La grande conférence COP 21 menée à Paris en décembre 2015 a visé à engager un maximum d'Etats à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre en vue de limiter le réchauffement climatique à 2 degrés, voire à 1,5 degré.

Ce seuil de 2 degrés est vu par les scientifiques comme une limite permettant de limiter (mais pas d'éliminer) les conséquences d'un réchauffement climatique qui commence déjà à se faire sentir par les records de températures moyennes à la surface du globe, battus année après année par rapport aux périodes de référence du XXème siècle.

Alors que le texte de l'accord de Paris, signé par 192 pays, doit en entrer en vigueur et que va s'ouvrir la conférence COP 22 de Marrakech, le rapport annuel du PNUE (Programme des Nations Unies pour l'Environnement) met les pieds dans le plat en affirmant que les efforts promis pendant la COP 21 ne suffiront pas à contenir le réchauffement climatique en-dessous de 2 degrés.

Faisant la jonction entre promesses et réalité, le PNUE estime que les émissions en 2030 seront supérieures de 12 à 14 gigatonnes par rapport aux niveaux fixés qui permettraient d'atteindre les objectifs fixés, soit 54 à 56 gigatonnes produites alors que le seuil maximum a été fixé à 42 gigatonnes.

Le PNUE indique que, même en cas de respect complet des engagements pris à Paris l'an dernier, la hausse moyenne des températures s'annonce de l'ordre de 2,9 à 3,4 degrés d'ici la fin du siècle. C'est beaucoup trop pour espérer éviter l'émergence d'importants phénomènes climatiques (tempêtes de grande intensité, sécheresses prolongées, hausse du niveau des mers et océans...) qui auront de lourdes conséquences sur les économies des pays et la vie de leurs habitants.

Le PNUE appelle donc à des efforts supplémentaires de réduction des émissions de gaz à effet de serre pendant qu'il en est encore temps, tout en soulignant que l'accord de Paris à l'issue de la COP 21 va malgré tout dans le bon sens, de même que le récent accord de Kigali sur la réduction d'émissions de HFC (Hydrofluorocarbures).

Pour ce faire, l'une des possibilités est d'inciter certains pays qui ont pris des engagements peu contraignants à faire preuve de plus d'ambition dans leurs objectifs. Il faudra également renforcer l'efficacité énergétique dans divers secteurs industriels. La COP 22 de Marrakech va donc devoir poursuivre et amplifier l'effort d'harmonisation des politiques de réductions des émissions des pays.

Source : PNUE