Test Sakura Wars So Long My Love

Le par Fabien H.  |  0 commentaire(s)
Sakura Wars : So Long My Love - vignette

Jusqu'alors réservée au public japonais, la série Sakura Taisen se présente comme une simulation de drague teintée de RPG tactique. Ayant rencontré un large succès depuis son premier volet sur Saturn en 1996, la franchise débarque enfin en version occidentale par le biais du dernier épisode en date, Sakura Wars : So Long, My Love. Initialement introduit sur PS2 en 2005, le soft a été exclusivement adapté sur Wii pour le public européen. Si le titre se réserve de prime abord aux amateurs de japanimation, cette réédition un peu tardive saura-t-elle convaincre sans trop se heurter à un évident fossé en terme de graphisme et de prise en main ?

Drague à New York

Bien qu'instaurée en 1996 sur Saturn, la série Sakura Taisen n'a jamais été éditée hors du Japon. Le titre a connu cinq épisodes principaux ainsi qu'une série de rééditions et autres spin-off. Le succès de la série de Sega est dû à l'approche particulière de son gameplay. En effet, le titre emprunte beaucoup d'éléments des productions japonaises, à commencer par ses nombreuses scènes animées. Le titre arbore également un scénario qui met en évidence des femmes qui devront êtres séduites par le héros, dans le but d'être plus efficace par la suite au cours des combats. Cette gestion des affinités a énormément plus au public japonais, aux côtés des affrontements à bord de méchas de combat. La licence s'est toujours reposée sur ces éléments, permettant d'assurer sa réussite. C'est surtout le troisième épisode de la saga – sorti sur DreamCast – qui a été l'élément déclencheur de l'intérêt de la franchise. Pour les joueurs occidentaux, il était difficile d'approcher de Sakura Taisen puisque les épisodes étaient uniquement traduits en japonais.



Le studio américain Idea Factory s'est finalement décidé à introduire la licence aux USA et en Europe avec le dernier épisode en date, Sakura Wars : So Long, My Love. Disponible depuis 2005 au Japon, ce titre profite d'une adaptation Wii, permettant ainsi de toucher un public assez large. On notera toutefois l'absence de la version PS2 en Europe alors qu'elle a été introduite sur le territoire américain. Alors que les opus précédents se déroulaient à Paris aux alentours de 1920, ce cinquième volet change de cap puisqu'il opère dans la ville de New York au cours de l'année 1928. Le héros a également changé puisqu'il s'agit de Shinjiro Taiga, le neveu de Ichiro Ogami, le personnage central des épisodes antérieurs. Âgé de 19 ans, Shinjiro sort tout juste diplômé de l'école de bushido au Japon avant d'être envoyé aux États-Unis afin d'aider la division New York Combat Revue, comprenant plusieurs femmes en guerre contre les attaques incessantes des méchas ennemis. Arrivé à bon port, le jeune homme rencontrera quelques difficultés à intégrer l'équipe en vue de son expérience inexistante dans le domaine ainsi que son manque d'initiative.

Sakura Wars : So Long My Love - 1 Sakura Wars : So Long My Love - 2

Lors des premiers instants de jeu, il faudra donc se confronter à de nombreuses phases de dialogue avec les différents protagonistes rencontrés, afin de se faire accepter dans ce nouveau groupe exclusivement féminin. Rien n'est gagné puisque vous êtes relégué au statut d'homme à tout faire dans le Little Lip Theater, le bâtiment dans lequel les membres de la division organisent des spectacles musicaux tous les soirs. Il faudra donc se contenter d'aider à faire le ménage, distribuer des tracts publicitaires, ou encore effectuer des réparations diverses et variées. Totalement exclu de tout déploiement militaire, Shinjiro ne tarda pas à souhaiter repartir au Japon. Il parvint malgré tout à se ressaisir et montrer sa motivation, élément clé à son introduction officielle en tant que nouveau lieutenant.

Dès le début du jeu, vous serez accompagné à plusieurs membres de la division, mais l'équipe finale ne sera complétée qu'au terme de l'aventure. La progression étant découpée sous forme de chapitres thématiques, chaque sujet fera l'objet d'un nouveau personnage, ou d'un approfondissement de l'histoire personnelle d'un membre de l'équipe. Bien que variés, les caractères des héroïnes sont également particulièrement cliché. Entre Cheiron l'avocate stricte mais au grand coeur, Diana Caprice l'infirmière douce et proche de la nature, Gemini la maladroite et impulsive de l'équipe, ou encore Rosarita la mexicaine au lourd passé, il faut avouer que l'originalité n'est pas vraiment au goût du jour. Qui plus est, cette exagération de personnalités aiguille fortement au joueur face aux choix à effectuer au cours des nombreux dialogues. Ainsi, il est assez aisé de séduire ses partenaires, pour peu que vous ayez un bon sens de l'observation.

Sakura Wars : So Long My Love - 3 Sakura Wars : So Long My Love - 4



L'armée au grand cœur

Bien que vantant son statut de Tactical RPG, Sakura Wars : So Long, My Love est avant tout une simulation de drague. En effet, vous passerez le plus clair de votre temps à dialoguer avec les différents protagonistes du jeu. Vous n'êtes toutefois pas relégué en tant que spectateur puisque le jeu vous confronte très souvent à des choix et ce, en temps limité. Il faudra donc user de réflexion et de dextérité afin de bien suivre la conversation et répondre correctement à vos interlocutrices. Chaque bonne réponse sera suivie d'un son enjoué, une mauvaise sélection sera quant à elle signalée par une tonalité plus grave. Parfois, il sera même nécessaire d'attendre les dernières secondes du décompte afin de voir apparaître une réponse supplémentaire. Dans d'autres circonstances, il faudra calibrer une jauge d'intonation de la voix, ou encore effectuer des combinaisons de directions à l'aide des contrôleurs de la Wii. À ce sujet d'ailleurs, sachez que la prise en main est très inconfortable dans ce cas précis à la seule aide de la Wiimote et du Nunchuk. L'idéal est de connecter une manette classique Wii afin de profiter des deux sticks analogiques. Durant certaines phases, vous pourrez directement interagir sur les héroïnes à l'aide d'un curseur. Vous pourrez ainsi regarder, toucher ou encore mater leurs décolletés.

Bien au-delà d'un simple gadget, cette fonction est primordiale à la bonne marche du jeu. En effet, plus vous développez des affinités avec les jeunes femmes, plus celles-ci améliorent leur motivation. Ainsi, elles deviennent bien plus efficaces pendant les combats. Ces derniers se déroulent généralement à la fin de chaque chapitre, une fois que la problématique scénarisée tend à se résoudre. Vous devrez alors vous rendre sur le toit du théâtre, grimper dans votre STAR (le nom donné aux robots), puis vous ruer sur la zone d'affrontement afin de vous frotter à d'autres méchas. La prise en main du jeu pendant les affrontements est bien plus souple que dans les précédents épisodes puisque les déplacements s'effectuent désormais librement sur l'aire d'action et non via un système de cases. Les mouvements sont régis par une jauge de mobilité qui diminue en fonction des actions que vous effectuez. Il sera nécessaire de jongler entre les déplacements, les attaques et l'éventuelle défense au cours de chaque tour. Aucune crainte à avoir de toute façon, puisque le combats des premiers chapitres du jeu font office ce didacticiels afin de prendre bonne note des différentes fonctionnalités.

Sakura Wars : So Long My Love - 5 Sakura Wars : So Long My Love - 6

Au niveau des attaques, plusieurs possibilités s'offrent à vous : attaque simple, charge spéciale, soin, ou encore les attaques combinées. Ces dernières, nouveauté de ce volet, permettent d'effectuer des charges en duo. Elles s'effectuent lorsque vous encerclez un ou plusieurs ennemis. Bien évidemment, ces attaques consomment énormément de points d'esprit (SP) et ce, pour les deux pilotes. Comme cette jauge ne remonte que lorsque vous attaquez et encaissez des coups, il faudra rester suffisamment vigilant pour ne pas être à la merci des ennemis.  Afin de bien anticiper les combats, il faudra sélectionner une stratégie parmi les trois choix disponibles. L'une d'entre elles s'oriente sur les attaques, l'autre sur la défense et l'esprit, la troisième se concentrera sur la vitesse d'action. Attention toutefois, puisque deux configurations ne permettent plus de se soigner. Il faudra donc user de prévoyance afin d'éviter que vos alliés ne succombent. En cas de coup dur, le héros peut utiliser la commande d'aide afin d'envoyer un membre de l'équipe à ses côtés. Cette fonction sera très utile puisque l'échec du héros est synonyme de perte du combat. À noter enfin que le moral des coéquipières offre un bonus de déplacement, d'attaque et de défense. Les relations peuvent également être améliorées ou détériorées pendant les affrontements, selon les actions que vous menez. Bref, l'ensemble du système s'avère bien huilé, notamment avec l'apparition des combats aériens qui succèdent à la phase terrestre, permettant de combattre des boss parfois gigantesques.



En dehors des combats et des longues sessions de dialogues, le titre ne laisse que très peu de liberté au joueur. Dans certaines situations, vous pourrez vous déplacer dans divers lieux somme toute assez cloisonnés, afin de discuter avec des protagonistes secondaires, ou développer vos relations avec les membres de la division. Vous pourrez également participer à des concours de photos thématiques, selon les indications fournies par la radio de votre Camratron, un appareil combinant téléphone, appareil photo et radio. Seulement, la liberté d'action est amplement réduite par une gestion du temps, découlant sur des rappels à l'ordre à la base alors que vous n'avez pas terminé votre visite. Cette fonctionnalité, bien que nécessaire à l'évolution du scénario, s'avère terriblement frustrante pour le joueur.

Sakura Wars : So Long My Love - 7 Sakura Wars : So Long My Love - 8



Galerie d'images

Sakura Wars : So Long My Love - 34 Sakura Wars : So Long My Love - 17

Sakura Wars : So Long My Love - 24 Sakura Wars : So Long My Love - 32

Sakura Wars : So Long My Love - 11 Sakura Wars : So Long My Love - 12

Sakura Wars : So Long My Love - 13 Sakura Wars : So Long My Love - 31

Sakura Wars : So Long My Love - 33 Sakura Wars : So Long My Love - 29

Sakura Wars : So Long My Love - 16 Sakura Wars : So Long My Love - 23

Sakura Wars : So Long My Love - 30 Sakura Wars : So Long My Love - 26

Sakura Wars : So Long My Love - 27 Sakura Wars : So Long My Love - 28

Sakura Wars : So Long My Love - 15 Sakura Wars : So Long My Love - 22

Sakura Wars : So Long My Love - 20 Sakura Wars : So Long My Love - 14

Sakura Wars : So Long My Love - 21 Sakura Wars : So Long My Love - 25

Sakura Wars : So Long My Love - 18 Sakura Wars : So Long My Love - 19



Un portage pas parfait

Disponible depuis 2005 au Japon, Sakura Wars : So Long, My Love se présente aujourd'hui comme une production techniquement dépassée. Bien loin des standards de la Wii, le titre de Sega propose une modélisation 3D assez pauvre et étonnamment mal optimisée. En effet, il n'est pas rare que quelques animations (notamment en combat) mettent en évidence de lourds ralentissements, tout en accélérant significativement les accès au disque. Bref, on sent clairement que le portage Wii du soft a été effectué bien rapidement par le studio Idea Factory. Toutefois, la majeure partie du jeu se déroulant sur des plans fixes, les soucis de qualité se font moins sentir. On soulignera d'ailleurs la qualité des artworks du jeu, signés Kusuke Fujishima, chara-designer ayant souvent travaillé sur la série Tales of, ainsi que le manga Ah! My Goddess. Les scènes animées sont également très bien réussies, ce qui devrait intéresser les nombreux amateurs du genre.



Afin d'enrichir l'ambiance assez immersive du jeu, la réalisation sonore offre des thèmes particulièrement riches, offrant des sonorités très typées des années 1920. La plupart des thèmes sont très enjoués, afin de s'adapter à l'ambiance des spectacles musicaux. Bien que les musiques ont tendance à se répéter un peu trop souvent, l'ensemble demeure très identifiable et agréable à l'oreille. Au niveau des effets sonores, en revanche, la qualité n'est pas toujours au rendez-vous : entre les effets d'une qualité assez pauvres pendant les phases de dialogue (les sons liés aux choix sont insupportables) et les bruits d'explosion atroces au cours des combats, on n'est pas vraiment gâté. Qui plus est, le doublage des voix est uniquement anglais dans cette version Wii, alors que la réédition PS2 uniquement sortie aux USA profite quant à elle d'un choix entre l'anglais et le japonais.

Sakura Wars : So Long My Love - 9 Sakura Wars : So Long My Love - 10

Peut-être sorti un peu tard en Occident, Sakura Wars : So Long, My Love demeure une excellente opportunité pour s'initier à la célèbre série. Mêlant des scènes de dialogue gravitant autour de la drague et des combats tactiques à bord de méchas, le titre s'avère assez bien rôdé, bien que le scénario a tendance à traîner en longueur à chaque chapitre. Et pourtant, l'ensemble du jeu se clôture en une vingtaine d'heures au travers de six différentes fins en fonction des choix que vous aurez pris pendant le jeu. L'héroïne qui a le plus d'affinités avec Shinjiro passera les derniers instants en sa compagnie. Loin d'être parfait sur le plan technique, le jeu propose des artworks et cut-scenes fort bien réalisées. Bref, il s'agit ici d'une production destinée tout spécialement aux amateurs de jeux typiquement japonais, ainsi qu'aux fans de manga. Pour les amateurs de RPG, l'intérêt se voudra plus anecdotique puisque les combats ne prennent finalement qu'une petite place dans l'ensemble de la progression. C'est particulièrement dommage puisque ces derniers s'avèrent vraiment bien construits.



+ Les plus
  • Système de combat bien construit
  • Bonne gestion des relations
  • Belles cinématiques
  • Les thèmes musicaux
- Les moins
  • L'utilisation Wiimote / Nunchuk inadaptée
  • Réalisation 3D datée
  • Pauvreté des bruitages
  • Manque de liberté d'action
  • Trop de dialogues pour peu de combats
  • Scénario peu original
  • Voix anglaise, texte anglais uniquement

Notes

  • Graphisme Tardivement édité en Occident, Sakura Wars : So Long, My Love se veut désormais techniquement dépassé. La modélisation 3D des personnages et autres méchas est vraiment fade, d'autant plus que cette adaptation Wii colporte parfois de nets ralentissements selon les mouvements opérés à l'écran. Heureusement, le titre se base essentiellement sur des plans fixes enrichis de beaux artworks et des scènes animées du plus bel effet.
    6/10
  • Bande son Les thèmes musicaux du soft s'avèrent particulièrement enjoués et en totale adéquation avec la période dans laquelle les aventures se déroulent : les années 1920. On retrouve également l'ambiance des cabarets à spectacles de l'époque dans les nombreuses sonorités. En parallèle, les bruitages manquent cruellement de richesse et de diversité. Enfin, sachez que cette édition Wii ne dispose que d'un doublage des voix en anglais, contre une option pour le japonais dans la réédition PS2 parue uniquement aux USA.
    6/10
  • Jouabilité Si la prise en main du jeu est globalement confortable à l'aide de la Wiimote et du Nunchuk, force est de constater que le jeu était initialement construit pour être utilisé avec la manette de la PS2. De ce fait, certaines phases pendant les dialogues ainsi qu'en combat seront plus efficaces si vous utilisez la manette classique de la Wii. Hormis ce détail, la qualité des fonctionnalités des combats et des relations entre les protagonistes apporte une réelle profondeur au gameplay. On regrettera en revanche que le jeu se concentre un peu trop sur les dialogues.
    6/10
  • Durée de vie Le titre se déroule sur un total de huit chapitres qui s'effectuent sur une durée de vingt heures environ. Comme les choix que vous effectuez au long de l'aventure se répercutent sur la suite des événements, le soft propose pas moins de six fins différentes en fonction de la jeune femme qui aura les meilleures affinités avec le héros. L'intérêt de refaire le jeu est ainsi plus présent que jamais et ce, en dépit d'une liberté d'action assez réduite.
    7/10
  • Scénario Bien que la série ne se déroule plus à Paris mais à New York, le scénario n'a pas pour autant joué la carte de la grande originalité. Les aspects clichés sont d'ailleurs monnaie courante dans l'évolution du jeu, à commencer par la personnalité des différentes équipières de Shinjiro. On se retrouve finalement à jongler entre des phases de dialogue / drague et la lutte contre les ennemis démoniaques à bord de méchas flashy à souhait.
    6/10
  • Note générale Pour la première fois depuis le début de la série, un épisode de Sakura Taisen débarque en Europe. Nous profitons ainsi d'un cinquième épisode à mi-chemin entre la simulation de drague et le Tactical RPG. Proposant un univers intéressant mais peu original et surtout assez restrictif, le titre mise l'ensemble de sa profondeur sur ses combats particulièrement bien construits, ainsi qu'une bonne gestion des relations et les impacts perçus dans la progression du scénario. Pas assez fourni pour un amateur de RPG, Sakura Wars : So Long, My Love est avant tout un jeu qui satisfera les fans de japanimation et les adorateurs de la série, même si cette édition Wii ne dispose pas de dialogues japonais ni de texte en français.
    6/10
  • Partager ce contenu :
Vos commentaires
icone Suivre les commentaires
Poster un commentaire