Depuis l'arrivée de Free Mobile sur le marché français avec ses offres à prix agressif, le contrat d'itinérance 3G signé entre Orange et Free Mobile constitue un vif sujet de discorde et de mécontentement chez les autres opérateurs.

Considérée presque comme une double trahison qui a permis à Free de proposer des tarifs aussi bas dès son entrée en scène et de chambouler le marché tandis qu'Orange pouvait s'en prémunir grâce au coût de cette itinérance, cette initiative fait même l'objet d'une plainte de la part de SFR auprès de la Commission européenne.

Cela n'empêche pas Pierre Louette, directeur général adjoint de France Télécom, de se féliciter de cet accord alors que Free Mobile fête sa première année d'existence, avec toujours ce double discours saluant l'arrivée de Free Mobile et de son rôle stimulant tout en regrettant l'irruption d'un nouvel acteur à un moment sensible, celui du déploiement des réseaux 4G, avec les contraintes que cela fait peser au niveau des investissements et de l'emploi.

Pour ce qui est des critiques sur l'itinérance 3G, il n'y a pas d'état d'âme : Pierre Louette évoque les " larmes de crocodile " de ses concurrents qui seraient en fait dépités et envieux de la situation quand Orange aurait de son côté fait preuve d'anticipation par rapport à une contrainte qu'aurait de toute façon inévitablement imposée l'Arcep, régulateur national des télécoms.

L'argumentation est bien rôdée et a été avancée à de multiples reprises dès l'arrivée de Free Mobile par Stéphane Richard, PDG de France Télécom. Orange aurait donc seulement été plus malin, sans attendre le cadre qui l'aurait mis en plus mis en concurrence avec les deux autres opérateurs.

Et d'affirmer que la plainte de SFR auprès de la Commission européenne n'est que la démonstration que ce concurrent est à court d'arguments, ce qui n'empêche pas des ripostes : Orange a ainsi porté plainte contre le PDG de SFR pour dénigrement, une accusation qui devient décidément à la mode chez les opérateurs.

Source : Les Echos