Le 3 janvier dernier, une opération héliportée des forces spéciales américaines s'est soldée par la capture de Nicolás Maduro et de son épouse au Vénézuéla. Si le succès de ce raid "chirurgical" est un fait, les circonstances de la neutralisation de sa garde rapprochée alimentent une controverse grandissante.
L'élément déclencheur est le témoignage d'un garde vénézuélien, diffusé massivement sur les réseaux sociaux et partagé par Karoline Leavitt, l'attachée de presse de la Maison Blanche.
L'homme y décrit une force invisible et assourdissante qui aurait provoqué des symptômes physiques sévères : saignements de nez, vomissements de sang et une incapacité totale à se mouvoir. Une description qui a immédiatement évoqué l'hypothèse d'une arme non conventionnelle.
Le récit d'une attaque invisible
Selon ce témoignage non vérifié, la garde présidentielle a été frappée par une sorte de « vague sonore » qui a anéanti toute résistance. « J'ai soudain senti ma tête exploser de l'intérieur », raconte l'individu.
Une version des faits qui, bien que spectaculaire, expliquerait comment un groupe de commandos a pu maîtriser une force de défense supérieure en nombre sans subir de pertes. Le Pentagone, de son côté, est resté muet, invoquant la sécurité opérationnelle pour ne commenter ni les méthodes ni les technologies employées.
Ce silence n'a fait qu'amplifier les rumeurs autour d'une mystérieuse arme sonique. Pour certains experts, il pourrait s'agir d'une tentative de la part du camp vénézuélien de justifier une défaite cuisante en invoquant une « super-arme » invincible.
Drone furtif RQ-170, autre "arme secrète" utilisée lors du raid au Vénézuéla
Cette narration permettrait de sauver l'honneur des troupes et de masquer d'éventuelles défaillances tactiques ou un manque de préparation face à une menace pourtant anticipée depuis des mois.
L'implication de la Maison Blanche, par le partage de cette histoire, ajoute une couche de complexité, suggérant une possible manœuvre de guerre psychologique visant à instiller le doute chez les adversaires des États-Unis.
Entre technologies existantes et spéculations
Si l'idée d'une arme sonique semble futuriste, les États-Unis explorent depuis des décennies le champ des armes à énergie dirigée. Parmi les technologies connues, on trouve le Long Range Acoustic Device (LRAD), un dispositif acoustique capable d'émettre des sons extrêmement puissants et désorientants, principalement utilisé pour le contrôle de foule.
Il y a aussi l'Active Denial System (ADS), surnommé le « rayon de la douleur », qui utilise des ondes millimétriques pour chauffer la peau de la cible et provoquer une sensation de brûlure intolérable.
Cependant, les effets physiologiques connus de ces systèmes ne correspondent pas aux saignements et vomissements décrits par le garde vénézuélien.
Des experts comme Iain Boyd, directeur du centre pour les initiatives de sécurité nationale de l'Université du Colorado, estiment qu'une combinaison d'ondes radio et soniques à très courte portée pourrait théoriquement provoquer de tels symptômes.
Les ondes radio perturberaient l'activité cérébrale, causant des nausées, tandis que les ondes soniques augmenteraient la pression interne, entraînant des saignements. Toutefois, une telle arme nécessiterait une source d'énergie colossale, difficilement compatible avec une opération commando mobile et rapide.
Un autre projet, l'EPIC (Electromagnetic Personnel Interdiction Control), visait à perturber le système vestibulaire pour faire perdre l'équilibre, mais rien n'indique qu'il ait dépassé le stade du prototype de laboratoire.
L'ombre du syndrome de La Havane
Cette affaire fait inévitablement écho au fameux syndrome de La Havane, ce mal mystérieux qui frappe depuis 2016 des diplomates et agents américains à travers le monde.
Les symptômes rapportés (maux de tête extrêmes, vertiges, pertes de mémoire) ont longtemps été attribués à une possible attaque par micro-ondes menée par une puissance étrangère, potentiellement la Russie.
Des rapports récents indiquent que le Pentagone aurait lui-même fait l'acquisition, pour plusieurs millions de dollars, d'un dispositif produisant des ondes radio pulsées et contenant des composants russes, afin d'étudier le phénomène.
La question qui se pose désormais est de savoir si les États-Unis, après avoir étudié cette technologie pour s'en défendre, ont pu l'adapter à des fins offensives.
L'opération au Venezuela pourrait-elle être le premier déploiement connu d'une telle arme ? Ou bien, comme le suggèrent certains analystes, la description des symptômes pourrait-elle être une interprétation erronée des effets combinés d'explosions, de grenades assourdissantes et du choc d'un assaut éclair ?
Sans confirmation officielle, le doute persiste, laissant le monde s'interroger sur la nature des futures zones de conflit et l'arsenal qui y sera déployé.