Le gouvernement français lance un appel d'offres pour migrer le Health Data Hub, qui centralise les données de santé des citoyens, hors des serveurs de Microsoft.

L'objectif est de confier cet entrepôt stratégique à un acteur européen certifié SecNumCloud d'ici fin mars 2026, garantissant ainsi une protection contre les lois extraterritoriales américaines et renforçant la souveraineté numérique.

Annoncée officiellement ce vendredi 6 février 2026, la nouvelle marque un changement de cap radical. Le gouvernement va lancer dès lundi un appel d'offres visant à trouver un nouvel hébergeur pour la Plateforme de données de santé (PDS), plus connue sous le nom de Health Data Hub, cette immense base de données, qui rassemble les informations de santé anonymisées de millions de Français et dont l'hébergement au sein du cloud Microsoft Azure plaçait la France en porte-à-faux avec ses propres exigences de souveraineté.

Un choix initial sous le feu des critiques

Depuis sa création en 2019, le Health Data Hub a cristallisé les tensions. L'objectif était pourtant louable : créer une précieuse réserve d'information pour les chercheurs en leur fournissant un accès simplifié à des données de santé exhaustives pour faire avancer la science.

Cependant, le choix de Microsoft comme hébergeur a immédiatement posé un problème de taille. Les lois extraterritoriales américaines, comme le Cloud Act, permettent potentiellement aux autorités des États-Unis d'accéder à ces données, même si elles sont stockées en Europe.

Cette épée de Damoclès a empoisonné le projet, freinant son déploiement et suscitant la méfiance de la CNIL, la gardienne des libertés numériques.

La certification SecNumCloud comme nouvelle boussole

Face à cette impasse juridique et technique, le gouvernement a décidé de trancher dans le vif. Le nouvel appel d'offres impose une condition non négociable : le futur hébergeur devra être qualifié SecNumCloud.

Ce label, délivré par l'ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information), garantit le plus haut niveau de sécurité et, surtout, une immunité totale aux législations non-européennes.

De fait, il exclut les géants américains comme Microsoft, Amazon Web Services ou Google, et ouvre la voie à des acteurs français ou européens qualifiés.

Quels acteurs pour reprendre le flambeau ?

Plusieurs candidats sont déjà sur les rangs pour prendre le relais. Des entreprises françaises comme OVH Cloud, associé au groupe La Poste, ou encore Cloud Temple et son partenaire Atos, disposent de la précieuse certification.

Orange Business est également un concurrent potentiel pour ce marché stratégique. L'échéance est fixée : l'attribution du marché interviendra fin mars 2026, avec pour objectif de basculer une copie complète de la base de données d'ici la fin de la même année.

Pour les ministres concernés, cette migration est une étape décisive vers le renforcement de la souveraineté numérique et prépare le terrain pour le futur espace européen des données de santé.