Test Sonic 4 : Episode I (PSN)

Le par Gael B.  |  0 commentaire(s)
Sonic 4 Episode I - image

Que veut donc dire ce mystérieux rictus dessiné sur le visage de ce Sonic nouveau ? Qu'il nous a joué un bien vilain tour avec cet épisode ou alors que ce dernier est finalement meilleur que ce que renfermaient nos attentes ? Un peu des deux amis lecteurs.

Un trou dans les chaussures ?

Le mercredi 13 octobre fut un jour béni pour quelques trente-trois mineurs chiliens heureux de retrouver, enfin, la tendre lumière du jour et les mauvais côtés de l'adultère (pour l'un d'entre eux). Dans une moindre mesure et dans le même temps sortait Sonic 4 : Episode I sur le PSN et le XBLA. Là aussi, enfin. Je me revois encore en train d'attendre une illusoire mise à jour du PlayStation Store dans la nuit du mardi au mercredi, un peu comme un enfant impatient qui scruterait dans la noirceur de la nuit de Noël la forme de ses cadeaux.

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Pourquoi tant de désir, d'enthousiasme finalement, alors que nos a priori concernant ce jeu ne jouent pas en sa faveur ? Parce que Sonic est redevenu plat, ou presque. Certes, on pourra très justement me rétorquer que la série des Sonic Advance permettait déjà de retrouver Sonic en 2D après les cultissimes opus Megadrive. Je répondrai qu'ici, nous avons affaire à la véritable suite de Sonic 3 & Knuckles, ce qui est déjà bien suffisant pour ressentir une irrésistible envie de le dévorer.

Et le voici entre nos mains, prêt à être disséqué, à nous surprendre, nous conforter, ou encore nous décevoir, si cela était possible. Le logo Sega annoncé d'une voix synthétique est la première pierre de l'édifice nostalgique que la Sonic Team et Dimps ont conjointement mis en place. Sonic et son doigt nargueur apparaissant devant un arrière-plan estival sera la seconde. Et ainsi de suite. Pendant les douze niveaux que compte le jeu (sans compter les boss, stages bonus et l'ultime confrontation), on ne pourra s'empêcher d'être partagé entre deux sentiments : d'abord celui qui nous inciterait à penser que Sega a voulu jouer la carte de l'hommage pour le retour du hérisson sur ses premières plates-bandes. Et puis ensuite le second, tendant à nous convaincre que la firme aux lettres bleues et blanches ne sait plus trop dans quelle direction faire aller Sonic.

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Splash Hill Zone, le premier stage de Sonic 4 : Episode I, nous ramène directement à Green Hill Zone et Emerald Hill Zone, la fraîcheur en moins et les accélérateurs à gogo en sus. Une fois l'Acte un passé, vous vous retrouverez sur une World Map où les différents mondes du jeu vous seront accessibles. Ainsi, libre à vous de poursuivre logiquement avec l'Acte deux de Splash Hill Zone, ou bien de vous aventurer dans l'univers de Casino Street Zone, de la Lost Labyrinth Zone ou bien de la Mad Gear Zone. Seul le Labyrinthe Perdu ne donne pas l'impression d'être un nid à bonnes idées de gameplay déjà utilisées dans les trois premiers Sonic (quoique, souvenons-nous de la Labyrinth Zone de Sonic 1).

Dans l'un des actes de ce monde bien précis, la progression se voit hachée puisque vous tenez une flamme à la main, chargée d'illuminer certaines portions du niveau. Pas mauvais dans le concept, même si on avouera qu'il sera encore plus difficile d'avancer à cause de la focale du jeu, beaucoup trop rapprochée. Ne soyons pas inutilement bougons, même le Casino Street nous a surpris dans le bon sens avec ses cartes à jouer qui rappelleront aux anciens le fabuleux World of Illusion de la Megadrive.



Retour amer

Plusieurs passages particulièrement énervants (dans Chemin de cartes pour ne citer que lui) prendront un malin plaisir à vous faire perdre les vies que vous aurez précédemment accumulées. Ce n'est pas systématique, mais on regrettera la position de certains ennemis impossibles à éviter sans s'y être repris une bonne quantité de fois. Ainsi, même si on pourra en récupérer la plupart lorsque touché, conserver ses anneaux durement acquis demandera de la concentration et un sens du découragement au repos. L'enjeu en vaut la chandelle car, comme le veut la tradition, un anneau géant vous attendra en fin de parcours sur chaque acte (hors boss) si bien sûr vous les achevez avec au moins cinquante anneaux en poche (un conseil : ralentissez ou sautez dès que le panneau Robotnik est en vue pour ne pas le louper). Prendront alors place des Etapes Spéciales reprenant le principe des Special Stages du premier Sonic : dans un décor New Age, vous ferez pivoter une sorte de labyrinthe afin d'amener Sonic vers l'Emeraude du Chaos. La difficulté sera au rendez-vous, et comble de malchance, inutile de vous imaginer refaire encore et toujours les niveaux de Splash Hill Zone car il ne vous sera possible de remporter qu'une émeraude maximum dans chaque acte. Et si je vous dit que Sonic terminera souvent les stages les poches trouées, vous mesurerez un peu mieux l'ampleur de l'épreuve.

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Sonic 4 : Episode I ne se démarque que trop rarement de ses prédécesseurs, évoquons notamment le temps que l'on reste dans les niveaux. Il vous arrivera probablement de dépasser dans quelques actes la limite des dix minutes fatidiques (particulièrement dans la Lost Labyrinth Zone), et en général, chaque acte est bien rempli. Peut-être même trop. Nous craignions que la Homing Attack (auto-ciblage des ennemis) gâche le plaisir de jeu, et bien il n'en est rien, cette pseudo-nouveauté s'intègre plutôt bien dans l'action de ce Sonic 4. Plutôt et pas excellemment parce qu'elle présente quand même des soucis trop punitifs par moments; les ennemis ciblés doivent par exemple être éliminés dès l'apparition du viseur, lequel n'est pas toujours visible en temps voulu. Et au dessus du vide, une mauvaise synchronisation ne pardonnera pas.

La maniabilité de notre hérisson n'est donc pas irréprochable. On retiendra notamment sa physique curieuse, nous obligeant lors d'un saut à maintenir la direction imprimée, sans quoi Sonic s'arrêtera net dans son élan et sera à la merci du vide, d'ennemis vicieux ou encore tout simplement d'une perte de plusieurs précieuses secondes (si vous tentez de battre des records et de vous imposer dans les classements mondiaux). Manifestant une lourdeur difficile à accepter pour certains, Sonic frise cependant le ridicule lorsqu'on le voit marcher (on constate ainsi le régime adopté). Son animation lorsque vous lui demandez de regarder au-dessus de lui, pour ne pas l'accabler, est quant à elle franchement rigolote. Mais depuis le temps, vous aurez sans doute compris que nous avons bien du mal à nous faire à ce nouveau design qui commence toutefois à dater. Nous ne nous étalerons par conséquent pas plus sur ce sujet.

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Venons-en aux musiques, qui font définitivement partie du top trois des aspects les plus ratés du jeu. N'offrant aucune cohésion si ce n'est celle de la médiocrité, les morceaux de Sonic 4 n'incitent absolument pas à avancer ni même à les fredonner, alors qu'ils auraient pu contribuer  à rendre le titre attachant. C'est pourtant Jun Senoue qui est à la baguette, et sa performance sur Sonic 3 était vraiment bonne. Peut-être lui a-t-on demandé d'être le plus fidèle possible aux compositions des deux premiers opus. Le résultat est malheureusement très vite lassant, une parodie navrante des excellents thèmes de Masato Nakamura dont on ne retiendra que la musique du premier niveau et celle des Special Stages (car reposante et reprenant quelques notes de la version originale). Allez, ce qu'on entend dans les niveaux du Casino est passable car l'ambiance est agréable. Ne soyez surtout pas pressés de récupérer les sept émeraudes pour entendre l'hymne de Super Sonic car il est infâme. Quant aux bruitages, ils sont directement repris des volets Megadrive de la série. En définitive, l'expérience vécue et la crédibilité du jeu pâtissent de cet aspect musical négligé, rendant ce Sonic 4 sympathique mais seulement à un volume amoindri.



Service minimum

Sonic 4 Episode ISonic 4 : Episode I nous arrive tel qu'on l'attendait depuis la sortie des premières images : bancal mais amusant, tristement désolant mais rapide et vif. Les sentiments sont contrastés, et la déception étant désormais sévèrement ancrée dans nos petits cœurs fragiles, les points positifs n'en ressortent que plus facilement. Les niveaux sont intéressants, pas toujours réussis dans leur conception mais faisant intervenir des aspects essentiels des premiers Sonic : la vitesse et le gameplay pur. Pas d'histoire niaise et dispensable ici, que de l'action. Dimps et la Sonic Team ont semble-t-il voulu faire appel à pas mal d'acquis pour faire de Sonic 4 ce qu'il est aujourd'hui (crainte de perdre les fans ?), et force est de reconnaître que cela passe assez bien en cours de jeu. Seulement, ce premier épisode, à cause de ses airs de remake pas assumé, risque de ne pas rester dans les mémoires. A noter que la démo du jeu, disponible sur le PSN US, affiche pourtant la langue française.

Sonic 4 : Episode I est disponible sur le PSN pour 12,99€, mais également sur le XBLA contre 1 200 Points Microsoft. La version iPhone vous coûtera 8€, et la mouture WiiWare, 1 500 points (15€).



+ Les plus
  • Un épisode attendu qui se joue avec plaisir
  • Du challenge
  • La sensation de vitesse
  • Un level design pas dégoûtant
  • Classements en ligne
- Les moins
  • Prise de risque zéro
  • L'impossibilité de modifier la focale
  • Le design et la lourdeur de Sonic
  • Niveaux trop longs et pas assez variés ?
  • L'impression d'être pris en traître par moments
  • Les musiques
  • La course aux Emeraudes fatigante
  • Un poil cher ?

Notes

  • Graphisme Les deux dimensions et demie dont on n'arrête pas de vous rabâcher les oreilles nous arracheraient un commentaire plus positif si l'esthétique des niveaux avait été plus recherchée. Le copier/coller semble malheureusement avoir été la fonction la plus utilisée par les graphistes de Sonic 4, preuve d'un manque d'inspiration flagrant de leur part. Le sprite du hérisson bleu, amélioré en cours de développement, est quant à lui acceptable, tout comme les effets visuels 3D, très cool.
    6/10
  • Bande son Jun Senoue nous montre qu'il sait alterner entre le très bon et le super repoussant. Le son de batterie caractéristique des opus de Sonic sur Megadrive se distingue ici dans quasiment tous les morceaux, tentant maladroitement de dissimuler une pauvreté d'écriture dommageable et qui peut malheureusement donner envie de baisser le son. Des thèmes qui n'ont en plus pour la plupart rien de mémorable. Rendez-nous Masato Nakamura !
    5/10
  • Jouabilité Sonic se manie bien, la plupart du temps. Sa physique douteuse vous fera en revanche pester plus d'une fois quand aucun filet ne sera présent pour rattraper vos sauts "mal" calculés. Vous devrez aussi composer avec les caprices de la Homing Attack pour espérer faire exploser les temps. On remarquera de plus que l'accélération de Sonic a été améliorée. Merci Dimps ?
    7/10
  • Durée de vie Quelques heures pour en terminer avec ce premier épisode, voilà qui ne devrait pas vous surprendre (mention spéciale à l'étape finale pouvant facilement s'éterniser). Les Trophées, la quête des Chaos Emeralds et du meilleur temps, tout ceci sera capable de vous retenir un peu plus longtemps, en attendant le volume deux.
    7/10
  • Note générale En deçà de ses aînés malgré des efforts visibles mais certainement pas en nombre suffisant, Sonic 4 : Episode I n'impressionne pas. Il distrait, ça c'est sûr, mais ce ne sera pas le volet que l'on ressortira à ses petits-enfants pour leur montrer qu'un hérisson (bleu), c'est mignon. Ses graphismes HD n'arrivent pas à gommer son esthétique fainéante, sans parler des musiques clairement pas au niveau. Mais j'y rejouerai avec un plaisir non dissimulé après l'écriture de ce test, ce qui est un bon point et rassurant, reconnaissez-le. Espérons toutefois que Sega nous lise pour nous pondre un Episode II corrigé du feu de Dieu.
    7/10

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