PES 2011 : test de la bêta de la Master League Online

Le par Gael B.  |  0 commentaire(s)
PES 2011 - image

Seabass (producteur de la série Pro Evolution Soccer) semble très confiant en son PES 2011 pour l'avoir récemment qualifié d'excellent titre. Une cinquantaine de matches effectués sur la bêta de la Master League Online de ce nouveau volet, et nous voilà quasiment prêts à appuyer son affirmation ou bien à lui reprocher d'avoir été un brin trop optimiste.

Le temps (additionnel), c'est de l'argent

Avant toute chose, Konami nous a bien précisé que certains aspects de cette démo (niveau des gardiens et arbitres, animations, qualité du online) n'étaient pas représentatifs du produit final. Une démo dans laquelle, rappelons-le une nouvelle fois, il est seulement possible de s'essayer à la Ligue des Masters en réseau. Lançons cette bêta alors, et voyons ce qu'il en est manette en mains. Premier contact, les menus sont sobres mais pas hideux, avec tout de suite un réglage à effectuer dans les options : le passage en semi-automatique, pour éviter que le CPU ne se charge à votre place de diriger vos joueurs lors des phases défensives. Vous aurez déjà suffisamment de mal comme cela pour attraper le ballon, nous en reparlerons.

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Au départ, vous choisissez la monnaie dans laquelle seront effectuées les transactions (transferts de joueurs), puis l'équipe que vous souhaitez diriger. Fans d’Ivarov, Minanda et Castolo, vous retrouverez sans faute vos stars dans votre effectif de base, quel que soit le club sélectionné. Pour donner une autre tête à votre sélection, vous aurez à enchaîner les matches, qui vous donneront le droit de recruter de plus en plus de joueurs (10 au maximum ici). Encore faudra-t-il avoir l'argent nécessaire, sachant que pour disputer un match rapide on vous demandera pour commencer un peu moins de 45 000€ (500 000€ sont dans votre enveloppe à votre entrée dans la Ligue), et qu'acquérir Cristiano Ronaldo ne se fera pas sans débourser plus de 8 millions d'euros. La constatation est vite faite, ces milliardaires en short devront patienter dans leur vitrine avant d'occuper un poste dans votre équipe qui sera donc dénuée d'étoiles pendant un certain nombre de rencontres. N'ayez crainte, vos adversaires seront logés à la même enseigne. Du moins au début. Par la suite, plus un joueur sera sollicité, et plus sa valeur marchande augmentera, ça, nous vous en avions déjà parlé.

Trois possibilités vous sont offertes pour vous permettre de tâter du cuir : un match rapide classique, une rencontre où vous ne contrôlerez pas vos joueurs sur le terrain mais ferez office d'entraîneur, et enfin, les compétitions qui demanderont des frais d'entrée, mais qui en contrepartie, vous feront gagner de belles sommes après chaque match. Si l'envie de vous déconnecter après un but encaissé dans les cinq premières minutes de jeu ne s'empare pas de vous, cela va de soi.



Confirmer pour mieux avancer

Mais la réalité du terrain, quelle est-elle ? Cette démo ayant été amputée de ses commentaires, seuls les frappes dans le ballon et les cris des supporters et entraîneurs se feront entendre (sans oublier les coups de sifflet de l'arbitre, plutôt discret ici mais pas laxiste pour autant, bien que certains oublis de sa part soient regrettables). Dès le coup d'envoi, on sent tout de suite la différence avec PES 2010 : le jeu est définitivement plus lent. On se rendra cependant vite compte, malheureusement, que le lag présent en force dans la mouture précédente est de retour pour handicaper la plupart de nos parties. Mais force est de reconnaître qu'avec ce changement de rythme (et on parlera là de réelle évolution), PES renoue avec le réalisme. Alors évidemment, nos réflexes développés sur l'opus 2010 restent tenaces, cela se voit notamment quand on hésite à dribbler devant une forêt de jambes. Ne vous en déplaise, il va falloir que ces troubles disparaissent, car la désagréable latence de l'épisode précédent a laissé place ici à un maniement certes complexe au premier abord, mais plaisant. Vous aviez entendu parler d'une liberté nouvelle, de scripts faisant maintenant partie de l'histoire ancienne ? Ces voix n'étaient pas porteuses de faux espoirs,  mais bien d'une vérité qui se traduit dans cette démo online de PES 2011.

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Au fil du temps, il était devenu impossible de jouer à PES 2010 en étant totalement détendu. On devait se battre contre le programme lui-même, contre les joueurs qui ne répondaient pas à 100% à nos ordres. La force de la série était pourtant jusqu'ici de nous permettre de faire corps avec le jeu, de nous l'approprier pour ensuite lui donner une dimension à la hauteur de nos espérances. PES 2011 nous fait renouer avec ce sentiment de pouvoir faire un peu tout ce que l'on veut sur le gazon. Les jeux de corps ressemblent enfin à quelque chose, et c'est vraiment pendant les ralentis que l'on ne pourra que reconnaître que Konami a su réagir aux critiques émises sur l'animation des joueurs. Certes, les tacles par derrière provoquent des chutes souvent semblables les unes aux autres. Mais ce n'est là qu'une goutte d'eau face à l'impression criante d'avoir devant nos yeux un PES n'étant pas une copie carbone de l'édition précédente. Nous avouerons toutefois que l'aspect des joueurs n'a pas vraiment évolué depuis PES 2010, ou alors ce n'était pas visible dans cette version (qui transpire l'aliasing au passage). Valbuena, Rami, M'Vila sont quelques-uns des nouveaux visages que vous aurez l'occasion de découvrir. On pourra regretter que celui de Gallas n'ait pas été perfectionné et que Coupet affiche toujours la même bouille, alors que ses joues sont plus creuses dans la réalité de la vie.



Quel but ! C'était de la chance - Désolé

Obligation dans ce volet, celle de maîtriser la barre de puissance qui apparaîtra dans quasiment toutes vos actions avec le ballon : passe, tir, remise en jeu, ne soyez pas étonnés de voir vos ballons ne pas atterrir tout le temps dans les pieds de vos coéquipiers ou bien louper les cages adverses de plusieurs mètres en hauteur. La principale préoccupation que vous aurez en tête pendant pas mal de vos premiers matches sera de parvenir à maîtriser au mieux cette jauge. Pour les passes rapides, une pression rapide sur le bouton croix fera l'affaire. En ce qui concerne une passe dans l'espace, pensez à remplir cette jauge à un quart voire à moitié pour espérer surprendre l'adversaire. Mais nous avons noté qu'il arrivait que la puissance de nos passes/tirs soit disproportionnée par rapport à la pression imposée au bouton croix. D'autre part, et difficile de dire si le lag a un rôle à jouer dans ce désagrément, les ballons n'allant pas au coéquipier voulu mais qui iront en toucher un autre ne seront pas récupérés par ce dernier. On appréciera par contre de voir de temps en temps les joueurs faire des appels, bien que leur fréquence bien trop faible nous fera adopter une triste moue à l'approche de la surface de réparation adverse.

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La progression sur le terrain vous demandera de jongler entre trois façons de se mouvoir. Celle où vous ne toucherez qu'au stick analogique (bien plus agréable que la croix, contrairement à PES 2010), une autre où, dans un espace ouvert, vous appuierez sur R1 pour entamer une course, et enfin, vous ne manquerez sûrement pas de solliciter la touche R2 pour être capable de protéger votre ballon lors d'actions où les joueurs adverses vous colleront de près. PES 2011 privilégie le culot, alors n'hésitez pas à tenter, vous serez probablement surpris de l'efficacité de vos tentatives.

Un réalisme accru donc, qui vous conduira sans doute plus facilement à mettre en place des stratégies et formations adaptées, et le système de "drag 'n drop" permettant de placer ses joueurs comme on le désire sur le schéma tactique est vraiment bien fichu. L'IA se fait cependant remarquer par moments, et pas de belle manière. Il nous est ainsi arrivé, à la fois pour notre équipe et celle d'un adversaire, que l'on retrouve des joueurs de notre propre équipe sur la ligne de but de notre gardien. Dans ces conditions, jouer le hors-jeu ne semble évidemment pas concevable, et on peut imaginer que ces milliardaires en short pas dégourdis aient eu du mal à remonter après une offensive ennemie. Ça n'excuse en tout cas pas le fait de les avoir retrouvés à monter un boys band avec le portier. Tant que nous y sommes, soulignons la qualité discutable des textes. La traduction laisse en effet parfois à désirer (cartes à la place de cartons ?), et les phrases sélectionnables lors des ralentis restent toujours aussi peu adéquates.



Revenez dans quelques semaines

pes-2011-logoEn clair, de très bonnes sensations nous ont été délivrées dans cette démo, qui reste cependant perfectible à quelques niveaux. La vue "retransmission" nous offre une caméra parfois peu réactive, particulièrement quand on récupère la balle en milieu de terrain et qu'il est impossible de voir si un joueur de notre équipe se trouve devant nous. Mais bien que lente à la détente, on la sent tout de même dynamique. Ce problème devrait pouvoir être corrigé sans trop de difficultés. Espérons qu'un pourcentage important de joueurs ayant touché à cette bêta remplira et renverra le questionnaire envoyé par Konami, car nos réactions dessineront peut-être certains traits du visage de PES 2011.

Nous attendons maintenant la version définitive du jeu pour juger sereinement de sa qualité, à la fois hors ligne et en réseau. Seabass n’est plus qu'à quelques longueurs d’avoir vu juste.



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