Test SOCOM Special Forces

Le par Fabien H.  |  0 commentaire(s)
SOCOM Special Forces - vignette

Appréciée par une communauté d'amateurs de jeux d'action à tendance tactique, la série SOCOM : U.S. Navy Seals revient sur le devant de la scène avec un quatrième épisode très attendu. Après un précédent épisode HD relativement décevant, Zipper Interactive reprend les choses en main. Le résultat sera-t-il à la hauteur des attentes ? Réponse dans le test.

Direction l'Asie

Instaurée il y a quelques années sur PS2, SOCOM : U.S. Navy Seals jouait la carte de l'immersion avec l'utilisation d'un micro qui permettait de donner des ordres à ses alliés gérés par l'intelligence artificielle. De plus, le gameplay à mi-chemin entre l'action pure et la tactique offrait un certain cachet qui a séduit de nombreux joueurs. Alors que Zipper Interactive, le développeur attitré de la série, développait M.A.G. sur PS3, c'est un autre studio qui s'est chargé de la conception de SOCOM : Confrontation, un opus clairement médiocre pour les amateurs de la première heure. SOCOM : Special Forces, le véritable quatrième volet de la franchise, propose donc d'instaurer à nouveau une approche pleinement immersive.

Ce nouvel épisode vous met toujours à la tête d'une escouade militaire. Dans la peau de Cullen Gray, vous devrez maintenir un climat de paix au plein cœur de l'Asie. En effet, les terroristes du NAGA ayant déjà quadrillé les lieux, il faudra souvent jouer la carte de l'infiltration, puisque vous êtes en infériorité numérique. Dès les premières minutes de jeu, l'absence de réelle originalité scénaristique est une évidence, les différents événements étant excessivement prévisibles. Aussi, le but sera généralement de détruire des points stratégiques, éliminer des cibles spécifiques, etc. Bien que vous progressez la plupart du temps à cinq, les alliés ne disposent pas de réel charisme, leur intervention durant les cut-scenes étant clairement anecdotiques. Bref, une grande perte est à noter au niveau de l'immersion, puisqu'aucune réelle identification n'est à constater au sein de l'équipe. Le héros est d'ailleurs un concentré de froideur et de clichés, bien qu'une once de faiblesse passée tend à se mettre en avant après la première moitié de la campagne. Le second personnage important, surnommé « Quarante-Cinq », n'est pas réellement un modèle de surprises, tant ses réactions demeurent classiques.

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Vous l'aurez compris, SOCOM : Special Forces dispose d'une histoire qui ne sert finalement que de prétexte à s'embourber dans les conflits militaires. L'issue du scénario étant tellement prévisible et tellement bâclée que la déception se fait clairement sentir. Quoi qu'il en soit, Zipper Interactive parvient à imposer une ambiance de qualité similaire aux trois premiers épisodes, à savoir un mariage entre l'action et la tactique. Ce dernier point est toutefois légèrement plus allégé que par le passé, tout en gagnant en accessibilité et en ergonomie. De plus, le titre se paie le luxe de quelques phases d'infiltration qui s'effectuent dans la peau de Quarante-Cinq. Ces phases de jeu, fortement bienvenues dans la série, permet de proposer une plus grande variété entre les missions, afin d'esquiver la monotonie de gameplay.

Toutefois, on constate très rapidement les limites de la dimension d'infiltration. Étant donné que ces missions opèrent de nuit, il suffira de se dissimuler dans la pénombre, en prenant garde à la jauge de visibilité affiché à l'écran. Aussi, il faudra faire attention à vos déplacements, mais également à la vitesse de vos mouvements. La plupart des ennemis disposent de rondes bien spécifiques et de réactions assez peu variées, ce qui permet de prendre rapidement en main ces phases de jeu. Il est possible d'attaquer au corps-à-corps, ou à l'aide d'un fusil de sniper à silencieux. L'approche reste jouissive, mais il faudra bien penser à déplacer les dépouilles des soldats occis pour ne pas se faire détecter. Bien évidemment, si vous ne calibrez pas votre écran en terme de luminosité, vos déplacements au nez et à la barbe des soldats vous paraîtra clairement abusée. Bref, cette partie du jeu est très intéressante, même si nous aurions apprécié davantage de possibilités (équipements notamment).

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La meilleure tactique c'est l'attaque

Dans la majeure partie de la campagne solo de SOCOM 4, vous incarnerez Cullen Gray. Chaque début de mission donne lieu à la configuration de votre armement. Vous aurez le choix de deux armes uniquement (fusil d'assaut, fusil à pompe, mitraillette légère, mitrailleuse, fusil de sniper), et deux types de grenades (frag, fumigène, aveuglante, charge explosive, claymore, mine). Le choix ne sera pas forcément primordial puisqu'il sera possible de récupérer les équipements des ennemis sur le champ de bataille. De plus, chaque arme s'améliore au fil de votre utilisation. Une jauge permet de débloquer jusqu'à cinq modifications d'arme : lunette de visée, silencieux, meilleur chargeur, etc. Aussi, au vu du grand nombre d'armes, il faudra un certain temps pour les débloquer toutes et les améliorer au maximum de leur potentiel.

Dans les faits, il est intéressant de s'équiper d'une arme d'assaut, ainsi qu'un équipement plus silencieux, permettant de commencer l'offensive sans alerter l'ensemble des insurgés. Pour cela, il faudra s'aider de ses quatre alliés – répartis par groupes de deux, Bravo et Or – afin de calibrer les attaques tactiques. Via la croix directionnelle de la manette, il sera possible de donner des ordres directs pour déplacer une équipe et l'autre, ainsi que les regrouper. Lorsque vous avez des ennemis en vue, les ordres de déplacement servent à autoriser à abattre des soldats. L'intérêt est de bien choisir l'ordre d'exécution, toujours dans un souci de discrétion. Seulement, l'intelligence artificielle des alliés tend à être peu efficace dans certaines circonstances. En effet, il n'est pas rare que vos équipes rencontrent des soucis de pathfinding, ou se mettent clairement à découvert alors que vous leur avez donné l'ordre de se cacher derrière un élément du décor. Aussi, la progression en silence est tout simplement impossible en solo.

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Et pourtant, la plupart des bonnes idées des trois premiers volets sont bien présentes, notamment le fait de se déplacer accroupi ou couché dans les hautes herbes et autres végétations luxuriantes. Vos alliés suivent d'ailleurs votre mode de déplacement de façon automatique, ce qui se révèle évidemment idéal. L'intelligence artificielle des ennemis n'est pas spécialement surprenante, mais se veut assez féroce dans de nombreux cas. Il n'hésitent pas à vous déborder sur les flancs pendant les fusillades, tout en vous jetant régulièrement des grenades pour vous déloger de votre abri de fortune. Toutefois, les adversaires ne sont pas vraiment finauds à courte portée, avec des réactions particulièrement lentes, voire étranges.

En dépit de la courte durée de vie en solo (quatorze missions pour une moyenne de sept à huit heures), la progression demeure assez bien réalisée. En effet, les premières missions se veulent assez calmes, permettant de se faire la main sur les contrôles du jeu sans stress. La suite se révèle en revanche bien plus orientée action, ce qui ne plaira pas forcément aux amateurs des premiers volets de la série. Malgré tout, le jeu se paie de fréquentes phases plus discrètes au cours des niveaux, ainsi que des missions complètement axées sur l'infiltration avec Quarante-Cinq. En sus de la campagne principale, il faut compter sur une fonction supplémentaire permettant de gérer des missions personnalisées. Ces dernières se focalisent sur les niveaux du solo (mais se déroulent dans l'autre sens de marche). Deux types d'objectifs pourront être effectués : élimination d'un officier du NAGA, ou récupérer un renseignement ennemi. Jouables en solo, ces parties prennent tout leur sens en coopération online jusqu'à quatre joueurs. Ainsi, il devient très intéressant de mettre en place une avancée stratégique par micro.

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Réalisation en dent de scie

Bien que jouable à l'aide d'une manette, SOCOM : Special Forces propose également une prise en main intégralement compatible avec le PlayStation Move. Le résultat demeure très satisfaisant, la précision étant clairement efficace en mode viseur. Si nous gagnons clairement en précision (ce qui est pratique pour effectuer des headshots à plusieurs dizaines de mètres), les déplacements se révèlent légèrement moins dynamiques qu'avec un pad. Aussi, l'utilisation du PS Move demeure surtout intéressante dans le cadre d'une campagne solo ou coopérative. Les réactions plus vives nécessaires aux modes compétitifs en ligne nécessitent toujours une prise en main plus conventionnelle.

À ce sujet d'ailleurs, les modes multijoueurs du titre demeurent bien construits et intéressants à effectuer. Nous retrouvons évidemment les modes Team Deathmatch et Capture The Flag, bien que leurs règles ne soient pas complètement adaptées au gameplay hybrides du jeu. En conséquence, ces parties demeurent axées sur l'action, ce qui peut se révéler assez brouillon sur les sessions chargées à 32 joueurs. Le mode Bomb Squad est en revanche plus attrayant. L'objectif d'une équipe est de protéger un artificier, tandis que l'autre devra s'assurer de le localiser et de l'abattre. Dans ce cas de figure, la tactique d'équipe est finement mise à l'épreuve, dans un objectif commun. Le dernier mode se focalise sur de la capture de zones, ce qui permet de varier l'attaque et la défense. Avec la possibilité de gagner de l'expérience et du galon sur le long terme, le mode multijoueur du titre se montre particulièrement addictif.

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En terme de réalisation, l'épisode se veut dans l'ensemble convaincant. Cela se ressent en grande partie en raison d'environnements détaillés et généralement bien modélisés. Fort malheureusement, les détails ne sont pas toujours très glorieux. Pour s'en convaincre, il suffit de regarder la végétation en plongée pour apercevoir une modélisation assez archaïque.  Cela se confirme également dans les détails des personnages. Sur ce point, heureusement que la synchronisation labiale est impeccable pendant les cut-scenes. Il subsiste également des soucis plus sérieux tels que les murs invisibles pour marquer les limites des niveaux, ainsi que l'impossibilité de tirer à travers les grillages et autres escaliers. Toutefois, la bande sonore est de bonne facture, au même titre que la majorité des bruitages (à l'exception de l'étrange sonorité des headshots).

En somme, SOCOM : Special Forces marque un réel retour de la franchise, pour un résultat assez convenable dans l'ensemble. Nous retrouvons cette combinaison entre l'action pur jus et la tactique, avec la possibilité de gérer ses alliés directement à l'aide de la croix directionnelle. Les possibilités stratégiques sont moins étoffées dans dans les premiers volets, mais le résultat est suffisamment ergonomique pour nous captiver. Les phases d'infiltration sont également bienvenues et permettent une certaine variété dans la campagne. La réalisation se montre quant à elle plutôt correcte dans sa globalité, même si quelques soucis viennent entraver l'expérience visuelle, mais également en terme de gameplay (collisions). Jouable en coopération jusqu'à quatre en ligne et à jusqu'à 32 dans les modes compétitifs, le jeu propose toutefois un certain intérêt sur le long terme, si vous appréciez les TPS à l'ambiance militaire.

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+ Les plus
  • Bon mélange action / tactique
  • Phases d'infiltration
  • La coopération à quatre
  • Multijoueur assez complet
- Les moins
  • Quelques problèmes techniques
  • Scénario sans intérêt
  • IA alliée et ennemie pas toujours au point

Notes

  • Graphisme Le moteur graphique se veut plutôt convenable, mais de nombreux détails viennent entacher l'ensemble. Parmi eux, on déplorera la végétation parfois mal modélisée, un manque de détails sur les personnages, ainsi que la présence de murs invisibles et autres problèmes de collision. Bref, plusieurs éléments auraient pu être gommés pour améliorer sensiblement le rendu global.
    6/10
  • Bande son Les effets sonores du titre se montrent satisfaisants dans l'ensemble, bien que certains d'entre eux soient vraiment abusés (le son des headshots). En sus, le doublage français n'est pas une franche réussite. Toutefois, la bande originale du jeu se veut particulièrement dynamique et bien mise en valeur selon le degré d'action.
    7/10
  • Jouabilité Pour un third person shooter, SOCOM : Special Forces propose une maniabilité particulièrement bonne, à la manette comme au PS Move. Si dans ce dernier cas, la précision est exemplaire, force est de constater que les déplacements se veulent trop peu ergonomiques pour une utilisation en multijoueur. Sinon, le titre marie plutôt bien l'action, la tactique et l'infiltration, même si nous aurions apprécié davantage de poids sur ce dernier point.
    7/10
  • Durée de vie La campagne solo du soft nécessite environ sept heures de gameplay pour en arriver au terme. Si deux fins sont disponibles, l'issue n'est pas suffisamment changeante pour valoir la peine d'être effectuée. La rejouabilité est présente, si vous cherchez à collecter les données de renseignements dissimulés dans les niveaux. En marge, il faut compter sur la possibilité de créer des parties personnalisées en solo ou en coop online, ainsi que sur un mode multijoueur suffisamment intéressant pour que l'on s'y attarde plusieurs heures.
    7/10
  • Scénario Grosse lacune de la production, l'histoire enchaîne cliché sur cliché, pour un rendu final sans grande consistance. L'idée de stopper la progression d'insurgés dans les contrées asiatiques n'est pas nouveau, et la progression dans le scénario confirmera le manque de surprise général en raison d'une originalité absente. De plus, aucun personnage ne dispose d'un réel charisme.
    5/10
  • Note générale SOCOM : Special Forces propose une approche relativement similaire aux premiers épisodes de la série. Mariant habilement l'action et la dimension tactique dans la gestion des alliés, le titre présente une certaine immersion de gameplay. De plus, la campagne se ponctue de missions d'infiltration pure qui ont le mérite de proposer une certaine diversité. Peu intéressant au niveau de son background et disposant de quelques lacunes techniques, le titre de Zipper Interactive tire surtout son épingle du jeu dans son mode coopératif jusqu'à quatre (uniquement online par contre), et son multijoueur suffisamment étoffé pour intéresser les fans de TPS.
    7/10
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