Les dashcams, ces petites caméras filmant la route, ne sont plus réservées aux compilations de crashs sur internet. Elles s'imposent en France comme un outil essentiel pour des milliers d'automobilistes.
Face à une infraction, un délit de fuite ou un accident aux circonstances floues, leur enregistrement vidéo peut faire basculer une enquête et changer la vie des conducteurs.
Pourquoi cet engouement pour les caméras embarquées ?
L'essor des dashcams s'explique par un double besoin : sécurité et tranquillité d'esprit. Jonathan Colson, un père de famille, a équipé son véhicule d'un système à 360 degrés. Sa motivation ? Avoir une trace irréfutable en cas de litige. Sa vidéo a d'ailleurs déjà servi aux gendarmes lors d'une enquête sur un accident à une intersection.
Dans les garages et centres spécialisés, les ventes ont explosé, passant d'un produit de niche à une dizaine d'unités par mois. Les clients s'équipent souvent après un sinistre ou un acte de vandalisme, cherchant une protection concrète. Les prix, variant de 80 à 300 euros, rendent cette technologie accessible. Fait intéressant, certains conducteurs admettent même que la présence de la caméra modère leur propre comportement au volant.
Quelle est la valeur juridique d'une vidéo de dashcam ?
Le cas de Kevin Delabre, un ancien aide-soignant, illustre parfaitement la puissance de ces caméras embarquées. Victime d'une violente collision avec un bus, il est d'abord jugé entièrement responsable, le privant de toute indemnisation. Plongé dans le coma et avec de graves séquelles, son avenir semblait compromis. C'est la vidéo de sa propre caméra qui a tout changé, prouvant sa non-responsabilité et ouvrant la voie à son indemnisation.
Légalement, ces enregistrements sont considérés comme des preuves judiciaires au même titre qu'un témoignage. Cependant, Maître Grégory Guyard, avocat spécialisé, tempère : ce n'est pas la "reine des preuves". Avec l'avènement de l'intelligence artificielle, le risque de manipulation d'images est une préoccupation croissante pour la justice, qui doit analyser ces éléments avec discernement.
Comment les assurances et la loi perçoivent-elles les dashcams ?
Si les images sont des éléments utiles, leur simple présentation ne suffit pas à trancher un litige. Elles viennent compléter un dossier, aux côtés du constat et des témoignages. Le rôle des dashcams dans les accidents routiers est donc celui d'un puissant complément d'information. Elles permettent à un expert accidentologue de reconstituer objectivement une scène, loin de l'émotion ou de la surprise des témoins.
En Europe, certains assureurs vont plus loin et encouragent leur adoption en offrant des réductions sur les primes d'assurance aux conducteurs équipés. Cette pratique n'est pas encore généralisée en France, mais la tendance montre que les mentalités évoluent. Pour de nombreux automobilistes, la dashcam n'est plus un gadget, mais un investissement rassurant pour se défendre en cas de problème.
Foire Aux Questions (FAQ)
Une dashcam peut-elle filmer en permanence ?
Oui, la plupart des modèles s'activent au démarrage du moteur et enregistrent en boucle, effaçant les séquences les plus anciennes pour libérer de l'espace. Certaines disposent aussi d'un mode parking qui se déclenche en cas de choc ou de mouvement détecté près du véhicule à l'arrêt.
Est-il légal de diffuser les images sur internet ?
Non, la diffusion publique d'images sur lesquelles des personnes ou des plaques d'immatriculation sont identifiables est strictement encadrée par le RGPD et le droit à l'image. Leur usage doit rester dans un cadre privé ou être transmis aux autorités compétentes en cas de litige.