En Chine, le déploiement massif de camionnettes de livraison autonomes tourne au spectacle viral. Des milliers de ces engins, conçus pour optimiser la logistique du dernier kilomètre, révèlent leurs failles de manière spectaculaire en ignorant les obstacles les plus évidents, transformant les rues en un véritable terrain de jeu destructeur.
Comment ces robots sont-ils devenus des mèmes ?
Tout part de vidéos partagées en masse sur les réseaux sociaux. On y voit des vans autonomes, imperturbables, tracer leur route quoi qu'il arrive. L'un d'eux s'enfonce dans du béton frais sous les yeux de travailleurs désemparés. Un autre continue d'avancer avec une moto coincée sous ses roues. Ces scènes, à la fois comiques et inquiétantes, ont fait de ces engins un symbole de la technologie aveugle, une force brute qui ne peut être arrêtée et qui transforme les rues en un véritable chaos.
Ces clips proviennent de toute la Chine, où des entreprises comme Neolix, ZTO Express et J&T Express ont déployé des milliers de ces véhicules. Le contraste est saisissant : des routes parfois en mauvais état, dignes d'une autre époque, face à une technologie censée représenter le futur. Cette confrontation entre l'imperfection du réel et la logique rigide de l'algorithme est devenue une source inépuisable de contenu viral.
Driverless delivery vehicles in China are going viral for plowing through everything and causing chaospic.twitter.com/Pf9T1oY4XY
— Dexerto (@Dexerto) January 13, 2026
Quelle est la technologie derrière ces engins ?
Contrairement à une idée reçue, ces véhicules autonomes n'opèrent pas avec une intelligence artificielle capable de s'adapter à tout. Ils fonctionnent principalement à basse vitesse sur des itinéraires pré-cartographiés entre des centres logistiques et des points de chute. Pour se diriger, ils s'appuient sur une combinaison de caméras et de radars. Un système efficace en théorie, mais qui montre vite ses limites face à des scénarios imprévisibles.
Un chantier non signalé, des légumes séchant sur la route ou un chemin de terre plein de nids-de-poule sont autant de situations que les algorithmes peinent à interpréter. Bien que des opérateurs humains puissent surveiller les flottes à distance et reprendre le contrôle, l'intervention humaine n'est visiblement pas toujours assez rapide ou efficace pour prévenir ces incidents, laissant les vans livrés à leur programmation défaillante.
Pourquoi la Chine mise-t-elle autant sur cette automatisation ?
Ce déploiement à grande échelle n'est pas un hasard. Il s'inscrit dans une stratégie nationale visant à automatiser massivement la logistique. La livraison du dernier kilomètre est un secteur crucial, mais qui fait face à des pénuries de main-d'œuvre et à une demande en constante augmentation. L'automatisation est perçue comme la solution pour maintenir la cadence et réduire les coûts.
Des entreprises comme Neolix affirment avoir déjà mis plus de 10 000 vans en circulation dans 300 villes. Ce déploiement à grande échelle sert de test grandeur nature. Si les vidéos virales amusent, elles sont surtout un retour d'expérience brutal sur les défis qui attendent le reste du monde. Elles montrent que le chemin vers une automatisation fiable et sûre est encore long et semé d'embûches, ou plutôt, de béton frais.
Foire Aux Questions (FAQ)
Ces véhicules sont-ils vraiment 100% autonomes ?
Non, pas au sens où on l'entend. Ils sont majoritairement programmés pour suivre des itinéraires fixes et sont supervisés à distance par des opérateurs humains qui peuvent intervenir en cas de problème. Leur autonomie est donc limitée et dépendante d'un environnement prévisible.
Quelles sont les entreprises leaders dans ce domaine en Chine ?
Neolix est l'un des acteurs les plus importants, ayant été le premier à obtenir une licence de livraison autonome. D'autres géants de la logistique comme ZTO Express, J&T Express ou encore Rino.ai ont également déployé leurs propres flottes de milliers de véhicules à travers le pays.
Les incidents ont-ils causé des accidents graves ?
Les sources actuelles et les vidéos virales ne font pas état d'accidents corporels graves. Cependant, elles montrent de nombreux dégâts matériels (véhicules endommagés, routes abîmées, motos écrasées) et soulignent des risques évidents pour la sécurité publique si ces défaillances ne sont pas corrigées.