Test Sacred 3

Le par Fabien H.  |  2 commentaire(s)
Sacred 3 - vignette

Le genre du hack'n slash ne compte pas énormément de références aux côtés du célèbre Diablo, et pourtant Sacred fait partie de ces séries qui ont marqué les amateurs du genre. Après deux volets plutôt convaincants, Sacred 3 arrive finalement, afin de proposer une nouvelle aventure dans les contrées d'Ancaria. Cette suite, développée par un nouveau studio, est-elle aussi efficace que son prédécesseur ? Réponse dans notre test du jour.

Entre baston et blagues potaches

Sacred est un hack'n slash qui a vu le jour de façon exclusive sur PC il y a dix ans. Le second volet de la série, sorti en 2009 sur plusieurs plateformes, proposait une bonne alternative à des ténors tels que Diablo, assurant une certaine liberté d'action et, surtout, la possibilité de jouer en coopération jusqu'à quatre joueurs. En dépit de ses quelques défauts – majoritairement techniques – le titre d'Ascaron Entertainment a séduit les fans du genre.

Suite à la fermeture du studio sus-nommé, c'est Keen Games qui a pris le relais de la franchise avec Sacred 3. Cette suite, attendue depuis six ans, est finalement arrivée et propose de retourner dans l'univers d'Ancaria, désormais sujet à la mainmise de Zane, ce dernier ayant prévu de devenir un dieu et de transformer le monde à son image. C'est à la tête d'un petit groupe de héros que vous serez amené à mettre à bas les sombres desseins du vil sorcier et de rétablir le calme dans les contrées. Comme dans les précédents opus de la licence, le scénario n'est qu'un prétexte à explorer et à exterminer des hordes de monstres. Si le genre s'appuie généralement sur un thème sérieux voire sombre, Sacred 3 joue la carte de l'humour exacerbé qui ne plaira clairement pas à tout le monde.

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En effet, chaque propos tenus par les héros et ennemis est clairement exagéré, quasi-abrutissant. Si ce second degré pourrait être bienvenu, la mise en place est pour le coup trop en retrait par rapport à ce qui se passe à l'écran. Aussi, il ne sera pas rare de pester contre le doublage français horripilant, avec pour seule envie de pouvoir couper le son. Et pourtant, l'idée de tourner l'ambiance habituelle des jeux d'héroïc fantasy à la dérision se présente une idée initialement originale. Quoi qu'il en soit, ce n'est pas le seul élément qui démarque Sacred 3 de ses prédécesseurs.

L'un des changements radicaux de gameplay du second volet pousse cette suite vers un côté plus accessible et résolument plus dirigiste. Alors que Sacred 2 laissait place à une carte du monde relativement vaste qui offrait une certaine liberté d'action, Sacred 3 propose une série de niveaux absolument linéaires et clairement répétitifs. La progression se compose toujours de trois types de niveaux : le premier s'amorce par une cinématique et qui se clôture par un boss. Le second offre un cheminement souvent très court avec du loot ( majoritairement de l'or ) en fin de parcours et, enfin, le troisième est une arène dans laquelle il conviendra d'essuyer plusieurs vagues d'ennemis pour gagner. Ce schéma se répétera sans cesse jusqu'à la fin de l'aventure, quelques heures plus tard. Les niveaux principaux eux-même suivent une progression définie : des combats, échapper à des pièges et essuyer des vagues d'ennemis le temps d'activer des rouages et autres mécanismes à plusieurs reprises. À la longue, ça lasse !

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Bye bye la liberté

Si le constat actuel de Sacred 3 n'est pas des plus reluisants à ce stade de sa critique, il est clair que la suite n'est pas forcément des plus favorables. Ce jeu a profondément changé son gameplay, délaissant les ficèles du hack'n slash pour s'orienter vers le beat'em all. Aussi, les combats jouent clairement sur le matraquage de boutons et les esquives / garde via la touche associée. Deux pouvoirs peuvent être paramétrés ( parmi les huit disponibles ) et utilisés selon une jauge de pouvoir, assurant des dégâts plus importants. De plus, la prise en main a clairement été pensée pour l'usage d'une manette. Aussi, sur PC, la configuration clavier / souris est à proscrire sous peine de perdre en ergonomie. Le comble pour une série initialement pensée pour le PC ! La dimension stratégique est quasi-absente, que se soit en solo qu'en multijoueurs.

L'inventaire lui-même se contente du strict minimum, alors que c'est un élément important et bien fourni des hack'n slash habituels : aucune réelle gestion des équipements, puisque seules quatre armes seront accessibles par personnage. Ces armes pourront être améliorées au travers de mini-arbres de compétences qu'il sera possible de débloquer qu'au fil des niveaux acquis. Il en va évidemment de même avec l'unique armure de chaque héros. Les quatre classes disponibles diffèrent d'ailleurs très peu les unes des autres, n'apportant finalement qu'assez peu d'originalité. Il ne faudra donc pas compter sur des trouvailles en termes d'équipements au fil de vos parties, élément qui fait habituellement le sel des hack'n slash.

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Même les objets de l'inventaire nécessiteront d'être débloqués au fil du jeu pour pouvoir en acheter. Leur usage s'effectuera rapidement in-game, via des touches d'accès rapide. En somme, tout a été optimisé de manière à simplifier les choses et attirer des joueurs occasionnels. Dans la même idée, le jeu se boucle en une dizaine d'heures sans grande difficulté et ce, même dans le mode de difficulté supérieur. Seul le mode « divinité » qui sera débloqué à la fin du jeu offrira un soupçon de challenge. Toutefois, il conviendra de « farmer » certains niveaux pour grimper notre expérience jusqu'au niveau 50 si le coeur vous en dit.

Il faudra rapidement se tourner vers le multijoueurs local ou en ligne pour continuer à trouver de l'intérêt dans ce titre déjà très bridé dans sa progression et son contenu. Il est possible de jouer en coopération jusqu'à quatre, mais il faudra composer avec le lag de certaines connexions de participants, rendant parfois le jeu impossible à pratiquer. Ce manque de stabilité limitera fortement l'intérêt du jeu sur un argument précédemment fort de la série. Dommage. Toutefois, l'usage de certains bonus tels que le soin / la protection de zone prennent tout leur intérêt à plusieurs, ainsi que la possibilité de se ressusciter mutuellement. Toutefois, le fait de devoir sans cesse refaire les mêmes niveaux limitera clairement la rejouabilité sur le long terme.

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Douloureux changement de cap

Clairement, Sacred 3 change énormément les bases de la série et cela risque de déplaire aux nombreux fans de la première heure. Le jeu n'est pas médiocre dans l'absolu, mais présente bien plus de limitation que ses aînés. Aussi, cela pourrait s'assimiler à une forme de régression qu'il est important de souligner. Toutefois, le titre fait mieux que ses aînés sur un point : sa réalisation graphique. Alors que Sacred 2 est désormais daté sur le plan technique, cette suite n'a pas à rougir face aux productions du moment. La modélisation n'est pas à couper le souffle, mais de nombreux petits effets visuels apportent un rendu qualitatif et assez peu gourmand en ressources. Toutefois, des baisses de frame rate sont à constater sur consoles.

Le level design n'est pas des plus extraordinaires, mais propose toutefois une certaine diversité au fil du jeu, passant des vertes contrées aux bois empoisonnés, en passant par des cimetières remplis de zombies et autres grottes mal famées. Toutefois, le bestiaire se révèle décevant car bien peu diversifié. Même les boss sont régulièrement recyclés, notamment vers la fin du jeu.

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Dans l'absolu, Sacred 3 n'est absolument pas à conseiller aux fans des premiers épisodes ainsi qu'aux amateurs de hack'n slash. Ce troisième opus change radicalement de cap pour s'orienter vers le beat'em all bien plus proche d'un God of War que d'un Diablo. Aussi, la liberté d'action des prédécesseur est remplacée par une progression ultra-linéaire et répétitive à outrance. L'humour idiot et omniprésent agacera également plus d'un gamer. En dépit d'une rélisation graphique honnête, Sacred 3 est assurément décevant et ne séduira que les amateurs de jeux d'action peu exigeants et qui souhaitent s'occuper le reste de l'été. Les autres feraient mieux de passer leur chemin.



+ Les plus
  • Graphiquement réussi
  • Défoulant en solo et en multijoueurs
- Les moins
  • Très linéaire
  • Aucune réelle liberté d'action
  • Répétitif dans sa structure
  • Humour horripilant
  • Beaucoup de lag en ligne

Notes

  • Note générale Après un second volet plutôt convaincant sorti en 2009, Sacred 3 revient avec un nouveau développeur et un gameplay largement altéré : délaissant le hack'n slash et son vaste monde à explorer pour s'orienter vers un beat'em all très dirigiste, le titre perd en intérêt et en durée de vie. En dépit de sa réalisation graphique réussie et la possibilité de jouer en coopération jusqu'à quatre, le titre demeure décevant et disposant de doublages français résolument horripilants. Il s'agit clairement d'une énorme déception.
    6/10
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Vos commentaires
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Razemoket offline Hors ligne Héroïque avatar 793 points
Le #1804752
Pour l'avoir fini, c'est tout bonnement très moyen.
Graphiquement sur 360 c'est très moche limite parfois PS2 ou Wii.
L’évolution du personnage est aussi très superficielle.
Ça défoule bien une après-midi

Anonyme
Le #1804763
Le Hack & Slash n'a rien à voir là-dedans. Le genre est populaire et présente de très bons jeux. Celui-ci a juste été développé par des développeurs / éditeurs qui n'y connaissent rien. Les deux premiers (et surtout le premier) étaient loin de n'être que des Hack & Slash. C'était aussi des jeux de rôle. Là on a juste un jeu casualisé qui se fait descendre en flammes partout à juste titre.

Ils ont voulu prendre les joueurs pour des cons, ils ont perdu. Suivant.
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