Test Stranglehold

Le par Alain L.  |  0 commentaire(s)

Après plus de deux ans de développement, le projet des studios de Midway prend enfin forme au travers d’un long récit vidéoludique mené de mains de maître par le célébrissime John Woo reconnu en premier lieu pour ses impressionnants films d’action. Dans le désir de marquer le monde du jeu vidéo, le metteur en scène hongkongais n’a pas hésité à venir s’associer avec l’un des développeurs les plus expérimentés du paysage vidéoludique en la personne de Midway.

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Une suite vidéoludique

Cette explosive collaboration donne aujourd’hui naissance à la suite spirituelle du film Hard Boiled dont la qualité de la mise en scène et des scènes d’action tout court ont su indubitablement séduire le grand public. Durant l’ensemble du film, l’inspecteur Yuen joué par Chow Yun Fat tente et parvient à arrêter un gang de la Triade chinoise après plus de deux heures d’action non stop et l’obtention finale de 307 cadavres.

Comme on peut le voir, l’accent a été clairement placé du côté de l’intensité et de l’action, ce schéma conceptuel sera aussi appliqué à ce cher Stranglehold afin qu’il rejoigne les mythiques Max Payne et autres F.E.A.R (consultez notre test) On y incarnera toujours l’inspecteur Yuen aussi connu sous le nom de Tequila dont le but sera tout bonnement de sauver sa femme ainsi que sa fille.

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Alors que notre héros agissait auparavant pour le compte de la justice, il sera cette fois interpellé par son simple désir de vengeance et de protéger les siens. Avec ou sans le soutien de la police, il nous faudra poursuivre ces malfrats durant sept grands ensembles environnementaux dont le degré de destructibilité est presque total.

Contrairement à l’illustre Max Payne, Stranglehold fait part d’un potentiel d’interaction des plus élevés qui soit. L’Unreal Engine 3 sera d’ailleurs le principal responsable de ce déchaînement visuel digne des consoles next-gen. En marge de cette forte intéressante destructibilité, on pourra aussi souligner le travail réalisé en termes physique et anatomique notamment lorsqu’un ennemi meurt sous une pluie de plomb.



Un style unique

Doté d’un sombre scénario, Max Payne avait le bon goût de mettre en scène un ensemble hollywoodien alternant entre efficace moteur graphique et fameuses illustrations BD. Stranglehold laissera volontairement à l’écart son scénario propice aux fusillades afin de se concentrer justement sur ces nombreux massacres. Bien que des thèmes comme l’amour et la vengeance soient abordés, il s’agit avant tout de justifier de tels massacres.

Cela n’implique pas pour autant que la mise en scène soit délaissée, bien au contraire le jeu fait part d’une bonne organisation tirant pleinement partie du Unreal Engine 3. Plus qu’un simple jeu de tir à la troisième personne, le concept résidera avant tout sur l’utilisation du Tequila Time, une capacité spéciale permettant au héros de se transformer littéralement en une machine à tuer.

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Pour pouvoir utiliser les différentes fonctionnalités du Tequila Time, il nous faudra auparavant faire preuve de style lorsqu’il s’agira de tuer nos ennemis. Tel un Burnout, chacune de nos exécutions seront notées sur une échelle de un à cinq étoiles. Plus leur nombre est élevé et plus nous serons à même d’employer prochainement cette meurtrière fonctionnalité.

Au delà de l’aspect purement visuel du jeu, les développeurs ont eu la bonne idée d’implémenter un module du nom de Massive D. Comme son nom l’indique, ce dernier permettra au joueur d’interagir avec l’environnement de façon exhaustive.



Detruire encore et toujours

Alors que les simples jeux du même genre ne laissent place qu’à une faible utilisation du décor comme les fameux tonneaux explosifs, les rares édifices destructibles ou tout simplement le mobilier environnant, Stranglehold tourne explicitement autour de ce concept en laissant libre court à l’imagination du joueur pour venir par exemple neutraliser un ennemi en hauteur.

Il existe tout naturellement des limites au niveau de la destruction du décor, néanmoins les développeurs ont fait en sorte de repousser ces limites à leur maximum. Dans le souci d’orienter au minimum le joueur, les décors dits périphériques ne pourront être destructibles, ils représentent techniquement parlant les limites d’un niveau.

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En contrepartie, presque tous les objets contenus dans ce même niveau sont destructibles, de la simple table en bois au frileux panneau publicitaire électrique en passant par l’immense squelette de tyrannosaure, tout a été sciemment placé que pour le joueur puisse tirer de ces éléments pour tuer un ennemi, glisser sur une rambarde métallique ou plus spectaculaire encore faire un vol plané.

Utiles et dangereux à la fois, ces mouvements représentent une importante source de style d’autant plus qu’ils peuvent être combinés avec d’autres enchainements tout aussi mortels que gratifiants. Malheureusement, les ennemis tout comme les boss sont dotés d’une intelligence artificielle relativement limitée.



Plus bourrin qu'autre chose

Si ces derniers savent nous poursuivre et viser avec une précision digne du tireur moyen, ils ne pourront néanmoins faire preuve d’une quelconque décision mûrement réfléchie en venant par exemple nous contourner ni même agir en groupe soudé.

Selon les différents niveaux de difficulté, les balles que l’on recevra feront plus ou moins de mal et nous donneront par conséquent une marge de manœuvre réduite. Les ennemis sont en effet dotés de comportements prédéfinis selon des directives locales, et c’est surtout leur nombre ainsi que leur placement qui nous mettront très souvent en danger.

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Il est à première vue, relativement simple d’exécuter des ennemis à la chaîne comme le ferait par exemple un traditionnel FPS, néanmoins les développeurs ont su tirer entièrement partie du level design pour nous bousculer mais aussi pour exploiter les puissantes compétences spéciales acquises au fur et à mesure de notre progression.

Il existe en tout et pour tout quatre grandes techniques consommant graduellement de plus en plus de points de style. La plus basique et la plus utile de ces capacités nous permet tout bonnement de nous soigner un minimum pour le peu qu’on soit à couvert.



Mais si joussif

Le tir de précision représente la seconde technique à débloquer et reste l’une des plus gratifiantes au niveau anatomique. Elle permet entre autre de souligner la présence de zones de dégâts et d’un moteur physique de haut niveau aussi connu sous le nom de Havok. Ce moteur agit sur l’ensemble des corps présents dans le jeu et se targue même à nous faire détruire des éléments décoratifs dans le but de nous faire scénaristiquement progresser, notamment des poteaux et autres échafaudages.

Alors que la plupart des armes peuvent se montrer précises dès lors qu’on utilise le Tequila Time, mode ralenti aux conséquences dramatiques pour nos ennemis, il nous faudra parfois ajuster les tireurs embusqués par le simple emploi de ce mode de visée extrêmement efficace sur un ennemi donné.

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L’avant dernière compétence agit comme un bonus temporaire en augmentant de façon spectaculaire notre cadence de tir, en nous procurant des munitions illimitées et pour finir une invincibilité des grands jours. Nous retrouvons finalement cette fameuse transformation en machine à exterminer qui se révélera utile en cas de gros pépins.

Pour couronner le tout, l’inspecteur Tequila pourra à terme effectuer une puissante attaque circulaire consistant à tuer toutes les personnes présentes dans un périmètre restreint. Comme les trois précédentes attaques, l’activation de celles-ci déclenche une efficace mise en scène rappelant sans l’ombre d’un doute la touche artistique du maître Woo.



L'inspiration hollywoodienne

L’utilisation d’un flou de profondeur et de filtres visuels donnent un véritable plus à ces scènes de massacres, d’autant plus que le célèbre metteur en scène n’a pas hésité à y ajouter sa touche personnelle, les archi célèbres colombes présentes aussi bien dans Mission Impossible 2 que Volte Face.

Comme on peut le voir, Stranglehold ne joue à aucun moment le jeu du réalisme et de la fidélité mécanique. Notre héros pourra sans mal accueillir une centaine de balles avant de voir la mort dans les yeux tout en ayant le temps de sauter de cinq mètres de haut sans souffrir d’une quelconque contusion.

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Dans le même genre, nos armes sont visiblement ajustées pour rendre le jeu spectaculaire et surtout fun à souhait.  Le fusil à pompe ne souffre à titre d’exemple que d’une très faible dispersion des projectiles ce qui le rend mortel à courte et moyenne distance alors que dans la réalité ce type d’armes n’est efficace que dans des situations de proximité.

Durant notre meurtrier périple, il sera possible de collectionner des origamis et de maximiser notre capital point dans le seul et unique objectif de débloquer bonus artistiques, sonores ou encore audio visuels.  Sans être indispensables, ces quelques objectifs annexes ont le bon goût de nous faire visiter l’ensemble des décors en poussant le joueur à être curieux au possible.



Quelques faiblesses

Aux commandes d’une impressionnante manne technologique, le jeu sait exploiter avec parcimonie cette richesse. Malheureusement, il ne parvient à atteindre une exemplaire finesse  en faisant part de nombreuses textures imprécises. Dans son ensemble, l’aspect visuel s’en sort plus qu’honorablement à l’aide notamment de sa puissante mise en scène.

Au niveau sonore, on retrouve les grands tons édictés par la grande scène hollywoodienne, que ce soit les coups de feu, les explosions, les doublages ou encore la bande sonore, rien n’échappe visiblement aux développeurs si ce n’est les quelques scripts surjoués, rien de bien méchant.

La présence d’un mode multi-joueurs atténuera légèrement l’absence d’un scénario plus consistant en nous proposant d’engager des matchs à mort dans des arènes définies et destructibles à la fois. L’utilisation du Tequila Time ne pose aucune problème mais nécessite un certain temps adaptation.

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Linéaire, peu réaliste, extrêmement bourrin, et par-dessus tout excessivement court, le jeu souffre il est vrai de nombreuses failles vidéoludiques le rendant vulnérables aux nombreuses critiques. Mais dans une optique de shoot them up, on ne pourra pas en dire autant. En effet, le jeu sait nous procurer d’excellentes montées d'adrénaline au prix d’un réalisme moindre,  et surtout nous offre un plaisir de jeu en excellant dans sa discipline.

Sans révolutionner ni chambouler le genre, le nouveau titre de Midway a su néanmoins concilier deux univers à part pour aboutir à un ensemble certes basique mais des plus jouissifs qui soit et on en attendait sincèrement pas plus !

Cela n’est certes pas le jeu de l’année, toutefois il possède en lui de nombreuses qualités susceptibles de séduire un bon nombre de joueurs. Encore faut-il adhérer et apprécier un tant soit peu le concept, on aime ou on n’aime pas.

Configuration de Test :
  • ASUS P5B
  • Intel Core 2 Quad Q6600
  • Corsair PC6400 4096Mo XMS2 TwinX (4x1024Mo) Pro
  • nVidia Geforce 8800 GTX O/C @ 620Mhz/1020Mhz (GPU/GRAM)
  • SoundMAX HD Audio
  • Seagate 500Go 7200RPM S-ATA 2 RAID 1
  • Iiyama ProLite E430S


Galerie d'images

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+ Les plus
  • Une mise en scène intelligente
  • D'intenses fusillades
  • Le Tequila Time
- Les moins
  • Une IA moyenne
  • Optimisation bancale
  • Linéaire à souhait
  • Et surtout trop court !

Notes

  • Graphisme Graphiquement parlant le jeu n’a rien à envier à ses homologues de la next-gen hormis une visible et criante faiblesse texturale. L’excellente mise en scène et l’utilisation à outrance d’effets spéciaux permet de masquer ces défauts sans trop de difficulté. Pour profiter de cet ensemble, il faudra absolument posséder un processeur double cœur sous peine de ne pouvoir y jouer. Quelques soucis subsistent au niveau de la camera et surtout de l’animation générale. La fluidité des actions font perdre au jeu de précieux points au même titre que la gestion parfois hasardeuse de la caméra de vue située je vous le rappelle majoritairement à la troisième personne.
    7/10
  • Bande son Très présent, l’univers sonore se doit de marquer les esprits par sa puissance et son omniprésence. Si les thèmes musicaux sont souvent placés en retrait, on ne pourra pas en dire de même en ce qui concerne les bruitages. Réalistes, boostés aux hormones et surtout immersifs, ils savent rendre une fusillade intéressante et surtout engageante. Malgré une certaine cacophonie, on ressent derrière tout cela un travail de fond agréablement peaufiné et mis à contribution.
    8/10
  • Jouabilité Extrêmement simple et accessible, Stanglehold ne fait part d’aucun complexe conceptuel. Bouger, tirer et interagir sont les seules touches nécessaires et suffisantes pour survivre durant l’ensemble du jeu. On pourra malgré tout souligner un manque d’optimisation aisément repérable, il est parfois agaçant de se couvrir et d’être malgré tout la cible de représailles, mais cela n’est certainement pas spécifique au jeu. On retiendra surtout l’excellente interactivité et l’usage plus que conseillé du Tequila Time.
    7/10
  • Durée de vie Il s’agit ici du point faible de Stranglehold. A raison de 50 minutes par chapitre, on peut estimer la durée de vie du jeu entre cinq et six heures. Cela n’est dans l’immédiat pas grand-chose, néanmoins pour un tel jeu d’action on peut relativiser et compter sur une intensité de jeu inégalée. Le mode multi-joueurs n’a que peu intérêt dans le sens où ce dernier reste à l’état embryonnaire et se résume très souvent à un énorme chantier sans queue ni tête.
    4/10
  • Scénario L’instable mélange scénaristique est le prétexte à de nombreuses fusillades. Bien que présent, ce dernier trouvera rapidement sa place au second plan pour laisser place à l’action pure et dure. Dans le fond comme dans la forme, il parait trop basique pour permettre une réelle réflexion.
    4/10
  • Note générale Replacé dans son contexte, le jeu prend tout son temps et se montre de grande qualité. En faisant abstraction d’une optimisation incomplète et de sa relative durée de vie, on ne pourra qu’apprécier un jeu extrêmement jouissif et plaisant à la fois. La convergence entre le cinéma et les jeux vidéo aura porté ses fruits après tant d’années d’essais infructueux, Midway a su profiter de l’occasion pour nous prouver le contraire.
    7/10
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