En Italie, l'Autorità per le Garanzie nelle Comunicazioni (AGCOM) informe que Cloudflare a écopé d'une amende de 14 millions d'euros. La décision a été prise le 29 décembre 2025 et vient d'être notifiée. Elle sanctionne Cloudflare pour ne pas avoir respecté un ordre de blocage émis en février 2025, conformément à la loi anti-piratage italienne Piracy Shield.

Pourquoi cette sanction a-t-elle été prononcée ?

L'AGCOM reproche à Cloudflare de ne pas avoir appliqué les mesures ordonnées pour empêcher l'accès à des sites diffusant illégalement des œuvres protégées. Cloudflare devait soit désactiver la résolution DNS des noms de domaine concernés, soit bloquer le trafic réseau vers les adresses IP signalées.

De tels signalements sont centralisés via la plateforme du dispositif Piracy Shield lancée en février 2024 pour agir rapidement, notamment contre le streaming illégal d'événements sportifs en direct.

Le régulateur italien a constaté que Cloudflare n'avait adopté " aucune mesure pour contrer l’utilisation de ses services pour la diffusion de contenus illicites ", même après la notification de l'ordre.

Quelle était la défense de Cloudflare ?

Face aux accusations, TorrentFreak rapporte que Cloudflare a soutenu que le filtrage de son résolveur DNS public 1.1.1.1 serait techniquement déraisonnable et disproportionné.

L'entreprise a avancé que l'application d'un tel blocage aurait un " impact extrêmement négatif sur la latence ", ralentissant le service pour des milliards de requêtes légitimes quotidiennes à travers le monde.

Un argument qui n'a donc pas convaincu, avec en balance l'expertise technologique de Cloudflare et les ressources nécessaires à mettre en œuvre en évitant de paralyser les services.

Un message adressé aux intermédiaires techniques

L'amende constitue un avertissement sévère pour tous les intermédiaires techniques, dont les fournisseurs de DNS publics, de services de VPN et les moteurs de recherche.

Parfois critiqué pour son manque de transparence, le dispositif Piracy Shield a permis de désactiver plus de 65 000 noms de domaine complets et près de 14 000 adresses IP.