accuser de terrorisme tellement le clipping et l'aliasing attentaient à notre rétine, la galerie de personnages tous plus barrés les uns que les autres de No More Heroes avait fait pencher la balance en sa faveur. Le créateur de cette bombe vidéoludique, Suda 51, n'est cependant plus que producteur sur ce second opus sous-titré "Desperate Struggle" (Lutte Désespérée dans la langue de Patrick Chirac). Est-ce un mal, perd-on fatalement en identité ? Nous vous répondrons en toute quiétude que non, au contraire. Bien que l'effet de surprise soit effectivement passé, la recette du premier volet a été intelligemment bonifiée, et certains points critiquables et critiqués de No More Heroes ne le sont plus... totalement.

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L'expérience du premier épisode avait été légèrement tronquée pour l'Europe, notre version interdisant aux ennemis de disparaître autrement que dans une gerbe de pixels. Les amateurs de giclées d'hémoglobine seront aux anges (ou aux démons dans ce cas), No More Heroes 2 nous arrive dans une mouture absolument pas censurée. Et ça ne vaut pas uniquement pour la présence de sang lors des décapitations de vos adversaires. Sachez-le, les répliques de Travis et les dialogues du jeu dans l'ensemble sont parfois, pour ne pas dire souvent, très crus et truffés de sous-entendus (la traduction française est d'ailleurs excellente). On en vient à suspecter des connotations sexuelles partout (la Wiimote animée en haut à droite de l'écran, ne vous fait-elle pas penser à un pénis ou ai-je l'esprit décidément trop mal tourné ?). Les gros plans sur les arrière-trains ou les poitrines généreuses du beau sexe sont légion, mais comme c'est assumé et que ce fan-service fait entièrement partie du délire orchestré par Grasshopper Manufacture, ça ne choque pas. Évidemment, cette remarque n'est point du tout valable pour les joueurs n'ayant pas atteint 18 ans, et ça tombe bien car No More Heroes 2 ne leur est pas destiné.



Des changements pas forcément porteurs de mieux

Après le meurtre de son meilleur ami, Travis se voit obligé de reprendre du service pour reconquérir son trône, trois ans après avoir atteint le sommet, et régler ainsi le compte de tous ceux qui ont pris part à la tuerie ayant coûté la vie à son camarade. Le "roi sans couronne" succombe de nouveau aux charmes de la délicieusement garce Sylvia Christel, qui lui est néanmoins d'une aide précieuse puisqu'elle se charge de lui indiquer qui il aura à abattre afin de redevenir le meilleur de tous les assassins. À ce niveau, rien n'a vraiment changé. À l'instar de No More Heroes premier du nom, les développeurs nous livrent des boss incroyablement charismatiques, définitivement mémorables, et que l'on se fera un plaisir de trucider. À noter que même en difficulté "Salé", les affrontements ne requièrent pas un grand talent de pourfendeur. Dommage car le titre s'avère plus agréable à manier que son prédécesseur, notamment grâce à une gestion de la caméra retravaillée. Certes, on la recalibre souvent à l'aide du bouton "C", mais elle n'est plus un motif de frustration (sauf lors des phases de plate-forme avec Shinobu). Non, on trouve cette dernière ailleurs.

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Au revoir la ville de Santa Destroy que l'on pouvait parcourir à moto (ou bien à pied si on avait beaucoup de temps libre devant soi). Ce n'est pas qu'elle ait été rayée de la carte, mais il ne nous est maintenant plus possible de se balader en son sein et de faire tomber des poteaux à la chaîne. Désormais, à la manière d'un FFX, vous déciderez de votre destination en faisant votre choix parmi les lieux proposés. On perd par conséquent moins de temps à aller d'un point à un autre, d'autant plus qu'il n'y avait finalement que peu de choses à faire en flânant dans cette ville (la collecte des balles Lovikov et salut la compagnie). À l'instar de NMH 1, vous trouverez dans sa suite un shoot 'em up composé d'un unique niveau qui se paie le luxe d'être quasiment mieux réalisé que le reste du jeu.

Un petit souci est à dénoter au niveau de l'équipement. En effet, quand vous obtenez une nouvelle arme, vous pouvez vous munir de celle-ci uniquement au début d'un combat. Heureusement que les ennemis ne vous attaquent pas durant ce temps, mais quand même. Il est aussi à regretter que certains ennemis s'amusent à vous mettre à terre alors que vous venez juste de vous relever. Les joutes de NMH 2 ressemblent globalement à celles de NMH 1, mais une nouveauté bien sympa est venue s'ajouter aux bonus de la roulette qui se met en route dès que vous envoyez un ennemi chez Dieu le Père. Travis pourra ainsi se changer en tigre pendant une durée limitée si vous arrivez à aligner trois symboles "BAR", et le charmant félin que vous serez alors ne fera qu'une bouchée de vos adversaires. C'est ce même animal qui est représenté en bas à droite de l'écran, et plus vous donnerez de coups, et plus il deviendra féroce (à l'inverse, il se calmera dès que vous serez touché). Dès lors qu'il devient rouge et entouré de blanc, appuyez sur la touche moins de votre Wiimote pour passer en mode DarkSide, qui vous aidera à nettoyer les niveaux plus rapidement.



Presque meilleur ?

Le déroulement du jeu est toujours aussi répétitif et linéaire. C'est dommage mais la personnalité du jeu est suffisamment forte pour nous faire passer outre ce défaut. Voilà comment ça se passe : on prend connaissance de notre prochain adversaire, puis on a le choix d'aller directement lui botter les fesses ou bien de se rendre à l'Airport 51, au Labo de Naomi ou bien alors au Gym de Ryan, le sosie de Freddie Mercure. Et c'est là que le gâteau à moitié bon fait son entrée.

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Bon vent les exercices physiques à reproduire à la Wiimote et au Nunchuk (éreintants à la fin mais tout de même funs), et bienvenue aux mini-jeux façon 8 bits. On en trouve deux dans la salle de gym, mais les petits boulots usent également de ce principe, à l'exception d'un qui est directement repris tel quel du premier No More Heroes, avec quelques ajouts pour cet opus. Sur ces huit jeux affichant une réalisation graphique et sonore proche de ce qu'on pourrait trouver sur NES (sans oublier la maniabilité rigide de l'époque), on trouve du bon comme du franchement passable. Mon coup de cœur ira au mini-game "Tile in Style", dans lequel vous devrez remplir entièrement un rectangle à l'aide de figures tout droit sorties de Tetris (à la base c'est un boulot de maçon qu'il vous faut assurer). Et la tâche se déroule sur un unique tableau, à la différence des autres travaux qui vont la plupart du temps sur quatre niveaux.

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En marge de l'histoire principale, vous aurez par moments à passer par des épreuves "Vengeance", dans lesquelles le but sera à chaque fois de nettoyer une zone infestée de méchants. En les accomplissant toutes, une surprise vestimentaire vous récompensera de vos efforts. Mais je n'en dirai pas plus.

No More Heroes 2, et c'était également le cas pour l'opus numéro un, ne propose pas un gros challenge. Certains boss se "torchent" très facilement, et la replay value du titre n'est pas énorme. Mais du début à la fin, on a la sensation de vivre quelque chose de fort, et le talent d'écriture de Grasshopper gicle à chaque cinématique, lesquelles ne cessent d'être jouissives. Et c'est là qu'on se rend compte que même en l'absence de Suda 51 au cœur du projet, contrairement à NMH 1 où sa charge de travail était plus importante encore, son équipe a su s'émanciper et arriver à un résultat grandiose. Hideo Kojima aurait de quoi éprouver de la jalousie.



Incontournable

No More Heroes 2 Desperate Struggle - jaquetteNe vous posez aucune question quant à savoir si No More Heroes 2 : Desperate Struggle mérite qu'on y investisse plusieurs dizaines d'euros. La réponse est évidente et vous apparaîtra en même pas dix minutes de jeu. Son ton, résolument mature et hilarant, n'est par conséquent pas conseillé à tout le monde. Ce n'est pas tant dans le gameplay du jeu, défoulant sans être poussé à son extrême, qu'on trouve son compte, mais plutôt dans ce microcosme improbable dans lequel sont rassemblées une inventivité et une générosité folles. On ressent un produit conçu pour être apprécié, aimé, dévoré, et moins pour contenter une large masse. No More Heroes 2 ne satisfera pas tout le monde, c'était hautement prévisible, mais ceux qui accrocheront à cette suite prendront un pied incroyable.



+ Les plus
  • Le ton du jeu, osé mais incroyablement rafraîchissant
  • Aucune censure
  • Une mise en scène géniale et des personnages ne l'étant pas moins
  • Des combats encore plus grisants
  • Un peu plus beau ?
  • La caméra ne donne plus mal au crâne
- Les moins
  • Une recette qui n'a pas vraiment évolué
  • Court et pas très destiné à être rejoué
  • Plus de possibilité de se balader dans Santa Destroy
  • Maniabilité pas encore optimale
  • Le dernier de la série ?

Notes

  • Graphisme La Wii semble avoir du mal par moments à gérer le casting impressionnant de ce No More Heroes 2, mais le moteur graphique semble avoir connu une légère amélioration depuis le premier volet. Des filtres efficaces permettent cependant parfois de faire illusion. Mention spéciale à la sensualité débordante des intervenantes féminines.
    8/10
  • Bande son Doublage US toujours à point, des morceaux mêlant du rock, de l'électro et d'autres styles saisissants d'immersion (certaines compositions 8 bits méritent un coup de chapeau), on en viendrait presque à regretter qu'un CD de la B.O. ne soit pas fourni avec le jeu.
    7/10
  • Jouabilité On privilégiera évidemment la configuration Wiimote/Nunchuk, tellement plus agréable pour terminer un ennemi avec un mouvement de bras adéquat. Les soucis de caméra tant présents dans No More Heroes premier du nom ont été partiellement corrigés, pour notre plus grand soulagement.
    7/10
  • Durée de vie Rien n'a changé ici, on a toujours besoin d'une dizaine d'heures pour arriver tout en haut de la liste des assassins. Avec un univers aussi déjanté et original que celui de No More Heroes 2, on sent toutefois que la durée de vie du jeu aurait pu être rallongée sans mal.
    6/10
  • Scénario Dans No More Heroes 2, on rit souvent, on est quelquefois peiné, mais quasiment jamais on ne ressentira l'odeur du cliché. Travis, au-delà de ses échanges savoureux avec Sylvia, rencontrera sa dose de nouveaux assassins dans cette aventure, et soyez certains qu'ils seront tous hauts en couleur. Du grand art, seule la fin pourra décevoir.
    8/10
  • Note générale En poussant un peu la réflexion sur Desperate Struggle, on en viendrait presque à le considérer non pas comme un excellent titre, mais plutôt comme une œuvre formidablement maîtrisée. Pourtant, nous serions d'envie à vous le conseiller si vous aimez les jeux vidéo, quel paradoxe. Intelligent, insolent et réfléchi, No More Heroes 2 s'affirme en tout cas comme l'un des tous meilleurs softs de la Wii, et mériterait sûrement qu'on aille brûler des cierges par milliers pour que débute le développement d'un troisième épisode.
    8/10
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    Le dernier titre de Suda 51 est enfin arrivé dans nos contrées mais dans une version censurée. Mais pas question de sabrer le contenu du jeu, la censure a juste transformer le sang rouge giclant pas une couleur noire, nettement moins ...
Vos commentaires
Trier par : date / pertinence
Narcisse d'oyo offline Hors ligne Vétéran icone 1326 points
Le #654751
Je n’aime vraiment pas cette licence
Que ce soi le 1
Le 1 en HD
Le 2

Et vue les ventes (pour les 3 versions) apparemment je ne sui pas le seul
Nakano offline Hors ligne Héroïque avatar 953 points
Le #656241
Bonsoir Narcisse d\'oyo. Tu as évidemment parfaitement le droit de ne pas apprécier cette série, mais sa relative impopularité ne provient pas, à mon sens, de sa qualité mais plutôt de la méconnaissance du public à son égard. Car qu'un jeu soit bon ou prête à polémique, on l'achète si le buzz autour est conséquent ou s'il attise au moins notre curiosité.
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