Test Portal

Le par Alain L.  |  0 commentaire(s)
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Très souvent comparé à Prey, le nouveau jeu de Valve Software place en son centre le concept de portail spatio-temporel sans pour autant le mêler à des horizons d’action et de conflit. Prey avait la simple et bonne idée de placer des portails de toute sorte en guise de courts puzzles qui servaient la plupart du temps à apaiser notre esprit trop occupé à prévoir les prochaines fusillades. Cette fois, ces mêmes portails seront à la base même de notre progression car il ne sera jamais question d’utiliser ne serait-ce qu’une arme offensive.

Un novateur concept

Exploitant avec parcimonie le Source Engine, le jeu met en scène une expérience humaine dont nous serons témoins. En tant que sujet il sera indispensable de faire face à des problèmes d’ordre spatiaux dans le seul et unique objectif de survivre. On ne connait malheureusement que très peu de choses du scénario environnant, savoir comment on est arrivé là et surtout pourquoi.

Cette absence se verra néanmoins compensée par des éléments de réponses repartis à travers l’ensemble du jeu. Estampillé d’une sombre immatriculation, il nous faut à l’instar du film Cube mettre tout en place pour progresser dans ces sobres salles à l’aide donc de notre simple esprit. Nul besoin de bourriner ou encore de tirer sur des ennemis, il est ici nécessaire et suffisant de trouver l’astuce qui nous mènera à la sortie. 

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Sur ce point, les développeurs se sont largement investis pour nous fournir une aventure progressive dans la difficulté et surtout diversifiée. Enchaîner énigme sur énigme n’est à première vue pas très engageant ni même gratifiant, mais cette graduelle difficulté implique logiquement une différence dans les manières de procéder pour débloquer une situation donnée.

Ces différences nous poussent le plus naturellement du monde à poursuivre notre chemin dans cet enfer mécanique savamment orchestré par la société Aperture Science qui semble elle aussi être étroitement liée avec Black Mesa présente dans Half-Life premier du nom. Néanmoins, il ne sera pas question d’éviter systématiquement des pièges, plutôt de mettre à contribution ces fameux portails pour rejoindre la sortie et donc un nouveau puzzle.



Peu d'action, beaucoup de réflexion

Au fur et à mesure que l’on progresse on pourra non seulement emprunter ces portails mais aussi et surtout en créer à l’aide d’un fusil dédié (deux portails maximum, entrée et sortie). Avant de pouvoir mettre nos mains sur ce fusil, le scénario nous pousse en premier lieu à réfléchir sur les propriétés physiques des Portails et des conséquences qu’elles peuvent avoir.

De façon intelligente et tout à fait fluide, le jeu introduit des difficultés matérialisées sous la forme  de barrières physiques ou énergétiques ainsi que par l’activation d’un mécanisme souvent situé aux antipodes du générateur électrique. Entre cet ensemble, des couloirs tordus sont volontairement placés pour briser un semblant de monotonie et aussi permettre d’introduire une certaine tension lors de nos voyages qu’il faut optimiser à outrance via des portails.

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Car ces phases peuvent être chronométrées dans le cas d’une barrière mécanique qui se refermera en moins de 5 secondes ou encore de la sphère qui explosera au bout d’un certain temps. Tout est mis en place pour permettre au joueur de se triturer les méninges. Portal reste avant tout un excellent jeu de réflexion et se renie pas pour autant ses origines.

Au contraire, c’est aussi l’occasion de nous placer dans un cadre expérimental des plus explicites dans lequel il nous faudra surmonter les expériences numérotées de un à dix-neuf. A première vue, on peut s’apercevoir et même se demander si le jeu ne possède que dix neuf puzzles et bien la réponse est non.



Une durée de vie malheureusement faible

Un rebondissement inattendu va fort heureusement nous permettre de prolonger de façon significative l’aventure qui ne sera plus placée sous le signe de la surveillance et de l’expérimentation. Alors que le cadre change, le concept restera de son côté identique, créer des portails pour mieux avancer.  A l’instar des plus traditionnels FPS, le jeu se déroule à la première personne, une vue qui permet entre autres de cacher certains détails et nous encourage vivement à explorer les alentours.

En addition au puissant Source Engine, Portal bénéficie des services du moteur Havok en effectuant l’ensemble des calculs physiques. On se retrouve au final avec un ensemble justement équilibré mettant à contribution les lois de la physique moderne lors des épreuves plus difficiles. Nous pouvons à titre d’exemple citer l’accumulation de portails qui permet à notre héroïne de gagner en vitesse ou encore d’atteindre des hauteurs humainement inaccessibles.

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Alors qu’on ne possède a priori aucune arme offensive, le générateur de portails nous permettra de renverser cette tendance ou plutôt d’exploiter la puissance offensive de notre adversaire.  En effet pour neutraliser une tourelle défensive mobile, il suffit tout simplement de la renverser, mais dans le cas d’une tourelle fixe il faudra faire preuve d’agilité pour retourner son arme contre elle en utilisant par exemple les propriétés réflexives des portails.

Le gameplay s’avère bien plus simple et accessible qu’on pourrait le penser, peu de touches suffisent actuellement pour finir l’ensemble des épreuves ce qui représente un plus non négligeable. Le comportement physique du joueur possède néanmoins quelque bizarreries aux niveaux des mouvements du corps et plus précisément en termes de mobilité.



Rustique mais efficace

Ces quelques détails n’entravent rien la performance d’ensemble qui est plus qu’honorable. On retiendra surtout la courte durée de vie s’échelonnant grand maximum entre deux et trois heures de jeu. D’un point de vue personnel, le fait d’avoir fini le jeu en quarante-cinq minutes chrono me pousse à recommencer pour mieux comprendre les mécanismes et améliorer mon temps.

Une fois terminé le jeu, de nouveaux défis sont immédiatement débloqués. Mais contrairement à ce que l’on peut penser, ces niveaux sont  actuellement basés sur les épreuves préexistantes. L’apport de conditions restrictives est donc l’unique facteur de diversification. Limitées dans le temps et l’espace, ces épreuves s’avèrent bien plus difficiles qu’à l’accoutumée, mais pour les plus férus d’entre nous il sera toujours possible après mûre réflexion de parvenir à la sortie.

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Graphiquement parlant, Portal peut paraître un cran en dessous des Crysis et autres Unreal Tournament 3, néanmoins son aspect artistique répond en tout point à l’univers très froid et sobre du jeu. Les salles trop bien organisées et les profondes piscines toxiques suffisent à donner le ton. Cette oppressante propreté, on pourra, il est vrai, la critiquer de façon ouverte mais elle correspond véritablement à l’esprit du jeu jusqu’à même nous permettre de nous imaginer dans un tel cadre qui n’est pas des plus plaisants.

Les textures souvent redondantes se suffisent à elles-mêmes. L’éclairage général joue contre toute attente un important rôle dans la bonne mise en place des éléments importants comme un interrupteur ou un lourd cube.



A quand un Portal 2 ?

Au niveau du son, Valve Software a fait le nécessaire pour contribuer au succès du jeu qui est à ce stade indubitable. Les voix tout comme les musiques sont minimalistes se contentant de nous édicter la seule et unique direction de la survie.

Parfois dynamiques, parfois oppressants, les thèmes musicaux sont peu nombreux mais contribuent à fournir une identité propre au titre. La musique de fin reste l’une des plus grandes réussites en terme musical grâce à son apaisante tonalité et ses paroles édulcorées, la version originale tout du moins.

Pour les férus de FPS le jeu peut paraître presque inutile, mais d’un point de vue scénaristique, il peut apporter un début de réponse à ces nombreuses interrogations qui ne trouveront la lumière que dans le dernier opus de cette mini-trilogie Half-Life 2.

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Il ne s’agit pas d’un succès à proprement parler, mais cette innovation conceptuelle a été savamment utilisée pour permettre au joueur de venir diversifier un tant soit peu l’aventure, et on en demandait pas plus !

Pour clore le test, j’aimerais remercier mon ami Ivan pour m’avoir fourni des captures de grande qualité, de par leur aspect, elles permettent véritablement de résumer l’esprit Portal jusqu’à même rendre ces énigmes simplettes alors qu’elles ne le sont pas forcement.

Configuration de Test :
  • ASUS P5B
  • Intel Core 2 Quad Q6600
  • Corsair PC6400 4096Mo XMS2 TwinX (4x1024Mo) Pro
  • nVidia Geforce 8800 GTX O/C @ 620Mhz/1020Mhz (GPU/GRAM)
  • SoundMAX HD Audio
  • Seagate 500Go 7200RPM S-ATA 2 RAID 1
  • Iiyama ProLite E430S





+ Les plus
  • L'ambiance si particulière du titre
  • Bande son
  • Très bon scénario
- Les moins
  • Durée de vie
  • Peut laisser sur le banc les fans de FPS

Notes

  • Graphisme Aux graphismes très propres, le jeu sait d’emblée séduire par son univers pour le moins mystérieux. Alors que le Source Engine date de deux longues années, ce dernier sait toujours faire parler les pixels au moyen d’une impressionnante mise en scène, car d’un point de vue purement technique les textures montrent très rapidement leurs limites à moyenne et courte distance. Mais l’ensemble jouit d’une excellente mise en forme orchestrée par un éclairage fin et réaliste.
    7/10
  • Bande son En retrait, l’univers sonore de Portal joue de cette visible absence pour nous transmettre un sentiment d’oppression et de surveillance permanente. Les quelques thermes minimalistes et parfois dynamiques ponctuent avec justesse notre aventure, d’autant plus que le thème de fin nous gratifie littéralement d’une excellente clôture scénaristique.
    7/10
  • Jouabilité Le gameplay ne laisse place à aucune faille majeure. Les portails fonctionnent à merveille et l’environnement sait répondre sans attendre à nos sollicitations mécaniques. D’autant plus que le jeu ne nécessite que très peu de touches du début à la fin. Cette simplicité tant désirée par les développeurs fait largement son effet que l’on soit hardcore ou casual gamer.
    7/10
  • Durée de vie Estimée entre deux et trois heures, la durée de vie du concept prend un tout autre sens dès lors qu’on s’essaye aux niveaux bonus. Car la campagne solo reste quant à elle très limitée et on ne peut entrevoir qu’un faible potentiel de réjouabilité, néanmoins cette faiblesse se voit partiellement amortie par un concept fort captivant.
    3/10
  • Scénario Aux premiers abords, Portal ne semble posséder aucun lien scénaristique avec Half-Life 2, mais au fur et à mesure que l’on progresse des étroits liens se tissent peu à peu jusqu’à même nous interroger sur le rôle qu’a joué Aperture Science avant et pendant l’invasion des Combines sur Terre. Une excellente surprise qui on l’espère saura trouvera une réponse plus profonde et moins hâtive qu’on peut actuellement le penser.
    6/10
  • Note générale Il aura fallu attendre la sortie de Half-Life 2 : Orange Box avant de pouvoir connaître les joies de Portal, et le moins que l’on puisse dire c’est que le jeu répond à de nombreuses attentes en marge de ses quelques faiblesses. Ces faiblesses, bien que majeures, sauront néanmoins s’effacer à condition d’aimer et d’apprécier la diversité vidéoludique, les férus de FPS devront quant à eux passer leur chemin, car seulement deux ou trois combats ont lieu dans le jeu. On espère de tout cœur que cette réussite saura amplement profiter au concept général et pourquoi pas donner naissance à Portal 2 qui sait.
    7/10
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