Test Silent Hill Downpour

Le par Fabien H.  |  0 commentaire(s)
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Véritable ode à l'angoisse, Silent Hill a terrifié plus d'un joueur. A contrario des autres survival horror, la franchise de Konami a su jouer la carte de l'ambiance, mettant en avant des sentiments tels que la claustrophobie, ou tout simplement la peur de l'inconnu, de l'impalpable. Après quelques errance, la licence revient avec Silent Hill  : Downpour, un volet qui arrivera à faire revivre la terreur que nous attendons tant  ? Réponse dans ce test.

La tête dans le brouillard

Pour les amateurs de sensations fortes, difficile de passer outre la série Silent Hill. Terrorisante pour certains, passionnante pour d'autres, l'ambiance qui se dégage de ces épisodes est particulièrement travaillée. La ville aux deux visages isolée du monde a résolument marqué les esprits dans le premier et surtout le second volet, tant les ingrédients étaient dosés avec précision. Et pourtant, la série s'est embourbée dans certains travers, depuis que le développeur a fait appel à des studios externes pour les nouveaux opus. Si Silent Hill  : Shattered Memories s'est révélé intéressant en dépit de quelques points de gameplay agaçants, Silent Hill  : Homecoming s'est révélé bien trop éloigné de l'aura originelle pour assurer un intérêt suffisant.



C'est donc avec une certaine appréhension que nous accueillons Silent Hill  : Downpour, nouvel épisode qui fait également entrer en scène un nouveau développeur occidental, Vatra Games. Et concrètement, il faut admettre que le studio tchèque s'est plutôt bien débrouillé dans son exercice, puisque le soft permet de retourner dans une ambiance que les fans connaissent bien  : la peur psychologique. Toutefois, il convient de préciser que quelques défauts viendront ternir un tableau finalement fort bien fignolé.

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Cette nouvelle aventure ne débute pas aux abords de la ville brumeuse, mais dans un pénitencier dans lequel Murphy Pendleton purge sa peine. Dès le début de l'aventure, le doute s'installe  : notre héros est-il dans le couloir de la mort  ? La mise en scène et les dialogues commencent déjà à nous duper et instaurer une intrigue qui se poursuit par un trajet en bus pour rejoindre une autre prison. À l'instar du premier volet de Silent Hill, il sera question d'un accident aux abords de la terrible ville. C'est alors que Murphy devra trouver une issue pour quitter les lieux.



L'aspect intéressant pour les amateurs de la franchise se concentre dans les débuts de l'aventure qui s'amorcent dans des lieux abordant Silent Hill. Cela permet d'étoffer le background de ces lieux reculés et laissés à l'abandon. L'ambiance est bien présente, même si les premières heures de jeu se révèlent quelques peu dirigistes et finalement avares en mise en scène terrifiantes : beaucoup de zones très éclairées, les environnements manquent parfois d'originalité, les énigmes ne sont pas au goût du jour, etc. Toutefois, les choses se rattrapent dès que vous arriverez au cœur de la ville, dans un brouillard à couper au couteau qui symbolise ces lieux à première vue paisibles. L'enfer vous y attend.

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Courage, fuyons !

Comme la plupart des épisodes de la série, Silent Hill  : Downpour met en avant un héros peu aguerri, ce qui offre un sentiment d'insécurité permanent. Murphy n'est pas vraiment le stéréotype du héros et sera balloté dans ses sentiments et états d'âme tout au long de son périples à Silent Hill. Il apprendra rapidement pourquoi il se retrouve en ces lieux via de nombreux indices laissés ça et là, nous informant par la même occasion sur son passé relativement houleux.



Comme dans tout épisode de Silent Hill, le spectre infernal de la ville sera bel et bien présent. S'il s'agit toujours du monde altéré dans lequel les environnements deviennent sombres et difformes, force est de constater que l'horreur ne monte aucunement d'un cran. En effet, le studio de développement a jugé utile de réutiliser le système de poursuite de Silent Hill  : Shattered Memories dans ce cas de figure, à l'exception que vous êtes poursuivi par une sorte d'énergie distordante qui aspire tout ce qui la touche. Ainsi, ces phases de jeu «  de couloir  » ne se révèlent guère intéressantes, puisqu'elles s'écartent de la progression méthodique et paranoïaque des premiers volets. C'est vraiment dommage.

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Néanmoins, lorsque nous évoluons dans la partie «  normale  » de la ville, force est de constater que la liberté est relativement présente, nous permettant de fouiller les différents pâtés de maisons laissés à l'abandon, ainsi que les différents chemins en quête d'armes de fortune, munitions et autres trousses de soin. Outre la trame principale, il est possible d'accéder à certains endroits qui donnent lieu à des missions secondaires. Il convient dans certains cas de détruire une âme torturée, ou encore retrouver des peintures, libérer des oiseaux, etc. Tout ceci nous pousse à fouiller les moindres recoins de la ville, avec toujours une certaine angoisse liées aux créatures qui y rôdent.

En effet, des ennemis errent dans les rues de Silent Hill et seront plus ou moins féroces suivant le temps  : plus il pleut, plus elles seront nombreuses et vous attaqueront. Comme vous disposez la majeure partie du temps d'armes découvertes dans les environnements (bouteilles, pierres, tuyaux, pelles, etc), il conviendra souvent de prendre ses jambes à son cou pour survivre, surtout que l'équipement trouvé est destructible. Ce n'est que plus tard que vous mettrez la main sur quelques armes à feu et de rares munitions. Si les combats n'ont jamais été très ergonomiques dans la série, la prise en main se révèle également très hasardeuse dans cet épisode. Une touche sert à parer les coups ennemis, tandis qu'une autre permet d'attaquer ou de jeter son arme. Les déplacements peu agiles de notre héros rendront les affrontement au corps à corps laborieux et finalement assez ratés dans l'ensemble.

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En territoire (in)connu

En dehors des phases d'action, il est important de noter que le titre dispose d'énigmes, parfois très tordues, fournies par le développeur. Lors des premières heures de jeu, assez déroutantes pour les fans, il sera surtout une question de mise en scène. Les casses-têtes n'apparaîtront qu'après quelques heures de jeu, lorsque vous commencerez à vous enfoncer dans les bâtiments de Silent Hill. Les amateurs pourront s'en donner à cœur joie, tant certaines phases peuvent nous bloquer de nombreuses minutes, toujours dans le doute d'être attaqué par une créatures tapie dans l'ombre. Et pourtant, le titre aurait davantage gagné en angoisse si la pénombre était plus importante. Au lieu de cela, les environnements sont - pour une majeure partie - relativement bien éclairés.

Au niveau de la réalisation, le titre ne se présente pas comme un foudre de guerre. Les textures sont hasardeuses, certains environnements manquent d'identité et les animations laissent parfois à désirer. De plus, principal souci du soft, le moteur rame atrocement par moments, déclenchant de nombreuses et sporadiques saccades sans raison apparente. Il semble très probable que les phases d'optimisation n'aient pas été menées avec approfondissement, d'autant plus que plusieurs bugs particulièrement gênants sont au goût du jour  : impossible d’attraper certaines échelles, des planches destructibles qui réapparaissent après leur retrait, etc.

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Et pourtant, la réalisation sonore est plutôt convaincante, avec des bruitages de qualité pour nous plonger dans une ambiance étrange, qui nous met mal à l'aise. Le résultats n'est toutefois pas aussi riche que ceux des premiers épisodes de la série, mais le résultat se révèle suffisamment pertinent pour offrir de la valeur ajoutée. Vatra Games n'a pas oublié les fans de la franchise, puisque de nombreux clins d'oeil sont présent, notamment l'inoubliable thème musical d'introduction du premier Silent Hill dans un juke-box - notamment - ou encore la reconstitution de l'appartement de James Sunderland de Silent Hill 4  : The Room.



Bien que les doutes étaient logiquement présents face à ce Silent Hill  : Downpour, le résultat final se révèle satisfaisant. Le soft revient plus volontiers aux arguments des premiers volets de la série tout en proposant une nouvelle intrigue qui permet de visiter des nouvelles facettes de la célèbre ville au brouillard permanent et aux puissants événements paranormaux. L'ambiance est relativement bien fournie, bien que l'angoisse et la paranoïa n'attend pas le niveau critique des précédents volets signés Konami en raison d'une pénombre moins prononcée, d'une réalité alternée de la ville assez mal ficelée et d'un bestiaire finalement pas assez fou et dérangeant. Au final, il s'agit d'un épisode intéressant à suivre, renouant avec les arguments de la série, mais moins insoutenable que ses prédécesseur, dynamité par un gameplay pas toujours bien calibré et une réalisation graphique largement perfectible. Toutefois, ce nouveau voyage à Silent Hill demeurera enivrant pour les fans.

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+ Les plus
  • Ambiance de bonne qualité
  • Réalisation sonore soignée
  • Nouvelles facettes de Silent Hill
  • Liberté d'action
  • Quêtes secondaire de bonne facture
- Les moins
  • Réalisation technique datée
  • Ralentissements, saccades, bugs visuels
  • Réalité alternée bâclée et très peu immersive
  • Première partie du scénario peu intéressante
  • Manque de folie dans le bestiaire

Notes

  • Graphisme Très clairement l'un des points faibles du jeu, la réalisation graphique est clairement perfectible. En effet, les textures manquent clairement de précision, au même titre que les animations parfois très moyennes. La richesse des environnement est également très instable suivant les niveaux. Le plus gros défaut se situe au niveau des bugs graphiques et des grosses saccades qui viennent entraver régulièrement la progression. Heureusement que l'ambiance artistique est suffisamment travaillée pour permettre une immersion.
    6/10
  • Bande son S'il n'est pas question du travail d'orfèvre du célèbre Akira Yamaoka au niveau des bruitages et des musiques de ce Silent Hill Downpour, la réalisation sonore est ici finement travaillée. Ainsi, on se plait à jouer avec un casque sur les oreilles, dans l'optique de capter le moindre petit son qui nous propulsera dans une angoisse, voire une paranoïa permanente.
    7/10
  • Jouabilité Si la prise en main de Silent Hill a toujours été marquée par une certaine lourdeur de gameplay expliquée par des héros rarement très aguerris, force est de constater que Silent Hill : Downpour nous offre des combat au corps-à-corps particulièrement pénibles à réaliser, nous poussant volontiers à fuir le plus de créatures que possible. On regrettera également les phases de jeu en réalité alternée - pourtant le nerf du gameplay des anciens Silent Hill - bâclées en simple courses-poursuites sans réelle ambiance. Toutefois, nous apprécions la présence de nombreuses énigmes et leur difficulté croissante.
    6/10
  • Durée de vie Pas plus long qu'un autre volet de la série, Silent Hill peut se clôturer en moins de dix heures. Lors d'une première excursion et si vous avez pour objectif de flâner dans les allées brumeuses de la ville pour découvrir quelques secrets et autres clins d’œil mis en place par les développeurs, vous pourrez aisément rallonger la durée de l'aventure de quelques heures supplémentaires.
    6/10
  • Scénario Si le scénario de cet opus n'a rien de très nouveau dans la licence, son intrigue demeure très intéressante après quelques heures de jeu seulement - les premiers instants en amont de l'arrivée sur Silent Hill ne sont guère palpitants à ce niveau - lorsque vous mettrez le doigt sur certaines notes trouvées au fil de votre progression et autres informations données par les quelques protagonistes encore présents et conscient dans cette ville où la folie règne en maître absolu.
    6/10
  • medaille
    Note générale Silent Hill : Downpour aurait pu nous faire une belle frayeur, en raison de son studio de développement qui a repris la licence en cours de route. Heureusement, Vatra Games est parvenu à capter une majeure partie de l'essence de la saga, la raison pour laquelle elle demeure une référence en matière de survival horror. Si l'ambiance et l'immersion sont globalement au rendez-vous, certains défauts viennent entacher le tableau et nous rappellent toujours le quasi-sans faute des premiers épisodes signés Konami. Toutefois, nous sommes loin d'un échec et le fait de pouvoir retourner une nouvelle fois dans la ville de Silent Hill fera très plaisir aux fans, ainsi qu'aux amateurs d'ambiances immersives.
    7/10
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