Test Yakuza 4

Le par Gael B.  |  0 commentaire(s)
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A l'instar du troisième épisode chiffré de la saga, Yakuza 4 nous arrive avec un an de décalage par rapport à la version japonaise. Toutefois, Sega s'est cette fois-ci levé suffisamment tôt de son lit pour livrer à l'Occident un titre sans charcutage aucun. Ce changement notable (pour nous surtout) relèguerait presque au second plan la grosse nouveauté de cet opus : quatre personnages jouables au lieu d'un.

Il était quatre fois

L'arrivée de la saga Yakuza sur PS3 ne s'est pas faite sans heurts. Le troisième opus sorti en avril dernier chez nous s'était certes distingué par son atmosphère très travaillée, ses visages photoréalistes et son histoire haletante, mais avait également déçu par son gameplay prenant de l'âge et son déroulement quasi-identique à celui des volets PS2. Grief supplémentaire : la suppression de certaines sections dans la version occidentale du jeu, conduisant le joueur résidant en Europe ou aux États-Unis à l'impossibilité de terminer Yakuza 3 à 100%. Sega avait cependant tenu à nous rassurer après le relativement bon accueil du jeu à l'étranger en nous certifiant que la localisation étrangère de sa suite ne subirait pas de dégâts.

Mais Yakuza 4 est né si rapidement que nous n'avons pu nous empêcher d'avoir des doutes à son sujet, qui se sont en partie confirmés à la vue des premiers clichés dévoilés : environnements recyclés, jouabilité apparemment inchangée, bref, nous étions partis pour déguster du réchauffé guère savoureux. Et puis il est apparu que nous aurions la possibilité d'incarner quatre personnages différents dans ce Yakuza 4, une nouvelle qui a plutôt bien été accueillie par les joueurs qui commençaient à éprouver de la lassitude à manier Kazuma Kiryu et son costume blanc/gris toujours impeccablement immaculé. Notre homme est donc rejoint ici par trois compères aux caractéristiques bien spécifiques, et c'est tant mieux car la diversité, ça a du bon.

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Cette bande de beaux gosses se découvrira progressivement à vous, à commencer par le nonchalant Shun Akiyama.

Shun Akiyama, trente-deux ans et ancien sans-abri, dirige une société appelée "Sky Finance", qui s'occupe d'accorder des prêts aux personnes sachant mettre leur fierté de côté en se présentant à l'agence en question. La principale particularité de cette dernière : elle ne récolte aucun intérêt sur ces prêts. Akiyama accepte néanmoins uniquement les demandes de celles et ceux répondant favorablement au test qu'il leur fait passer, et dont la difficulté se calque sur le montant imploré. D'une nature assez décontractée, Shun Akiyama a sous ses ordres une secrétaire très dévouée et dodue du nom de Hana, qui paraît d'ailleurs se tuer davantage à la tâche que son employeur.

Le charisme d'Akiyama met peu de temps à agir, et on comprend alors le choix des développeurs de nous le faire diriger au tout début de l'aventure. Succéder à Kazuma Kiryu n'était pas donné à tout le monde, et sans toutefois nous le faire oublier, Akiyama s'en tire avec bien plus que les honneurs. Ses premières apparitions nous le rendent en effet rapidement sympathique, et c'est là qu'on se rendra compte que les cinématiques sont toujours aussi loquaces. Merci à elles de nous aider à replonger dans le bain habituel de la série, car se remettre à gambader dans Kamurocho, même aux commandes d'un personnage inédit, n'est plus à même de nous exciter comme des puces.



Des bases impertubables

Akiyama peut sans rougir être considéré comme un excellent palliatif à Kiryu de par son intelligence d'esprit, son tempérament relativement calme sans oublier son look débraillé et donc attractif. Notez que le Dragon de Dojima ne sera lui jouable qu'en dernier (on garde le meilleur pour la fin ?). Les scénarios des quatre personnages principaux de Yakuza 4 (étant chacun composés de quatre chapitres) sont de toute façon reliés entre eux et ce n'est qu'à l'apparition du générique de fin que vous y verrez vraiment clair. Avant cela, il vous faudra reprendre contact avec les mécanismes de la saga, au risque de goûter aussi bien à la déception qu'à de charmantes améliorations. Ce rafraîchissement de mémoire s'effectuera notamment via des rencontres avec des passants désignés par un curseur bleu, signe qu'ils vous délivreront des informations sur le gameplay du jeu (500 points d'expérience gagnés pour chaque info amassée).

Yakuza 4 est aussi beau que Yakuza 3, ce qui n'est pas forcément un compliment en soi au vu des quelques soucis graphiques affichés par ce troisième volet. Ne nous faites cependant pas dire ce que nous ne pensons en aucune façon : le jeu épate toujours autant par les visages des protagonistes, souvent hurlants de vérité. Mais si visuellement, on ne retient aucune véritable évolution, il suffira de creuser légèrement à certains endroits pour constater que les développeurs ont tout de même cherché à améliorer des points de gameplay qui méritaient de l'être. Petit ajout tout bête pour illustrer ce propos : quand vous vous rendrez dans un restaurant, quel qu'il soit, une indication rouge apparaîtra à côté des plats que vous aurez consommés (en plus de la quantité de vie rapportée par chacun d'entre eux). Très utile pour obtenir le Trophée décerné aux joueurs s'étant délectés de tous les mets du jeu.

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Sous ses airs d'apparent gros balourd, Saejima renferme une intéressante personnalité. Et des poings qui rendent les méchants stériles quand même.

Autre exemple : assez tôt, vous récupérerez un objet vous permettant d'être alerté dès que vous vous trouverez à proximité d'une clé de casier. Oui, la quête de ces fameuses clés sera une nouvelle fois au menu, tout comme les sessions de karaoké, de billard, de fléchettes ou encore les jeux de la salle d'arcade Sega. Tout est là (les salles de mah-jong sont désormais interactives), et même davantage si on prend uniquement en point de référence Yakuza 3. Nouveauté, les parties de ping-pong vous donneront l'occasion de libérer votre côté pervers en portant votre regard sur les deux très jolis arguments de votre partenaire (car jamais vous ne flirterez avec des femmes peu gâtées par la nature mammairement parlant). Et encore, je ne vous parle pas des séances de massage. Dans un registre plus chargé en testostérone, vos entrevues avec Saigo, ancien militaire, mettront à l'épreuve vos capacités à la course, au tir ainsi qu'au combat.

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Et dites-vous bien que même après de tels traitements, ces malfrats restent debout après leur défaite pour vous offrir de l'argent ou des objets de récupération.

Encore plus intéressant, dans le scénario de Saejima, celui-ci pourra entraîner un apprenti combattant en définissant lui-même le programme à suivre et en attribuant à son élève de nouveaux mouvements et coups. Il s'agit là d'un à-côté assez fourni sur lequel les acharnés passeront pas mal de temps. Profitons-en pour signaler que certaines phases de poursuite vous indiqueront la voie à emprunter grâce à une ligne tracée au sol, et qu'une manipulation (R1 + Carré) vous permettra de prendre plus rapidement les virages à angle droit. C'est gentil d'avoir pensé à nous faciliter les choses, mais le résultat est moyennement convainquant. Enfin, signalons que le terrain de jeu de Yakuza 4 s'étend désormais aux toits de Kamurocho et à son centre-ville souterrain.

Le système de combat s'étoffe dans les sens où vous aurez de nouveaux mouvements à disposition, mais qui seront répartis entre Akiyama, Saejima, Tanimura et Kazuma. Akiyama est un spécialiste du coup de pied à répétition cher à Chun-Li, Saejima conclut ses courts combos par une frappe chargée et dévastatrice, Tanimura peut déjouer les attaques ennemies grâce à L1, tandis que Kazuma reste Kazuma. Les aptitudes et compétences spéciales se débloqueront en échange de sphères acquises après chaque montée de niveau.



Welcome back my lovelies

Comme dans Yakuza 3, on quittera souvent et très facilement le chemin de la quête principale afin de profiter des nombreux à-côtés du jeu. Et quelle meilleure raison pour cela que les bars à hôtesses, de retour après leur regrettable absence dans le volet précédent ? Cette fois-ci, les demoiselles ne squatteront plus le Mac Do du coin dans l'attente d'un flirt avec vous mais attendront bien sagement votre venue dans les différents clubs de Kamurocho. Comme sur PS2, tâchez de soigner votre apparence pour ne pas gâcher vos chances de séduire. Même si d'autres éléments seront à prendre en compte

La toute première fois que vous pénétrerez dans l'un de ces établissements, vous ne choisirez pas votre hôtesse car elles viendront toutes (pas de panique, toutes = trois dans notre cas) vous tenir compagnie. Pas besoin de faire attention au compteur cœur car il n'apparaîtra pas lors de cette première rencontre, ce qui rendra mine de rien les échanges plus naturels et forcément, moins mécaniques. A la fin de ce charmant moment, ces pépées vous livreront leur carte dans l'optique bien évidemment que vous les demandiez à l'occasion de votre prochaine visite.

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Toi aussi, crée la bimbo de tes rêves pour ensuite l'embarrasser au ping-pong.

Akiyama partage avec Kiryu le sensationnel point commun de posséder un bar à hôtesses en difficulté. "Elise" connaît en effet de gros problèmes financiers, notamment en raison d'une pénurie d'hôtesses en son sein. C'est à vous que l'on demandera d'aller en recruter dans la rue au risque de vous faire lécher la joue par le coup de poing d'un petit-ami trop impulsif. Une fois la tâche accomplie, vous aurez à préparer votre pouliche avant de l'envoyer dans l'arène. Le degré de personnalisation de son apparence est impressionnant et bien plus important que sur PS2. A la tête d'un budget initial de 100 000 yens, votre mission sera de rendre la miss la plus séduisante possible en choisissant avec soin sa robe, ses accessoires mais en définissant également son maquillage. Les plus malicieux d'entre vous s'amuseront sans doute à transformer notre hôtesse en zombie, mais que ceux-ci gardent à l'esprit qu'elle devra attirer du client. Une fois la première "transformation" effectuée, la belle s'en ira patienter au bar en attendant d'être courtisée. Si vous n'avez pas fait les bons choix, elle enchaînera à l'infini les parties de Snake sur son téléphone portable faute d'être sollicitée.

Par la suite, vous aurez accès à d'autres options pour rendre votre hôtesse plus désirable, contenues dans le menu Training. Divisé donc en plusieurs sous-catégories, ce dernier permettra à votre dame d'être plus serviable, d'être davantage à l'aise pendant les conversations et aussi de gagner au niveau de l'apparence physique. A ne pas négliger non plus, les jauges de motivation et de stress, qui devront être à l'opposé le plus possible l'une de l'autre. En faisant porter des articles coûteux à votre hôtesse, elle se sentira valorisée et sera plus déterminée à faire du bon travail. Quant à la barre de stress, elle se videra lorsque vous déciderez de donner quartier libre à votre hôtesse pendant l'entraînement. C'est une évidence, ces séquences nous manquaient vraiment tant elles savent apporter de la légèreté au déroulement du jeu. Entre deux séances de customisation féminine, on aimera ainsi se balader près des tables du bar en écoutant les envies des clients, afin de pouvoir agir sur les hôtesses en conséquence.



Des pieds de plomb

Yakuza 4 est vraiment un jeu passionnant à suivre avec une intrigue très bien construite, comme d'habitude. Il faut savoir que les quatre histoires durent plus ou moins une dizaine d'heures chacune (forcément plus si vous êtes du genre à vous arrêter à chaque coin de rue pour exécuter une activité annexe). La durée de vie du soft est donc assurée, pour peu que vous appréciiez pêcher ou encore jouer aux fléchettes. Si vous vous demandiez si quatre personnages = quatre jeux dans le jeu disposant chacun d'un contenu similaire à celui des Yakuza passés, sachez que ce n'est pas tout à fait vrai. Les missions sont effectivement moins nombreuses pour un personnage et la quête des clés de casier par exemple est commune à tout le monde (c'est-à-dire que tous participeront à la même).

Après Akiyama, viendra le moment de suivre l'histoire de Taiga Saejima, membre de la famille Sasai affiliée au clan Tojo qui s'est retrouvé derrière les barreaux en 1985 après avoir éliminé dix-huit hommes d'un clan rival. Vingt-cinq ans de détention plus tard et alors que la date de sa condamnation à mort n'a toujours pas été fixée, on lui offre la chance de s'évader. Je n'en dis pas plus sinon qu'un combat assez particulier sera livré dans son scénario.

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Les expressions des visages et le niveau de détail de ces derniers suscitent toujours l'admiration.

Si Yakuza 4 reste efficace pour le fan, ou plutôt l'admirateur de la série, il stagne malheureusement sur des points qui déjà, commençaient à exaspérer dans Yakuza 3. Le plus notable reste cette désagréable transition entre les cinématiques doublées (et très bien animées) et ces cut-scènes en très grande partie muettes où les personnages se meuvent d'une façon quasi-ridicule nous faisant prendre dix ans en pleine face. Le rythme de l'histoire s'en trouve altéré surtout que le choix d'intégrer les scènes à l'une ou l'autre de ces catégories nous semble parfois incompréhensible.

Ce qui dérange aussi, nous rappelant également que Yakuza 4 reste un bête jeu vidéo dans sa partie "action", ce sont tous ces détails qui font perdre de la crédibilité au jeu alors qu'il serait pourtant si facile de les corriger, de les supprimer. Yakuza 4 est quand même l'un de ces titres qui ne fait apparaître certains éléments que lorsqu'il le juge nécessaire, en dépit du bon sens et de la logique. Un prisonnier demande une cigarette en échange d'infos ? Ok. Il vous réclame ensuite un briquet à aller chercher pour conclure l'accord ? Pas de problème. Vous ramassez l'objet à un endroit où il n'y avait rien lors de votre précédent passage quelques minutes auparavant ? Non, ça ne va plus du tout, et le hasard aurait bon dos s'il vous prenait l'envie de l'invoquer.



Dernier avertissement ?

Yakuza 4 - jaquette françaisePeut-être que Yakuza 4 aurait dû être ce qu'a été Yakuza 3. Légèrement gonflé en termes de contenu, offrant trois points de vue supplémentaires sur une gigantesque affaire mafieuse que l'on a commencée à suivre il y a de cela cinq ans sur PS2, on peut saluer les efforts de Sega d'avoir rendu ce quatrième volet agréable et appréciable même si celui-ci flirte d'un peu trop près avec la redondance. Néanmoins, il va quand même falloir penser à changer de terrain de jeu pour les prochains épisodes et revoir en profondeur le système de Yakuza pour lui faire atteindre un haut degré de confortabilité. Et ce n'est pas uniquement en détruisant Kamurocho (qui n'y est pour rien finalement) que Toshihiro Nagoshi ira dans ce sens.

Yakuza 4 est disponible sur PS3 à partir de 48,67€.



+ Les plus
  • La diversité scénaristique offerte par le quatuor jouable de cet épisode
  • Une mise en scène toujours hypnotisante
  • La montée en puissance du scénario
  • Le retour des bars à hôtesses
  • Pléthore de choses à faire
  • Si vous avez une sauvegarde de Yakuza 3...
- Les moins
  • Des textes encore une fois non traduits...
  • ... et trop présents
  • Un moteur graphique pas ou trop peu amélioré
  • Le gameplay se fait vieillot
  • Impossibilité de zapper les scènes cinématiques
  • "Regarde mes mains !"

Notes

  • Graphisme Il est extrêmement difficile de déceler une quelconque amélioration dans les graphismes de Yakuza 4 tant Sega semble ici avoir repris le moteur du précédent volet sans y apporter de grosses retouches. Les visages demeurent donc bluffants et les mains des personnages toujours aussi imposantes. Arpenter Kamurocho commence cependant à se révéler lassant.
    7/10
  • Bande son L'ensemble se veut peut-être un peu plus éclectique que dans Yakuza 3, mais la qualité des morceaux demeure en tout cas d'un très bon niveau. Au programme, électro, jazz-fusion, rock, classique avec la présence obligatoire du piano, et pour finir, un soupçon de J-Pop (gros coup de cœur au passage pour le thème du "Dress Up"). Inutile de revenir sur les doublages nippons car nous nous perdrions en superlatifs et autres flatteries.
    7/10
  • Jouabilité Bien appréciable d'avoir quatre personnages différents à manipuler, car chacun est plus ou moins facile à jouer. Shun Akiyama est virevoltant avec ses combos de pied très rapides tandis que le lourd Taiga Saejima compensera sa lenteur par la force de ses coups. Il est cependant difficile de se sortir des chopes si on n'agit pas immédiatement.
    7/10
  • Durée de vie Les Yakuza vous en donnent généralement pour votre argent, et ce quatrième opus ne me fera pas mentir malgré le fait que certains scénarios se parcourent plus rapidement que d'autres. Comptez une vingtaine d'heures pour finir le jeu en ligne droite et plus de quarante pour le compléter à un pourcentage honorable.
    8/10
  • Scénario Incarner successivement quatre personnages dont l'histoire représente une pièce d'un complexe puzzle apporte un peu de sang neuf à la série. Un lien sera d'ailleurs établi avec les évènements du tout premier Yakuza, pour un final d'anthologie. La lente narration, toujours grandement aidée par des plans saisissants, nous en remet un bon coup, et nous fait en même temps regretter qu'elle se fasse un peu trop souvent par des séquences gorgées de textes.
    8/10
  • Note générale Si elle s'essouffle clairement dans ses rouages, lesquels ont eu le temps de dévoiler leurs faiblesses les épisodes passant, la saga Yakuza demeure redoutable d'un point de vue scénaristique et narratif. Suffisant pour le moment, mais le temps de la révolution est désormais sérieusement attendu. Pas de panique toutefois, ce Yakuza 4 est vraiment bon intrinsèquement, en plus d'être (presque) complet en Occident. Et puis vous trouverez difficilement un autre jeu où les hommes retirent le haut en moins de deux secondes.
    7/10

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