Survol des centrales nucléaires par des drones : les experts tirent la sonnette d'alarme

Le par  |  9 commentaire(s) Source : Nouvel Obs
EDF-centrale-nucleaire

Suite au survol par des drones de plusieurs sites nucléaires d'EDF ces dernières semaines, un rapport transmis au ministère de l'Écologie et à Manuel Valls tire la sonnette d'alarme.

C'est le cabinet d'experts britannique Large & Associates, mandaté par l'ONG Greenpeace qui dresse un bilan alarmiste des récents survols des centrales nucléaires françaises par des drones civils.

drone campus floride  Le rapport remis ce lundi à Manuel Valls, Ségolène Royal ainsi qu'aux autorités de sureté nucléaire met ainsi en avant des "vulnérabilités".

Le contenu du rapport est en grande majorité classé secret, mais John Large, l'expert britannique en charge de l'étude a partagé quelques points abordés avec le Nouvel Obs. Il fait ainsi " état de l'extrême fragilité des centrales françaises face à la menace terroriste", et pour cause, la plupart des installations datent des années 60 ou 70, une période à laquelle " la menace terroriste n'était pas prise en compte".

En outre, les protocoles de sécurité ne se seraient pas adaptés aux nouvelles technologies. Jusqu'ici, les centrales focalisaient leur attention sur les petits avions privés qui pouvaient entrer dans la "bulle" de confidentialité des sites, sans se préoccuper de la multiplication des drones dans cet espace aérien réservé.

Pour l'expert, l'absence de riposte de l'État français et des autorités est une erreur. Le gouvernement aurait ainsi largement minimisé les risques de ces survols, stipulant qu'ils n'étaient sans doute pas liés à une quelconque prévision d'attaque terroriste, et que les survols, même s'ils étaient condamnables, relevaient de la simple curiosité.

Une façon pour les autorités de rassurer les Français, mais aussi d'avouer indirectement l'impuissance du gouvernement à canaliser ces actes ainsi qu'à retrouver les auteurs des survols. L'expert va jusqu'à susciter les inquiétudes : " Tout cela a un parfum d'accident de Tchernobyl, dont, souvenez-vous, les retombées radioactives s'étaient arrêtées à la frontière."

Il faut dire que lorsqu'il s'agit de nucléaire, les autorités optent systématiquement pour la langue de bois. Ainsi, Ségolène Royal déclarait au début du mois de novembre que " le survol des centrales, même s'il est interdit, ne fait peser aucun risque sur ces centrales qui sont construites pour résister à des secousses sismiques et même aux chutes d'avion sur une centrale."

Alors quel moyen technique efficace peut être mis en place ? Le brouillage des fréquences utilisées par les pilotes pour contrôler les drones parait peu probable. Non seulement, certains drones disposent d'un mode de programmation par GPS qui leur permet d'effectuer une ronde seuls, avant de revenir à leur point de départ, mais " on a réalisé que ces brouillages perturbaient certaines composantes de nos centrales, qu'il n'était pas prudent de les prolonger !". Équiper les sites nucléaires de mesures antiaériennes parait également peu probable : entre aveu de faiblesse et couts d'équipement titanesques, la mesure devrait être difficilement acceptée par le grand public.

Toujours sur un ton alarmiste, l'expert évoque des risques bien réels et évoque des scénarios types. Des drones pourraient ainsi effectuer des repérages et une action ciblée sur les pompes d'alimentation entrainer la privation de la centrale d'une source d'eau froide, utilisée pour refroidir les réacteurs. Sans eau pour refroidir le processus, la fusion du réacteur est possible, rendant la situation incontrôlable et amenant jusqu'à l'incident nucléaire.

Depuis le mois de novembre, la gendarmerie particulièrement active autour des sites nucléaires a désormais le droit de tirer à vue sur les drones qui entreraient dans l'espace aérien protégé.

Après un bilan public alarmiste de la situation, reste à savoir quels autres points sont abordés de façon secrète dans le rapport communiqué au gouvernement. Les déclarations de John Large pourraient avoir été édulcorées face à une réalité encore bien plus inquiétante. Gardons toutefois en tête qu'à l'origine, c'est Greenpeace qui a mandaté l'étude, l'ONG se revendiquant depuis des années contre le nucléaire, le choix du cabinet n'a sans doute pas été laissé au hasard, et le timing parait idéal pour faire passer le message... De là à sous-entendre que les survols ont été réalisés au titre d'une campagne-choc antinucléaire, il n'y a qu'un pas.

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Vos commentaires

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Le #1819437
Si ce sont des experts qui tirent, le problème est résolu. De toutes façons, changer quoique ce soit sur une centrale nucléaire coûte des milliards et prend des années. En plus, on a trop de départements et un accident en supprimerait instantanément 1 ou 2, alors tout le monde serait content (sauf les morts).
Le #1819439
Ça fait des années que Greenpeace et John Large pondent des "rapports" anti-nucléaires. John Large est un militant anti-nucléaire, c'est son gagne pain, avec toujours le même argument alarmiste de la sécurité.

Donc ce document, est un coup de com' de Greenpeace.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Greenpeace#Critiques

Le #1819441
penseurodin a écrit :

Si ce sont des experts qui tirent, le problème est résolu. De toutes façons, changer quoique ce soit sur une centrale nucléaire coûte des milliards et prend des années. En plus, on a trop de départements et un accident en supprimerait instantanément 1 ou 2, alors tout le monde serait content (sauf les morts).


Les morts en auraient rien à faire, seuls les survivants peuvent être mécontents.

Le #1819450
PauletteParis a écrit :

penseurodin a écrit :

Si ce sont des experts qui tirent, le problème est résolu. De toutes façons, changer quoique ce soit sur une centrale nucléaire coûte des milliards et prend des années. En plus, on a trop de départements et un accident en supprimerait instantanément 1 ou 2, alors tout le monde serait content (sauf les morts).


Les morts en auraient rien à faire, seulement les survivants peuvent être mécontents.


Ca dépend dans quel état, ils ont survécu.
Anonyme
Le #1819461
Allez, on instale une caserne de legionaire à coté de chaque centrale nucléaire et c'est réglé ... sinon on à aussi les batteries de missile anti-aerien ... histoire de rappeler
qu'on est pas chez mamie
Le #1819466
L'article ne précise pas le genre de risque que font courir ces drones. Du mal à comprendre ce qu'un drone non armé peut poser comme problème à une centrale "conçue pour résister à la chute d'un petit avion"... Après restent les drones armés mais c'est un autre problème.
Anonyme
Le #1819560
Sicyons a écrit :

L'article ne précise pas le genre de risque que font courir ces drones. Du mal à comprendre ce qu'un drone non armé peut poser comme problème à une centrale "conçue pour résister à la chute d'un petit avion"... Après restent les drones armés mais c'est un autre problème.


Le problème ne vient pas des centrales qui sont conçues pour résister à la chute des avions, mais des piscines de refroidissement qui elles sont très mal protégées et particulièrement fragiles...
Le #1819594
Sicyons a écrit :

L'article ne précise pas le genre de risque que font courir ces drones. Du mal à comprendre ce qu'un drone non armé peut poser comme problème à une centrale "conçue pour résister à la chute d'un petit avion"... Après restent les drones armés mais c'est un autre problème.


c'est pas seulement en rapport avec une chute possible d'un drone .... c'est tout simplement, le fait qu'un drone puisse survoler une centrale nucléaire, et soit détecté une fois qu'il est en survol juste au dessus du site sensible .... en cas de menace terroriste, il serait trop tard ....!
C'est comme si toi, tu t'approchais à 1 ou 2 mètres du président de la république, sans avoir été invité au préalable, même si tu avais de bonnes intentions .... le fait que tu soit si près d'une personnalité, prouverais que le service de sécurité rapproché a une faille, et donc, si c'était une personne malveillante, la vie du président serait menacée ....
Le #1820150
Coluche disait : "Les experts, tu leur confies le Sahara et dans 5 ans il faut racheter du sable".
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Anonyme
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