L'Union européenne intensifie sa surveillance de X, la plateforme d'Elon Musk. La Commission européenne ouvre officiellement une nouvelle enquête au titre de la réglementation DSA (Digital Services Act) sur les services numériques.

Elle se penche sur les risques posés par l'IA Grok, après la diffusion de deepfakes sexuels, dont certains pourraient relever de contenu à caractère pédopornographique.

Quels sont les reproches formulés par l'UE ?

L'exécutif européen veut savoir si X a " diligemment évalué et atténué les risques systémiques " associés au déploiement de Grok. Ces risques incluent la " diffusion de contenus illégaux ", les " effets négatifs liés à la violence basée sur le genre " et les " conséquences négatives graves pour le bien-être physique et mental ".

La Commission européenne cherche également à savoir si X a fourni un rapport d'évaluation des risques adéquat avant de lancer les fonctionnalités de Grok.

En parallèle, l'enquête déjà en cours depuis décembre 2023 sur les systèmes de recommandation de X a été étendue pour inclure l'impact du passage récent à un algorithme basé sur l'IA Grok.

Quelles pourraient être les conséquences pour X ?

Si les manquements sont avérés, la plateforme d'Elon Musk s'expose à des sanctions financières potentiellement lourdes, pouvant aller jusqu'à 6 % de son chiffre d'affaires annuel mondial.

La Commission européenne précise qu'elle mènera son enquête approfondie en priorité. Elle pourrait imposer des mesures provisoires si aucun ajustement significatif n'est apporté.

" La diffusion de deepfakes sexuels impliquant des femmes et des enfants constitue une forme de dégradation violente et inacceptable ", déclare Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission européenne, chargée de la souveraineté technologique, de la sécurité et de la démocratie.

En décembre dernier, X a déjà été condamné à une amende de 120 millions d'euros pour avoir enfreint ses obligations de transparence.

Comment X a réagi à la controverse ?

Face au tollé international, qui a vu des enquêtes s'ouvrir dans plusieurs pays et notamment en France, X a pris certaines mesures pour empêcher Grok de modifier des images de personnes réelles. Au préalable, la création d'images via l'IA sur X avait été limitée aux abonnés payants. Elon Musk a toutefois eu tendance à minimiser l'affaire.