Idée reçue : il existe une dépendance aux jeux vidéo

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Final Fantasy Agito XIII - 1

Les jeux vidéo sont accusés de tous les maux. A tort ou à raison ?

Voici notre premier épisode de votre nouveau rendez-vous hebdomadaire. Il s'agit d'une actualité un peu particulière, en réalité une bonne occasion de tordre le coup à de nombreuses idées reçues, propagées comme du spam par les médias.

Aujourd'hui, je choisi donc de poser la question : existe-t-il réellement une dépendance aux jeux-vidéo ? et sont-ils aussi dangereux que l'on veut bien le dire ?

En ces périodes de fin d'année, les reportages consacrés aux jeux-vidéo n'ont pas été rares, et pour cause : ils ont tendance à devenir le cadeau préféré des français. Alors les médias posent la question que je viens d'évoquer, mais ont-il raison de diaboliser ainsi le jeu vidéo ? Ont-ils raison d'associer certains meurtres avec certains jeux ? Et Peut-on réellement parler de dépendance ?


Le jeu-vidéo : le huitième art
Final Fantasy Agito XIII   1Tout d'abord, je crois qu'il est vital de considérer le jeu vidéo comme étant le huitième art. En effet, le jeu vidéo fait appel à presque tous les autres : le cinéma, c'est évident, mais aussi la musique, la sculpture, l'architecture, voire la poésie.

L'art existe pour transmettre une émotion, pour que le spectateur de l'œuvre ressente une émotion particulière, celle qui a inspiré l'artiste pour sa création. Par conséquent, si le jeu est un art, il est vital de le considérer comme étant simplement le vecteur d'une émotion. Le problème, c'est que parfois, certains joueurs vont au-delà...


Le jeu-vidéo : une deuxième vie
Second Life 3Lorsque l'on ne s'intéresse plus à l'émotion transmise par le jeu, ou qu'elle nous submerge au point d'effacer le plaisir de jouer, c'est à ce moment précis qu'intervient la force de caractère. Certains vont continuer à jouer, car il faut absolument gagner plus de pièces d'or, il faut absolument récupérer la dernière armure, celle que personne ne possède. Ce n'est plus le jeu qui intéresse, c'est-à-dire, le scénario ou le background, mais le gain et le profit.

Et malheureusement, c'est encore plus vrai lorsqu'interviennent des considérations financières. On se souvient tous de cet adolescent asiatique, mort devant un jeu vidéo. Son métier consistait à gagner un maximum d'argent virtuel pour son entreprise, qui revend cette monnaie factice contre monnaie sonnante et trébuchante. Et bien sûr, plus il rapporte d'argent virtuel, plus il en gagne réellement. Par conséquent, il s'est privé de manger et dormir, ce qui a conduit à son décès.

World_Of_WarCraft_Wrath_Of_The_Lich_ King_10Ainsi, le vrai fautif dans cette histoire n'est pas tant le jeu vidéo que l'argent. En fait, c'est lorsque la distinction entre jeu vidéo et réalité devient de plus en plus difficile que le jeu présente un réel danger.

Car dans un jeu tel que World of Warcraft ou Guild Wars, le joueur est transposé dans un monde empreint de fantastique, entouré de créatures inexistantes, et il se voit doter de pouvoirs dont on ne peut se servir dans la vie courante. Mais d'autres jeux poussent le vice plus loin, en offrant au joueur une seconde vie, qui lui permet de gagner de l'argent, le vrai. Le joueur n'incarne plus un avatar n'ayant aucun lien avec la vie réelle, il devient l'avatar.

Et c'est là que la force de caractère devient un facteur prépondérant : celui qui garde à l'esprit qu'il est dans un jeu et rien d'autre reste sain. Celui qui confond vie virtuelle et vie réelle se gangrène.


Une dépendance ?
Sur le plan médical, la dépendance est le plus souvent associée à l'absence d'une substance introduite artificiellement dans le corps. Lorsque l'on fume une cigarette, que l'on boit de l'alcool, ou que l'on consomme de la cocaïne, la conséquence est la même.

Fumée CigaretteNotre cerveau est constitué de neurones, destinés à transmettre des informations. Ces neurones communiquent entre eux en se transmettant une molécule, reçue par le neurone voisin grâce à un récepteur synaptique. La consommation des produits cités ci-dessus entraîne le remplacement des récepteurs synaptiques par une autre substance, par exemple la nicotine dans le cas de la cigarette. L'arrêt de la cigarette perturbe la transmission de l'information, puisque la nicotine, ayant fait office, jusqu'alors, de récepteur synaptique, ne joue plus son rôle : c'est l'effet de dépendance.

Le jeu vidéo n'introduit aucune substance artificielle dans le corps du joueur. On ne peut alors parler de dépendance. Addiction serait un terme plus approprié, puisque c'est le terme utilisé pour les personnes "accros" aux jeux d'argent.


Les jeux-vidéo ne sont pas censés être dangereux
En fait, je pense que la responsabilité en incombe aux parents, tant que le joueur a moins de dix-huit ans, voire plus s'il présente des troubles psychologiques.

Singles 2 TrioRappelons-nous l'époque des débuts du cinéma. Lorsque des films violents ont fait leur apparition, eux aussi, en leur temps, ont été accusés de drames causés par des fanatiques de ces films.

C'est ainsi que les mentions "Interdit aux moins de ... ans" ont été créées. Ces mentions, légèrement différentes dans leur appellation, ont également été attribuées aux jeux vidéo. Il faut absolument que les parents y fassent attention.

Rappelez-vous le jeu "Singles". Lors de sa sortie, il a été déconseillé aux moins de 18 ans, et pour cause : grossièrement, le but du jeu était de faire s'accoupler des célibataires. Un jour, alors que je me promenais dans le rayon jeux-vidéo d'un grand magasin, j'ai vu un petit garçon qui devait avoir six ou sept ans, prendre le jeu en main. Il l'a tendu à sa jeune mère en lui demandant s'il pouvait le prendre. La mère ne s'est pas intéressée le moins du monde au jeu que tenait son fils dans ses mains, et a acquiescé.


Le jeu au travail ?
Autre exemple d'aberration. Combien d'entre vous jouent au travail ? Ne serait-ce qu'au solitaire ? Je crois toucher au but, n'est-ce pas ? Si vous ne faites pas partie de ces gens qui jouent au travail, toutes mes félicitations ! Vous savez faire la part des choses : au travail, on travaille. A la maison, on s'octroie un plaisir.

mondo solitaireSi vous jouez au travail, je suppose que c'est parce que parfois, vous avez des moments de creux, où il ne se passe rien. Alors vous vous ennuyez, et vous lancez Spider. Mais vous est-il déjà arrivé de jouer alors que vous aviez un dossier à remplir ? Vous est-il déjà arrivé de jouer parce que, tout simplement, vous n'aviez pas envie de travailler ? Pire, vous est-il déjà arrivé de stopper le travail parce que vous deviez absolument participer à un tournoi de guilde ? Un tournoi de guilde à 14h30 ? Et si vous n'y participiez pas, vous étiez viré de la guilde ? Mais qui sont ces gens avec lesquels vous jouez ? Des jeunes de dix ans vos cadets, qui n'ont cure des problèmes professionnels ? Est-il plus important pour vous de rester dans une guilde qu'à votre poste ?

C'est avec ce genre de questions qu'on réalise que l'on a ou non la force de caractère nécessaire à faire la part des choses. Ceux qui tuent parce qu'ils veulent "faire en vrai" ce qu'ils ont vu dans un jeu sont des gens faibles, ayant, de surcroît, sans aucun doute eu une mauvaise éducation. Sûrement par une mère ne regardant pas l'âge minimal requis pour le jeu. Ni pour un film.


Il n'existe pas de dépendance au jeu vidéo. Il n'existe que des gens assez faibles pour croire que leur salut réside dans une vie virtuelle. Le jeu en tant qu'art se respecte, et s'apprécie dans un cadre psychologique sain. Veillez à ce que vos enfants ne jouent pas à un jeu qui les choquerait, comme vous les empêchez de regarder un film violent ou à caractère sexuel. A moins que vous ne vouliez qu'ils fassent la une du 20 heures...
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Vos commentaires Page 1 / 2

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Le #384881
En général on parle de drogue quant une substance psychotrope agit directement sur les neurones pour rendre le cerveau dépendant : nicotine, caféine, cocaïne...

Mais on peut devenir accro à n'importe quoi : au chocolat, aux livres, à la branlette, ou à World of Warcraft.

De toute manière, l'excès de n'importe quoi est mauvais.


Concernant les parents, on peut toujours montrer du doigt les jeux -18 ou internet, mais quand le petit gamin chope le Union de son papa sous l'oreiller, on dit juste "qu'il grandit".
Encore et toujours, responsabilité des parents. Un gamin n'est pas responsable d'être pas fini, c'est un gamin ! Si tu le laisses jouer avec des couteaux, un jour ou l'autre il va se planter, on va pas interdire les couteaux pour autant, c'est quand même pratique.

Donc je te rejoins et je vote OUI pour la reconnaissance du jeu vidéo en tant qu'art. Il serait temps.
Le #384891
Que les jeux vidéos soit de l'art ou pas ce n'est même pas la question
La vraie question c'est le contenu qui peut être mauvais, comme pour les livres, les photos, les peintures, les films, les chansons, etc...
Les jeux vidéos peuvent être de l'art et néfastes aux jeunes, l'un n'empêche pas l'autre
Le #384901
Je suis d'accord sur l'idée que le temps de travail, est fait pour travailler. De mon point de vu, le temps passé a jouer pendant les heures de travail est un pis allé le plus souvent on aurait pu faire autre chose, non sous la contrainte de devoir travailler, mais pour le plaisir de faire son travail. Le nombre de fois ou j'ai vu une personne a l'acceuil d'un service bublic jouer a wow... C'est affligeant de voir cela.

Là ou je suis moins d'accord c'est la place de 8e art .(j'entends déjà râler des fan...). Le coté potentiellement artistique est indédaignable, bien que je n'ai pas encore retrouvé un jeu ne serai-ce comparable a de tres bon films (pas des films stéréotypés). Je viens de regarder "le vent se lève", qui raconte l'histoire de l'indépendance de l'Irlande, tres bien joué et poignant. Bref. Même Oblivion que j'ai beaucoup aimé n'arrive pas a la cheville. Alors parler d'un 8e art...

Un jeu dangereux. Peut-etre, mais pas directement. Peut-etre mais pas directement a mon humble avis. Ce peut être un outil de propagande (voulu ou non), propageant des idées fausse sur un public souvent jeune.
Le jeune ayant une pathologie psy peut probablement le nourrir grace au jeu vidéo (ou même par un isolement pour jouer), mais c'est le pb psy et la désinsertion sociale le véritable problème .
Ce n'est pas en jouant a GTA IV qu'on deviendra un voleur meurtrier récidiviste.

Là ou je suis vraiment en porte a faux avec cet article c'est sur la dépendance au jeu vidéo.
L'auteur fait une distinction entre 2 terme:
addiction : envie de répéter ;
dépendance : l'absence d'indépendance

Une le jeu vidéo, peut entrainer une envie de répéter un stimuli agréable (sans forcément un phénomène de manque) .
Quand cela devient problématique (désinsertion sociale, résultats a l'école en baisse et je ne suis pas exhaustif) on rentre dans la pathologie. On peut alors parler d'une drogue.
Oui le jeu vidéo peut être une drogue.

Le fonctionnement d'une drogue est toujours le même au fond (demander a n'importe quel medecin), il stimule un circuit de récompense dans le cerveau. Le médiateur étant la dopamine il me semble. (voici un lien pour ceux que ca interesse : http://www.arte.tv/fr/Les-drogues-et-le-cerveau/992184.html )


Comme le dit tres justement Bidule200 on peut être accro a n'importe quoi (le sport-->endorphine, le travail, une substance, les bonbons au chocolat...)

Ce qui rend d'autant plus accrocheur une drogue c'est le "pic de stimuli qui fait du bien". En effet si on pose des patch de morphine qui diffuse lentement, on ne provoque mois d'addiction qu'avec un pic de la même dose. (la concentration dans le sang étant la même).

Le pb de la drogue c'est que ce stimuli agréable prend le pas sur d'autres stimulis, voir même manger. Je doute donc de l'exemple cité plus haut. Peut-etre que l'argent y était pour quelque chose, mais quand on a faim et un supermarché pas loin, on mange.

Finalement le comportement de cette mère qui donne a son enfant un jeu qui le tente c'est a la fois pour le réompense (je suppose) et aussi pour avoir la paix. Au lieu de coller ses enfant devant la TV on les colles devant une film. C'est compréhensible, et la culpabilisation des parents ne servira pas a grand chose. Surtout si c'est justement l'enfant qui s'y connaît mieux en informatique que ses parents. Et si il telecharge ou qu'un de ses ami/ grand frère lui prète le jeu...

Il est vrai que le jeu vidéo apporte des satisfaction (c'est pour cela qu'il est construit d'ailleurs, ni trop dur ni trop facile). Chacun a besoin de satisfaction personnelle pour travailler, pour vivre quoi. Là, comme chacun cherche naturellement la facilité (le plus souvent), on prend le risque - certe faible - de vivre par l'intermédiaire de son personnage/avatar.
Si cette vie était viable (on gagne des sous et on s'en fait un métier) personne n'y verrai d'inconvénients. Mais ce n'est exceptionnellement le cas.
[conclusion lol]
C'est cette illusion de vie par procuration qui est dangereuse, notamment avec la prolifération du tout informatique.

dsl si j'ai été long mais je trouve que mon commentaire peu apporter quelque chose face a un article qui m'a fait bondir, malgrès les conviction sincère de son auteur!

Le #384951
Je suis totalement d'accord avec cet article. Il replace bien le jeux vidéo dans un contexte d'art; ce qui je trouve est totalement vrai.

Il ne reste plus qu'a le faire voir par le plus grand nombre et pas seulement des lecteurs de gnt
Le #384961
C'est bien d'attaquer les idées reçus. Avec certains intégristes, y a du boulot de ce côté là .
zutnanardestdejapris Hors ligne Héroïque 817 points
Le #384981
De l'art ? On va voir.

Si un joueur ou un spectateur joue pour avoir l'occasion d'admirer un nouveau décor ou pour voir son personnage évoluer graphiquement, alors pour lui, le jeu vidéo est un art, dans le sens ou l'esthétique qu'il contient devient une fin en soi. Comme quelqu'un capable d'admirer un beau fauteuil Louis XV. Un fauteuil Louis XV n'est cependant pas de l'art à preuve du contraire.

Si le joueur joue pour se prouver qu'il est capable de gagner, pour ramasser des brouzoufs ou pour épater les gonzesses (là il est vraiment mal barré), alors la part d'esthétisme ne compte pas plus que pour de l'artisanat classique. Une belle assiette est mieux qu'une assiette moche, mais ni l'une ni l'autre n'ont jamais empêché de savourer un bon plat.

Plaçons-nous du point de vue du producteur.
Dans un jeu vidéo, l'esthétisme n'est pas une fin en soi pour son producteur. Il est au service du game play et du marketing. Donc c'est bien de l'artisanat. Ce qui n'a rien de péjoratif d'ailleurs, et ne retire en rien à la qualité du boulot réalisé par les artistes (j'ai bien pesé ce dernier mot ).
Le #385021
Nous vivons dans une société infectée, gangrénée par des gens qui ne sont pas capables de prendre leurs responsabilités !
Et le problème est bien la !!

- Je préfére jouer au lieu de taffer ?
Et alors c'est mon problème ... stop la psychanalyse a 2 balles !

- Si je picolle comme un abruti et écrase ma voiture dans un bus faisant 50 victimes ! Ce n'est pas l'alcool le responsable ... c'est bien moi !


Alors stop les fausses campagnes contre l'alcool ou les jeux video !




Sortez vous les doigts du cul !! Soyez responsable ptain ...

Le #385041
Pour info, le huitième art c'est la télévision, le jeu vidéo c'est le dixième où onzième

source:
http://www.xboxdiscovery.com/forums/viewtopic.php?f=21&t=11230
http://www.ptitrain.com/10e-art/index.htm
http://fr.wiktionary.org/wiki/onzi%C3%A8me_art
Le #385131
Je le répète encore une fois, la question n'est pas de savoir si les jeux vidéos sont de l'art ou pas mais si leur contenu est dangereux pour les jeunes ou non
Aucun des (vrais) arts ne provoquent d'addiction, ni la peinture, ni les livres, ni la sculpture, les photos, le cinéma, la télévision, les chansons et musiques, etc..., alors que les jeux vidéos peuvent mettre des jeunes dans un monde virtuel avec parfois un contenu dangereux
Ne pas reconnaitre ces vérités c'est déjà un début d'addiction
Le #385141
@phebus
"contenu dangereux" ???
De quel jeu parles-tu ??? Non parce que pour avoir jouer sur un ordinateur depuis l'âge de 6ans (Amstrad CPC à l'époque) je ne suis pas devenu un psychopathe qui joue 48h sans manger ni dormir...
Évidemment j'avais des parents responsables qui me donnaient limite des tartes si je jouais plus que mon cota d'heures, ça aide à luter contre la dépendance.
Donc pour en revenir à l'histoire des responsabilité c'est une question d'éducation, il est logique pour moi qu'on ne conduis pas avec une bouteille de Vodka à la main, pour certaine personne cette logique n'existe pas.
Idem pour tout.
Tu cites les livres, la photo, etc. Tout ceci peut être détourné pour la pornographie et plus (pédophilie par exemple) alors qu'à la base c'est bien quelque chose d'intellectuel, donc le "contenu dangereux" n'est pas propre aux jeux vidéos.
Une personne censée et correctement éduqué (du genre "frapper quelqu'un c'est mal") ne vas pas reproduire le comportement de GTA IV (par exemple) dans le monde réel...

Bref. Si les gens sont de plus en plus cons on n'y peut pas grand chose...
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Anonyme
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