France Télécom : Didier Lombard en conseiller, ça passe mal
A l'occasion de la présentation des résultats financiers annuels du groupe France Télécom, Stéphane Richard passe de directeur général à président-directeur général, reprenant les fonctions de Didier Lombard, qui n'est pas écarté de la direction pour autant, ce qui provoque la colère des syndicats.
C'est chose faite : Stéphane Richard, qui occupait le poste de Directeur général de France Télécom pendant que Didier Lombard en était Président, récupère les deux fonctions dans son nouveau rôle de Président-Directeur Général du groupe.
Mais Didier Lombard ne disparaît pas pour autant du paysage de la direction du groupe français. Il devient conseiller spécial de Stéphane Richard " sur les orientations stratégiques et la vision technologique du Groupe ", signale un communiqué.
France Télécom a traversé en 2009-2010 une grave crise de confiance des salariés vis à vis de la direction, accentuée par une série de cas de suicides et la dénonciation de conditions de travail trop dure et déconnectée des réalités humaines.
Didier Lombard, alors PDG du groupe, a été considéré comme le principal responsable de cette dégradation des conditions de travail en ayant voulu adapter trop brutalement la société à un marché hautement concurrentiel.
Didier Lombard mis à l'écart des opérations tandis que son numéro deux Stéphane Richard, vu comme plus diplomate, entrait en scène au poste de directeur général, une grande phase de réorganisation des pratiques managériales et des conditions de travail a été mise en oeuvre en 2010.
Des stock-options à écouler ?
Il reste qu'un lourd ressentiment pèse à l'égard de Didier Lombard et l'annonce de la création de ce poste de conseiller spécial est dénoncée par plusieurs syndicats, estimant qu'il ne s'agit là que d'une présence permettant à l'ancien dirigeant de faire valoir ses 700 000 stock-options.
En quittant le groupe, il ne pourrait en bénéficier et actuellement. " Or, le cours est actuellement trop faible pour les exercer" , estiment CFE-CGC / Unsa et Adeas ( Association pour la défense de l'épargne et de l'actionnariat des salariés de France Télécom ), d'où la nécessité de créer ce poste ad hoc en attendant des jours meilleurs...
Or ces stock-options peuvent potentiellement représenter plusieurs millions d'euros, un joli cadeau de départ qui risque d'être très mal vu, d'autant plus qu'il doit aussi toucher une solide pension annuelle en plus de sa retraite de haut fonctionnaire.
Stéphane Richard a donné quelques indications lors de la présentation des résultats financiers, confirmant le montant de la pension et indiquant que Didier Lombard avait en fait 300 000 stock options à exercer à un prix de 21 à 24 €. Ce rôle de conseiller spécial devrait l'occuper durant les deux prochaines années.
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Critiqué de toutes parts pour un poste de conseiller spécial vu par beaucoup comme une position intéressée vis à vis de ses stock-options, Didier Lombard annonce qu'il décide finalement de quitter l'entreprise.
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La pression continue de s'accentuer sur Didier Lombard, alors qu'un vingt-cinquième cas de suicide de salarié est à déplorer chez France Télécom. Le président du groupe ne prévoit pourtant pas de démissionner.


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