Test Prey

Le par Fabien H.  |  0 commentaire(s)
Prey.

Désormais très populaire via sa licence Dishonored, Arkane Studios s’attaque à la licence Prey au travers d’un reboot d’un jeu qui a difficilement accouché en 2006. Pour le coup, une toute nouvelle approche ainsi qu’une histoire originale sont de mise, offrant au soft une dimension de licence toute neuve. Clairement, les développeurs se sont inspirés de quelques références telles que System Shock, Half-Life ou encore Alien : Isolation. Le résultat se révèle-t-il suffisamment pertinent pour faire de ce Prey un FPS de premier choix pour les gamers ? Nous vous apportons des éléments de réponse dans notre test complet.

Dangereuse uchronie

Alors que nous connaissons Arkane Studios pour son savoir-faire en matière de création d’univers riches et de patte artistique, la société s’essaie au difficile exercice du reboot. En effet, Prey a fait sa première apparition en 2006, au travers d’un FPS développé par Human Head Studios et produit par 3D Realms. Cette réécriture de la franchise n’est nullement liée à son ancêtre, que se soit en termes de scénario qu’au niveau de son gameplay. Il ne sera donc pas question d’un shooter débridé, mais d’une approche mixant FPS et RPG, faisant irrémédiablement penser à la franchise System Shock et ses descendants tels que BioShock.

Prey se déroule en 2032 dans un contexte où le Président J.F. Kennedy a échappé à la tentative d’attentat. L’histoire a donc évolué différemment de celle que nous connaissons et la science a fait un bond de géant en raison du large budget alloué à la NASA. Après la découverte d’une race extraterrestre – appelée les Typhons – par les russes, une alliance a été mise en place avec les États-Unis, concluant sur la création de la station Talos 1 afin de mener des recherches. C’est suite à une mésentente avec la Russie que les USA ont repris le projet en main et se sont lancés dans des expérimentations sur les capacités de ces créatures, découlant – vous vous en doutez – sur des problèmes. En effet, un accident a libéré ces Typhons et la station a été désertée par les rescapés. Ce n’est que quelques années plus tard que la société TranStar – dirigé par Alex et Morgan Yu – a racheté et réhabilité Talos 1 et nous débutons l’aventure à ce moment-la.

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C’est dans la peau d’un Morgan Yu amnésique que nous débutons l’aventure, dans une mise en scène bien pensée qui rappellera notamment le film The Truman Show. En effet, notre protagoniste débute une journée type qui se répète inlassablement et qui se voudra finalement n’être qu’un leurre. La suite de l’aventure révèlera petit à petit les informations clés de notre présence sur Talos 1, les enjeux et les vices de la société TranStar. Si le début de la partie se montre stimulant dans son déroulement, le rythme perdra toutefois en intensité après quelques heures de jeu. Toutefois, les révélations cruciales s’effectueront un peu plus tard, suite à de nombreux petits détails cachés dans les écrits disposés dans des notes, livres et e-mails à consulter ça et là. Prey n’a rien à envier à la licence Dishonored en matière d’informations à dégotter dans les décors, servant à enrichir la densité de l’aventure. Arkane Studios met ici son savoir-faire à profit afin de proposer une foule de détails à découvrir et à lire plus les plus curieux.

Simplement armé d’une clé à molette, nous devrons faire face à nos premiers ennemis, les fameux Mimics qui s’apparentent aux crabes de tête du célèbre Half-Life. Leur composition très flexible et leur rapidité de déplacement font de ces adversaires une menace plutôt importante dès le début du jeu. De plus, ces bestioles ont la faculté de répliquer les éléments du décor tel qu’une boîte ou une chaise, leur conférant ainsi une dissimulation quasi-totale. En conséquence, il n’est pas rare de nous faire surprendre en cours d’exploration par un Mimic qui se matérialise à notre approche avant de nous sauter à la figure avant de repartir se cacher dans un autre objet. Plus tard dans le jeu, d’autres ennemis tels que des Fantômes et autres Télépathes aux facultés bien spécifiques ( élémentaires, psychiques ) nous donneront clairement du fil à retordre. Clairement, Prey n’est pas un shooter classique, mais un mélange de FPS, de RPG et de survival. Pour les plus connaisseurs, cela rappelle la formule déployée par la licence System Shock dans les années 90.

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Fais ce qui te Prey

Si Arkane Studios avait réussi à proposer une double approche shooter / infiltration avec Dishonored, Prey n’offre pas tout à fait la même variété. En effet, la progression dans l’aventure n’est clairement pas une sinécure et il conviendra d’être extrêmement vigilant pour espérer survivre. La mort peut frapper à tout moment et sans crier gare : certains adversaires assènent des coups mortels et les solutions pour se soigner ne sont pas légion : les aliments et les médikits trouvés dans les environnements. La santé ne remontant pas automatiquement, nous sommes donc dans un schéma de survival « old school » plutôt appréciable aux yeux de certains joueurs. Les développeurs ont cherché à nous imposer une certaine difficulté afin de nous inciter à prendre notre temps dans le cheminement, examiner le level design et les possibilités offertes en matière d’armement / compétences afin de mieux appréhender les ennemis.

Cette mise en place se révèle bien pensée puisqu’elle nous pousse à fouiller les nombreuses ailes – et même l’extérieur – de la station, en quête de loot. Le studio a bien prévu ce fonctionnement en dissimulant munitions et autres éléments à collecter dans les moindres recoins des lieux à visiter. Le level design n’a d’ailleurs pas vraiment à envier Dishonored, puisque les moyens de progresser sont nombreux : outre une voie directe, il est possible de contourner par une trappe, une porte à pirater, en utilisant les décors pour passer par les chemins de traverse, etc. Dans tous les cas, une récompense est à la clé ( loot, éviter des ennemis et pièges ), ce qui se révèle vraiment grisant. Outre les objectifs principaux, de nombreuses quêtes secondaires seront à débloquer au fil de la progression et invitent à fouiller les différents lieux de fond en comble.

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La dimension survival du soft se concentre précisément dans les armes et munitions qui se révèlent comptées. En effet, le titre se veut avare en loot à ce niveau et, couplé au fait que les adversaires se révèlent souvent difficiles à exterminer, nombreuses seront les situations où il ne vous restera aucune balle pour votre pistolet ou encore votre fusil à pompe. Afin d’économiser au maximum, il conviendra notamment d’utiliser le Canon GLUE, une arme à mi-chemin entre un extincteur et un lance-grenade. Cet équipement tire des boules de Polyuréthane qui ont plusieurs usages : colmater des failles, immobiliser temporairement des ennemis, mais aussi créer des plateformes pour progresser dans les niveaux. Vous l’aurez compris, ce véritable couteau suisse de notre arsenal se veut vraiment utile dans de nombreuses situations, à l’instar du Gravity Gun d’Half-Life 2. Il s’agit ici d’une des idées vraiment originales du soft, aux côtés des compétences extraterrestres.

La dimension RPG de Prey se focalise au niveau de la gestion des emplacements de notre inventaire, mais aussi dans les arbres de compétences disponibles. Au moyen de Neuromods à dégotter au fil du jeu, il sera possible de développer des facultés de différents types : amélioration des armes, de la santé, le niveau de piratage, de force pour porter certains objets lourds du décor, etc. Après quelques heures de jeu, il sera possible de disposer de capacités alien, notamment la fameuse faculté des Mimics : se transformer en objet. Cette fonctionnalité offre une très grande liberté d’action, puisque cela permet de se glisser dans des pièces normalement inaccessibles, ou encore de passer au nez et à la barbe des ennemis. Bien entendu, l’usage de ce pouvoir entraîne la baisse d’une jauge de Psi, qu’il conviendra de regonfler à l’aide d’objets dédiés spécifiques ou via des robots soigneurs que nous rencontrerons dans certains lieux. Cette aptitude, aux côtés d’autres technologies Typhons, permettent d’outrepasser la prise en main plus conventionnelle et assurer une dose d’originalité plutôt appréciable. Bien entendu, ces pouvoirs seront à découvrir avant de pouvoir les débloquer avec des Neuromods. Pour cela, il conviendra d’analyser les extraterrestres vivants à l’aide de la lunette intégrée à notre combinaison, permettant dans la foulée de connaître les forces et faiblesses de chaque satanée bestiole.

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Innovant et fidèle à ses aînés

L’autre détail inhérent aux RPG à relever pour le titre se précise dans la possibilité de crafter. En effet, de nombreux éléments peuvent être récoltés et placés dans notre inventaire : des munitions aux aliments, en passant par des bouts de ferraille, peaux de bananes et autres papiers chiffonnés, certains objets peuvent être recyclés via des bornes prévues à cet effet. Il en ressort des éléments compactés qui peuvent créer des munitions, kits de secours et autres Neuromods dans d’autres bornes spécifiquement prévues à cet effet. Cette mise en place nous incitera à récolter tout ce qui est possible, afin de s’assurer de pouvoir profiter de nouvelles caisses de munitions, par exemple. Il est même possible de désassembler des armes en doublon afin de permettre la réparation de certaines machines cassées. En somme, Prey cherche à maximiser le loot et de le rendre utile au gameplay. Bien pensé.

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En termes de réalisation, Prey assure un level design dans la même veine qu’un Dishonored. Nous sentons clairement la patte habituelle d’Arkane Studios sur ce point, bien que la réalisation artistique n’est pas aussi impressionnante en raison d’environnements globalement plus lisses. Toutefois, certains intérieurs arborent une foule de petits détails et d’un style qui diffère avec les décors habituels du genre science-fiction. Si le titre se veut globalement bien modélisé, les limites du moteur CryEngine se font parfois sentir : textures clignotantes, quelques bugs de collision ( qui peuvent nous faire sortir de la map ) et des temps de chargement parfois trop longs. En contrepartie de ces quelques défauts techniques, la réalisation sonore se veut très convaincante et intimement liée au gameplay. En effet, nous vous conseillons vivement d’y jouer avec un casque afin d’assurer une immersion plus prononcée dans l’univers pesant du jeu et pour être informé de l’évolution de la situation - approche d’un ennemi notamment.

Prey

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Proposant une durée de vie similaire à celle d'un Dishonored ( 15 à 20 heures lors de la première partie ), Prey nous incite à prendre notre temps et de profiter de la richesse de level design développé par Arkane Studios. Le titre propose sa tambouille en mixant divers éléments de titres reconnus, à commencer par System Shock dans son univers futuriste, son aspect RPG et son approche quelque peu horrifique. Attention toutefois puisque le titre ne s’adresse pas à tous les joueurs, puisqu’il ne s’agit pas d’un véritable shooter : la difficulté est bien présente et le titre nous incite clairement à éviter la multiplication des affrontements par des ennemis costauds et des munitions plutôt rares. Les amateurs d’ambiance pesante et les rats de bibliothèque auront de quoi se divertir, même si le scénario n’atteint pas vraiment la richesse d’un BioShock.

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+ Les plus
  • L'ambiance oppressante
  • Le level design de qualité
  • L'aspect survival
  • Les éléments RPG bien pensés
  • Le canon GLUE et compétences alien
  • La réalisation sonore
  • La liberté d'action
- Les moins
  • Quelques problèmes graphiques
  • Temps de chargement plutôt longs
  • Scénario manquant parfois de consistance

Notes

  • medaille
    Note générale S’il s’agit du reboot d’un shooter sorti il y a plus de dix ans, Prey propose ici une toute autre approche : le survival. Arkane Studios a bien décidé de faire du joueur une proie dans son titre, affectant une certaine difficulté au soft. En conséquence, Prey ne s’adresse pas à tout le monde et peut même décevoir les joueurs qui s’imaginent faire face à un FPS sur fond de science-fiction. Au lieu de cela, nous nous retrouvons face à un schéma proche d’un System Shock, proposant une progression lente et axée sur la prudence sur un fond de gestion de type RPG. Fort d’une ambiance sonore de qualité, le jeu propose également un scénario intéressant, quoique manquant de rythme et de profondeur malgré de nombreuses informations textuelles qui confèrent du corps au background. Proposant des mécaniques de gameplay très bien pensées ( level design, canon GLUE, pouvoir Mimic ), Prey se révèle être un excellent jeu, destiné aux joueurs patients qui privilégient une atmosphère à de l’action effrénée.
    8/10
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